Faces B n°1 jun/jui/aoû 2012
Faces B n°1 jun/jui/aoû 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de jun/jui/aoû 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : portfolio Bruno Michaud et Romann Ramshorn.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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musique Grunge is not dead En 2011, nombreux étaient les irréductibles du monde entier à célébrer les vingt ans de Nevermind, album de Nirvana qui a bouleversé l’histoire du rock, devenant à lui seul le manifeste d’une nouvelle tendance baptisée grunge. Le grand retour du style, débuté largement l’an passé chez nos cousins anglo-saxons, débarque cet été sur les côtes françaises. Et des groupes grunge renaissent. Ou quand la génération Y rejoint les atours de la génération X… Au grand dam des critiques musicaux, des dénicheurs de tendance et des surfeurs de vagues stylistiques, la culture pop d’aujourd’hui se résume de plus en plus en une compulsion à revisiter et re-digérer son propre passé. À l’heure où seule l’évolution des technologies représente une réelle avancée des modes de consommation, la culture stagne, piétine, fait des boucles continuelles sur elle-même, bref, au lieu de se réinventer, elle s’auto-sample ! En vingt ans, rien n’a changé Et comme le soulignait le magazine américain Vanity Fair (publié dans Courrier International - édition du 22 au 28 mars), en mode comme en musique, en vingt ans, rien n’a changé ! « Dans l’univers des arts, du divertissement et du style, cette étrange stagnation des vingt et quelques dernières années sonne comme une fin de l’histoire culturelle. Nous vivons une époque où rien n’est obsolète et rien n’est vraiment nouveau : tout nous va. C’est comme si la culture tout entière était anesthésiée, comme si on 38• Faces B photo Michael Lavine écoutait un disque rayé depuis des décennies et que la musique retombe sans arrêt sur le même sillon ». Concernant le retour du grunge, il suffit d’ouvrir un peu l’œil dans la rue : le look chemise bûcheron à carreaux (en version courte), baskets pourraves et jean (qui reprend un peu de hauteur aux chevilles, genre feu de plancher) revient en force et n’a jamais réellement paru démodé. Rien d’étonnant donc à voir resurgir, vingt ans après le manifeste Nevermind de Nirvana, les autres dinosaures du genre en tournée et dans les grands festivals de l’été, en France et en Europe. Après les tournées de Foo Fighters (mené par l’ex batteur de Nirvana Dave Grohl) et PearlJam en 2011, la déferlante se poursuit en 2012 avec Soundgarden, Faith No More ou Mudhoney. Tandis que des photos inédites de Kurt Cobain apparaissent… L’anniversaire de Nevermind a en effet largement boosté ce retour autoproclamé par l’ensemble des médias, redonnant au mouvement une énergie perdue dans les méandres des claviers, au cours de la précédente décennie. Soit Nirvana, symbole par excellence de la génération X*, génération sacrifiée, anxieuse et sans perspective d’avenir… qui parvient aux oreilles de la génération suivante, Y, ultra-connectée, la génération du net, née avec un clavier dans les mains. L’avantage pour les quadragénaires ayant connu « la grande époque » : rajeunir son image à peu de frais et retrouver un langage commun avec les jeunes de vingt à trente ans qui se penchent de nouveau sur le phénomène… La fraîcheur de la vague a d’ailleurs donné à la même génération Y des envies de guitare « sale » (la signification de grunge en anglais) : des groupes tels que Cloud Nothings ou 3 Doors Down s’amusent aujourd’hui à perpétuer le style… On en est au post-grunge. La boucle est bouclée ! Next ? ● Le Furet * Terme popularisé par l’écrivain canadien Douglas Coupland dans son livre GénérationX, paru en 1991. Les dinosaures du grunge en tournée cet été : > PearlJam au Main square Festival à Arras, le 30 juin http://www.mainsquarefestival.fr/> Soundgarden au Zénith à Paris le 29 mai puis dans les festivals d’Europe, notamment au Hard Rock Calling festival 2012 à Hyde Park à Londres mi juillet > Mudhoney à la Villette Sonique le 27 mai, aux Nuits de Fourvière à Lyon le 31 mai, le 1er juin à Marseille… > Faith No More : le 7 juillet au festival Sonisphère à Amnéville
