Essentielle Immo n°122 novembre 2014
Essentielle Immo n°122 novembre 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°122 de novembre 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Libre Belgique

  • Format : (235 x 335) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 9 Mo

  • Dans ce numéro : dossier spécial... architecture et métropolisation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 34 - 35  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
34 35
de développement des relations de nature variée entre les villes constituées en réseaux. Enfin par métropolisation, on désigne également la polarisation d’une région par une ville, le rayonnement de cette dernière sur un territoire. La métropolisation contribue donc à structurer les territoires mais aussi à les différencier en fonction du niveau des relations qu’ils entretiennent avec la métropole. Comme le mentionne Paul Vermeylen dans son ouvrage ‘Le temps des Métropoles’les territoires engagés dans un processus de métropolisation ont un intérêt stratégique à trois niveaux  : - ils sont des portes de la mondialisation pour les territoires qui les environnent ; - ils sont les lieux où se situent les fonctions qui participent aux échanges au niveau international ; - ils ont pour vocation d’animer et de s’appuyer sur le dynamisme d’autres espaces - urbains, périurbains et ruraux - placés sous leur influence. Cette dynamique est celle qui régénère un territoire en maintenant/développant ses activités. NOTORIÉTÉ Au-delà de cet aspect théorique on comprend que la notoriété des métropoles - dans une économie ouverte - est un impératif dans le contexte de circulation des biens, des personnes et des services. Le corolaire est qu’il faut savoir et faire savoir aux entreprises et aux talents, pourquoi venir ici et pas ailleurs ? D’où l’enjeu de communiquer avec opportunité. Comme en publicité, mentir sur le fond est contre-productif. Le marketing territorial est une lubie s’il ne se fonde pas sur les données socioéconomiques d’un territoire, à savoir, d’une part, ses entreprises, sa capacité d’innover via les labo, les réseaux et tous les dispositifs permettant de passer d’une bonne idée à un développement commercial (R&D), son tissu social et son capital humain et, d’autre part, son cadre de vie environnemental et culturel et son accessibilité. Ainsi, l’attrait d’un territoire renvoie directement à son identité, à ses savoir-faire, à ce qu’il peut apporter dans les échanges mondialisés. En d’autres mots, les valeurs territoriales sont celles qui permettent d’appuyer des ambitions socio-économiques sur des spécificités locales notamment par l’étroite imbrication entre la ville (métropole) et son hinterland. (Ex.  : l’hinterland de Bruxelles est composé des deux Brabant) Interpréter la métropolisation comme une dynamique spatiale et économique a conduit quelques chercheurs à inventer des termes souvent synonymes pour rendre compte des formes urbaines associées à ces nouveaux agencements de l’espace de la production économique, comme ‘Central Business District’, ‘Zone industrielle’, etc. Il s’agit en d’autres termes de rendre compte des effets spatiaux de l’organisation économique qui exige le regroupement de certaines activités relevant d’un même secteur industriel. L’intérêt premier de la territorialité métropolitaine repose sur la diversification économique qui permet d’éviter toute forme de déclin économique en raison de la diversité des « interactions » susceptibles d’enclencher des processus d’innovation. L’idée d’une diversification ne se limite pas aux seules activités déployées, elle fait également référence aux individus, soit à la diversité de leurs profils et de leurs qualifications. C'EST QUOI VIVRE DANS UNE TOUR ? Réflexion avec Stephan Sonneville (CEO - Atenor) Invité dans le cadre des conférences Ecofin (ecofinclub.be), Stephan Sonneville (Adm.dél. - Atenor) et développeur de Upsite, plus haute tour résidentielle de Belgique (140 m), a proposé une réflexion sur le'Que signifie habiter une tour' ? A ceux qui s'interrogeaient quant au pourquoi d'une telle réflexion seulement à ce jour, S. Sonneville fit remarquer que jusqu'ici il avait surtout eu à répondre à une première question plus triviale  : 'C'est quoi une tour de logements... à Bruxelles' ? ! CHOIX OU FATALITÉ "Si à chaque ville ou métropole correspondent une ou plusieurs tours, ces édifices sont souvent associés à la notion de capitalisme arrogant. Ce jugement quelque peu abrupt doit être nuancé et décliné. Ainsi, si vous considérez Hong Kong, vivre dans une tour est une nécessité (fatalité) dans la mesure où les alternatives sont quasi inexistantes. A contrario, vivre dans une tour à Bruxelles relève d'un choix. Celui-ci peut être impulsif ou raisonné. Il est plus raisonné qu'on ne le pense. Avant d'analyser les motivations des occupants, sans doute convient-il de répondre aux critiques formulées quant à l'impact environnemental d'une telle construction. Critique 1  : Une tour n'économise pas l'espace parce qu'elle nécessite du recul et des aménagements périphériques augmentant son empreinte au sol. A Bruxelles, outre le fait que les tours doivent être placées dans des zones non constructibles (ériger UPSITE  : Pourquoi habiter une Tour ? (Photo.  : Atenor) — 4 — DOSSIER ARCHITECTURE Stephan Sonneville une tour à proximité du canal est donc une bonne idée) les tours doivent se comprendre comme un outil urbanistique mis à la disposition du politique pour répondre au besoin de structurer le paysage de la ville. Les tours apportent un relief urbain et créent des repères voire des lieux emblématiques. On dépasse là le cadre de la seule nécessité de construire des logements pour répondre à la croissance démographique Quant à la dimension de l'empreinte au sol, un même volume de logements (251 appartements) ramené sur des immeubles bas (6 étages) aurait nécessité la construction de 7 blocs d'habitations dont l'impact au sol eut été supérieur. Critique 2  : Le bilan carbone d'une tour est désastreux Analyser un bilan carbone doit se faire sur l'ensemble d'un projet abouti et se mesurer dans le temps. Outre qu'une tour contribue à la mixité et à la densification de l'habitat, son bilan énergétique devient tout à fait acceptable dès lors qu'elle dispose de techniques environnementales telles celles des panneaux solaires, de la cogénération, de la récupération de chaleur, etc. " PRISE DE RISQUE OU SAINE RECHERCHE DE SÉCURITÉ ? "Le risque évoqué est double. Il porte à la fois sur les personnes et sur les biens (incendies, agressions). Au regard des agressions possibles, la tour et son effet de mixité induisent un premier contrôle social accru des espaces publics. Par ailleurs, sa densité (600 habitants) et son organisation permettent un second contrôle rapide par une patrouille de police (rassurer les occupants). Quant à la protection incendie elle est jugée exemplaire par les pompiers. En effet, l'immeuble est placé sous surveillance permanente (monitoring depuis la salle de contrôle) à la fois globalement et par étage (42 étages). En cas d'incendie - les attentats du 9/11 l'ont démontré - le problème majeur d'une tour porte sur l'information à communiquer aux occupants (faut-il monter, descendre, rester sur place ?) La surveillance par étage permet donc de renseigner les occupants de chaque étage de l'attitude à adopter. A cet égard, Upsite n'est-il pas l'endroit le plus sûr de Bruxelles ? ! "
POURQUOI HABITER UNE TOUR ? "Fondamentalement une tour est l'occasion de vivre une mixité et une densité dans un confort total. Il s'agit d'un investissement par lequel l'occupant fait le choix d'un quartier et d'un mode de vie. Or, une tour a un effet d'entraînement (générateur de plus-value) et contribue au développement du quartier. Plus en détails habiter une tour c'est également profiter de la densité d'occupation pour bénéficier d'une conciergerie (payée par la copropriété) aux services étendus. Enfin, la tour n'est pas un ghetto. D'une part, elle offre une dimension intemporelle  : celle de la vue sur le spectacle permanent de la ville et l'envie d'y participer et, d'autre part, une dimension pratique par la qualité des services proposés et celle de l'aménagement des espaces publics périphériques (à charge du constructeur)." QUI ET COMBIEN ? "Vendue à ce jour à plus de 80% - dont moitié à des investisseurs privés qui placeront les biens sur le marché de la location -, dans une fourchette de prix oscillant de ± 3.000 à± 5.000 € /m2 selon l'étage, Upsite garantit un rendement de 4,5% et limite les charge (communes) à 1,9 € /m2/mois. Une analyse sociologique de la clientèle montre par ailleurs que celle-ci est composée de petits ménages - mais non de familles qui quittent la ville dès que possible - voire de colocation étudiants (!) attirés par les animations urbaines. La commercialisation de la tour a également mis en évidence son attrait pour une population dont  : - l'âge moyen est supérieur à 40 ans ; - l'origine est transrégionale (nombre d'acquéreurs sont issus de la région flamande) et internationale (nouveaux arrivants). La justification de leur démarche se base sur 2 critères  : DOSSIER ARCHITECTURE - Il s'agit de biens dont les valeurs sont en devenir ; - il s'agit d'une localisation intéressante à proximité immédiate du centre-ville et de ses services." UN AUTRE REGARD DIOGENE HABITE AU COIN ! Réflexion avec Luc Schuiten architecte et concepteur