Escalade Mag n°7 sep/oct 2006
Escalade Mag n°7 sep/oct 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de sep/oct 2006

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 15,4 Mo

  • Dans ce numéro : cap sur la Corse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Jean-Baptiste Triboutnterview 22.1)] m'5 L C : En 1987, Güllich invente Wallstreet, 8c dans le Frankenjura. Jean-Christophe Lafaille réalise en solo Rêve de gosse, un 8a+ au Rocher des Arnauds. Fin 88, Isabelle Patissier réussit le premier 8b féminin, Sortilèges au Cimaï. Comment a été perçue cette réalisation féminine ? JB : Et bien disons qu’Isabelle était déjà très bien perçue [Rires…]. Dans les réalisations féminines marquantes, je pense à Catherine Destivelle qui a fait le premier 8a Fleur de rocaille à Mouriès. Elle a aussi réussi Chouca (8a+) à Buoux alors qu’il n’y avait eu que 10 réalisations masculines. Elle a défriché un territoire, marqué la rupture dans l’escalade, accompagnée de Christine Gambert qui a réalisé Chimpanzodrome. Donc le 8b d’Isa s’inscrivait dans la suite logique, cela dit, elle avait la grâce et la beauté du geste... C : En 1991, sur la falaise de Waldkopf dans le Frankenjura, Wolfgang Güllich réalise Action Direct qui aujourd’hui est devenu un véritable mythe et la voie étalon du 9a. Tu l’as essayé ? JB : Oui, j’y suis allé avec Alain Ghersen en 93 et c’est dur ! La voie est constituée d’une vingtaine de mouvements sur mono et bi-doigts donc un style très particulier. Et il faut avoir ce type de force que ni moi ni Alain avions. Il n’y a eu que 7 grimpeurs à l’avoir refait dont Alexander Adler puis il y a eu Graham mais aucun français ne l’a répétée ! C : 1992, le 8c+ se généralise. Aux USA, tu te défonces sur une longue voie de quarante-trois mètres, Just do it, 8c+ à Smith Rock. Comment as-tu vécu ce moment ? JB : En plusieurs périodes ! Alan Watts a équipé la plus grosse partie de la voie et j’ai fini de mettre les points. Je l’ai donc essayé en 90 et en 92 je me suis spécifiquement entraîné, avec l’aide de Gilles. Puis il m’a fallu 15 jours pour l’enchaîner. Aussi, chaque essai était coûteux car tu peux y passer une cinquantaine de minutes sans compter la marche d’approche de durée identique. L’investissement fut vraiment important pour ce premier 8c+… Il reste pour moi, un des plus grands moment d’escalade ! C : 1994, l’infatigable Jibé Tribout enchaîne à Volx Le Plafond et Terminator, pour donner le Superplafond (8c+). Tu établis aussi la liaison à Orgon entre Macumba et Le Bronx, pour créer la Connexion (8c+). D’où te vient ton insatiable envie d’escalade ? JB : Je crois que profondément, j’aime grimper… Cela me procure de supers sensations, j’adore travailler une voie, trouver des bons mouvements, techniques et intelligents pour un essai parfait ! Ce bonheur-là est éternel. Aussi et j’en suis assez fier, je fête cette année mes vingt ans de 8b+ car mon premier date de 1986 ! C : Je te propose de passer au présent… Que fais-tu aujourd’hui ? JB : Je suis chef d’entreprise depuis dix ans et distribue plusieurs marques d’escalade comme Black Diamond, Five Ten, Béal, Prana, Vasque et Arcteryx. C : Comment as-tu appris le business ? JB : Mes parents avaient une agence de publicité donc j’ai baigné dans ce milieu ce qui aide après pour se lancer et y croire. Quand j’étais athlète, je voyageais beaucoup et j’ai adoré un produit avec lequel je me suis lancé en 1990 : « Power Bar » qui n’était pas distribué en Europe. Je constate un appauvrissement de la gestuelle en compet’où l’on mise essentiellement sur une escalade physique… C : Maintenant que tu es de l’autre côté de la barrière, quelle est ta perception du milieu ? JB : Honnêtement, je trouve le milieu absolument extraordinaire et dynamique. L’escalade outdoor ne cesse d’évoluer avec des nouveaux évènements qui se mettent en place : le « deep water soloing » où tu grimpes des voies dures en solo au-dessus de l’eau comme en Croatie, aux Baléares, dans le Verdon. De très beaux à vue existent toujours, le bloc se développe. Aussi, des personnages comme Sharma et Graham aux USA, un Andrada en Espagne sont énormes ; un gars comme Bollinger dans l’Est de la France est dynamique, Gérôme Pouvreau dans le Sud est intéressant et M. Troussier Jibé dans To bolt or not to be, premier 8b+ des Etats-Unis, qu’il a ouvert en 1986 à la falaise de Smith Rocks.
Jibé dans O Dragonian Devil (8b+), Kalymnos (Grèce). Tony Lamiche, en bloc, est charismatique. Donc on a un milieu qui est très chouette à regarder de l’extérieur. C : Tu as commencé officiellement la compet’à 25 ans (en 86) et tu l’as arrêté à 36 ans (en 97). Une carrière de sportif de haut niveau longue et fort impressionnante quant à son palmarès. Que représentait la compet’pour toi ? J : Trois choses : une reconnaissance intéressante, ça validait des entraînements, une façon d’aborder le sport, c’est le résultat d’un entraînement bien mené. Ensuite, tu n’as pas beaucoup de chance d’être applaudi par des gens ou de les faire vibrer dans ta vie de tous les jours alors quand tu fais un beau combat et que toute la salle est en transe, ce sont des moments incroyables. La troisième chose c’est la perception sociale de la compet’où tu peux faire plus facilement passer le message de la difficulté et faire comprendre aux gens ce que tu fais. Et puis, je ne m’en cache pas du tout, j’ai beaucoup aimé être quelqu’un de connu et reconnu comme étant un des leaders d’une activité ! Et je suis étonné de la part de certains grimpeurs talentueux qui sont complètement effacés par rapport aux médias, peut-être manquent-ils d’ego ? C’est extraordinaire de voir le nombre de grimpeurs forts sur cette planète qui ne font pas de compétition. C : Quelles étaient tes motivations pour durer si longtemps ? J : Ce qui est étrange c’est que tu es pris dans un engrenage de sélections pour aller aux Coupes du monde. Donc, il y a deux groupes : les sélectionnés qui sont invités partout et les autres ; or on a eu 4 ans de folie entre 89 et 93 avec Glovacz, Edlinger où on logeait dans de superbes hôtels, on pouvait gagner des voitures et des primes énormes. Et quand tu as goûté à cela... alors c'est clair : j'ai toujours préféré la lumière ! [Rires...]. énormes. Et quand tu as goûté à cela… alors c’est clair : j’ai toujours préféré la lumière ! [Rires…]. Je voudrais revenir sur le sujet des compétitions Aujourd'hui, les règles des compétitions de difficulté sont stables et désignent à 95% le meilleur athlète. Mais il y a plusieurs choses qui me chagrinent comme l'ouverture, l'UIAA n'utilise pas les anciens champions qui ont une expérience technique intéressante. Aussi, je constate un appauvrissement de la gestuelle en compet'où l'on mise essentiellement sur une escalade physique. De plus, quand j'étais président de l'ASCI au debut des compet'avec Martin Apkinson, Ben Moon, afin de défendre nos droits et faire avancer les règles, j'ai beaucoup lutté contre l'UIAA et la FFME sur deux points : la participation plus ouverte aux compétiteurs hors sélection et le'plafonnement des primes par le haut décidée par l'UIAA. En effet, avant il y avait des opens, ce qui permettait à des forts grimpeurs, de Je voudrais revenir sur le sujet des compétitions…. Aujourd’hui, les règles des compétitions de difficulté sont stables et désignent à 95% le meilleur athlète. Mais il y a plusieurs choses qui me chagrinent comme l’ouverture, l’UIAA n’utilise pas les anciens champions qui ont une expérience technique intéressante. Aussi, je constate un appauvrissement de la gestuelle en compet’où l’on mise essentiellement sur une escalade physique. De plus, quand j’étais président de l’ASCI au début des compet’avec Martin Apkinson, Ben Moon, afin de défendre nos droits et faire avancer les règles, j’ai beaucoup lutté contre l’UIAA et la FFME sur deux points : la participation plus ouverte aux compétiteurs hors sélection et le plafonnement des primes par le haut décidée par l’UIAA. En effet, avant il y avait des opens, ce qui permettait à des forts grimpeurs, de 23 Collection Tribout



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