Escalade Mag n°24 avril 2009
Escalade Mag n°24 avril 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de avril 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : interview Olivier Marinx.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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’antan Texte : David Chambre Les filles du capitaine Il est des parois qui vivent dans l’imaginaire collectif de tous les grimpeurs de la planète. Au firmament de ce Panthéon subjectif, El Capitan brille de mille feux. Planté au cœur du parc du Yosemite, ses 900 mètres de hauteur sur près de trois kilomètres de large en font, paraît-il, le plus gros caillou de granit du Monde.Qui n’a entendu parler de ses voies emblématiques telles le Nose, Salathé Wall et de toutes ses lignes d’artif extrêmes désormais défiées par les meilleurs grimpeurs de libre ? Sur ce morceau d’Histoire, les filles ne sont pas en reste. Pourtant, à en lire les récits du Golden Age des années 60 et 70, notamment l’incontournable Bible qu’est Camp 4 1 de SteveRoper, la « Vallée » semblait un endroit bien macho. À l’instar des surfeuses sur la plage, les girls font d’abord tapisserie en bas à attendre le retour de leurs « guerriers ». Il faut dire qu’El Capitan de ces années n’est pas exactement une villégiature : un minimum de 30 longueurs, une météo lunatique, une escalade artificielle souvent dangereuse, des relais et bivouacs inconfortables, surtout avant l’invention des harnais modernes et la systématisation des portaledges. N éanmoins, certaines vont partir pour le grand voyage, en accompagnant tout d’abord leur homme. C’est ainsi que Berverly Johnson va devenir la première femme à marquer de son empreinte El Cap : en 1973, après avoir gravi le Nose avec son boyfriend de l’époque, elle persuade une jeune grimpeuse beaucoup moins expérimentée, Sybille Hechtel, de s’embarquer avec elle pour Triple Direct, une connection royale entre le Nose, Muir Wall et Salathé Wall. Les hissages du « cochon », leur gros sac, sont quelque peu épiques, de même que la recherche d’itinéraire, sur une voie alors peu parcourue. Tous les jours, afin d’alléger le cochon, les filles larguent dans les airs un peu de matériel ! Enfin le septième jour, elle débouchent au sommet, devenant la première cordée féminine à gravir 34 une grande voie d’El Cap. Par la suite, Beverly participera à l’ouverture d’itinéraires d’artif très sérieux avec Charlie Porter. Et son grand moment sera en 1978 la première solitaire féminine de Dihedral Wall en 10 jours. Une femme seule dans cette immensité verticale, voilà qui donna sûrement naissance à beaucoup de vocations ! Bev est malheureusement disparu en 1994 dans un accident d’héliski. 1993. LynnHill est l’une des toutes meilleures grimpeuses de la planète. Championne du Monde, elle est l’une des premières à naviguer dans le huitième degré et ce sur tous les continents. Malgré des tentatives répétées, la voie majeure du Nose résiste toujours en libre et notamment 2 longueurs : le Grand Toit avec sa fissure qui semble exiger des doigts très fins et Changing Corners qui, comme son nom l’indique, implique des mouvements de contorsioniste pour passer d’un dièdre à un autre. Travaillant systématiquement chaque placement comme en falaise, elle finit par venir à bout de ce 5-13d (8b). Quelques mauvaises langues argueront que sa petite taille et ses doigts très fins sont des avantages décisifs. Mais comme Lynnleur répondra : « L’essence de l’escalade, c’est d’adapter ses capacités au rocher et non le contraire ». Un an plus tard, elle enfonce définitivement le clou en refaisant la voie dans la journée alors qu’aucun homme n’est capable de rééditer sa performance… Ce double exploit est une pierre blanche dans l’histoire de l’escalade : une femme est la première devant les tous meilleurs grimpeurs du Monde sur un projet majeur. Comme elle l’avait annoncé : « Ca passe, les gars ! » Ces dernières années, suivant cette tendance du libre dans les grandes classiques plutôt que l’ouverture en artif, deux autres américaines se sont illustrées. Steph Davis, tout d’abord, aussi connue pour être l'une des rares femmes à pratiquer le solo intégral à haut-niveau. Sur le Capitan, elle s'adjuge en 2004 les 38 longueurs de Freerider (5.12d/13a), qu'elle reprend ensuite dans la journée, puis surtout le mythique Salathé Wall (5.13c/8a+) en octobre 2005. Quant à Beth Rodden, tout d'abord compétitrice et falaisiste, elle prend de la hauteur dans Lurking Fear (5.13c en 2000), West Buttress (5.13c), El Corazon (5.13b) et surtout dans le Nose en 2007 (seconde féminine et quatrième tous sexes confondus). l’une des rares femmes à pratiquer le solo intégral à haut-niveau. Sur le Capitan, elle s’adjuge en 2004 les 38 longueurs de Freerider (5.12d/13a), qu’elle reprend ensuite dans la journée, puis surtout le mythique Salathé Wall (5.13c/8a+) en octobre 2005. Quant à Beth Rodden, tout d’abord compétitrice et falaisiste, elle prend de la hauteur dans Lurking Fear (5.13c en 2000), West Buttress (5.13c), El Corazon (5.13b) et surtout dans le Nose en 2007 (seconde féminine et quatrième tous sexes confondus). C omme Comme on le voit, la plupart de ces exploits concernent des grimpeuses nord-américaines. Mais certaines européennes ne sont pas en reste, et il convient de citer une française en premier lieu : en 2007, son acharnement dans Freerider permet à Stéphanie Bodet de devenir la troisième à réaliser une grande voie d'El Cap en libre et en tête. Ainsi « The Captain » symbolise bien l'évolution actuelle de l'escalade moderne où l'écart de performances s'est spectaculairement rétréci entre les deux sexes dans le haut niveau. on le voit, la plupart de ces exploits concernent des grimpeuses nord-américaines. Mais certaines européennes ne sont pas en reste, et il convient de citer une française en premier lieu : en 2007, son acharnement dans Freerider permet à Stéphanie Bodet de devenir la troisième à réaliser une grande voie d’El Cap en libre et en tête. Ainsi « The Captain » symbolise bien l’évolution actuelle de l’escalade moderne où l’écart de performances s’est spectaculairement rétréci entre les deux sexes dans le haut niveau. C eci Ceci dit, et ça n'est sûrement pas un hasard, les trois dernières grimpeuses citées sont les compagnes respectives de Dean Porter, Tommy Caldwell et Arnaud Petit : dans un sens comme dans l'autre un fort support moral et une logistique indéfectible sont indispensables pour réussir ces entreprises au long cours ! dit, et ça n’est sûrement pas un hasard, les trois dernières grimpeuses citées sont les compagnes respectives de Dean Potter, Tommy Caldwell et Arnaud Petit : dans un sens comme dans l’autre un fort support moral et une logistique indéfectible sont indispensables pour réussir ces entreprises au long cours ! (1) Camp 4 par SteveRoper, en français aux Editions Guérin (1) Camp 4 par SteveRoper, en français aux Editions Guérin Recollections of Yosemite Rockciimber
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