Et la Santé, on dit quoi ? n°22 jan à avr 2018
Et la Santé, on dit quoi ? n°22 jan à avr 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de jan à avr 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : une miss au coeur d'or...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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k C’EST MON HISTOIRE TÉMOIGNAGE D’UN HOMME HOMOSEXUEL RECONSTRUIRE SA VIE Au Cameroun, comme dans de nombreux pays d’Afrique, l’homosexualité est considérée comme un délit. Se sentant menacé lorsque son homosexualité a été découverte, Armand a décidé de venir reconstruire sa vie en France. Aujourd’hui, il souhaite ouvrir sa propre boulangerie. Voici son histoire. 16 N°22 JANVIER 2018 J’ai toujours préféré les hommes. C’est dans un lycée de Douala au Cameroun que j’ai rencontré mon premier amour à l’âge de 18 ans. Avant ce moment-là, je ne m’étais jamais inquiété de cette attirance pour les hommes ; c’est mon entourage qui ne comprenait pas pourquoi je n’avais jamais eu de copine, pas moi ! Yvan, le garçon que j’aimais, avait trois ans de plus que moi. On se retrouvait tous les jours après les cours pour faire le chemin ensemble. Pour que les autres n’aient pas de soupçon, on marchait avec de l’assurance, de la virilité. Étant d’une famille croyante, je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que j’étais en train de commettre un péché. Pendant les six premiers mois, je voulais même me convaincre que je n’aimais pas les hommes. J’avais peur des conséquences. J’ai mis du temps avant d’avoir mon premier rapport sexuel… Mon histoire avec Yvan a duré huit ans. Elle s’est terminée parce qu’il a choisi de se marier et d’avoir des enfants pour s’assurer une place dans la société. J’ai fait ensuite une dépression qui a duré quatre ans. Mes parents me demandaient tous les jours où était ma copine. Et comme toujours, je leur donnais la même réponse  : dans la religion, on ne peut pas être avec une femme avant le mariage. La révélation de mon homosexualité a eu des conséquences, j’ai compris très vite que ma vie était menacée. Il y a trois ans je me suis disputé avec ma meilleure amie. Elle était très énervée. Elle est allée dire à tout le monde que j’étais Il existe plusieurs associations qui aident les personnes homosexuelles ayant dû fuir leur pays. Les locaux des associations Ardhis et Afrique Arc-en-Ciel, notamment, sont au sein du Centre LGBT Paris IDF, au 63, rue Beaubourg, 75003 Paris. Contact Ardhis  : 06 19 64 03 91 Contact Afrique Arc-en-Ciel  : 06 12 83 50 75 Pour trouver l’association Le Refuge partout en France  : www.le-refuge.org (pour les jeunes entre 18 et 25 ans). mia[fMcciciucxc homosexuel et qu’elle avait des preuves. Très vite, cette information est arrivée aux oreilles de mes parents qui l’ont très mal pris. Dans les yeux de mon père, je voyais du dégoût et dans ceux de ma mère, des remords. Je pense qu’elle le savait depuis toujours. La révélation de mon homosexualité dans notre quartier a eu des conséquences, j’ai compris très vite que ma vie était menacée. En plus, pour mon entourage, la pression était devenue trop forte  : j’étais la honte de la famille. Je me suis alors rapproché d’une association non déclarée protégeant les homosexuels. Là-bas, j’ai rencontré une personne qui m’a dit avoir un « réseau » pour que je puisse quitter le Cameroun. J’ai alors rassemblé toutes mes économies pour partir en France. À mon arrivée à Paris, je me suis rapproché de l’association Le Refuge dont j’avais entendu parler. J’avais plus de 25 ans donc ils n’ont pas pu me prendre en charge, mais ils m’ont envoyé vers l’association Ardhis. C’est une association qui fait reconnaître les droits au séjour et à l’asile des personnes homosexuelles et transsexuelles étrangères. J’ai pu obtenir un titre de séjour renouvelable chaque année à la préfecture de Nanterre. J’ai aussi pu suivre une formation en boulangerie-pâtisserie, c’était un de mes rêves ! Aujourd’hui, ma vie n’est plus menacée. Et j’espère un jour ouvrir une grande boulangerie pour rendre toute ma famille très fière de moi. k Photographie addictive stock - Fotolia.com
SIMON NJAMI ET BARTHÉLÉMY TOGUO L’ART AFRICAIN EN MARCHE k AFRIQUE EN MARCHE Depuis trois ans, l’art contemporain africain est à l’honneur en France. Portrait de deux des acteurs de cette révolution  : Simon Njami, camerounais, organisateur d’expositions, écrivain, critique d’art et Barthélémy Toguo, artiste camerounais reconnu sur la scène internationale pour son travail engagé. lettera27 Un artiste mondialement connu Barthélemy Toguo est camerounais. Il a fait ses études d’art en Côte d’Ivoire, en France et en Allemagne. Il pratique la sculpture, la photographie, la vidéo, l’aquarelle et le dessin. Il expose aujourd’hui en France, en Italie, au Brésil, à Cuba ou encore aux États-Unis. 2016  : une année forte pour l’artiste En octobre 2016, Paris ré-ouvre la station de métro « Château Rouge ». Barthelemy Toguo y réalise une immense fresque en céramique, « Célébrations ». C’est une consécration pour lui qui a vécu plusieurs années dans ce quartier  : Simon Njami RÉVÉLER LES TALENTS ARTISTIQUES DE L’AFRIQUE Une personnalité incontournable du monde de l’art africain Simon Njami est écrivain, critique d’art et organisateur d’expositions. En 1991, il souhaite amener l’Afrique dans la modernité et créé la première revue consacrée à l’art africain contemporain, « la Revue Noire ». Son objectif  : faire connaître l’art africain à travers le monde Lors des « Rencontres africaines de la photographie » à Bamako de 2001 à 2007, il a entre autres fait reconnaître les talents de Malick Sidibé et Seydou Keita. Aujourd’hui, Barthélémy Toguo AU SERVICE DE SA COMMUNAUTÉ « cette station de métro représente le croisement des cultures grâce à son marché exotique qui lui donne un charme si particulier qui me touche » dit-il. En décembre 2016, son exposition de vases en porcelaine de plus de deux mètres de haut au Centre Georges-Pompidou « Vaincre le virus » est remarquée. L’exposition était dédiée au travail des chercheurs contre les virus du sida et d’Ebola. Barthélémy souhaite maintenant que l’on puisse admirer l’art africain dans les musées occidentaux mais aussi en Afrique. Il dirige donc la « Bandjoun Station » au Cameroun. C’est un musée d’art contemporain et un centre de création où les jeunes artistes peuvent exposer et faire des spectacles. k les œuvres de ces deux grands photographes sont exposées à la Fondation Cartier ou encore au Grand Palais à Paris. Son exposition « Africa Remix » (Paris, Londres, Johannesburg, Tokyo…) ou encore son Festival « 100% Afriques » à la Villette à Paris ont permis de faire découvrir toutes les formes d’art africain (musique, danse, théâtre, design...) et plus d’une centaine d’artistes du continent. Le 3 mai prochain débutera à Dakar la 13 ème édition de « Dak’Art », le plus ancien et le plus grand évènement d’art contemporain en Afrique. Simon Njami souhaite maintenant faire de la capitale sénégalaise la place incontournable des passionnés d’art. Galerie Lelong k mLaMccmffle JANVIER 2018 N°22 17



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