Et la Santé, on dit quoi ? n°24 oct 18 à jan 2019
Et la Santé, on dit quoi ? n°24 oct 18 à jan 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de oct 18 à jan 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'importance d'être vacciné.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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k INVITÉ NADÈGE BEAUSSON-DIAGNE NOIRE N’EST PAS SON MÉTIER Nadège Beausson-Diagne est une artiste aux multiples talents. Elle nous parle de son enfance, de ses engagements auprès des personnes handicapées, mais aussi du livre Noire n’est pas mon métier qui a fait le tour du monde. Une interview intime à découvrir dans ce numéro. 8 Pouvez-vous nous parler de votre enfance ? J’ai été élevée par ma mère dans une famille monoparentale avec mes deux petits frères. L’art y était très important. Ma mère nous a inscrits au conservatoire quand nous étions petits. J’ai commencé la danse classique à 4 ans, j’ai fait de la musique à 9 ans et du théâtre à 15 ans. Je savais déjà que je voulais être comédienne quand j’avais 10 ans. Ma mère m’a dit « Fonce ! Si tu te plantes, tu te relèveras et tu feras autre chose. » Mon enfance, c’est un environnement doux et gai avec ma mère et ma grand-mère qui a aussi beaucoup participé à mon éducation. Vous avez étudié le chant, la danse et le théâtre. Qu’est-ce que ces disciplines ont apporté dans votre vie ? Le chant, la danse et le théâtre m’ont apporté une vision unique sur le monde et une envie de raconter mes propres histoires. C’était fondamental pour moi de voir au-delà de la banlieue parisienne où je vivais. Quand j’avais 10 ans, j’écrivais beaucoup, je rêvais beaucoup. Êtes-vous attachée à vos racines africaines ? J’ai été élevée par ma mère qui est métisse ivoirienne et bretonne. Malheureusement, mes frères et moi n’avons pas du tout eu accès à la culture africaine à cause d’une histoire familiale compliquée. Mes racines africaines, c’est moi qui suis allée les chercher. J’avais envie de savoir d’où je venais. Ça a commencé avec la danse africaine quand j’avais 18 ans. Puis j’ai eu la chance de travailler dans le cinéma africain. La première fois que je suis allée en Afrique, c’était pour tourner Les Couilles de l’éléphant, un film d’Henri Joseph Koumba Bididi. J’avais vraiment l’impression d’être enfin chez moi. Quelque chose de très fort s’est réveillé en moi. Vous faites partie du collectif DiasporAct à l’initiative du livre Noire n’est pas mon métier. Comment avez-vous été amenée à y participer ? Pourquoi ce livre est-il si nécessaire aujourd’hui ? C’est l’actrice Aïssa Maïga, une amie depuis 20 ans, qui m’a demandé de participer à la rédaction de ce livre. Elle m’a envoyé un texto et m’a demandé si SEPTEMBRE 2018 N°24 j’avais envie de raconter la réalité de notre métier avec mon expérience de femme noire. C’était évident que je devais être dans cette aventure. Ma mère et ma grand-mère étaient des femmes engagées et politiquement fortes. Elles avaient des convictions et j’ai été élevée avec ces convictions d’égalité et de liberté pour tous. Dans notre métier, il y a beaucoup de problèmes contre lesquels j’essaye de lutter depuis 25 ans. C’est essentiel en tant que comédienne, en tant que femme et en tant que femme noire de parler et de libérer cette parole. Cela doit permettre aux plus jeunes de se construire en ayant une image positive de ce qu’ils sont. Ce livre est pour moi nécessaire, indispensable et essentiel. Je le vois tous les jours avec les retours incroyables que j’ai sur les réseaux sociaux ou dans la rue. Ce livre parle à tout le monde, à la société entière. L’art doit nous aider à avoir une représentation plus juste et plus équilibrée du monde dans lequel nous vivons. C’est aussi ça la fonction de l’art. Il n’est pas là que pour divertir. Il est là pour éduquer les gens et aussi pour dénoncer. Être dans le livre Noire n’est pas mon métier avec mes amies, c’est participer à l’amélioration de cette belle société métissée dans laquelle nous vivons en France. Vous vous mobilisez également en faveur du monde du handicap avec l’émission Faut pas pousser notamment. Quelles sont les causes qui vous tiennent à cœur ? Je suis co-animatrice de l’émission Faut pas pousser sur la chaîne Numéro 23. Nous parlons de la réalité des personnes handicapées et des difficultés du quotidien qu’elles rencontrent. Mais nous parlons aussi des beaux espoirs qui existent. Ma mère travaillait dans le milieu du handicap. Donc pour moi et mes frères, c’est tout à fait normal d’avoir une sensibilité à ce sujet. Je pense que ça m’a donné une grande force. Nous sommes tous forts de toutes nos différences, les uns à côté des autres. Je suis aussi marraine de l’AMREF qui est la première ONG de santé publique en Afrique. Elle forme les sagesfemmes sur le terrain. Nous sommes par exemple allés au Sénégal pour voir comment les femmes arrivaient à se former. Cette cause essentielle est importante pour moi  : on ne peut plus mourir en donnant la vie en 2018.
Vous êtes mariée à une personne malvoyante  : est-ce que vous avez dû faire face à des remarques désobligeantes ? Mon mari est malvoyant. Quand on s’est rencontrés, il n’était pas forcément au courant de tous les stéréotypes qui existaient par rapport à la couleur de ma peau. Et de mon côté, je connaissais les blocages qu’il y avait par rapport aux personnes handicapées. Mais je ne m’attendais pas à autant de bêtises. Il s’agit d’éducation. Plus tôt les gens sont éduqués sur le monde et la différence, plus tôt ils apprendront que nous sommes tous pareils. Ma meilleure arme pour répondre à la bêtise humaine, c’est l’humour. Mais il faut rester positif, il y a aussi beaucoup de gens qui aident mon mari et qui lui posent des questions bienveillantes sur ce qui lui est arrivé. Nous sommes tous forts de toutes nos différences, les uns à côté des autres. Pouvez-vous nous parler de vos projets ? Mon album, que j’ai produit et composé, va enfin sortir en septembre avec un premier clip. Je suis également en train de travailler sur des projets très personnels. Ils vont raconter ma vision du monde de l’art et de la société. Je vais faire mon retour au théâtre et surtout à l’écriture. Croisez les doigts pour moi ! k INFOS PRATIQUES Dans le livre Noire n’est pas mon métier, 16 comédiennes noires et métisses partagent les clichés, les plaisanteries douteuses et racistes qu’elles ont entendu dans l’exercice de leur métier. Éditions  : Seuil Pour en savoir plus sur l’AMREF, l’ONG de santé publique en Afrique dont Nadège est marraine  : amref.fr k INVITÉ Thierry Marsaux ET LA SANTÉ, ON DIT QUOI ? SEPTEMBRE 2018 N°24 9



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