Et la Santé, on dit quoi ? n°24 oct 18 à jan 2019
Et la Santé, on dit quoi ? n°24 oct 18 à jan 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de oct 18 à jan 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'importance d'être vacciné.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
k ON Y ÉTAIT POUR L’INSERTION PROFESSIONNELLE DES ARTISANS RÉFUGIÉS ET MIGRANTS LA FABRIQUE NOMADE La migration est un long chemin. Si ces hommes et femmes ont fait le difficile « choix » de quitter leur pays, ils n’ont pas choisi de perdre ce qu’ils sont. La Fabrique Nomade est une association qui aide les artisans réfugiés et migrants à s’insérer et à continuer de travailler dans leur métier. Nous avons rencontré Inès Mesmar, fondatrice de La Fabrique Nomade et Maïmouna Diallo, une couturière styliste qui a rejoint leur programme d’accompagnement après un parcours mouvementé en Afrique. 18 Inès Mesmar Fondatrice et présidente de La Fabrique Nomade Romain Godin Ghaita Tauche-Luthi Pouvez-vous nous présenter l’association La Fabrique Nomade ? Inès Mesmar  : La Fabrique Nomade est une association qui a été créée en janvier 2016. Son objectif est de favoriser et de valoriser l’insertion professionnelle des artisans réfugiés ou migrants. La Fabrique Nomade propose un programme d’accompagnement adapté aux artisans d’art, pour valoriser leurs compétences et favoriser leur adaptation au contexte économique et culturel français. Le programme leur permet de mieux comprendre le marché français et de faciliter leur insertion professionnelle. Nous souhaitons valoriser leur savoir-faire. Quelles sont les actions de La Fabrique Nomade ? I.M.  : L’insertion professionnelle des artisans et des migrants est difficile pour plusieurs raisons. Tout d’abord ils ont des difficultés à maîtriser la langue française. Ils ne connaissent pas de professionnels dans leur métier en France, alors que ce sont des femmes et des hommes passionnés, dotés d’un réel savoir-faire acquis dans leur pays d’origine. Leur expérience comme ébéniste, potier, tailleur ou maroquinier n’est pas reconnue ici. En arrivant en France, ces personnes sont alors obligées de tout recommencer et de travailler dans les secteurs comme le bâtiment, la restauration, le ménage... Dans notre programme, nous proposons plusieurs actions. Nous créons des collaborations entre les artisans et les designers français. L’objectif est de créer une collection d’objets qui permet de valoriser et de faire la promotion de leur savoirfaire. La collection les aide à montrer leurs compétences et à les faire connaître. Nous leur faisons découvrir leur nouvel environnement professionnel. Nous organisons des visites dans des entreprises et des rencontres avec des professionnels. On propose également des ateliers de pratique artisanale. Les artisans animent ces ateliers où ils présentent leur savoir-faire au grand public et aux entreprises. Pouvez-vous nous en dire plus sur les ateliers de pratique artisanale ? I.M.  : Ces ateliers permettent aux artisans de reprendre confiance en eux. Ils pratiquent la langue française et développent des relations humaines avec la société française. Ils sont en position d’acteur. L’objectif est qu’ils puissent retrouver un statut de professionnel. Pour intégrer notre programme, les artisans doivent maîtriser leur savoir-faire. Ce sont des personnes qui sont expérimentées, qui connaissent bien leur technique. On ne les forme pas dans leur métier. SEPTEMBRE 2018 N°24
Ghaita Tauche-Luthi INFOS PRATIQUES Philarty Photography Maïmouna Diallo Couturière styliste originaire de Guinée Conakry Adresse  : La Fabrique Nomade - Viaduc des Arts 1 bis avenue Daumesnil - 75012 Paris Métro  : Bastille Le site  : lafabriquenomade.com Vous connaissez un artisan réfugié ou migrant ? Alors vous pourrez le recommander à l’association sur son site Internet. k ON Y ÉTAIT Pouvez-vous nous raconter votre histoire ? Maïmouna Diallo  : J’ai commencé à aimer la mode dès l’âge de 10 ans dans mon village. Puis j’ai vécu à Conakry où j’ai pu apprendre la mode dans un atelier de couture. Très vite, mes créations ont été repérées et on m’a amenée à Dakar, dans un autre atelier, pour me former encore plus. Ensuite, je suis retournée en Guinée où j’ai travaillé à la maison avec une machine à coudre. Il y avait du monde qui venait me voir et j’ai ouvert un petit magasin. Après 3 ans, j’avais beaucoup de machines et j’ai commencé à faire des défilés de mode pour montrer mes collections. J’ai été invitée dans des hôtels, dans des écoles, pour faire des défilés de mode. J’ai ouvert mon deuxième atelier de couture où j’ai même formé de jeunes filles. Avant que je quitte la Guinée, il y avait des filles qui avaient réussi à ouvrir leur propre atelier de couture. J’ai commencé à me faire connaître, j’ai été invitée à Dakar, en Côte d’Ivoire, au Mali. J’ai même été invitée au FIMA (Festival International de la Mode en Afrique). Pourquoi êtes-vous venue en France ? M. D.  : Au pays, j’ai fondé une association pour le droit des femmes, contre l’excision, les violences sur les femmes et les mariages forcés. En 2009, il y a eu des viols dans un stade de Conakry. Dans notre culture, quand tu es violée, tu ne dois pas le dire, donc les femmes n’allaient pas à l’hôpital. J’ai sensibilisé les gens pour leur dire d’aller à l’hôpital, surtout que c’était gratuit. Je faisais du porte-à-porte. On faisait des manifestations. Mais on ne voulait pas que je parle avec ces femmes. J’ai été menacée de mort, j’ai été emprisonnée. Alors après j’ai quitté le pays précipitamment et je suis arrivée en France en 2016. J’ai reçu mon statut de réfugiée en décembre 2017. J’ai été aidée, hébergée et accompagnée pour les papiers par l’association France Terre d’Asile. Comment êtes-vous arrivée à La Fabrique Nomade ? M. D.  : Depuis mon arrivée en France, je faisais du bénévolat et ça m’a amenée à faire un défilé de mode lors d’un événement au 104. Le directeur m’a remarquée. Ils ont beaucoup aimé mon travail et m’ont demandé si je voulais continuer dans la mode. J’ai dit oui, mon rêve, c’est de continuer mon métier, d’être vraiment dans la mode, de devenir une grande styliste ! Donc ils m’ont orientée à La Fabrique Nomade en début d’année 2018. J’ai suivi la formation et ils m’ont proposé de faire un stage dans un atelier de couture à Paris. SEPTEMBRE 2018 N°24 19



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :