Faces B n°1 jun/jui/aoû 2012
Faces B n°1 jun/jui/aoû 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de jun/jui/aoû 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : portfolio Bruno Michaud et Romann Ramshorn.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 34 - 35  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
34 35
musique Aquitaine : Pour l’amour du disque Nom : Fédération des éditeurs et producteurs phonographiques indépendants d’Aquitaine. Surnom : Feppia Objectif : Développer le réseau de distribution et la diffusion des œuvres portées par les labels aquitains, améliorer la collaboration entre les acteurs culturels de la région, représenter les labels au niveau national. Rencontre avec Christel Chapin, coordinatrice de cette fédération locale à l’origine d’un regroupement national des labels indépendants. D’où est venue l’idée d’un regroupement des labels indépendants en Aquitaine ? Une première tentative de regroupement avait été menée il y a dix ans, notamment à l’initiative de Philippe Couderc (l’actuel président du réseau, également responsable du label Vicious Circle). Tentative finalement avortée car il n’existait pas de soutien à la musique enregistrée à l’époque. La Feppia a été créée en 2007 par une quinzaine de labels, avec le soutien financier de la Région*. L’objectif premier était de pouvoir porter la parole des labels, tant au niveau local que national, en étant pris au sérieux. Le milieu des musiques actuelles a trop longtemps été perçu par les institutions comme bordélique, fonctionnant à la « do it yourself ». Aujourd’hui, l’image de la filière s’est améliorée grâce à un dialogue constant et au rajeunissement des représentants institutionnels, qui connaissent mieux notre milieu. Quel est l’intérêt pour les labels d’y adhérer ? La création indépendante est un secteur en danger depuis plus de dix ans et la crise du disque a mis à mal beaucoup d’initiatives. Quand un projet doit sortir, il finira par aboutir car il y a toujours des passionnés, mais il mettra plus de temps à émerger. Comme il est de plus en plus dur de porter des projets émergents, les labels en réduisent le nombre. La tendance récente est donc à la création par les jeunes groupes de leur propre structure. Se regrouper permet de sortir de l’isolement, de mutualiser les moyens, les idées, de créer une dynamique, de réfléchir collectivement aux problèmes de distribution, de diffusion, à la politique du numérique et de gagner en représentativité. 34• Faces B * En 2012, la Feppia regroupe 28 labels, des structures associées et adhère au Rama (Réseau aquitain des musiques actuelles), trait d’union entre les publics, les acteurs de terrain et les institutions. ** Outre 40 millions d’euros d’aides déjà existantes, le CNM sera financé par une taxe sur les fournisseurs d’accès à internet (comprise entre 70 et 95 millions d’euros annuels) ; projet qui ne devrait pas être remis en cause par les élections présidentielles… Contact et infos Feppia 12 place de la Victoire 33000 Bordeaux 05 57 59 14 13 contact@feppia.org www.feppia.org > Écoute, achat, groupes : Plateforme musicale créée par la Feppia et cd1d : http://1d-aquitaine.com/fr/labels Photo de gauche à droite : Christel Chapin, coordinatrice Florian Laffont, Webmaster et derrière Jean-Renaud Galtier, chargé de communication Photo Anthony Roj,
Un exemple : face à la disparition des points de vente, nous avons développé de nouveaux lieux de distribution auprès des libraires et des cinémas, sachant que 80% des ventes de musique en France concernent les supports physiques (CD et vinyles) ; le digital restant à la marge car il est encore associé à la copie gratuite. Pour s’adapter aux nouveaux formats, nous avons aussi créé une boutique en ligne, avec cd1d : 1d-Aquitaine. Nous sommes aussi le relais auprès des institutions. Un label indépendant aujourd’hui : est-ce viable ? Non. Un label indépendant qui se contenterait de faire de la production ne peut pas tenir. La production est complètement nécessaire pour développer un projet musical, mais les labels doivent trouver d’autres sources de revenus. Aujourd’hui, ils doivent avoir plusieurs activités : la production oui, mais aussi l’édition, les tournées, le management, etc. De plus en plus, ils accompagnent un projet dans son intégralité. Intégrer une fédération leur permet de s’appuyer sur les autres pour apprendre de nouveaux savoir-faire, pour être mieux diffusés, dans les bacs, sur internet et en radio, bref, pour rencontrer un public. Il faut aussi prendre en compte les nouveaux usages, comme les réseaux sociaux, les vidéos, etc. Les productions d’Aquitaine se portent-elles bien ? La Feppia regroupe des labels de taille variée et de tous styles musicaux, (musique traditionnelle, électro, pop, free-jazz, reggae, rock, folk, slam…). En 2011, plus de 80 productions sont sorties de la région. On en compte déjà une vingtaine depuis le début de l’année, dont des noms émergents comme Olivier Depardon, Ewert & the Two Dragons ou Crane Angels. Des labels comme Vicious Circle ou Platinum, qui ont des réseaux et des artistes reconnus tels Rubin Steiner ou Chokebore s’en sortent bien. Soulbeats, qui se consacre au dub, au funk, au reggae et à la soul, a musique signé une pointure reggae telle que Groundation. Sept groupes portés par nos labels viennent aussi de participer au Printemps de Bourges : Botibol, Crane Angels, Ewert, Groundation, Pack AD, Petit Fantôme et Tarrus Riley. Pourquoi avoir impulsé la création d’une fédération nationale ? Nous avons créé la Felin (fédération nationale des labels indépendants) en septembre 2009 avec la plateforme numérique cd1d et d’autres fédérations (Feppra, Feppal, Phonopaca et Allumés du Jazz). Il s’agit de porter à l’échelon national la voix des indés qui, face aux géants de l’industrie du disque et des fournisseurs d’accès à internet, sont les garants de la diversité culturelle. Alors que la loi Hadopi n’a concerné que la répression, nous pensons qu’il faut un vrai volet de soutien à la création. Quelles solutions sont possibles au niveau national ? Il aurait fallu réagir de façon radicale depuis le milieu des années 90 par rapport aux pratiques existantes (un seul acteur qui fait sa loi pour la diffusion, manque d’aides, filière peu structurée…). La loi sur le prix unique du livre [ndlr : dont le taux de TVA se voit actuellement augmenter, passant de 5,5 à 7%] a sauvé les librairies. Aucune mesure de ce type n’a été prise alors pour la filière musicale. Aujourd’hui, le fait d’être en fédération nous permet d’être autour de la table depuis juillet dernier pour participer à la création du Centre national de la musique (CNM). À l’instar du CNC (centre national du cinéma), cette structure doit rassembler en un seul lieu l’ensemble des « guichets » qui soutiennent la production**. Il y a actuellement sur ce projet une vraie écoute des indépendants. Nous nous battons pour faire reconnaître ces labels et leurs spécificités, pour bénéficier de dispositifs de soutien adaptés. Le CNM ne se fera pas sans nous ! ● Le Furet Faces B• 35 photo Anthony Rojo



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :