Escalade Mag n°8 nov/déc 2006
Escalade Mag n°8 nov/déc 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de nov/déc 2006

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 28,1 Mo

  • Dans ce numéro : interview de Jacky Godoffe

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12ntree libre Texte : François Louvel – Photos : Stéphan Denys et Florent Wolff De Videlles au Paradis Clara dans Le Moaï (6b), Rocher du Paradis. Il est des lieux où la sauvagerie l’emporte encore et toujours sur la conquête de la civilisation : la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Bornéo, la forêt amazonienne, Videlles et Rocher du Paradis. Pourtant nombreux sont ceux qui tentèrent de conquérir ces régions hostile et inhospitalière. Nous fûmes les derniers en date pour le Paradis. L ongtemps j’ai cherché ce massif, arpentant la forêt de long en large, lassé de faire mes gammes dans les massifs classiques, et de buter sur les mêmes blocs extrêmes. Orveau, Bouville, rien. Des blocs à perte de vue dans le bois de Misery, jamais plus de deux mètres. Toujours l’espoir mais finalement pas grand-chose à Boissy-le- Cuté, non plus que dans la vallée d’Echalat. De superbes blocs à Boutigny ! Dans une propriété privée… Quelques-uns dans la réserve de chasse, danger, défense d’entrer de... En découvrant le Paradis avec Hélias, après l’enthousiasme face à ces hauts et beaux blocs, j’ai vite été sceptique sur le devenir du massif. Hélias soutenait que c’était humide parce qu’il y avait de la mousse, moi qu’il y avait de la mousse parce que c’était humide...
S. Denys E chaudé par l’expérience de Videlles dont la fréquentation est aujourd’hui ridicule (seules les quelques voies dures ont de temps en temps une visite), je n’avais guère envie de me réinvestir au Paradis, hormis pour quelques voies difficiles. Mais l’enthousiasme et l’énergie d’Hélias a su nous emporter, moi et nos proches : ce fût une entreprise familiale et amicale. Trois ans après comme pour nos prédécesseurs, le constat s’impose. La nature sauvage et luxuriante ne se dompte pas. On ne peut adapter ces massifs au goût du grimpeur moderne, c’est à nous de nous y adapter. En Tchéquie, on grimpe avec des noeuds coincés, dans maintes régions, on s’interdit encore les spits ou le travail en suspension, à Bleau dans ces massifs, on grimpe avec le minimum, une brosse métallique et un pof, ou un chiffon. Mais parfois il faut machette, pèle, pioche, bidon d’eau, balai-brosse, râteau, échelle, etc… (Voir : www.photos.bleau.org/paradis-decouvrement, ou encore www.photos.bleau.org/Videlles- Decouvrement) M yriam : « La plus belle récompense de ce travail besogneux et ingrat, c’est de découvrir une voie au fil des prises qui se dénudent lentement sous le brossage. Quelques fois la lecture de cette voie n’est pas évidente. Les voies les plus faciles sont les plus difficiles à dégager, plus c’est facile, plus il y a de reliefs, c’est mathématique. Mais l’excitation est si grande que la déception n’est pas de mise : là un gratton, là une bossette, ici un plat, plus haut une large fente qui me sourit, le rocher me tend une oreille à peine découverte, je me sens tel un sculpteur... Et soudain, la voie apparaît. On commence les essais, l’instant magique. On apprend à exploiter le moindre relief, on reprend la brosse pour une prise oubliée, peu à peu on commence à ressentir la voie, à coup d’essais, puis l’assaut final, on se retrouve propulsé en haut du rocher, l’achèvement du chef d’œuvre. » OUI, c’est un vrai plaisir que nous avons partagé avec Myriam, Noëlle, Isis et quelques autres, pour des voies du 1+ au 8. Plaisir que nous n’avons pas laissé aux autres, car maintenant c’est fait et écrit. Les voies sont répertoriées, situées, nommées, cotées. Mais quel affront, quelle impudence de renommer des voies comme le Moaï, Rhinocéros, Sublimimi, que nos anciens heureux de retrouver ce massif « les veaux mort nés » qu’ils ne fréquentaient plus depuis 30 ans ont gravi sans mal, nous croyions naïvement leur faire découvrir... Texte : Louis Louvel videlles : une randonnée vertigineuse Videlles est une idée générale dont seul ce site permettait la réalisation. On s’est partagé le travail. Videlles, c’est haut et c’est expo, en plus, c’est sauvage. Au cœur (au fond) de Videlles, on est dans un autre monde, une jungle hors du temps et de l’espace où l’on peut encore rêver en actes à 50 km de Paris. Ceux qui se sont confrontés à son aménagement pour l’escalade, ou encore ceux, comme moi devenu vieux, qui y conduisent des randonneurs, ont eu l’incroyable bonheur de s’y perdre ; ou aujourd’hui de pouvoir y laisser se perdre leurs ouailles. Ils tournent comme des hamsters de laboratoire dans le dédale pour traverser l’espace grand comme un mouchoir de poche sur la carte au 1/25000e. Non, ce n’est pas un plaisir sadique : normalement des randonneurs doivent être heureux de se croire un moment des Indiana John perdus dans un monde perdu. Pour l’escalade, le dépaysement radical est également possible. Car enfin, qu’est-ce qu’un grimpeur, éventuel futur alpiniste ? Quelqu’un qui sait transformer le monstre grimaçant de la peur du vide en aimable compagnon de ses plus chers loisirs. Toutefois, pour que le plaisir soit vraiment satisfaisant, il faut dresser le monstre soi-même. Entrer dans la cage du lion avec une armure et accompagné de gardes du corps armés n’est pas une aventure. Enfin, chacun ses goûts ! Ceux qui, dans les sports de nature, préfèrent les tours de manège sont libres. Vue sur chaos de Videlles où se situe le circuit de « Randonnée vertigineuse » ouvert par Louis Louvel 13 S. Denys



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