Escalade Mag n°7 sep/oct 2006
Escalade Mag n°7 sep/oct 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de sep/oct 2006

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 15,4 Mo

  • Dans ce numéro : cap sur la Corse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 =nterview Propos recueillis par Cathy Jolibert Photos : collection Tribout, Philippe Royer et Marco Troussier Jean-Baptiste Tribout L’histoire est simple, il commence l’escalade tout gamin grâce à ses grands-parents montagnards, à Fontainebleau. Le déclic se produit à 9 ans, après s’être acharné sur un bloc dur qu’il réussit, le tour est joué, le voilà accro ! Son grand-père l’inscrit aux cadets du CAF où il rencontre d’autres jeunes de son âge comme Catherine Destivelle… Les dés sont jetés : grimpe à gogo, voies d’artif passées en libre, entraînement, virées dans le sud, ouvertures par centaines, explosion du niveau « ambiant », compétitions, médias, famille, business et des potes pour la vie ! Il est l’un des représentant d’une famille en voie de disparition : saurien de l’escalade, de l’espèce : dinosaure toujours en activité. Il nous a fait le plaisir de commenter quelques grandes dates de l’histoire de l’escalade libre au cours de laquelle il fut un des leaders, pour finir par se livrer tout court ! Cathy : Les premières compétitions internationales ont eu lieu en 1985, c’était à Bardonnechia et Arco, avec la victoire de Patrick Édlinger. Des anecdotes ? Jibé : Ce sont les premières compétitions de vitesse qui ont existé sur du vrai rocher mais bricolé. En 1985, j’avais décidé de ne pas y aller car j’avais signé le « Manifeste des 19 » contre les compétitions : on ne voulait pas que la compétition transforme des règles auto établies par les grimpeurs, ce qui est rare dans un sport. On a eu peur que l’esprit soit modifié. J’y ai donc participé la 2e année. Cette époque était marquée par d’énormes problèmes de règlement, que l’on oublie aujourd’hui comme le temps imparti à l’escalade ou l’estimation de la dernière prise touchée. Ce système a évolué encore pendant 6-7 ans. C : En 1989 arrive le premier circuit de la Coupe du Monde où l’on assiste au choc de la génération « poutre » des années 80 avec Raboutou, Duboc, Godoffe et toi entre autres... Contre la génération « pan » avec de jeunes loups comme Legrand, Lombard, Petit... As-tu modifié tes méthodes d’entraînement à partir de cette période ? JB : C’est sûr que dans les années 80, avec David Chambre, on réalisait plus de 280 tractions par jour et deux séances de poutre, physiquement on était monstrueux ! Les premiers murs sur lesquels je me suis entraîné, datent de 1989 ou 90. D’ailleurs, pour la petite histoire, c’est Laurent Jacob, dans les années 80 qui a commencé a structuré un entraînement précis et inventé le concept de la poutre en bois. Je me souviens que sur sa poutre, Laurent Jacob avait fait une machine à fissures réglables en largeur afin de s’entraîner pour le Yosemite. Wolfgang Güllich a popularisé l’outil en se pendant en mono-doigts dessus. Après, on a eu plus ou moins les mêmes bases grâce à Gilles Bernicoles qui a structuré l’entraînement de pas mal de monde. Jibé dans un 8a à Maussance, près de Saint Rémy de Provence. P.Royer
Jibé dans dans Les spécialistes (8b+), une voie au Verdon qu’il a ouverte en 1987. C : Dès 1980, les ouvertures s’accélèrent, les plaquettes se généralisent afin de mieux protéger les passages. Dilemme. Deux écoles s’affrontent : les anciens qui continuent à équiper du bas et les jeunes qui abordent les voies depuis le haut. En tant qu’équipeurs, quelle était ta position ? JB : En fait, il y a eu deux époques, de 1977 à 1980 avec le début de l’escalade libre où le but était de réaliser toutes les anciennes voies en libre sans tirer sur les clous. Et dès que toutes ces voies ont été gravies, on a voulu en explorer de nouvelles que l’on a ouvert du haut car cela n’avait aucun sens d’équiper un dévers du bas. Donc il s’agissait plus d’une opposition entre deux générations aux objectifs de grimpe différents. Et comme toute la nouvelle génération, j’équipais du haut car cela permettait d’aller dans des voies différentes et plus dures. Aussi, ce qu’il faut remettre dans le contexte c’est qu’en 1985, il y avait 50 voies à Buoux et aucune ne dépassait le 7a, aujourd’hui, il en existe plus de 500 ! Quand on a découvert Mouriès avec Laurent Jacob, en 1985, il existait une voie et en trois semaines, on en a équipé 50. Donc si tu voulais grimper dans des voies dures, tu étais obligé d’équiper. C : Tu as réalisé beaucoup de premières dans différents pays. Te souviens-tu d’une en particulier ? JB : Celles dont je me souviens le plus sont aux Etats-Unis car c’est marquant d’ouvrir les voies les plus dures du moment dans un pays étranger. Je citerai To bolt or not to be, le premier 5.14 des Etats-Unis, ouverte en 1986. Il faut savoir qu’il n’y avait pas eu plus dure que 5.13d, Avec « To bolt or not be », premier 8b+ des USA, une barrière venait d’être franchie. En plus, c’est une voie que je n’ai pas volée à un américain (sourire) car j’ai ouvert la première partie qui n’existait pas encore ! C : Justement, c’était la question suivante ! Est-ce que ta boulimie d’escalade était toujours la bienvenue à l’étranger ? JB : Il faut reconnaître que non ! [Rires…] Surtout aux USA et en Angleterre où j’avais une réputation horrible. Quand j’arrivais dans une falaise, je faisais toutes les voies, je ne venais pas spécialement pour faire leur projet… Par exemple, dans le Yorkshire à Kinsley qui est une falaise très dure, je travaillais une voie qui n’avait pas été enchaînée et le lendemain, je trouve une cocotte-minute boulonnée avec un cadenas au milieu du crux donc impossible de l’enchaîner !!! je travaillais une voie qui n'avait pas été enchaînée et le lendemain, je trouve une cocotte-minute boulonnée avec un cadenas au milieu du crux donc impossible de l'enchaîner H ! C : 1984 est marquée par une dynamique sans précédent pour l’escalade de haut niveau française grâce au « gang des Parisiens », constitué principalement par les deux frères Le Ménestrel, David Chambre, Alain Guersen, Laurent Jacob, Fabrice Guillot et toi. Peut-on parler de guerre sanglante ou plutôt de joviale émulation ? C : 1984 est marquée par une dynamique sans précédent pour l'escalade de haut niveau française grâce au « gang des Parisiens », constitue principalement par les deux frères Le Ménestrel, David Chambre, Alain Guersen, Laurent Jacob, Fabrice Guillot et toi. Peut-on parler de guerre sanglante ou plutôt de joviale émulation ? 3B : Entre nous, il existait une solide amitié et le résultat est génial car quand tu mets des gens forts ensemble dans des falaises vierges pour ouvrir des voies, l'émulation et les résultats sont fantastiques ! JB : Entre nous, il existait une solide amitié et le résultat est génial car quand tu mets des gens forts ensemble dans des falaises vierges pour ouvrir des voies, l’émulation et les résultats sont fantastiques ! Catherine Destivelle qui a fait le premier 8a Fleur de rocaille à Mouriès… Elle a défriché un territoire, marqué la rupture dans l’escalade. Catherine Destivelle qui a fait le premier Sa Fleur de rocaille à Mouriès... Elle a défriché un territoire, marqué la rupture dans l'escalade. 21 P.Royer



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