Et la Santé, on dit quoi ? n°22 jan à avr 2018
Et la Santé, on dit quoi ? n°22 jan à avr 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de jan à avr 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : une miss au coeur d'or...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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k ON Y ÉTAIT POUR LA DÉFENSE DES DROITS DES COUPLES FRANCO-ÉTRANGERS LES AMOUREUX AU BAN PUBLIC Le mouvement des Amoureux au ban public organise depuis 2007 la mobilisation des couples franco-étrangers (par exemple une personne française avec une personne camerounaise), pour la défense collective de leurs droits à vivre en famille en France. Les actions et projets des Amoureux au ban public sont aujourd’hui soutenus par des couples franco-étrangers et par leurs bénévoles. Nous avons rencontré Charlotte Rosamond, coordinatrice nationale de l’association. Juliana (péruvienne) en couple avec Emmanuel (français) En 2016, je suis venue en France pour terminer mes études. J’ai rencontré Emmanuel alors que je faisais la queue dans un café. Le courant est passé, et notre histoire est devenue sérieuse après quelques semaines. Nous avons emménagé ensemble dans un appartement à nous. Puis j’ai dû trouver un stage pour valider mon diplôme. Une entreprise a bien voulu me prendre en stage mais mon école n’a pas voulu me donner de conventions de stage car mon visa étudiant était expiré. Je n’avais pas de numéro de sécurité sociale. J’ai dû faire une demande de nouveau Visa mais les démarches sont stressantes et compliquées pour moi qui ne parle pas bien français. Elles sont devenues un peu plus simples quand Emmanuel a commencé à m’accompagner aux rendezvous administratifs. Puis un ami d’Emmanuel a entendu parler des Amoureux au ban public. Cette association nous éclaire sur beaucoup de choses. Toutes ces démarches sont difficiles pour nous, mais heureusement à l’association on nous donne plein de bons conseils et de soutien. On va y arriver, c’est certain. 18 N°22 JANVIER 2018 mia[fMcciciucxc Pouvez-vous présenter les Amoureux au ban public ? Charlotte Rosamond  : C’est un mouvement qui soutient les couples binationaux pour la défense de leurs droits à vivre en famille. On défend le droit d’aimer la personne de son choix quels que soient son sexe, son âge, sa religion et surtout quelle que soit sa nationalité. Les couples binationaux qui viennent nous voir sont composés d’une personne française (parfois européenne) et d’une personne dont la nationalité est hors Union Européenne. Les démarches administratives de la personne étrangère ont des conséquences sur la vie du couple. Ces démarches peuvent prendre plusieurs mois. Nous suivons même certains couples pendant plusieurs années. Comment est né les Amoureux au ban public ? C. R.  : Le mouvement est né en 2007. Nicolas Ferran, qui était juriste à la Cimade (association qui accompagne les personnes étrangères dans la défense de leurs droits), s’est rendu compte qu’il rencontrait de plus en plus de couples binationaux qui avaient des difficultés dans leurs démarches administratives. Nicolas s’est dit qu’il serait intéressant de réunir ces couples pour
qu’ils puissent échanger sur leurs parcours et se mobiliser ensemble. La Cimade est présente un peu partout en France. Des collectifs se sont donc créés rapidement. Aujourd’hui le mouvement est autonome et est composé de sept collectifs. Quelles sont vos actions ? C. R.  : Tout d’abord, nous avons des permanences juridiques dans sept villes. Les personnes qui viennent nous voir se posent des questions sur leurs droits et sur les démarches administratives qu’ils doivent faire. Nos juristes les aident et les accompagnent selon leur situation. Des couples bénévoles sont aussi présents pour partager leur expérience. Ensuite, nous parlons du sujet des couples binationaux aux politiciens, aux préfectures. Enfin, nous organisons des actions festives. Pour la Saint Valentin, le 14 février, nous organisons le Bal des Amoureux. C’est une soirée joyeuse et conviviale. On parle des difficultés des couples binationaux aux personnes qui viennent nous voir. Depuis 2016, nous faisons des évènements le jour du Loving Day, le 12 juin. Les Loving étaient un couple américain. Mildred était noire et Richard était blanc. Le 12 juin 1967, la Cour Suprême des États-Unis a reconnu que leur mariage était légal. Ce n’était pas le cas avant cette date. Un étudiant a entendu parler de cette histoire quelques années plus tard et il a décidé de créer le Loving Day. Que proposez-vous aux personnes qui viennent vous voir ? C. R.  : Nous accueillons les couples lors de permanences collectives. Des juristes sont présents pour les aider et leur apporter des réponses. On leur parle de leurs droits et des prochaines démarches administratives selon leur situation. Nous aidons parfois certains couples à rédiger des courriers et à faire des dossiers pour la préfecture. Nous sommes de temps en temps intervenants devant le Tribunal. Nous pensons qu’une décision positive de justice pourra servir à d’autres couples. Enfin, le collectif Île-de-France organise à Paris une rencontre conviviale tous les 3 èmes jeudi du mois, à 18h30 pour discuter, échanger et partager. Il est important pour ces couples de se renseigner sur leurs droits avant de faire leurs démarches. Ils doivent surtout trouver des personnes fiables pour les conseiller. ee Charlotte Rosamond (en bas à gaucne), Marion et Mouaioutaba (le couple à droite, leur témoignage est à lire ci-dessus) et le collectif Île-de-France des Amoureux au ban public. SANTE, ZDEffUOU k ON Y ÉTAIT Marion (française) en couple avec Moudioutaba (guinéen) On s’est rencontré il y a 4 ans à des événements musicaux. On partage la passion de la danse et de la musique. Au début on se croisait, ça n’allait pas plus loin. Mais maintenant on est en couple et on s’aime depuis un an. On a très vite eu tous les deux envie de se marier. Mais le fait que Moudioutaba n’ait pas de papiers nous a posé problème rapidement... Au départ on croyait que ce serait facile car Moudioutaba est indépendant  : il a un logement, un travail… ! Mais il faut prouver à la préfecture qu’on vit ensemble depuis au moins 6 mois pour pouvoir se marier et ce n’est pas le cas. On vient aux permanences des Amoureux au ban public car ça nous donne de l’espoir de discuter avec les autres couples qui vivent la même chose que nous et qui s’en sortent. Notre situation, on y pense tout le temps, donc c’est difficile de vivre une vie de couple normale. On ne devrait pas penser à ce genre de choses quand on aime quelqu’un. Charlotte Rosamond (en bas à gauche), Marion et Moudioutaba (le couple à droite, leur témoignage est à lire ci-dessus) et le collectif Île-de-France des Amoureux au ban public. INFOS PRATIQUES Retrouvez toute la liste des villes où vous pourrez rencontrer un collectif des Amoureux au ban public sur www.amoureuxauban.net, rubrique « connaître ses droits ». Pour tout renseignement juridique, s’il n’existe pas de collectif des Amoureux au ban public proche de chez vous, un de nos partenaires est peut être présent dans la région. Renseignez-vous sur le site de la Cimade qui accompagne les personnes étrangères dans la défense de leurs droits  : www.lacimade.org Enfin, les Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s (ASTI) agissent localement aux côtés des personnes migrantes ou immigrées. Aide juridique, cours de français, soutien scolaire, activités à destination des femmes  : www.fasti.org, rubrique « Les ASTI ». JANVIER 2018 N°22 19



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