Escalade Mag n°23 mars 2009
Escalade Mag n°23 mars 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de mars 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 14,2 Mo

  • Dans ce numéro : interview les ours de Bavella.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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nterview C’est sûr que maintenant je suis mal placé pour dire : « Arrêtez, il faut mettre un frein à l’équipement » ; ou pour donner des leçons à ceux qui ouvrent ! Un bel endroit comme ça, c’est sûr, on a envie de le garder pour soi et en même temps, on doit l’ouvrir à l’extérieur pour le partager. Parmi les grimpeurs du continent, avec qui as-tu des affinités ? Bernard Vaucher, Michel Charles aussi qui a grimpé beaucoup ici et avec qui j’ai ouvert Le Bateau ivre. D’habitude, je préfère donner des noms corses, par respect pour notre langue. Il y a des noms corses qui sont tellement chantants et beaux que c’est dommage de s’en priver. Mais Le Bateau ivre, j’ai donné ce nom, qui est un nom français, en hommage au poème de Rimbaud, parce qu’au-dessus, il y a un rocher retourné qui ressemble à une barque renversée. Mais ce doit être la seule à laquelle j’ai donné un nom en français. Comment baptises-tu les voies ? J’ai donné beaucoup de noms de voies en hommage à des grimpeurs qui sont morts. J’aime aussi le faire pour des noms de sommets. Je voudrais en dédier un à Fabrikant, qui a beaucoup fait pour la montagne corse, qui a ouvert beaucoup de voies et qui a surtout fait le 1er topo. Et quand on sait le travail que ça représente ! C’était un découvreur. Pierre Clarac Un englishman in New York ? Non, un marseillais à Bavella ! Quand il a mis les pieds sur l’île il y a vingt ans, il a complètement craqué pour les lieux. Et il n’a cessé d’y revenir, laissant au Massif quelques uns des plus beaux et des plus accessibles itinéraires du secteur. Rencontre avec un vrai passionné du maquis. Comment as-tu découvert Bavella ? 18 travers le maquis pour accéder à de nouvelles faces. Ici les accès sont difficiles, ça demande un effort de la part du grimpeur, tout n’est pas donné clé en main, mais c’est aussi ce côté nature, aventure, qui est super sympa. J’aime beaucoup, je reviens régulièrement, au moins une semaine par an. Avec des clients ou en famille. Quelles sont les voies abordables que tu conseillerais pour faire ses premiers pas à Bavella ? Dans les voies faciles, il y a L’Arête de Zonza. Mais elle n’est pas forcément super équipée. Il y a quelques spits. L’endroit est vite sauvage, à part le secteur de l’école, au col, où il y a à la fois des voies d’une longueur et des « petites » grandes voies, de 3 longueurs, bien équipées, qui sont parfaites pour se mettre dans l’ambiance. D’une manière générale, à Bavella, il faut quand même être autonome, même si on ne grimpe que dans des lignes en 5. Il faut être un peu à l’aise, être capable d’évoluer en terrain d’aventure, en rajoutant un peu des sangles dans les lunules, des friends ici ou là. Mais le rocher s’y prête bien. Quelle relation as-tu avec les Corses ? Je ne suis pas mal accepté. Je pense qu’ils ont senti que j’étais en harmonie avec le lieu et avec les gens, que je respectais l’endroit et ce qui s’était fait avant moi. Il y a un lien très fort qui dépasse l’escalade, parce que je viens en famille ici depuis des années et qu’il s’est tissé quelque chose. Jean- Paul Quilici, qui est à l’origine de beaucoup de voies ici, a vu d’un bon œil, je pense, qu’on équipe des lignes nouvelles, abordables, où l’on peut facilement emmener des gens. Je m’entends bien aussi avec la jeune génération, des gens comme Jean- Michel Bordeaux, Didier Michelli (un super grimpeur), Eric Biancarelli (j’aime son éthique, pas à ferrailler et à mettre des points partout sans réfléchir) ou encore Carlos Ascensao (que j’ai connu jeune et pour qui j’ai beaucoup d’affection !). Qu’est-ce que tu apprécies à Bavella ? C’est un endroit magique : tu n’es pas trop loin de la civilisation (à 1h de Porto Vecchio) mais en même temps, tu es coupé du monde. Ce n’est pas trop loin mais c’est dépaysant. Dans les Calanques, c’est un peu ça aussi, il faut marcher mais ici, c’est moins organisé. Le portable ne passe pas toujours. Un autre aspect plaisant, c’est que l’endroit est chargé d’histoire, une histoire cachée, anonyme. Il y a plein de grimpeurs qui ont apporté leur pierre à l’édifice et depuis très longtemps. Des gens comme Werner Krah, Gilbert Carpentier, Barney Vaucher, entre autres, qui ont sévi ici dès les années 60 et ont fondé les bases de l’escalade à Bavella. Je pense aussi à des gens comme le Cannois Serge Moulières : il a tracé des itinéraires très intelligents, comme Caniveau vertical ou encore L’Equipage aux Teghie Lisce, avec une vraie philosophie et une recherche (pas du genre je bétonne pour bétonner, mais en protégeant les zones en dalle, tout en laissant les fissures vierges). Combien de voies as-tu équipées dans le massif ? Pour le nombre de voies, c’est dur à dire, je n’ai pas trop compté Je dirais, entre 30 et 40 voies de 150 m à 500m. Après il y a des voies où il n’y a rien, qui ne sont même pas mentionnées dans un topo parce qu’elles ont peu d’intérêt. D’autres sont plus accomplies, plus belles et méritent d’être parcourues. Certaines sont devenues des classiques : Patrimonio, Alexandra, Resistanza, Altore, Petra Tonda, Bon pied bon oeil, Amicizia... En équipement et en ouverture de voies, tu dois toujours faire tourner 3 fois ta mèche avant de percer un trou La boulimie mène souvent à l’indigestion. C’est bien ne pas trop être « collé » à ça, de prendre un peu de distance... On n’équipe pas pour équiper, ça n’a pas de sens, encore moins à Bavella où le mot respect résonne dans tous les sens ! Ces voies sont le reflet de ma passion pour l’escalade, elles ont cristallisé une énergie à un moment donné, elles sont surtout ma façon de remercier ce fabuleux terrain de jeu, ce support à l’escalade totale ! Avec des amis grimpeurs, il y a 20 ans. J’ai halluciné, il y avait du rocher partout. J’ai d’abord commencé par grimper là les étés, par répéter les itinéraires classiques, puis de fil en aiguille, comme je continuais à aimer et que j’avais à peu près épuisé ce qui était faisable, je me suis naturellement mis à équiper, à repérer des lignes, à tracer des chemins à P.Clarac (à droite) avec Carlos Ascensao, autre figure locale
Ce n’est pas trop loin mais c’est dépaysant. Ce n'est pas trop loin mais c'est dépaysant. Est-ce que tu équipes pour toi ou pour les Est-ce que tu équipes pour toi ou pour les autres ? autres ? Je considère que l’équipement fait partie d’une des Je considère que l'équipement fait partie d'une des « missions » d'un BE. J'ai toujours souhaité être actif de ce côté-là. À Bavella, je l'ai fait sur mes propres deniers et j'ai équipé des voies dans le niveau où je grimpais. Il s'agissait avant tout de grimper, de découvrir de nouveaux endroits, de valoriser des secteurs. Pas d'ouvrir pour laisser une trace ou pour exister aux yeux du monde de l'escalade, pour avoir son nom dans un topo ou se faire mousser. C'était pour le fun, pour la magie du moment. Pour le plaisir qu'on éprouvait avec les copains dans ce terrain de jeu formidable. Il y avait une belle alchimie, une super ambiance, tous les paramètres étaient réunis. Parfois c'étaient des bouses, parfois c'étaient de beaux trucs. Je n'ai jamais calculé. Mais il ne s'agissait ni d'envoyer les gens au carton, ni de faire des échelles de soifs. J'ai fait des voies pour que les autres puissent les refaire, y trouver du plaisir dans leur niveau. Il y a une forme de responsabilité, celle du professionnel, même si ça reste de l'escalade et qu'il faut quand même grimper entre les points. Une voie comme Alexandra, par exemple, à la Punta Rossa, demande un peu d'expérience, même si elle n'est pas très difficile. Mais elle est plus « moderne », plus « prisue » que le Dos de l'éléphant par exemple, qui est sensiblement dans les mêmes eaux en cotation, mais qui est dans un style plus chamoniard, plus en friction, et qui surtout n'a pas été ouvert à la même époque et reste donc plus engagé. « missions » d’un BE. J’ai toujours souhaité être actif de ce côté-là. À Bavella, je l’ai fait sur mes propres deniers et j’ai équipé des voies dans le niveau où je grimpais. Il s’agissait avant tout de grimper, de découvrir de nouveaux endroits, de valoriser des secteurs. Pas d’ouvrir pour laisser une trace ou pour exister aux yeux du monde de l’escalade, pour avoir son nom dans un topo ou se faire mousser. C’était pour le fun, pour la magie du moment. Pour le plaisir qu’on éprouvait avec les copains dans ce terrain de jeu formidable. Il y avait une belle alchimie, une super ambiance, tous les paramètres étaient réunis. Parfois c’étaient des bouses, parfois c’étaient de beaux trucs. Je n’ai jamais calculé. Mais il ne s’agissait ni d’envoyer les gens au carton, ni de faire des échelles de spits. J’ai fait des voies pour que les autres puissent les refaire, y trouver du plaisir dans leur niveau. Il y a une forme de responsabilité, celle du professionnel, même si ça reste de l’escalade et qu’il faut quand même grimper entre les points. Une voie comme Alexandra, par exemple, à la Punta Rossa, demande un peu d’expérience, même si elle n’est pas très difficile. Mais elle est plus « moderne », plus « prisue » que le Dos de l’éléphant par exemple, qui est sensiblement dans les mêmes eaux en cotation, mais qui est dans un style plus chamoniard, plus en friction, et qui surtout n’a pas été ouvert à la même époque et reste donc plus engagé. C’est important pour toi la reconnaissance C'est important pour toi la reconnaissance de la beauté de tes lignes ? de la beauté de tes lignes ? C’est sûr que ça fait plaisir, ça flatte l’ego, c’est logique. C'est sûr que ça fait plaisir, ça flatte l'ego, c'est logique. C'est toujours mieux que d'entendre dire « quelle merde, cette voie ! ». Mais il ne faut pas accorder trop d'importance à ça. Ce qui compte, c'est de faire, d'agir. Il faut garder de l'humilité, tenir sa place. C’est toujours mieux que d’entendre dire « quelle merde, cette voie ! ». Mais il ne faut pas accorder trop d’importance à ça. Ce qui compte, c’est de faire, d’agir. Il faut garder de l’humilité, tenir sa place. retrouvez l’intégralité de l’interview et plus de photos l'intégralité de'l'interview et plus de photos laretrouvez sur www.escaladernag.com sur www.escalademag.com [New shapes `Ne * Toutes nos nouveautés en vente sur www.freestone.fr [Roof #2] e b [Radical #2] or [Solo #5] e freestone [Keops] a eoe. [Space Jug]



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