Et la Santé, on dit quoi ? n°19 mar 16 à mai 2017
Et la Santé, on dit quoi ? n°19 mar 16 à mai 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de mar 16 à mai 2017

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : l'égalité pour tous...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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c’est mon histoire CHRONIQUE D’UNE ARRIVÉE EN France changer son avenir À l’âge de 16 ans, Manu est venu en France pour étudier, mais un autre avenir l’attendait. Loin de se décourager, il a fait ce qu’on lui demandait jusqu’au jour où une rencontre a changé le cours de sa vie… Récit. Jai grandi au Cameroun, près de Douala, avec mes parents et mes sœurs. Quand mon père est mort, j’avais 16 ans. Nous n’étions plus que deux enfants à la maison mais ma mère avait très peu d’argent. Ma sœur s’est mariée au pays. Pour moi, ma mère avait prévu que je rejoigne un oncle en France. Elle m’avait dit que je pourrais passer mon Bac et faire des études. Je n’avais pas envie de partir mais je ne pouvais pas lui désobéir, elle avait déjà payé le billet d’avion avec ses économies. Je suis arrivé à Paris début 2009. À l’aéroport, mon oncle que je n’avais jamais vu m’attendait et m’a emmené chez lui. Quand je lui ai demandé quand j’allais pouvoir aller au lycée, il m’a dit que je n’étais pas là pour ça mais pour l’aider sur les chantiers. C’était ça ou la rue. J’étais désespéré. Je devais travailler dur avec lui, plus de 10 heures par jour et il me donnait juste de quoi manger et acheter des bricoles. On partait et on rentrait ensemble dans sa camionnette. Et comme je n’avais pas de papiers, je n’osais pas sortir sans lui. Ça a duré deux ans ; je ne voyais pas comment changer les choses. Un jour, sur un chantier, j’ai rencontré Salif avec qui j’ai sympathisé. Je lui ai raconté mon histoire et il a décidé de m’aider. Lui avait fui la guerre, mais il avait de la famille ici. Il m’a donné l’adresse d’une association qui l’avait soutenu à son arrivée. J’ai fait croire à mon oncle que je devais voir le médecin pour qu’il me laisse partir. L’association m’a proposé de m’aider pour demander un titre de séjour et m’inscrire à des cours de français. Au bout d’un mois, j’ai parlé de tout ça à mon oncle ; il m’a dit que j’étais ingrat après tout ce qu’il avait fait pour moi. Et comme je voulais arrêter de travailler pour pouvoir étudier, il m’a mis dehors. J’ai dormi sur un banc quelques jours. Je suis retourné voir l’association qui a appelé Salif. Avec sa famille, ils ont accepté de m’héberger ; je dormais par terre dans la chambre de son petit neveu. J’ai commencé 16/mars 2016/N°19/ET LA Santé, SANTE, CCICECJIM on dit quoi ? les cours de français et fait une demande d’inscription dans un lycée. Après plusieurs refus, ça a marché. C’était très dur mais je me suis accroché et j’ai eu mon bac. Entre temps, j’ai eu mes papiers et une place dans un foyer. Aujourd’hui, je suis des cours de Droit en banlieue parisienne et je travaille dans un resto rapide le week-end. Je voudrais devenir juriste pour aider les associations comme celle qui m’a aidé. J’espère aussi retourner voir ma mère quand j’aurai mon diplôme pour qu’elle soit fière de moi. Q J’ai fait une demande d’inscription dans un lycée. Je me suis accroché et j’ai eu mon bac
Kakenya NtAIYA et Binyavanga Wainaina Éducation et tolérance Chacun à leur façon, Kakenya Ntaiya et Binyavanga Wainaina participent au développement de leur pays, le Kenya  : l’une en permettant aux filles d’aller à l’école, l’autre en luttant pour le respect des droits des personnes homosexuelles. Pour eux, l’éducation et la tolérance sont des clés de la réussite du continent. Kakenya Ntaiya Changer le monde... Née en 1978 à Enoosaen, un village maasaï au sud du Kenya, Kakenya Ntaiya rêve de devenir institutrice. Mais la tradition maasaï impose l’excision et le mariage à la puberté, ce qui annonce la fin de son éducation et de ses projets. Elle refuse alors de se marier avec celui qu’on a choisi pour elle et passe un accord avec son père  : elle accepte l’excision s’il lui permet de continuer ses études, ce qui lui est accordé. Après le lycée, Kakenya Ntaiya obtient une bourse pour étudier aux États-Unis. Les anciens de son village la laissent partir car elle promet de revenir à Enoosaen pour aider au développement du village. L’école pour les filles est un droit À son retour au pays, les femmes lui demandent une école pour que leurs filles y étudient et soient en sécurité. En mai 2009, elle ouvre le Kakenya Center for Excellence, une école primaire qui permet aux filles maasaï d’étudier et de connaître leurs droits. Aux États-Unis, Kakenya Ntaiya a en effet appris que la circoncision et le mariage forcé étaient illégaux au Kenya et que les femmes avaient les mêmes droits que les hommes. « Aujourd’hui, 125 filles peuvent aller à l’école ; elles ne seront pas mutilées, ne seront pas mariées à l’âge de 12 ans et peuvent avoir des rêves. », explique-t-elle. Son travail est reconnu par les Nations Unies et Kakenya Ntaiya compte parmi les 100 personnalités à suivre pour la cause des femmes dans le monde. Pour elle  : « Si vous changez votre monde, vous allez changer votre communauté, puis votre pays. Pensez à ça. » Le site de l’école  : www.kakenyasdream.org Simon Maina/AFP Binyavanga Wainaina Une pensée libre ! afrique en marche Écrivain et journaliste kenyan reconnu, Binyavanga Wainaina a fait ses études en Afrique du Sud. Il est le fondateur de la revue indépendante et du site Kwani ?, plateforme de développement et de promotion de l’écriture africaine dans le monde. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et écrit notamment pour des médias anglais et américains. Droits des homosexuels  : briser les tabous Dans plus de 35 pays africains, notamment au Kenya, l’homosexualité est punie par la loi (arrestation, prison). Quatre pays prévoient la peine de mort. Parler de son homosexualité, c’est risquer d’être victime de discrimination, de violences, d’emprisonnement. C’est pourquoi peu de personnes sont engagées ouvertement pour le respect des droits des homosexuels. Pourtant, en janvier 2014, quand Binyavanga Wainaina apprend que le Nigeria a encore durci ses lois contre eux, il estime qu’il doit prendre position au nom des pays concernés et révèle son homosexualité dans l’article « I am a Homosexual Mum » (« Je suis homosexuel maman »). Pour lui, « Les homosexuels ont droit à leur liberté comme toute autre personne ». Avec cet acte de courage, il est devenu l’un de leurs défenseurs et rappelle l’importance d’accepter chacun avec ses différences. En octobre 2015, il a subi un accident vasculaire cérébral. Un appel à dons pour son traitement est lancé sur www.kwani.org 2014 NAFSA  : Association of International Educators Q ET LA Santé, SANTE, CflICE(Xff on dit quoi ?/mars 2016/N°19/17



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