Et la Santé, on dit quoi ? n°19 mar 16 à mai 2017
Et la Santé, on dit quoi ? n°19 mar 16 à mai 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de mar 16 à mai 2017

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : l'égalité pour tous...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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invité ANGÉLIQUE KIDJO L’ÉGALITÉ POUR TOUS Passionnée, révoltée, généreuse… Angélique Kidjo voulait être avocate des droits de l’Homme, elle est devenue une chanteuse mondialement connue pour sa voix exceptionnelle et ses engagements universels. Parmi eux  : les droits de l’enfant et les droits de la femme. Vous avez commencé à chanter très jeune. Dans quel contexte avez-vous grandi ? J’ai grandi avec une maman passionnée de théâtre, un père fou de musique, de sport et de littérature. Des passions que certains de mes frères et sœurs partageaient. Nous avions une grande liberté d’expression à la maison, ce qui était rare. Seuls le racisme et la violence étaient bannis. J’ai commencé à chanter à 6 ans, alors que ma mère avait sa troupe de théâtre. Un jour, j’ai dû remplacer une petite fille et chanter à sa place. D’un coup, j’étais sous les projecteurs. J’ai adoré et cet amour de la musique s’est renforcé au fil des ans. Quels ont été les moments clés de votre parcours ? En 1972, le gouvernement révolutionnaire est arrivé au Bénin  : la liberté a disparu ; tout le monde était surveillé ; les radios ne diffusaient plus les artistes du monde mais uniquement ceux qui chantaient la Révolution. J’avais 12 ans. En 1980, j’ai pu venir à Paris enregistrer mon premier disque (Pretty) avant de commencer des tournées en Afrique de l’Ouest. Puis en 1983, j’ai rejoint un de mes frères à Paris. J’ai collaboré avec un grand pianiste de jazz (Jasper Van’t Hof) avant d’étudier au CIM*, où j’ai rencontré mon mari. Puis nous avons enchaîné ensemble albums, concerts, festivals... L’année 1989 a marqué un vrai tournant, avec le triomphe de l’album Parakou et la première partie de Miriam Makeba à L’Olympia. Vous êtes par ailleurs très engagée  : droits de l’enfant, lutte contre les maladies, pour la justice. Comment sont nés ces engagements ? Mon père avait un grand respect de la liberté et de l’indépendance, à commencer par celles de ma mère. J’ai aussi grandi avec notre histoire, celle de l’esclavage, de l’Apartheid en Afrique du Sud. L’injustice me rendait dingue, j’ai d’ailleurs failli être avocate. ru SANTE, 8/mars 2016/N°19/ET LA Santé, on 1111F011M dit quoi ? Gilles Marie Zimmerman En 2002, je suis devenue ambassadrice de l’Unicef  : après avoir vu comment l’association impliquait les communautés pour améliorer les conditions de vie des enfants et des familles, j’ai pu relayer leurs actions. Depuis 2005, je suis aussi régulièrement en campagne aux côtés de l’Oxfam(lutte contre la pauvreté, contrôle des armes, changement climatique…) et fais souvent des concerts de soutien à une cause.
xxx L’éducation est un droit pour tous et pour toutes, qui peut aussi prévenir les mariages forcés Quant à l’accès à la santé pour tous, il est fondamental. Le VIH par exemple, touche en majorité les femmes et les enfants en Afrique, dont beaucoup sont orphelins ! Il faut lever la honte qui pèse sur des femmes souvent trompées par leur mari. Il faut aussi généraliser le dépistage et permettre aux femmes d’être soignées pour qu’elles puissent avoir des enfants en bonne santé. La vie n’a pas de prix. En 2007, vous avez créé la fondation Batonga pour la scolarisation des filles. Quels sont ses enjeux ? La fondation a été créée pour permettre aux jeunes filles d’aller au collège et au lycée, puis de faire des études. Elle forme 400 filles par an dans cinq pays au sein d’écoles mixtes  : l’éducation est un droit pour tous, garçons et filles. Batonga est un lieu de confiance, où les élèves peuvent parler, exprimer leurs besoins, ce que les filles osent peu à la maison. Elles peuvent ensuite transmettre des messages chez elles, à leurs sœurs, leur mère. C’est aussi une façon de prévenir les mariages forcés. Nous voulons également développer des formations pour que les femmes aient un emploi et soient autonomes. Et pour mieux savoir où elles en sont (niveau scolaire, nombre d’enfants…), nous allons faire une étude à laquelle elles pourront répondre avec leur téléphone portable. Votre dernier album, Eve, a été enregistré pour les femmes et avec elles. Pouvez-vous nous en dire plus ? Le déclic s’est fait lors de voyages avec l’Unicef et l’Oxfam. J’ai rencontré des femmes qui vivaient dans des camps de réfugiés au Darfour. Au Kenya, j’ai vu des bébés qui ne se développaient pas bien parce qu’ils n’avaient pas assez à manger. Ces femmes m’ont donné l’énergie de témoigner de leur force et de leur courage ; de parler en leur nom de mariage précoce et d’excision. Elles sont aussi présentes sur le titre M’Baamba ; leurs voix magnifiques ont été enregistrées par mon mari dans un village. Par ma musique, je veux parler de sujets graves pour inciter à agir. Je veux aussi que les jeunes puissent rêver, aient un avenir autre que celui de risquer leur vie en quittant leur pays ! Le sens de tout cela est que chacun doit pouvoir vivre sa vie, avec ses différences. Nous devons aussi renforcer ce qui nous lie. r *centre international de la musique Discographie TOP 5 albums Eve (2014)  : 9,99 € Djin Djin (2007)  : 9,99 € Black ivory soul (2002)  : 7,99 € Ayé (1994)  : 9,99 € Logozo (1991)  : 7,99 € Prix valables sur iTunes À SUIVRE Le site d’Angélique Kidjo  : www.kidjo.com La fondation Batonga  : https://batongafoundation.org invité 1-31U118 ET LA Santé, SANTE, C1111:12010V on dit quoi ?/mars 2016/N°19/9



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