Faces B n°1 jun/jui/aoû 2012
Faces B n°1 jun/jui/aoû 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de jun/jui/aoû 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : facesb.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 54

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : portfolio Bruno Michaud et Romann Ramshorn.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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art Robert Combas, flashback L’enfance de l’Art & du Rock GREATEST HITS : une exposition « Rock on the wide size/wild side ». On commence par le début, on finit par la fin. « Ça va être plein de peinture ! Ça va faire très peur ! » Portrait de Robert Combas, un artiste visionnaire. Après avoir célébré Andy Warhol, Keith Haring en 2008, puis Ben en 2010, le MAC de Lyon accueille Robert Combas, devenu, en une trentaine d’années, l’un des chefs de file de la Figuration libre (avec Hervé Di Rosa et François Boisrond), un courant qui emprunte autant à l’art brut qu’aux Naïfs, au graffiti qu’au Pop art. Tout le Lyon « bobo » s’était donné rendez-vous pour le vernissage de l’exposition branchouille de l’année et même Ben avait fait le déplacement avec sa DV, filmant le barnum… Greateast Hits est la première grande exposition consacrée à l’artiste français Robert Combas : jusqu’au 15 juillet 2012, le Musée d’Art Contemporain de Lyon, la ville où l’artiste est né en 1957, met en vedette plus de 300 œuvres en provenance d’Europe, des États-Unis et d’Asie, qui ont envahi les trois mille mètres carrés du musée. Organisée par Richard Leydier, épaulé par l’artiste luimême, la rétrospective commence avec le travail effectué par Robert Combas à l’École des Beaux-Arts de Montpellier, puis continue avec ceux de la période « Pop Art », pour exceller avec le « Combas Style », d’où émergent les figures euphoriques récurrentes dans toutes ses compositions. Simple mélange de Keith Haring et de Ben pour certains, ce provocateur à la ressemblance frappante avec David Lynch, à la bouille d’éternel adolescent et qui se qualifie lui-même de sauvage, ne laisse pas indifférent… Combas propose une forme d’art qui se rebelle contre tout régime, qui implique le visiteur avec son énergie typique 10• Faces B de la banlieue parisienne des années 80. « Dans un contexte comme celui-ci », a déclaré l’artiste, « la seule chose à faire était de s’amuser et essayer de peindre quelque chose. » L’exposition se nommant Greatest hits, la musique est donc à l’honneur au troisième étage avec des murs entiers de vinyles choisis avec goût, où Dennis Wilson côtoie Tim Buckley, T-Rex ou Burt Bacharach pour servir de mur aux peintures de guitaristes. Combas fait de la peinture comme on joue une chanson rock : ses toiles sont mordantes, colorées, intrusives, euphoriques, le rock et la pop en couleur ! Mélange a priori improbable, Greatest Hits et les peintures rupestres vivent en symbiose : la vision des œuvres est accompagnée par le fond musical choisi dans la collection de disques de l’artiste. Pour rester au plus près du processus de création, le Mac Lyon a choisi de placer un atelier/studio au cœur de l’exposition : ainsi l’artiste peint et compose de la musique devant les visiteurs qui découvrent en même temps sa rétrospective et ses dernières créations. Éclectique et excentrique, Combas est non seulement un peintre mais aussi un sculpteur, musicien et fondateur d’un groupe de rock à la fin des années 70. Un artiste qui, dès son jeune âge, créa des peintures et des sculptures, mais développa également ce qu’il nomme des « pratiques satellites ». Pour une grande part, le principe de ces séries annexes est de transformer par le dessin ou la peinture, Photo Romy Vas
des images préexistantes d’autres créateurs. Au fil des ans, l’artiste est intervenu sur des sérigraphies (des tirages papiers des Marylin d’Andy Warhol, pour la série des MarylinCombas), ou encore des esquisses d’étudiants en école des beaux-arts, réalisées d’après des modèles vivants ou des reproductions en plâtre de sculptures antiques (la série des Tatouages académiques). Les satellites comptent aussi dans leurs rangs un grand nombre de photos repeintes. La photographie est apparue en 1997-98, lorsque l’artiste fut invité, avec Ben, à concevoir une exposition à l’Historial de la Grande Guerre de Péronne. À cette occasion, il peignit sur des photos d’archives du conflit de 1914-18. La peinture de Robert Combas est une peinture excédante, qui foisonne de motifs, de mots, de détails... et une peinture qui divise ! Elle oppose, d’un côté, les inconditionnels de Combas – et ils sont nombreux, à en juger par les premiers chiffres de fréquentation de cette exposition– qui voient en lui un génie dénigré, et de l’autre ceux qui n’apprécient guère ce genre de peinture bavarde et criarde. L’auteure de ces lignes fait clairement partie de la première catégorie. L’artiste sétois est un coloriste formidable et un dessinateur hors pair, que l’on apprécie d’autant plus dans les rares moments d’épuration graphique. Comme dans cette tête d’homme en noir et blanc, personnage évoquant Van Gogh que l’on retrouve dans une toile monumentale le représentant au milieu d’une végétation luxuriante, qui est une des toiles les plus étonnantes de l’exposition. De ses images se dégage également une réelle bonne humeur. Les personnages ont la banane, les petites sculptures la jambe légère et enthousiaste, les chaussures sont davantage des savates de clowns, et même le Dormeur du val sourit ! Une bonne humeur qui anime également les clips qu’il a réalisés avec son groupe Les Sans Pattes (« Stoogiens » à souhait). Robert Combas c’est le Pop-art flamboyant, Walt Disney et Jackson Pollock réunis ! Un artiste (de figuration) libre qui « ne renie ni sa volonté de culture, ni ses instincts primitifs ». C’est une peinture qui ne séduira pas tout le monde, mais c’est une œuvre honnête, brutale et joyeuse à la fois. Il est l’un des rares artistes encore vivants de cette importance et à tous ceux (il y en a toujours), qui auront envie de se dire : - « Demain, j’en fais autant ! » Je répondrai : « que faitesvous aujourd’hui ? » En fait, ça se passe de commentaire… Monsieur Combas, vous avez du génie comme pain quotidien que l’on partagerait bien ! ● Romy Vas 3 questions à… Robert Combas* État présent de votre esprit ? Moyen. Je ne suis jamais serein mais je suis positif, optimiste. Mon état d’esprit est toujours moyen. Sur le plan professionnel, je suis toujours assez haut. Il y a dans ma peinture un optimisme, même si on est quand même dans la merde. Je n’y pense pas tous les jours, bien sûr, mais dans ma peinture, ça se reflète. Mais dans la réalité, je parais inquiet sinon paranoïaque à la vue des autres. La réforme que vous admirez le plus ? J’aimerais bien qu’on enlève l’impôt sur le revenu. Votre devise ? Ma devise, c’est de pouvoir évoluer de la manière qu’on peut, de pouvoir continuer à apprendre. C’est un pouvoir. J’ai déjà le pouvoir d’étudier et d’avoir un métier qui se prête à ça. art * Source : http://www.combas.com Robert Combas : Greatest Hits, jusqu’au 15 juillet au Musée d’art contemporain de Lyon - Cité Internationale : 81 quai Charles-de-Gaulle, Lyon 6èm. www.mac-lyon.com, 04 72 69 17 17. Du mercredi au vendredi de 11 à 18 heures, les samedi et dimanche de 10 à 19 heures. Faces B• 11 Robert Combas photo Harald Gottschalk



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