Escalade Mag n°5 mai/jun 2006
Escalade Mag n°5 mai/jun 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de mai/jun 2006

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 21,8 Mo

  • Dans ce numéro : direction Patagonie !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 24 - 25  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
24 25
Le développement se fait trop sur le caractère athlétique et moins sur la technique et le psychologique. Eldorado, Elbsandstein, Allemagne. FW – Est-ce pour cela que tu cites souvent l’escalade en Angleterre comme référence ? JCD – En effet, l’escalade y offre une grande diversité des styles : il y a des falaises calcaires déversantes à l’équipement moderne, mais surtout des roches variées qui se prêtent bien à l’assurage naturel. Le grimpeur peut ainsi devenir plus complet sur le plan gestuel (notamment en fissures) et sur celui de l’engagement sur un terrain de jeu non aménagé. Cette polyvalence est une richesse ignorée par beaucoup de grimpeurs orientés vers la salle et les voies bien protégées de certaines falaises. Je regrette aussi ce manque de curiosité à l’égard de massifs comme l’Elbsandstein (Allemagne) ou du Pays de Galles qui, sous prétexte d’un engagement relatif, sont oubliés alors qu’on peut y vivre de grands moments d’escalade dans des voies superbes pour peu qu’on accepte un certain effort psychologique, bien plus qu’une véritable mise en danger d’ailleurs. 24 G. Bobin FW – Le refus des points d’assurage fixes en Angleterre est largement dicté par le respect du rocher ; es-tu préoccupé par sa dégradation ? JCD – La dégradation de nos falaises est un des problèmes majeurs concernant l’avenir de notre discipline. L’augmentation de la fréquentation, notamment en bloc, une relative déresponsabilisation induite par la pratique en SAE où les prises se changent facilement… De nombreux facteurs accélèrent la détérioration de notre terrain de jeu. Si on veut que les générations futures puissent s’exprimer, il faut pratiquer avec le respect du rocher : nettoyer les semelles des chaussons, ne pas utiliser des tonnes de magnésie, réfléchir sur les bonnes conditions pour essayer des voies dures, ne pas travailler des voies largement audessus de son niveau, cela ne sert à rien si ce n’est à user les prises. Il faut également condamner la taille des prises car cela réduit les possibilités d’évolution avec les progrès des grimpeurs. Il faut attendre qu’un grimpeur plus fort essaie, et peut-être un jour réalise. La taille fut perçue comme un moyen d’ouvrir les voies, je la vois surtout comme un moyen de condamner le futur. FW – Et plus largement, sur les conflits d’usage et les interdictions qui planent sur plusieurs de nos falaises ? JCD – Je suis pour le dialogue. Il est heureux que des personnes se préoccupent du sort des oiseaux, pour ne citer qu’une cause d’interdiction. Néanmoins, certains écologistes ont une conception assez étrange qui laisse croire que les grimpeurs sont forcément des destructeurs de la nature alors que notre impact sur l’environnement est finalement très modéré. Les interdictions me paraissent dans certains cas une façon d’éloigner des gens d’un milieu où le protectionnisme s’avère excessif. Il ne faut pas se retrouver comme en Allemagne où, à la suite des actions des écologistes, 2/3 des falaises se sont retrouvées interdites pour des motifs artificiels. À part la destruction de quelques lichens, les grimpeurs y respectaient le milieu naturel ! Notre Fédération est sans doute insuffisamment présente sur ce combat. Après la période très médiatique des années 80, l’escalade apparaît désormais peu et il y a souvent une incompréhension du public par rapport à notre pratique. La Fédération doit imprimer une image favorable à notre sport qui est de plus en plus pratiqué mais qui n’a pourtant pas dans l’espace public une image à cette mesure. Enfin, les difficiles ententes entre le CAF et la FFME ne facilitent malheureusement pas une défense efficace de nos activités. public par rapport à notre pratique. La Fédération doit imprimer une image favorable à notre sport qui est de plus en plus pratiqué mais qui n'a pourtant pas dans l'espace public une image à cette mesure. Enfin, les difficiles ententes entre le CAF et la FFME ne facilitent malheureusement pas une défense efficace de nos activités. FW – Bernd Arnold, qui t’a marqué, grimpait pieds nus, est d’ailleurs connu pour son respect du rocher… JCD – Un grimpeur me marque quand sa pratique de l’escalade dépasse le cadre d’une simple activité sportive. Celui qui fait de l’escalade une philosophie de vie. Bernd Arnold bien sûr, Wolfgang Güllich, John Bachar ou Jerry Moffat sont des gens pour qui l’escalade représentait bien davantage qu’une performance, c’était une façon de vivre et d’améliorer leurs personnalités. Je suis aussi impressionné par la polyvalence de certains grimpeurs, Philippe Mussatto ou YannGhesquiers par exemple, qui ouvrent des voies très dures en falaises sportives autant que sur des grandes parois. FW - Bernd Arnold, qui t'a marqué, grimpait pieds nus, est d'ailleurs connu pour son respect du rocher... JCD - Un grimpeur me marque quand sa pratique de l'escalade dépasse le cadre d'une simple activité sportive. Celui qui fait de l'escalade une philosophie de vie. Bernd Arnold bien sûr, Wolfgang Güllich, John Bachar ou Jerry Moffat sont des gens pour qui l'escalade représentait bien davantage qu'une performance, c'était une façon de vivre et d'améliorer leurs personnalités. Je suis aussi impressionné par la polyvalence de certains grimpeurs, Philippe Mussatto ou YannGhesquiers par exemple, qui ouvrent des voies très dures en falaises sportives autant que sur des grandes parois. FW – Est-ce que tu peux épanouir ton goût pour cette polyvalence depuis Paris ? JCD – La façon de pouvoir grimper régulièrement, c’est d’avoir du temps libre. Aujourd’hui à Paris, j’ai encore la chance de pouvoir en disposer suffisamment grâce à mes horaires « souples » dans mon travail de vendeur-conseiller technique au Vieux Campeur. Et je continue à voyager : la Suisse qui est un paradis pour l’escalade quand il fait beau, l’Angleterre même si aujourd’hui il n’est pas facile de trouver quelqu’un pour aller grimper là-bas, et bien sûr, le Sud et l’Alsace. FW - Est-ce que tu peux épanouir ton goût pour cette polyvalence depuis Pa ris ? JCD - La façon de pouvoir grimper régulièrement, c'est d'avoir du temps libre. Aujourd'hui à Paris, j'ai encore la chance de pouvoir en disposer suffisamment grâce à mes horaires « souples » dans mon travail de vendeur-conseiller technique au Vieux Campeur. Et je continue à voyager : la Suisse qui est un paradis pour l'escalade quand il fait beau, l'Angleterre même si aujourd'hui il n'est pas facile de trouver quelqu'un pour aller grimper là-bas, et bien sûr, le Sud et l'Alsace. FW – Comment envisagerais-tu une vie sans escalade ? JCD – Ma vie aurait été profondément différente sans l’escalade. Même si FW - Comment envisagerais-tu une vie sans escalade ? JCD - Ma vie aurait été profondément différente sans l'escalade. Même si À la condition qu’elle se comporte bien, laissons notre jeunesse grimper en falaise ! j’ai plus de mon passé derrière que de mon futur devant, j’ai encore envie d’en profiter et de faire quelques voies longues, techniques et difficiles. J’ai du mal à envisager ma vie après l’escalade, là est bien actuellement la difficulté de mon existence. j'ai plus de mon passé derrière que de mon futur devant, j'ai encore envie d'en profiter et de faire quelques voies longues, techniques et difficiles. J'ai du mal à envisager ma vie après l'escalade, là est bien actuellement la difficulté de mon existence. Un film (26 mn) sur Jean- Claude Droyer et des photos sont disponibles sur : www.escalademag.com Un film (26 mn) sur Jean- Claude Droyer et des photos sont disponibles sur : www.escalademag.com
tn m z y y z w XI odei Que PLUS Lo, ‘7 Iwo a Eddy augmente la marge de sécurité pour la pratique de l'escalade sportive e — poignée anti-panique — blocage de la corde facilité d'assurage 24 Rue du Stade 67870 Bischoffsheim Tel 00 (33) 3 88 48 00 48 Fax 00 (33) 3 88 48 00 49 mail : contact@edelrid.fr : 11



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :