Escalade Mag n°9 jan/fév 2007
Escalade Mag n°9 jan/fév 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de jan/fév 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 15,1 Mo

  • Dans ce numéro : les monts du désert.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Heinz Zak 20 À r - L1J) L'esprit d'aventure se perd,‘ je le regrette. L’esprit d’aventure se perd, je le regrette. Lynndans la longueur de Pancake Flake, lors de la 1 ère ascension en libre du Nose, Yosemite. Propos recueillis par Florent Wolff LynnHill y’Lynndans Masse Critique (8b+), Cimaï. ynnHill. a t-il une grimpeuse plus emblématique que LynnHill sur cette planète ? Elle a traversé l’histoire de l’escalade libre où elle a écrit quelques-unes de ses pages décisives, de l’ouverture d’Ophir Broke (premier 7c féminin en 1979) jusqu’à sa libération du Nose (en 1993), en passant par l’enchaînement de Masse critique (premier 8b+ féminin en 1990). Lynnn’envisage pas d’arrêter de grimper. Voyons qui se cache derrière cette personne hors normes qui séduit autant qu’elle impressionne. Philippe Fragnol Florent : Quel est ton quotidien de grimpeuse ? Lynn : Aujourd’hui, j’essaye de jongler entre trois choses : le travail, l’escalade et mon fils. J’ai un enfant de 3 ans et 1/2 et cela ne va pas changer, notamment parce que je l’ai eu assez tard, à 42 ans. J’habite à Boulder Colorado où j’ai un petit business de séjours d’escalade que j’organise avec des amis moniteurs. On travaille beaucoup sur la gestuelle à partir de la vidéo. Mon autre job consiste à prodiguer des conseils techniques, Petzl, Patagonia, Beal et La Sportiva. En 1982, Patagonia avait utilisé une photo qui est devenue un poster. Cette photo a finalement changé ma vie car elle m’a ensuite amené à New-York pour réaliser une interview par un écrivain, David Roberts. Et je suis resté vivre là-bas pendant 8 ans, en grimpant beaucoup dans les Gunks. Ensuite, j’ai été appelée par le Club Alpin Français pour venir en France.
Patagonia F : Tu es assez tolérante face à ce pays qui ne t’a finalement pas si bien accueilli (problèmes de règlement lors des compétitions, machismes de certains grimpeurs…). L : C’étaient des aspects relativement futiles par rapport à ce qui m’a séduit dans ce pays. Bien sûr, au début des compets, il y a eu des problèmes d’organisation, et certaines fois, de chauvinisme. Cela a aussi existé en Italie et aux Etats-Unis. Ce qui m’attirait en France, c’est déjà un système politique plutôt socialiste qui a un effet sur les communautés. Il me semble que les Européens sont mieux habitués à vivre ensemble alors qu’aux Etats-Unis, l’importance du matérialisme produit un certain isolement. Je préfère plutôt les valeurs Européennes, ainsi que l’attention portée à l’histoire, notamment en montagne. Tu as commencé l’escalade plutôt en marge des normes de la société () En 1982, Patagonia avait (utilisé une photo qui est devenue Lynndans Insomnia, Suicide Rocks, Californie. En 1982, Patagonia avait utilisé une photo qui est devenue un poster. Cette photo a finallement changé ma vie... un poster. Cette photo a finallement changé ma vie... américaine. À Joshua Tree puis au Yosemite, tu vivais avec trois fois rien en te souciant que d’escalade. Comment vois-tu cette vie aujourd’hui ? L : Comme pour la culture européenne, que je ne connaissais pas à ce momentlà, ce mode de vie marginal me semblait naturel et j’avoue être resté nostalgique de cette époque. Mais il faut aussi accepter que nous changions avec l’âge. Je ne vais quasiment plus au Yosemite. Je suis retournée l’an dernier à Hueco : il y a moins de grimpeurs qu’avant au Rock Ranch, notamment à cause du fait que l’accès au parc est désormais limité et encadré. Mais même s’il y a moins de ces « dirtbags » autour du feu de camp, l’esprit reste inchangé ! F : Tu as débuté l’escalade en falaise, en tête et en posant toi-même les protections : c’est très éloigné d’aujourd’hui où la plupart des grimpeurs commencent en moulinette dans des salles intérieures. L : C’est un constat indéniable. Les enfants n’ont aussi plus la même liberté que nous avions dans les années 70. À 17 ans, je suis parti un mois au Yosemite et mes parents ne m’ont pas retenu. Aujourd’hui, aux États-Unis comme en Europe, on veut mettre à l’abri les enfants. L’esprit d’aventure se perd, je le regrette. J’ai essayé de le transmettre autant que possible à travers mon livre. F : Dans les années 80, il y avait un fort décalage entre l’éthique américaine et française. Vous vous interrogiez sur la légitimité du « hand dogging » (travail de mouvements après une chute) alors qu’en France on grimpait du 8b taillé protégé par de solides du 8b taillé protégé par de solides spits (La Rose à Buoux) ? spits (La Rose à Buoux) ? L : Déjà, le rocher est différent : la forte concentration de fissures aux US se prête mieux à l’assurage sur coinceurs L : Déjà, le rocher est différent : la forte concentration de fissures aux US se prête mieux à l'assurage sur coinceurs et friends. La culture n'est pas la même : dès Roosevelt et la création des Parcs Nationaux, a émergé l'esprit du « wilderness », une volonté très affirmée de protéger la nature. Et les grimpeurs étaient parmi les plus stricts car il fallait toucher le moins possible au rocher. Certaines règles du clean climbing, comme celle de ne pas travailler les voies, ont constitué un frein au développement de la haute difficulté aux États- Unis. Pour Vandals, dans les Gunks, j'avais juste touché les prochaines prises après avoir chuté lors de ma première tentative : et bien cela m'a été vivement reproché alors que ce n'était pas un vrai travail de voie tel qu'on le pratique aujourd'hui. Et c'est aussi plus dur de se pousser au maximum quand la chute est dangereuse. Toujours dans Vandals, la première partie, c'est un mur vertical où les protections sont assez précaires et la chute déconseillée. Il est plus facile de pousser les limites de la difficulté audessus d'un spit ! Enfin, si l'implantation massive de la haute difficulté fut plus tardive, c'est aussi lié à notre rocher qui se prête moins, je crois, à des lignes très difficiles. et friends. La culture n’est pas la même : dès Roosevelt et la création des Parcs Nationaux, a émergé l’esprit du « wilderness », une volonté très affirmée de protéger la nature. Et les grimpeurs étaient parmi les plus stricts car il fallait toucher le moins possible au rocher. Certaines règles du clean climbing, comme celle de ne pas travailler les voies, ont constitué un frein au développement de la haute difficulté aux États- Unis. Pour Vandals, dans les Gunks, j’avais juste touché les prochaines prises après avoir chuté lors de ma première tentative : et bien cela m’a été vivement reproché alors que ce n’était pas un vrai travail de voie tel qu’on le pratique aujourd’hui. Et c’est aussi plus dur de se pousser au maximum quand la chute est dangereuse. Toujours dans Vandals, la première partie, c’est un mur vertical où les protections sont assez précaires et la chute déconseillée. Il est plus facile de pousser les limites de la difficulté audessus d’un spit ! Enfin, si l’implantation massive de la haute difficulté fut plus tardive, c’est aussi lié à notre rocher qui se prête moins, je crois, à des lignes très difficiles. u as reussi a etre au topuans presque tous les champs de l'escalade, du bloc à l'alpinisme, de la compétition aux big walls en passant par l'escalade sportive. Est-ce qu'une de ces disciplines te plaît plus qu'une autre ? Tu as réussi à être au top dans presque tous les champs de l’escalade, du bloc à l’alpinisme, de la compétition aux big walls en passant par l’escalade sportive. Est-ce qu’une de ces disciplines te plaît plus qu’une autre ? Lynndevant le siège de Petzl, le jour de l’interview. L : La vérité est que si je ne faisais qu’une seule chose, je m’ennuierai. Je L : La vérité est que si je ne faisais qu'une seule chose, je m'ennuierai. Je 21



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