Et la Santé, on dit quoi ? n°20 jun à sep 2017
Et la Santé, on dit quoi ? n°20 jun à sep 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de jun à sep 2017

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 7 Mo

  • Dans ce numéro : la prévention sur tous les fronts.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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k C’EST MON HISTOIRE CHRONIQUE D’UNE ARRIVÉE EN FRANCE TERRE D’ACCUEIL Doris a 39 ans. D’origine congolaise, elle a dû quitter son pays il y a 20 ans afin de fuir la guerre civile. Réfugiée politique en France, elle raconte avec courage son parcours, entre difficultés, espoirs et victoires. 16 Je n’ai jamais pensé à quitter mon pays, le Congo, où j’ai grandi au sein d’une famille aimante et unie. Malheureusement, en 1993, ce pays que j’aimais tant a connu une guerre civile sanglante. La situation s’est calmée en 1995 mais la guerre a repris encore plus fortement en 1997, j’avais alors 19 ans. J’étais du côté du parti d’opposition et j’ai dû fuir le Congo afin d’assurer ma protection. J’ai demandé de l’aide à mes connaissances afin d’obtenir un visa pour me permettre d’aller en France. Je me rappellerai toujours du jour où mon ami commissaire m’a accompagnée au pied de l’avion, en me souhaitant bonne chance, sans être sûr de me revoir un jour. La France était plus qu’une terre d’accueil, c’était devenu mon pays. Je pensais rester en France quelques mois seulement puis retourner au pays, mais la guerre s’intensifiait. J’avais laissé mes parents, mes amis et mon quotidien à Brazzaville pour rejoindre Paris. J’étais en situation de grande détresse… et ma sœur m’a conseillé de me tourner vers une association de réfugiés afin de demander l’asile. L’association m’a beaucoup aidée, elle s’occupait avec ses avocats des démarches auprès de la préfecture. Une personne de l’association m’a proposé d’écrire une lettre afin de raconter mon histoire et d’appuyer mon dossier. Cela a été payant car en 1999, j’ai obtenu mon titre de séjour avec le statut de réfugiée politique. Le titre de séjour, c’était la stabilité. Après avoir obtenu mon statut de réfugiée politique, j’ai pu accéder à la CMU* (couverture maladie universelle) et me faire soigner. Plus important, j’ai eu l’autorisation de travailler. J’ai pu entamer une formation d’assistante médicale et trouver un emploi stable. Après avoir vécu des années chez des membres de la famille et chez des amis, j’ai enfin pu louer mon propre appartement. Le médecin avec lequel je travaillais à l’époque m’a été d’un grand soutien. Il m’a encouragée à faire une demande de naturalisation… Je n’y croyais pas trop, mais je l’ai obtenue 3 ans après. La France était plus qu’une terre d’accueil, c’était devenu mon pays. N°20 JUIN 2017 EIUM,KUMCUICECIM En 2001, j’ai rencontré le père de mes enfants et je suis aujourd’hui maman de 3 enfants. J’ai choisi de les élever en France mais je n’ai pas abandonné le rêve de retourner au pays. Je suis fière de mon parcours et reconnaissante envers toutes ces personnes qui m’ont aidée. J’espère qu’un jour, je pourrai retourner à Brazzaville avec mes enfants. Je veux leur faire découvrir ma terre, leur montrer l’autre partie de mon identité. Je suis congolaise de naissance et française d’adoption, voilà mon histoire. k Il existe de nombreuses associations qui permettent d’accompagner les demandeurs d’asile. L’association COMEDE (Comité pour la santé des exilés), par exemple, agit pour l’accès au droit et à la santé des exilés en proposant des activités d’accueil et de soutien. Informations  : contact@comede.org et www.comede.org Permanence  : 01.45.21.39.32 L’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) est l’administration qui examine les demandes d’asile  : www.ofpra.gouv.fr * Pour connaître les démarches à effectuer afin d’être soigné gratuitement, rendez-vous en page 20 de Et la santé, on dit quoi ? Gwoeii/Shutterstock.com
ABDELKADER JAWNEH ET MOULAYE TABOURE GÉNÉRATION ENTREPRENEURS D’origine sénégalaise, Abdelkader Jawneh est l’un des co-fondateurs de la chaîne de restaurants Afrik’N’Fusion. Âgé de 31 ans, le jeune homme est un entrepreneur dans l’âme. Il lance sa première entreprise de nettoyage à 18 ans et monte par la suite différents projets dans l’événementiel et dans les énergies renouvelables. Toujours en recherche de nouvelles idées, Abdelkader constate alors qu’il est très compliqué de manger de la cuisine africaine dans les restaurants proches de son travail. Accompagné de ses amis d’enfance, Abdelkader décide de saisir l’occasion. Un concept novateur En 2010, ils créent Afrik’N’Fusion, le premier restaurant rapide africain. Les trois amis se débrouillent seuls car les banques refusent de les aider. Avec le soutien de toute leur famille et grâce aux prêts et aux dons de leur entourage, ils ouvrent leur premier restaurant. C’est un succès et l’équipe décide d’en ouvrir un deuxième et de lancer un système de livraison. La carte met à l’honneur les plats d’Afrique de l’Ouest, réalisés à partir de produits de qualité  : tiebou dienne, mafé, bissap, poisson et poulet braisés, alokos… L’ambition d’Abdelkader et de ses partenaires est de faire découvrir la culture africaine au travers de la gastronomie. Et ça fonctionne  : le restaurant est ouvert à tous et attire une clientèle de différents horizons. Afrik’N’Fusion compte aujourd’hui 30 salariés. I/1-3uummucznum k AFRIQUE EN MARCHE Zoom sur deux parcours inspirants qui témoignent chaque jour d’un amour pour l’Afrique, mêlé à une volonté de réussir. Rencontre avec Abdelkader Jawneh, chef d’entreprise à la tête de trois restaurants africains à Paris et Moulaye Taboure, créateur d’un site de vente en ligne d’artisanat africain. Abdelkader Jawneh SUPERMAN DU TIEB ET DU MAFÉ k Afrik’N’Fusion  : 330, rue des Pyrénées (Paris 20 ème) 28, avenue de Saint Ouen (Paris 18 ème) Abdelkader Jawneh Moulaye Taboure PROMOTEUR DE L’ARTISANAT AFRICAIN Moulaye Taboure Moulaye Taboure, originaire du Mali, arrive à Paris en 2009 pour continuer ses études. Il obtient un diplôme en finance et audit informatique et intègre un cabinet pour lequel il travaille pendant 5 ans. Il prend goût à l’entreprenariat lorsqu’un ami d’enfance lui propose de monter un projet en faveur de l’artisanat africain. Les deux jeunes hommes font un constat  : il n’existe pas en France de site Internet pour acheter des créations inspirées de l’Afrique. Convaincus par le potentiel d’un tel site, ils décident de s’y consacrer à 100%. L’artisanat africain sur Internet En 2013, ils montent Afrikrea, un site de vente en ligne où l’on peut acheter des vêtements, des bijoux, des sacs, des tableaux faits main, inspirés de l’Afrique. Afrikrea a pour ambition d’aider les artisans venus des quatre coins du monde à se faire connaître et à se développer. Accessible en français et en anglais, le site propose aujourd’hui 11 000 articles à la vente. Mais Moulaye et ses associés ne souhaitent pas s’arrêter en si bon chemin. Ils recherchent actuellement des financements et comptent augmenter le nombre d’artisans partenaires. Leur souhait ? Faire d’Afrikrea un site Internet incontournable de l’artisanat inspiré du continent africain. k Le site  : www.afrikrea.com JUIN 2017 N°2017



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