du'refuge Diogène'A l'occasion d'une récente Table Ronde (voir Essentielle Immo Juillet 2014) portant sur la ville et le végétal, Luc Schuiten avait évoqué la nécessité de traiter architecturalement les espaces interstitiels du tissu urbain - dont les coins d'immeubles - et permettre leur réappropriation, notamment par les plus démunis. Revenant sur cette réflexion, il développe ci-après son concept et le justifie selon différents principes. UN DROIT Le droit au logement est inscrit dans la déclaration universelle des droits de l'homme, dans la charte sociale européenne et dans le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. « Les États parties au présent Pacte reconnaissent le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle-même et sa famille, y compris une nourriture, un vêtement et un logement suffisants ainsi qu'à une amélioration constante de ses conditions d'existence. » Loin de ses belles déclarations, la réalité sociétale ne s’est pas encore donnée comme priorité de répondre à ces besoins fondamentaux qui touchent les plus démunis des citadins. Fournir aux sans abris de nos villes un refuge digne et respectable, bien intégré dans l’environnement urbain pour un coût relativement modique est le but recherché dans le projet de refuge de Diogène. COIN  : HANDICAP OU AVANTAGE Parmi les endroits désinvestis de la ville, les coins de rue sont souvent les lieux les plus touchés. Le coin est la rencontre brutale de deux rangées de maisons venant à sens inverse. Lorsque l'urbaniste "Si l'histoire de Bruxelles n'est pas favorable aux tours elle le doit principalement aux erreurs passées (bruxellisation) autant qu'aux mauvais amalgames faits entre tours de bureaux et tours résidentielles. Ces expériences ont rendu les politiques méfiants à l'égard des immeubles hauts. Dans ce schéma la dimension sociétale d'Upsite est aussi de contribuer à changer le regard porté sur les tours résidentielles. Quant à savoir si d'autres constructions de ce type pourront se développer, le marché bruxellois montre des contraintes techniques et financières ne permettant pas de multiplier les expériences sans doute au-delà de deux voire trois immeubles similaires le long du canal." Réaménager les ‘coins’par le développement et l’implantation de jardins verticaux. (Arch. + Doc.:L. Schuiten) — 5 —



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 1Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 2-3Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 4-5Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 6-7Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 8-9Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 10-11Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 12-13Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 14-15Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 16-17Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 18-19Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 20-21Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 22-23Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 24-25Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 26-27Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 28-29Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 30-31Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 32-33Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 34-35Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 36-37Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 38-39Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 40-41Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 42-43Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 44-45Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 46-47Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 48-49Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 50-51Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 52-53Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 54-55Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 56-57Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 58-59Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 60-61Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 62-63Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 64-65Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 66-67Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 68-69Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 70-71Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 72-73Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 74-75Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 76-77Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 78-79Essentielle Immo numéro 122 novembre 2014 Page 80