Faces B n°2 sep/oct/nov 2012
Faces B n°2 sep/oct/nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de sep/oct/nov 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 58

  • Taille du fichier PDF : 22,3 Mo

  • Dans ce numéro : art... Gérard Rancinan et Caroline Gaudriault.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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art 16• Faces B Quand les enfants sont couchés Gérard Rancinan Batman family boys Gérard Rancinan
Préambule LA TRILOGIE DES MODERNES Tout effacer, tout réinventer, avancer dans l’urgence ; imposer le dictat d’un bonheur absolu et d’une pensée universelle…tel est le sacerdoce du Moderne ! Dans son accélération folle, l’histoire contemporaine est menée tambour battant par certaines des plus remarquables créatures de nos sociétés en pleine mutation, que l’on appelle non sans ironie : les Modernes. Ils n’ont pas d’autres noms, pas d’origine, pas de confession religieuse. Ils n’ont plus de langue ni de culture identitaire. Ils vivent sans frontière, sans ressentiment, sans enjeux réels. Déjà immergés dans l’espace mondial et virtuel, à leurs yeux, la société serait idéalement univoque et sans complexité. Ils sont les prémices de l’homme de demain. Adeptes du « oui » sans le « non », du « bien » sans le « mal », du « moi » sans le « nous », du consensus plutôt que de la polémique, ils voudraient être parfaits. Alors ils gomment les erreurs, créent l’illusion, se réjouissent béatement. Impatients de transformer la société, les Modernes sont des optimistes candides, plus en avance sur la modernité que la modernité même. Pour cela, ils s’arment d’un bonheur constant, prosélytes d’une pensée consensuelle et universelle. Plaire à tous devient leur profession de foi. Et s’ils étaient en train de dessiner la fin d’une histoire, telle que nous l’avons toujours connue ? La Trilogie du Moderne, c’est une Révolution en trois actes. Entre comédie et tragédie, elle dresse le constat d’une humanité bouleversée, qui avance aveuglément, guidée par le désir absolu d’un bonheur généralisé. PREMIER ACTE. Les Métamorphoses témoignent d’une observation éveillée au cœur de nos mutations. Présentée au Palais de Tokyo, elles font l’objet d’un livre : Métamorphoses, éditions Paradox. DEUXIÈME ACTE. Les Hypothèses se multiplient sur un monde en recherche de lui-même, à la fois plein de promesses et comme dépassé par sa propre agitation. Elles font l’objet d’un livre : Hypothèses, éditions Biro. TROISIÈME ACTE. Quand les hommes seront enfin débarrassés de toute responsabilité, de tout engagement et de tout courage, alors pourront-ils vivre pleinement dans leur monde artificiel ? Un monde joyeux, idéal, festif : Wonderful World. Ce Nouveau Monde qui art s’ouvre, sorte de parc d’attractions géant, laissera place aux superhéros, nouvelles idoles universelles, qui vivent une liberté sans conditions. Les règles du jeu y sont données : un divertissement permanent, une infantilisation nécessaire, une virtualité absolue, un bonheur universel… Dans ce monde merveilleux, où il n’existe plus de réalité, où il est possible d’être un autre, comment ne pas assister avec ironie au délire schizophrénique de ces hommes devenus des Mickey, des Batman, des Picsou ou des Pinocchio ? Wonderful World, le livre, éditions Paradox. La Trilogie des Modernes est un miroir contemporain, reflétant, soit une simple fable sarcastique, soit une réalité troublante si nous n’y prenons garde. Que reste-t-il d’humain dans le monde rêvé des Modernes ? On est en train de pouvoir vivre en nano seconde ; on peut traverser le monde en un coup de clic ; on reçoit des informations instantanément des quatre coins du globe ; on peut se créer des avatars numériques : on perd pied car nos pieds ne touchent plus le sol. Le désir inébranlable d’être moderne conduit les hommes à vouloir révolutionner une histoire millénaire en quelques générations. La conviction qui les accompagne pousse à l’optimisme candide. Pour se protéger du doute, les Modernes se sont construit un monde merveilleux, festif et joyeux : « Wonderful World » mené par des « Wonderful People ». Gavés de junk culture, les hommes ont de nouvelles références. Exit les classiques : Mickey détrône Saint-Sébastien et Alice au pays des merveilles évince Salomé et sa tête de Jean-Baptiste. En un mot, la réalité a démissionné sous le joug sensationnel de la fiction. Les Modernes sont devenus des superhéros, justiciers et prêcheurs, instaurant le consensus et la bien-pensance. Leur dogme : le bonheur pour tous. Leur outil : le divertissement. Leur maladie : la schizophrénie. Véritable délire, inéluctable déviance, fatale décadence, la société des hommes se rit d’elle-même et se sert de l’humour comme ultime recours. Gérard Rancinan et Caroline Gaudriault Faces B• 17



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