Essentielle Focus n°179 mars 2015
Essentielle Focus n°179 mars 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°179 de mars 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : La Libre Belgique

  • Format : (235 x 335) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : portrait de Natalie Portman.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
sociologie Sommes-nous vraiment faits pour dormir ensemble. C’est en gros la question que se pose Jean-Paul Kaufmann. En scrutant l’intimité du couple, sa spécialité, le sociologue se glisse sous la couette et nous invite à décrypter les failles du « grand rêve de l’amour partagé ». — Par Pierre Dragomirov Un lit pour deux Quel bonheur, la nuit venue, de se réfugier dans qui dort comme un bébé, cela peut susciter des son lit ! À deux c’est encore mieux… Quoique. tensions. Dans les témoignages que j’ai reçus, Le lit (conjugal) ordinaire, celui de la détente et des couples expliquent que faire chambre à part, du sommeil, pose une des plus grandes questions de notre époque : entre le grand rêve de Pourtant, longtemps, le lit conjugal fut le lieu c’était pour eux le moyen de sauver leur couple. l’amour partagé et l’aspiration au bien-être personnel, notre cœur balance. Passée le temps vie. On y naissait, on y mourait entouré des consacré des moments essentiels d’une (compté) de la passion, celui ou celle qui chaque siens. Révèle-t-il aujourd’hui les attentes soir se couche à la même place peut se révéler contradictoires du couple qui aspire à un un redoutable ronfleur, un lutteur sournois jamais bien-être personnel sans renoncer pour fatigué de tirer la couverture à lui ou, pire encore, autant à l’amour fusionnel ? Au début, on rêve de un monstre aux pieds froids. Dans « Un lit pour ne faire qu’un avec l’être aimé. Puis l’individu refait deux », Jean-Claude Kaufmannrelève la portée surface, songe à son confort, commence à installer symbolique de nos habitudes nocturnes, tel le ses marques. Mais, comme dans tous les lieux d’intimité rapprochée (voiture, table du repas…), dormir délicat choix de la chambre séparée. Faire chambre à part, ça veut forcément dire à deux implique un contrôle de soi. Au tout début, que le couple va mal ? on rêve de ne faire qu’un avec l’être aimé. Puis chacun découvre qu’il habite un côté du lit, toujours le Jean-Claude Kaufmann : Peu de gens optent pour des chambres séparées lorsque leur couple même, souvent pour la vie, même en l’absence de va moins bien, bien que les deux partenaires l’autre – parfois après séparation ! Le tout est de décident à ce moment-là, de prendre un peu de trouver la bonne distance. distance. Mais dans la plupart des cas, dans ce Dites-moi comment vous dormez, je vous petit « théâtre » du lit, les choses sont beaucoup dirai comment va votre couple ? Pas si simple. plus simples, il y a celui qui tient le rôle du bon Certes, le lit est un révélateur de l’état du couple dormeur et celui du petit dormeur. Et lorsque ainsi que des évolutions conjugales. C’est aussi ce dernier voit son sommeil perturbé par celui le lieu de la confrontation permanente entre —8— Chambres séparées Avant d’en arriver là, il y a tout un arsenal d’étapes intermédiaires. Ça va des bouchons d’oreilles à un lit plus grand, ou encore de faire couette à part, « enroulés comme des nems ». La fidélité, une valeur essentieLLe ? Oui. Et c’est un peu surprenant, dans une société de séduction généralisée et de légèreté par rapport aux mœurs. L’exigence de fidélité reste très forte, car il existe un contrat moral avec le partenaire, fondateur du couple. Le désir de durer Il est toujours aussi profondément ancré, en dépit des apparences. C’est clair, personne ne dit : je vais entrer en couple en CDD. On sait qu’on ne sera peut-être ensemble à tout jamais, mais le rêve reste que ce soit le plus longtemps possible. REPORtERS un désir d’intimité amoureuse et l’aspiration au bien-être personnel. Cette contradiction entre des aspirations différentes se joue dans tous les espaces, et demande des ajustements permanents. Où mieux l’observer que dans le lit, lieu de la proximité qui s’oppose au désir de confort ? Le fait de dormir dans des chambres séparées gagne-t-il du terrain ? L’une de mes surprises, dans cette enquête, a été de constater que les femmes sont massivement à l’origine de cette demande de chambre séparée. Pourtant, elles sont traditionnellement plus investies dans le domaine conjugal et familial. Elles y mettent plus d’énergie, placent la barre plus haute dans cet engagement que les hommes, qui conservent un certain détachement. Mais sous leur impulsion, il semble que la chambre séparée soit en voie de banalisation chez les couples qui ont passé la cinquantaine. Cela se produit après un certain nombre d’années de vie commune, alors que les agacements et petits inconforts se multiplient, et que le départ des enfants libère une chambre. A lire : « Un lit pour deux. La tendre guerre » de Jean- Claude Kaufmann, aux Editions JC Lattès ; 2015
Chaussée de Wavre, 141-143 1050 Bruxelles (Ixelles) Parking clientèle 02 511 93 73 Ouvert du mardi au samedi de 9h30 à 18h30 www.demeuldre.com demeuldre@demeuldre.com



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :