Escalade Mag n°23 mars 2009
Escalade Mag n°23 mars 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de mars 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 14,2 Mo

  • Dans ce numéro : interview les ours de Bavella.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16nterview L1J Propos recueillis par Laurence Guyon• Photos : O. Broussouloux (sauf mentions) Les deux hommes sont à l’origine de la plupart des voies ouvertes dans le Massif de Bavella, en Corse. Perceuse en bandoulière, mine plus ou moins renfrognée : à première vue, il ne vaut mieux pas trop les contrarier. L’ouverture, c’est du sérieux, on n’est pas là pour rigoler… Courageusement, nous sommes quand même partis sur la piste des plantigrades. Bonne nouvelle : les ours étaient en peluche ! La montagne est à tout le monde, c’est un terrain de liberté, un terrain d’aventure Jean-Paul Quilici Le premier guide corse est la figure incontournable de Bavella, à l’origine de beaucoup de choses dans le Massif, pour ne pas dire de tout : des ouvertures et des livres qui en gardent la trace. Depuis quand équipes-tu ici ? J’ai commencé à grimper à Bavella en 1968. Avec des grosses chaussures. Parce qu’à l’époque, il n’y avait que les EB en chaussons, mais bon, moi je n’en avais pas. La falaise école du col, j’ai commencé à l’ouvrir en 1975. Dans les fissures un peu bouchées, je prenais un morceau de plombque je faisais fondre et j’y mettais un câble. Et puis un jour, quelques temps après, j’ai trouvé un spit. Et là, je me suis dit : « C’est terminé, je ne peux pas empêcher les gens de mettre des spits ! De quel droit ? La montagne est à tout le monde, c’est un terrain de liberté, un terrain d’aventure ». Et j’ai commencé à spiter moi aussi, à l’école. Après je me suis mis à équiper des descentes, des rappels, pour sécuriser les grandes voies. L’étape suivante a été de mettre un 1er spit à l’attaque, pour que les gens repèrent le début des voies. Et j’ai continué ! Moi Bavella, c’est bien simple, j’y ai planté 6000 plaquettes, c’est la bien simple, j'y ai planté 6000 plaquettes, c'est la folie Au départ, j'ai commencé au tamponnoir. Et puis après, j'y ai usé 3 perfos. Par exemple, j'ai équipé 2 fois le rocher de Bavella, une fois en 8, une fois en 12. folie ! Au départ, j’ai commencé au tamponnoir. Et puis après, j’y ai usé 3 perfos. Par exemple, j’ai équipé 2 fois le rocher de Bavella, une fois en 8, une fois en 12. Quelle est ta plus belle voie ici, ton Quelle est ta plus belle voie ici, ton olus beau souvenir d'ouverture ? plus beau souvenir d’ouverture ? C’est dur, comme question, si je ne devais en C'est dur, comme question, si je ne devais en garder qu'une ? Peut-être la JPQ, à la tour I, c'est déjà une voie qui louvoie entre les fissures et les dalles, en adhérence. Sans ça, il y a Democratia au Diamant. Et puis la lère fois que j'ai ouvert avec Pierrot Griscelli, Sari, une grande voie de 300 m au Tafunata di Paliri en 1979. Comme je ne suis pas un grimpeur extrême à me balancer dans du 7, ni même du 6, j'ai grimpé dans les fissures plutôt. garder qu’une ? Peut-être la JPQ, à la tour I, c’est déjà une voie qui louvoie entre les fissures et les dalles, en adhérence. Sans ça, il y a Democratia au Diamant. Et puis la 1 ère fois que j’ai ouvert avec Pierrot Griscelli, Sari, une grande voie de 300 m au Tafunata di Paliri en 1979. Comme je ne suis pas un grimpeur extrême à me balancer dans du 7, ni même du 6, j’ai grimpé dans les fissures plutôt. Avec qui tu as ouvert principalement Avec qui tu as ouvert principalement (parce que quand on feuillette le topo, on voit que tu as grimpé avec plein de gens différents, des Corses mais aussi des grimpeurs du continent) ? (parce que quand on feuillette le topo, on voit que tu as grimpé avec plein de gens différents, des Corses mais aussi des grimpeurs du continent) ? Oui, oui, beaucoup avec des grimpeurs de l’extérieur : Vaucher, Gorgeon, Afanassief. J’ai noué de belles amitiés, surtout avec des Oui, oui, beaucoup avec des grimpeurs de l'extérieur : Vaucher, Gorgeon, Afanassief. J'ai noué de belles amitiés, surtout avec des Marseillais, des Grenoblois, des Pyrénéens aussi. À l'époque où j'ai commencé à grimper, l'escalade en Corse n'était pas tellement développée, il n'y avait personne ou presque, c'était balbutiant. Quand j'ai décidé en 1970 de me consacrer au guide, il n'y avait personne. Les gens me Marseillais, des Grenoblois, des Pyrénéens aussi. À l’époque où j’ai commencé à grimper, l’escalade en Corse n’était pas tellement développée, il n’y avait personne ou presque, c’était balbutiant. Quand j’ai décidé en 1970 de me consacrer au guide, il n’y avait personne. Les gens me
Grimpe sur la falaise école du col de Bavella, un secteur équipé par Jean-Paul Quilici. Cinzia Morbiducci dans Salta (5+). prenaient pour un fou. Je ne trouvais personne pour grimper, à part les Allemands et les Continentaux qui venaient l’été. Quand tu ouvres, tu le fais principalement pour toi ou plutôt pour les autres ? Pour le plaisir de la grimpe bien sûr, mais surtout pour les autres ! Parce que pour moi, tu sais, je suis un grimpeur âgé maintenant. Je grimpe dans des voies de niveau 5-6, pas plus. Je ne suis pas du tout de cette génération qui s’entraîne. Moi, C’est la proximité de la beauté qu’on peut toucher. je grimpe, c’est tout. Je ne me casse pas les bras pour progresser ! Et j’ai toujours grimpé dans cette optiquelà, jamais pour l’extrême. Mais j’ai vu une progression rapide de l’activité, qui manquait d’aventure à mon goût : les gens recherchaient le gestuel, le sportif. Moi je suis venu à la montagne avec un goût de l’effort, un amour de la beauté, du ciel, de l’environnement. Mais maintenant c’est fini, ça. Les gens veulent grimper vite, ils veulent grimper fort, il faut accéder tout de suite au plaisir immédiat. Quelle relation entretiens-tu avec le lieu ? Bavella, je m’y sens bien. C’est un endroit fabuleux. C’est un endroit où tu vois la mer, où tu grimpes dans une ambiance… Tu es loin de tout. Bavella, c’est des chemins, c’est des sommets que j’ai découverts, c’est des images, des formes, des endroits. C’est la proximité de la beauté qu’on peut toucher. On peut regarder mais presque on peut toucher. On peut rentrer dans cet univers minéral qui est inaccessible. On a l’impression de faire partie du lieu. Tu plonges dans le Massif, c’est le charme de Bavella, qui est porteur d’images et de sensations fortes. Tu côtoies les parois. Tu t’envoles, sur ces sommets, dans ces vallons. Bavella, dans un secteur qui est petit, j’ai le canyon, j’ai la randonnée et l’escalade ! Je sens la chaleur, j’ai des gens que j’aime et qui sens la chaleur, j'ai des gens que j'aime et qui m'aiment. Que demander de plus ? -andeau, c'est ta marque de fabrique m’aiment. Que demander de plus ? Le bandeau, c’est ta marque de fabrique ? Le bandeau a fait beaucoup pour ma ekï-... 7emi k,• Le bandeau a fait beaucoup pour ma notoriété. Ce n'est pas un calcul au départ, je le portais mais j'étais très loin de savoir qu'il aurait une aura pareille. C'est une histoire personnelle qui est pleine de moments assez dramatiques. C'est une histoire que je ne veux pas dire parce que ce n'est pas encore le moment. Mais après c'est sûr, le bandeau, je l'ai amélioré, je l'ai travaillé, j'en ai joué parce que je me suis rendu compte que les gens me reconnaissaient. On peut oublier le visage, mais le bandeau, on ne l'oublie pas. notoriété. Ce n’est pas un calcul au départ, je le portais mais j’étais très loin de savoir qu’il aurait une aura pareille. C’est une histoire personnelle qui est pleine de moments assez dramatiques. C’est une histoire que je ne veux pas dire parce que ce n’est pas encore le moment. Mais après c’est sûr, le bandeau, je l’ai amélioré, je l’ai travaillé, j’en ai joué parce que je me suis rendu compte que les gens me reconnaissaient. On peut oublier le visage, mais le bandeau, on ne l’oublie pas. On te doit beaucoup de livres et de On te doit beaucoup de livres et de topos. Quelle était ta motivation ? topos. Quelle était ta motivation ? C’est vrai, j’ai fait beaucoup de livres, 17. On C'est vrai, j'ai fait beaucoup de livres, 17. On me reproche d'avoir trop popularisé l'endroit. Mais bon, je trouvais dommage que ce ne soit pas plus connu. Et puis j'ai participé économiquement au développement de cette micro région, à travers l'équipement, à travers le GR20, à travers mes livres, à travers les reportages aussi que j'ai fait pour la télévision. me reproche d’avoir trop popularisé l’endroit. Mais bon, je trouvais dommage que ce ne soit pas plus connu. Et puis j’ai participé économiquement au développement de cette micro région, à travers l’équipement, à travers le GR20, à travers mes livres, à travers les reportages aussi que j’ai fait pour la télévision.



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