Escalade Mag n°4 mar/avr 2006
Escalade Mag n°4 mar/avr 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de mar/avr 2006

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 10,9 Mo

  • Dans ce numéro : Hampi, Badami... les perles de l'Inde.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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l’escalade en 1992. A quelle occasion était-ce ? Isabelle : Des amis m’ont emmenée grimper sur le grès rose de Gueberschwihr, puis je suis allée grimper sur mur à Mulhouse où j’ai appris les techniques de base d’assurage et de sécurité, c’étaient des séances d’initiation. A partir de là, j’ai commencé à grimper régulièrement : 2 fois par semaine sur mur et les week-ends 18 = photographies de YannCorby de I B La philosophie du « Déclic » Colmar Vertical où Michel Bollinger, le père de Pierre, nous entraînait. C’est d’ailleurs quelqu’un qui a beaucoup compté dans ma vie : il était exigeant, sensible, drôle et aimait bien la provoc’pour nous pousser et nous faire progresser. C : Te souviens-tu d’émotions particulières qui ont fait que tu as accroché ? I : Oui, les sensations liées à la gestuelle ! Un peu comme en dansenterview Le joli pays des ballons d’Alsace où les vignes fructueuses côtoient les vastes forêts et les temples de grès roses, a le privilège d’abriter un grand nombre de grimpeurs forts. Isabelle Bihr, née à Muhlhouse, grimpe depuis l’âge de 19 ans et possède un sacré palmarès de voies dures : Vercors ainsi qu’une unique répétition Balme près de Chambéry en 2003. Grimpeuse polyvalente, elle grimpe aussi bien en bloc avec de belles 7c à Fontainebleau. Elle a également participé à plus d’une quarantaine de compétitions nationales et internationales, en bloc ainsi qu’en Mais qui est donc Isabelle ? De sa frimousse plutôt coquine jaillit un regard bleu, profond et interrogateur, un sourire malicieux et spontané, quelques traits qui laissent entrevoir une partie de son jardin secret… Isa dans « La poudre », 8a aux Lames (Grenoble). où la beauté du mouvement est la partie visible de l’iceberg et la technique, la partie invisible. Et bien sûr, le contact avec le rocher rose, granuleux et le cadre vert de la forêt vosgienne. En y repensant, avant de grimper pour la première fois, je n’avais jamais entendu parler de l’escalade et aujourd’hui, cette activité rayonne sur mon mode de vie…
d’escalade ? que j’arrive bien à gérer un effort et sur l’explosivité et le décisionnel car j’avais une grimpe plutôt statique, des habitudes de pure falaisiste. Cette progression s’est faite par vagues successives et après moult remises en question suite à des échecs. Aussi, la compétition, donc la comparaison des styles de grimpe, m’a permis de prendre du recul sur mon style et d’en analyser les aspects limitants. Petit à petit, j’ai compris ce qui me manquait pour progresser et j’ai modelé mon escalade pour qu’elle soit la plus performante possible. C’est un travail qui est passionnant. Maintenant, je prends de plus en plus conscience que le plus important est l’intention avec laquelle on fait un mouvement, la densité qu’on lui donne. C : Cela fait 14 ans que tu grimpes et que tu as débuté la compét’et tu n’es pas passée pro ? Pour quelles raisons ? ainsi que les résultats. Les sponsors étaient intéressés par ma polyvalence et mes perfs en falaise. Mais je n’étais peut-être pas dans un environnement adéquat, un peu trop isolé. C : Ta participation régulière en bloc démontre ton excellent niveau de grimpeuse. Comment expliques-tu que tu aies fait peu de podiums : la pression I : C’est vrai que les résultats n’étaient pas en accord avec l’énergie que j’investissais dans l’entraînement. inconsciemment, je me mets souvent la pression car je suis exigeante avec moi-même. Mais aussi, il y avait un manque d’harmonie dans ma vie qui se traduisait par une perte d’énergie pour des choses futiles, des questions qui n’ont pas forcément de réponses ! Mais il y a eu des compét’et des réalisations en falaise où je me suis sentie dans un état de grâce et de perfection sans aucune perturbation d’ordre psychologique, physique, pratique, donc pas de pression ! Ce sont des sensations très grisantes que je n’oublierai jamais. C’est ce que j’appellerais l’escalade intérieure : ce pour quoi je grimpe ! C : Tu assistes à des rassemblements de bloqueurs comme les contests de blocs de Freestone, de Tralenta en 2003 et de Targassone en 2004. Qu’est-ce que tu y apprécies ? I : La découverte d’un site et le fait que tout le monde se jette sur les blocs, donc l’émulation, la diversité, les échanges. Bon, à Targa, je me suis fait une entorse du genou dès le deuxième jour, juste avant la saison des compét’, j’étais vraiment dégoûtée ! C : Et à propos de ton itw que tu as fait com) alors qu’il est souvent critiqué par les grimpeurs lui reprochant de véhiculer une fausse image de l’escalade ? I : En fait, je devais réaliser une interview pour un magazine multisports parrainé par Luc Alfan, à cause d’un manque de budget. C’est le rédacteur en chef qui voulait réaliser une interview de fond sur très déçue qu’elle ne paraisse pas car j’y avais beaucoup travaillé. Mon objectif était de comprendre le sens de la démarche d’Alain et ce qui m’a plu c’était le fait qu’il utilise ses faiblesses pour en faire des points forts. C’est quelqu’un de très sensible, qui a une soif d’amour, de reconnaissance et qui a réalisé son rêve de gamin. Et il est décrié peut-être parce qu’il a su tirer son épingle du jeu, contrairement à d’autres grimpeurs ! Aussi, quand il grimpe en solo sur un building état d’hyper perception donc quelque part en transe. Il est à 200% avec une décharge d’adrénaline maximale. A ces moments là, il joue alors avec ses limites physiques, psychologiques et tout l’art se situe dans le fait de ne pas les dépasser. C : Ne penses-tu pas que lui faire de la pub c’est quelque part motiver un risque à caractère morbide ? I : Non, je voulais simplement réaliser un portrait sincère de lui et non réaliser essayé de comprendre sa démarche qui est totalement en accord avec lui-même. C : D’ailleurs, que penses-tu des solos ? I : C’est une pratique que je ne jamais fait de solos) et c’est pourquoi elle m’intéressait. Quand j’ai commencé l’escalade, le solo n’était plus à la mode. Alors que dans les donc rentrée dans une démarche analytique avec Alain et non de jugement. C : Olivier Aubel a réalisé un livre intitulé « L’escalade libre en France, l’Harmattan. En as-tu entendu parler ? I : Non, mais je sais qu’il avait fait une thèse sur la sociologie des grimpeurs où il m’avait interviewé. Il avait essayé de montrer qu’il y a une compétition sous-jacente, rampante, larvée entre les falaisistes et qu’en cela ils ne diffèrent guère des compétiteurs bien qu’ils s’en défendent. Isa dans « Monument Hystérique », son premier 8b (Kronthal). 19



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