Faces B n°2 sep/oct/nov 2012
Faces B n°2 sep/oct/nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de sep/oct/nov 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 58

  • Taille du fichier PDF : 22,3 Mo

  • Dans ce numéro : art... Gérard Rancinan et Caroline Gaudriault.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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dossier Changer, c’est faire le deuil de ce que l’on quitte : son enfance, ses amis, ses collègues... C’est aussi prendre le risque d’un pari sur l’avenir : on sait ce qu’on quitte mais pas ce que l’on trouvera. D’où un trait de personnalité important à prendre en compte si l’on envisage de bouleverser sa vie : l’aptitude à rebondir après un échec. Le perfectionnisme est un autre butoir au changement : en s’imposant des objectifs trop élevés, en recherchant la perfection, on se condamne à ne pouvoir aller au bout de ses projets. Faiblesse de la volonté, peur d’affronter ses rêves, peur de l’échec (ou de la réussite…), il existe mille raisons pour rater son changement. Par ailleurs, la peur de décevoir est aussi un frein au changement. Nous nous sentons contraints de tenir le rôle que les autres attendent de nous. La peur de passer pour une girouette ou pour quelqu’un qui abandonne trop vite en cas d’échecs nous pousse à l’inaction. Mais si l’on écoutait toujours son entourage, on ne ferait jamais rien… Il n’y a guère que celui qui ne fait rien qui ne risque pas de susciter la désapprobation. Par exemple, quand un ingénieur choisit de devenir agriculteur, et par là même de se « rétrograder » socialement, cela peut être perçu comme une trahison par ses parents qui se sont sacrifiés pour lui payer ses études. Dans le cas des personnes qui déprécient de façon chronique leur vie, se poser la question de savoir ce qui leur rendrait la vie encore plus dure aide bien souvent à réaliser qu’un changement n’est pas si nécessaire que cela. À bien y regarder de près, il y a toujours des aspects de notre vie qui méritent de s’en réjouir, de s’en contenter. Il y a aussi ceux qui, après une prise de conscience d’aspiration au changement, prennent la décision mûrement réfléchie de ne pas changer. Comme l’écrivait Jean-Paul Sartre, « la résignation vaut mieux qu’un espoir continuellement déçu. » 34• Faces B … et ceux qui sautent dans le grand bain Si certains hésitent, tergiversent, d’autres foncent, dans un élan lié à la confiance qu’ils ont en eux. « Écoute ton cœur », « suis ton intuition », sont des conseils que l’on a coutume d’entendre quand on s’interroge sur des choix de vie. N’estce pas l’intuition qui pousse certains à quitter emploi stable et vie parisienne stressante pour ouvrir une chambre d’hôtes en rase campagne ? Certaines personnes ont une capacité naturelle à la « réflexion/action ». Loin d’être des têtes brûlées, elles ont des ressources particulières pour mettre en œuvre leur transformation de vie. Elles sont en quête permanente du sens profond de ce qu’elles sont en train de vivre ici et maintenant. Elles savent jauger leur indice de satisfaction et se défaire rapidement de « l’insatisfaisant ». En d’autres termes, certains d’entre nous ont résolument poussé le curseur de leur vie vers le principe de plaisir, au détriment du principe de réalité, avec sa part de devoirs, de cadres et de liens parfois trop contraignants. Dès qu’ils perçoivent une baisse de contentement, ils ne partent pas dans une fuite en avant, mais ils préparent déjà le prochain changement. Dans cette démarche en tiroirs de la réflexion/action, leur potentiel créatif s’impose comme le moteur de leur évolution. Face aux situations lourdes, conventionnelles (un emploi très calibré, par exemple), les champions du changement choisissent d’impulser la légèreté, la fantaisie ou les rythmes aléatoires en s’orientant vers des métiers atypiques. Prendre son temps, préserver la nature, développer une éthique font souvent partie de leur engagement. Ils ont cette capacité à remettre en cause le présent pour inventer un nouveau chemin, un nouveau métier, un nouvel horizon, voire une nouvelle identité sociale. Anthony Rojo
Changer sa vie pour changer la vie Parfois quand tout va mal autour de soi, il faut être capable d’admettre que cela peut venir de soi-même et savoir entreprendre un changement de soi. Changer soi-même pour réinvestir sa vie actuelle, oser se remettre en question, rechercher ce qui ne va pas est toujours bénéfique. Cela permet de reprendre confiance, de s’accepter en toute sérénité, de s’autoriser à évoluer dans une vie à laquelle on peut redonner une belle profondeur de champ. Changer sa vie est rarement une lubie ou l’expression d’une insouciance existentielle, cela consiste souvent à être un peu plus vrai. C’est répondre par soi même à l’interrogation du sens de son parcours, contribuer activement à insuffler de la cohérence et de la sérénité dans toute son existence. Peut-on continuer à travailler pour une industrie polluante si l’on est un fervent défenseur de la nature ? Pour changer, il faut savoir résister, savoir choisir, être davantage acteur que spectateur de sa vie. L’important est bien de réussir sa vie plutôt que réussir dans la vie. Changer soi-même peut donner envie de changer un peu le monde. Le bonheur personnel passe de plus en plus par celui des autres. Aider les autres permet d’élever l’estime de soi, de se sentir utile, vivant, et rend donc heureux. Se consacrer aux autres, repenser sa vie selon cet axe peut-être une des clés du bonheur. C’est pourquoi certains choisissent de changer de vie en allant vers les autres, en offrant leurs compétences et leurs talents pour modifier un peu une réalité souvent difficile. Pas pour sauver le monde, mais pour en améliorer les contours. Cela peut se traduire par un engagement humanitaire à l’autre bout du monde ou du travail social en France, à côté de chez soi. Il s’agit là de mettre au diapason ses convictions personnelles et son mode de vie. Anthony Rojo dossier Changer de vie nécessite une bonne connaissance de soi. Donner vie à ses aspirations profondes, sans peur de déplaire ou de mal faire. S’affranchir des doutes néfastes à l’action. Trouver la force d’agir en accord avec nos désirs, de croire en nos compétences, de construire notre vie selon nos choix et nos envies, sans (trop) se tromper. Temps et persévérance mesurent l’intensité de notre désir. Pour changer de vie, nous devons apprendre à reconnaître ce désir et le confronter au temps, aux contingences matérielles, familiales, à la réalité d’un métier, d’un lieu, d’un mode de vie. C’est se frotter au réel, grandir et devenir adulte. Qui ne rêve pas de devenir l’adulte qu’il admirait quand il était enfant ? Au final, la seule chose qui ne change pas en nous, c’est notre désir de changer. ● Caroline Simon Il y mettait du temps, du talent et du cœur/Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures/Et loin des beaux discours, des grandes théories/A sa tâche chaque jour, on pouvait dire de lui/Il changeait la vie. (Jean-Jacques Goldman) BIBLIOGRAPHIE Luce Janin-Devillars, Il n’est jamais trop tard pour changer sa vie, EDLM, 2001 Yves Deloison, Mes bonnes résolutions pour changer de vie, Editions Chêne, 2012 Anne Ducrocq, Le courage de changer sa vie, Editions Albin Michel, 2004 Marlies Gaillard et Anne Leguy, Comment réussir à changer de vie, 50 histoires vraies, L’Express Éditions, 2003 Dossier « Le changement personnel », magazine Sciences Humaines n°122, décembre 2011 Faces B• 35 Anthony Rojo



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