Escalade Mag n°22 jan/fév 2009
Escalade Mag n°22 jan/fév 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de jan/fév 2009

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 13 Mo

  • Dans ce numéro : espace Vertical 3 Grenoble.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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’antan Texte et photos : Emmanuel Ratouis Brève histoire de « Bleau » Seconde partie : De 1939 à nos jours Sous l’occupation allemande, les activités grimpantes ne furent pas totalement interrompues. Le site vécut au ralenti durant 6 années, du fait de la mobilisation générale de 1939, puis des déportations et du Service du Travail Obligatoire en Allemagne. Il est clair que, compte tenu des risques encourus, il fallait encore aux grimpeurs parisiens une motivation hors du commun pour se rendre dans la forêt. Les grimpeurs se transforment en terrassiers, maçons ou charpentiers pour mettre en place une multitude d’auvents naturels les plus discrets possibles. Des trappes avec cadenas que l’on recouvrait de sable furent installées afin de dissimuler l’accès des bivouacs. L’ingéniosité compensait la rareté des outils et des matériaux de fortune souvent « empruntés » aux allemands. Les débris d’un bombardier abattu près de la plaine de Chanfroy apportèrent de substantiels compléments... Ainsi naquirent une multitude d’abris clandestins au nez et à la barbe de l’armée allemande. Durant ces noires années d’occupation, quelques grandes classiques de la forêt virent malgré tout le jour comme le « Quartier d’orange » et la « Route nationale »... Un jour de 1942, Charles Authenac fut surpris par un soldat allemand, suspendu 36 à une corde, en train de tailler les prises du « Quartier d’Orange »... Il eut la chance extraordinaire de tomber sur un grimpeur bavarois, peut-être le père des frères Hüber ! Dès la libération, un nouveau groupe se forma sous l’impulsion de René Ferlet et de Pierre Allain : le Cuvier Academic Club qui comprenait également Jacques Poincenot qui disparaîtra tragiquement en 1952 au cours de l’expédition française au Fitz Roy en Patagonie en traversant une rivière. LeC.A.C. qui allait dominer l’escalade bleausarde jusqu’au début des années 50 s’inscrivit dès sa création dans un esprit frondeur et folklorique : dans un souci de dérision quelque peu malveillant, ses membres ajoutèrent aux cotations classiques une hiérarchisation du talent des grimpeurs allant du « lamentable débris » du premier degré, en passant par « le pauvre corniaud », « le tendre espoir popofiste », « l’honorable grimpeur », le « puissant seigneur du gratton » ou le « vénéré maître », jusqu’aux « très pures lumières du rocher » du rarissime sixième degré. Le degré zéro était ironiquement représenté par les touristes, les scouts et autres parasites ! Très à l’aise question insolence, les joyeux drilles duC.A.C. se prenaient un peu pour « les rois du pétrole » : dans leur esprit, tout leur était permis puisqu’ils étaient les plus forts... Ainsi dès 1946, ils ouvrirent la Marie-Rose, premier 6a de la forêt, une voie qui près de 60 ans plus tard, réclame toujours précision et détermination. Il faut préciser que les chaussons d’escalade d’alors étaient encore au stade de prototypes. Le caoutchouc des semelles de l’époque n’avait rien à voir avec la qualité des gommes adhérentes d’aujourd’hui. Ce n’est que deux ans plus tard, en 1948, que les P.A., oeuvre du génial Pierre Allain et premiers véritables chaussons d’escalade dignes de ce nom, furent définitivement mis au point et commercialisés. Vers 1950, un autre club prestigieux fit son apparition. L’arrivée de ses membres dans la forêt passait rarement inaperçue. Ils allaient de massif en massif criant à tuetête, juchés sur leur camion Renault. Parmi eux, on pouvait voir Lucien Bérardini, Robert Paragot et Guido Magnone. Pour trouver leur place dans la forêt, ils durent en passer par la Marie-Rose ainsi que par le fameux test des boîtes de sardines : plusieurs boites de sardines étaient installées sur les grattons et réglettes d’une voie difficile. Il fallait réussir la voie sans les faire tomber... Les meilleurs grimpeurs duC.O.B. ne tardèrent pas à dépasser « les pures lumières du rocher » duC.A.C., et pas seulement à Bleau... Ainsi en 1952, Lucien Bérardini et Guido Magnone se distinguèrent en réalisant l’un des plus grands exploits d’aprèsguerre avec la première ascension de la face ouest des Drus, dont Pierre Allain lui-même avait affirmé que son escalade était impossible par les moyens traditionnels après l’avoir contemplée depuis la face nord. Comme quoi même les meilleurs peuvent se tromper ! Quant à Robert Paragot, en dehors de ses exploits à l’Aconcagua ou en Himalaya, il fut le premier à réussir l’exceptionnel croisé de la « Joker », une première très convoitée, cotée 6h à l’époque et aujourd’hui encore cotée 6c/7a. Tous ces grimpeurs éprouvaient alors autant de joie à réaliser une première de trois mètres sur le grès de Fontainebleau, qu’une nouvelle voie dans les plus difficiles parois du monde. Robert Paragot tout comme Pierre Allain l’ont toujours clamé haut et fort comme si ça n’allait pas de soi ! Il est vrai que de nombreux grimpeurs ne venaient encore à Bleau que dans le but de se préparer à leur saison d’été en montagne...). GlennPierre Allain à Bleau Allain, Poulet, Ferlet et Poincenot dans la Prestat (1948)
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