Et la Santé, on dit quoi ? n°23 mai à sep 2018
Et la Santé, on dit quoi ? n°23 mai à sep 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de mai à sep 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : Blaise Matuidi, un footballeur engagé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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k C’EST MON HISTOIRE TÉMOIGNAGE D’UNE FEMME EXCISÉE SURMONTER LE TRAUMATISME L’excision est une mutilation sexuelle féminine. Elle concerne toutes les interventions incluant la coupe partielle ou totale des organes sexuels de la femme comme le clitoris. Très pratiquée dans les pays africains, les conséquences peuvent être dramatiques dans la vie d’une femme. Fati nous raconte comment elle a été excisée et comment elle a réussi à surmonter son traumatisme. Voici son histoire. « Je suis malienne et j’ai 3 frères. Pour ma famille, la tradition c’est la vie. J’avais 13 ans quand je suis partie au Mali avec mon père. Je trouvais ça bizarre de ne partir qu’avec lui. Avant le départ, ma mère m’a dit que mes vacances seraient « une grande étape dans ma vie de femme » mais je n’y ai pas fait attention. Quand je suis arrivée au village, tout le monde était gentil avec moi. Je passais de très bonnes vacances avec ma grand-mère, mon père et mes cousins et cousines. Un matin, mon père me réveille et me dit que l’on va me faire la circoncision. Je lui ai dit que c’était pour les hommes. Il m’a dit de me taire et de le suivre, de ne pas m’inquiéter. J’avais peur. Je n’ai pas envie de parler des détails mais tout ce dont je me souviens, c’est que plusieurs femmes m’entouraient et que j’ai ressenti une douleur très violente. Je n’ai plus parlé à mon père jusqu’à mon retour en France. J’avais très mal et je pleurais tout le temps. Quand j‘ai expliqué à ma mère ce qu’on m’avait fait, elle m’a dit que j’exagérais et que je salissais l’honneur de la famille. Elle m’a dit que c’était un devoir d’accepter les coutumes de son pays et de sa religion. Elle a ajouté que c’était obligatoire si je voulais avoir un bon mari et qu’il ne voudrait pas d’une femme avec un « petit pénis d’homme ». J’avais honte de parler de ça à mes frères et à mes copines. Alors je n’ai rien dit pendant des années. J’ai fait disparaître ça de ma mémoire. C’est quand j’ai commencé à avoir mon premier petit ami à 20 ans que j’ai compris que quelque chose n’allait pas. Il m’a dit que je n’étais pas « normale », qu’il me manquait WOMEN SAFE INSTITUT Il s’agit d’un centre pour les femmes victimes de tous types de violences, dont l’excision. Le Women Safe Institut propose notamment une intervention chirurgicale réparatrice des mutilations sexuelles féminines. Cette intervention est prise en charge par la Sécurité sociale dans le cadre de la CMU ou de l’AME. Adresse  : 20 rue Armagis, 78100 St-Germain-en-Laye Tél.  : 01.39.10.85.35 Email  : accueil@women-safe.org Le site  : www.women-safe.org 16 N°23 MAI 2018 mcgmUcicoucm « un bout ». Ça a fait remonter tous mes souvenirs de ce qu’on m’avait fait au pays. C’est vrai que j’avais des douleurs quand je faisais pipi et quand j’avais mes règles mais je croyais que c’était normal. Je n’avais pas fait le rapprochement avec l’excision. J’ai commencé à me renseigner sur l’excision et ses conséquences. J’étais en colère et j’en ai beaucoup voulu à mes parents. J’ai dit à ma mère et à mon père qu’ils m’avaient coupé un bout de moi et qu’ils avaient gâché ma vie de femme. Ils ont dit qu’ils ne voulaient que mon bien. Je leur ai montré tout ce que j’avais appris sur l’excision et ils m’ont répondu qu’ils ne savaient pas tout ça. Aujourd’hui j’ai 35 ans, un mari, deux filles et j’arrive à avoir une bonne vie sexuelle. Mon mari a été patient avec moi et très doux. J’ai été voir un psychologue que m’a conseillé mon docteur et il m’a beaucoup aidé à surmonter mon traumatisme. Je n’ai plus honte d’en parler à