Faces B n°1 jun/jui/aoû 2012
Faces B n°1 jun/jui/aoû 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de jun/jui/aoû 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : portfolio Bruno Michaud et Romann Ramshorn.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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dossier : la lenteur Un village où il fait bon vivre C’est un trou de verdure où chante une rivière (la Charente coule à quelques kilomètres…). Situé près de Cognac, au cœur des vignes, Segonzac et ses 2200 habitants se sont convertis il y a deux ans à la philosophie du « slow ». Le village a été le premier de France à recevoir le label Città Slow le 8 mai 2010. Au-delà d’un simple affichage marketing providentiel pour cette petite commune, réside une véritable démarche pour améliorer la qualité de vie. Un label écologique et humaniste Le label international Città Slow (ville lente), créé en Toscane en 1999, à la suite du mouvement Slow food, est décerné à une commune après validation de 60 critères liés à la qualité de vie, à l’équilibre alimentaire, à la préservation de l’environnement, à la santé et au bien-être des citoyens. Il s’agit là d’une véritable réflexion autour de nos choix de développement, plus en harmonie avec la planète, mais également d’une nouvelle approche concernant le « mieux vivre ensemble ». Des réalisations concrètes Grâce à l’impulsion de sa jeune Maire, Véronique Marendat, les choix d’investissements à Segonzac se font dans le respect des critères du label. La réduction de la consommation d’énergie s’est imposée dans tous les lieux publics : école, médiathèque, maison de retraite… Une large place est donnée aux espaces verts et aux pistes cyclables : la voiture est tolérée, pourvu que la vitesse soit réduite. Les producteurs locaux sont mis à l’honneur dans l’épicerie du village, qu’ils occupent à tour de rôle, le marché local favorise exclusivement les producteurs des terroirs alentours. Les Segonzacais sont locavores ! La municipalité a proposé des parcelles de jardin, pour que chaque habitant puisse y faire cultiver ses propres légumes. Au-delà de l’écologie, la philosophie slow se fait également sentir dans les rapports humains : les habitants prennent le temps de se parler, de se connaître, ils exercent leur citoyenneté dans des associations. Et même si les plus sceptiques ont d’abord trouvé péjoratif d’être considérés comme « lents », une large majorité adhère à présent à cette démarche du « bien vivre ». L’escargot, emblème du mouvement Città Slow, va comme un gant à cette commune charentaise, car les habitants du département sont surnommés les « cagouillards » en référence à cet animal. Ce gastéropode, certes, prend son temps, mais avance toujours avec détermination et ne recule jamais. ● Caroline Simon 24• Faces B Pour en savoir plus http://www.cittaslow.org/photo NanouC.L.
Slow qui peut La jeunesse actuelle est venue au monde grâce aux anciens « intermèdes de musique douce » prévus dans toutes les boums, fêtes et boîtes de nuit des générations pré-internet, que l’on appelait les slows. Témoignage. 1988. 14 Mai. 15h58. La salle immense s’assombrit quelque peu. Les garçons et les filles prennent leurs distances. Timides. Laurent s’approche. Il fixe Nathalie dans les Kickers. Son appareil dentaire fraîchement posé, il murmure un sirupeux « tu danses ? ». Elle annonce un « wwwouiii » rougissant. Les voilà seuls au monde, sur une piste de danse désertée. L’un en face de l’autre. L’un contre l’autre. Emoi maximal lorsque retentit le fameux break de saxophone. « Ta lalala la lalala ». Deux tourtereaux postpubères adoubés par George Michael et son déjà vieux Careless Whisper. Le ton d’une vie est donné. Les moins de vingt… euh trente ans ne comprennent pas. Mais mieux que youporn*, ces instants expriment une dramaturgie érotique très intense. Il faut se lever. Braver le regard des copains, penauds mais railleurs. Se défaire du regard de la « belle Peggy du Saloon » qui bat des cils comme une luciole aguichante. Une fois cette témérité affirmée, le plus dur reste à venir. Au départ, jauger la bonne distance. Pas trop près mais pas trop peu. à la fin du premier couplet, se rapprocher davantage afin d’être bien placé pour le refrain. Bien positionner ses mains. Pas trop bas. Surtout pas trop bas. La question de la conversation se pose forcément. Que dire ? Alors, le cerveau se promet d’être ingénieux. « Vis-tu chez tes parents ? » annonce-t-il à sa copine de seconde. Ou « viens-tu souvent ici ? » provoque-t-il à sa dossier : la lenteur camarade de lycée. A cette époque, les filles souriaient, indulgentes. Oh… le refrain. Les deux jeunes corps se rapprochent jusqu’à se toucher. Les amples pantalons Dockers se révèlent des alliés de choix. Après le premier slow, plus rien n’est jamais pareil. L’inconnu(e) ne l’est plus. Un parfum envoûtant. Un relief étranger. Sur le refrain, la vedette peroxydée peut brailler. Qu’importe. Elle peut même faire son coming out. Foutaise. D’ailleurs, à cette époque, cela ne se faisait pas. A la fin du dernier couplet, les plus hardis s’embrassaient. Les autres ne faisaient qu’y penser. Pendant de longues journées. D’interminables nuits. Finalement, les garçons et les filles faisaient connaissance avec l’apparence de l’autre. Sans trop en faire. En rêvant juste d’aller, timidement, toujours un peu plus loin. En chanson. Dans la pénombre. ● Cyril Jouison * Site internet de vidéos amateures pornographiques réservé aux plus de 18 ans Faces B• 25 photo B.M.



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