2012, made in London Vivre à Londres en 2012, c’est un peu comme vivre dans l’œil du cyclone. C’est du moins ce qu’on nous a fait entendre dès le premier jour de l’année à la lueur du spectaculaire feu d’artifice du nouvel an : en 2012, Londres brillera de mille feux sous les projecteurs de la planète. Pour commencer, il y a eu l’anniversaire, en février, des soixante années de règne de la Reine Elizabeth II, le seul autre souverain ayant célébré un jubilé de diamant étant la Reine Victoria en 1897. En six décennies d’un règne tumultueux, Elizabeth II aura réussi à maintenir l’une des institutions les plus anachroniques au monde, la monarchie britannique, en même temps qu’elle aura vu son pays ouvrir ses frontières et même, diraient certains, se « débritannifier » et « dés-angliciser » (à Londres en particulier, on compte 110 langues parlées couramment). Pour les festivités du jubilé début juin *, fêtes de rue, pique-niques à grande échelle, concerts de toutes sortes, processions dans la ville et sur la Tamise devraient attirer un public encore plus nombreux que pour le mariage du Prince William et de Kate Middleton en avril 2011. C’est à croire que non seulement les Anglais, mais aussi les pièces rapportées comme moi, sont plus royalistes que jamais. Il faut dire que la famille royale, qui avait la fâcheuse tendance de tout faire de travers (rappelez-vous le faux pas de la Reine qui mit trop longtemps à officialiser la mort de Diana), s’est récemment entourée de célèbres conseillers en communication, qui ont bien compris que l’affection que porte le public à Elizabeth II après un si long règne ne sera sans doute pas reportée sur son fils, le Prince de Galles, prétentieux, gauche et peu aimé. Les « young royals » (William, Harry et leurs cousins) ont désormais la tâche ambitieuse d’injecter un peu de « cool attitude » dans la vieille institution. William s’est ainsi marié à « la femme normale Kate » (bien obligée donc de continuer de s’habiller en Zara), et tous deux fricotent avec le couple « showbiz » par excellence, les Beckham tandis qu’Harry se fait photographier à faire la course avec le sprinter jamaïcain médaillé d’or Usain Bolt, permettant ainsi à la marque Puma qu’il portait ce jour-là de se créer elle aussi une nouvelle image **. Dans l’arrière-cour de ce royaume à l’aube de sa modernisation, Londres continue sa grande course vers le futur, précipitée par le plus grand spectacle au monde, les Jeux Olympiques. Londres se construit, se régénère, s’élève dans le ciel au moyen de nouvelles tours d’argent d’une hauteur excessive. *** Le site des J.O. est, dit-on, avant-gardiste, en particulier le vélodrome. Le quartier de Stratford, où il se construit, est un chantier géant où projets d’habitations ambitieux côtoient le plus grand centre commercial urbain d’Europe, Westfield Stratford, récemment inauguré. Ailleurs, l’immobilier de luxe qui a fait de Londres la ville la plus chère au monde en la matière continue son ascendance. De nombreux quartiers autrefois populaires continuent Chronique londonienne leur embourgeoisement au point d’être méconnaissables, tel Shoreditch, pris d’assaut par les entrepreneurs du high-tech. Les méfaits de la spéculation immobilière sont connus : le déplacement des communautés minoritaires vers des quartiers éloignés, la formation d’importantes brèches dans le tissu social et la montée des incivilités. Ils se sont indubitablement accrus ces derniers temps. La vitrine des Windsor et les J.O. de 2012 constitueraient-ils la recette d’un cocktail détonant ? L’oeil du cyclone… ? ● Laurence Festal * L’anniversaire du couronnement de la Reine en 1953 est, en effet, le 2 juin. Cependant, le jubilé de diamant marque son accession au trône le 6 février 1952. ** Les célébrations du jubilé incluent un tour du monde de la famille royale, que ses membres se partagent comme le demande la hiérarchie. En mars dernier, Harry fut donc envoyé en Jamaïque où, vêtu du maillot national siglé du logo Puma, il sprinta avec Usain Bolt, pour le plus grand plaisir des photographes. *** Le Shard, en construction en bord de City à London Bridge sera, à 309,7 mètres, le plus haut bâtiment d’Europe. Faces B• 39 Visuel Transport of London



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