mon entourage. Au contraire j’en parle pour que mes oncles, tantes, cousins et cousines ne fassent pas subir ça à leurs filles. C’est important pour moi. Je prends maintenant des renseignements pour pouvoir faire la chirurgie et retrouver le clitoris que l’on m’a coupé. Je veux redevenir une femme, comme Dieu m’a créée. Et je veux montrer à mes enfants que je suis une battante. » J’étais en colère et j’en ai beaucoup voulu à mes parents. Il existe de nombreux organismes qui accompagnent les femmes victimes de mutilations sexuelles. k FÉDÉRATION NATIONALE GAMS La Fédération nationale GAMS est engagée dans la lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles. Vous êtes concerné(e) par de telles situations ? La Fédération nationale GAMS vous informe, vous soutient, vous accompagne gratuitement et anonymement. Adresse  : 51 avenue Gambetta, 75020 Paris Tél.  : 01.43.48.10.87 Email  : contact@federationgams.org Le site  : www.federationgams.org Photographie Надежда Манахова - Fotolia.com
ÉDITH BROU ET FABRICE SAWEGNON L’AFRIQUE COMMUNIQUE k AFRIQUE EN MARCHE Découvrez deux personnalités ivoiriennes qui font bouger l’Afrique  : Edith Brou, cheffe d’entreprise spécialiste d’Internet et Fabrice Sawegnon fondateur de l’agence de communication Voodoo. Une femme et un homme qui connaissent le succès mais qui n’oublient pas de travailler pour l’avenir de l’Afrique. Édith Brou LA MADAME DIGITALE DE LA CÔTE D’IVOIRE Édith Brou est une cheffe d’entreprise spécialiste d’Internet. En février 2015, le magazine édité à Paris Jeune Afrique Magazine l’a classée parmi les 50 personnalités qui font bouger la Côte d’Ivoire. En 7 ans, de bloggeuse, elle est devenue directrice d’agence de communication. En 2016, elle crée BuzzyAfrica.com, un site d’informations (news, people, cuisine, cinéma, voyages…) pour les 18-35 ans d’Afrique francophone. Internet est aussi un outil de sensibilisation pour Édith Brou comme en juin 2014, lors des inondations qui frappèrent la Côte d’Ivoire. Elle avait alors Tanouchkad utilisé ses réseaux pour informer la population des zones à risque et des routes impraticables. Elle est aussi à l’origine de la campagne « Mousser contre Ebola » pour sensibiliser la population sur l’épidémie du virus Ebola. Édith fait aujourd’hui partie de cette jeune génération déterminée qui souhaite utiliser Internet pour porter la voix de l’Afrique toujours plus loin. Le continent affiche en effet la plus forte progression d’utilisateurs d’Internet en 2017. Comme tous les grands leaders, la cheffe d’entreprise ivoirienne mise sur l’avenir en le construisant aujourd’hui. k Jacquitoz Fabrice Sawegnon LE GOUROU PANAFRICAIN DE LA COMMUNICATION Depuis 20 ans, Fabrice Sawegnon règne sur le monde de la publicité en Afrique avec Voodoo Communication. C’est en travaillant en tant que directeur de clientèle pour l’agence de publicité Panafcom Young & Rubicam qu’il décide de créer sa propre agence de publicité. Pour raconter les vraies histoires africaines, il fonde Voodoo Communication à Abidjan en 1999. Très vite, le succès est au rendez-vous. Son agence s’agrandit et se développe sur tout le continent africain  : Niger, Cameroun, Sénégal, Libéria... Aujourd’hui, Fabrice a deux nouveaux challenges  : devenir maire du Plateau, une commune d’Abidjan où il a grandi, et le lancement de Life TV, sa chaîne de télévision sur la TNT ivoirienne. Life TV diffusera des adaptations ivoiriennes des émissions d’une chaîne française mais aussi des productions locales. Et en plus de toutes ces activités, Fabrice Sawegnon continue de s’occuper de la fondation Voodoo qu’il a créée en 2014, et qui a pour objectif de contribuer au développement de la Côte d’Ivoire. La fondation a par exemple organisé des séances de vaccination pour les enfants de Bingerville, un district d’Abidjan. k ruimuMciullpuga MAI 2018 N°23 17



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