Escalade Mag n°18 mai/jun 2008
Escalade Mag n°18 mai/jun 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de mai/jun 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 23,3 Mo

  • Dans ce numéro : interview de Josune Bereziartu et Rikardo Otegui.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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'’antan Texte : Florent Wolff Hans Mariacher au sommet de la Marmolada, après la 1'. ascension d'Hatschi Brotschi. Nous sommes en 1978, 6 ans après l'introduction du harnais « moderne » par Troll et Chouinard, et Hans n'en utilise toujours pas... Le grimpeur Michel Voucher encordé à la taille, dans le film « Les étoiles de midi. (1959). Du matériel... Comme beaucoup d'autres sports, l'escalade est directement influencée par l'évolution du matériel nécessaire à la pratique. Intéressons-nous à quelques produits qui furent déterminants pour l'avancée de notre activité. Chaussons Le déjà renommé Pierre Allain, bleausard et alpiniste, libéra la Face Nord des Drus l'été 1935, en franchissant la double fissure-clé (premier passage en 6e degré du massif) avec une paire de baskets. Il eut ensuite l'idée de ressemeler des espadrilles avec du caoutchouc, remplaçant ainsi les « grosses » chaussures à clous ou les espadrilles à semelles de feutre. Il commença à produire artisanalement ses premiers chaussons à tige haute et gomme lisse qu'il vendait dans sa boutique (ouverte en 1934) du 6e arrondissement parisien, rue Saint-Sulpice. Et suite à « une entourloupette commerciale » 1, les P.A. (premier nom des chaussons de Pierre Allain) sont rebaptisés « E.B. » (des initiales du cordonnier et fabricant, Edouard Bourdonneau) après-guerre. Mousquetons Pierre Allain nous prouve que ce n'est pas parce que l'on quitte l'école à 15 ans pour devenir apprenti mécanicien que l'on ne peut pas démontrer une expertise d'un « ingénieur ès escalade » 2. Ainsi, après quelques essais dans les années 30, Pierre Allain commercialisa en 1948 des mousquetons asymétriques en alliage léger. Leur forme (protégée par le seul brevet de ce produit) permettait un retournement plus aisé du mousqueton dans le piton, et le recours au duralium (alliage à base d'aluminium) divise le poids considérablement (le mousqueton passe ainsi de « 140 En 1978, « Lalpinisme, escalade rocheuse et glaciaire » (éditions Atlas), présente encore les techniques d'encorde ment à la taille g à 60 g » 3). Allain refusera le label UIAA pour ses premiers mousquetons, au nom de la liberté4. En 1958, il proposa un nouveau modèle en Zicral (alliage comportant de l'aluminium et du zinc), encore plus résistant et plus léger que le duralium. Pierre Allain inventa également le descendeur (durant la guerre), l'ancêtre du « huit », qui permettait de descendre en rappel sur une pièce métallique plutôt que sur la cuisse et le dos... Cordes et harnais La première encyclopédie alpine, « De Alpibus Commentarius » écrit par le théologien suisse Josias Simler en 1574, recommande l'usage de cordes pour des passages dangereux. Toutefois, son usage se répand assez peu. Au moment de la conquête du mont Blanc en 1787, « la cordée n'existe pas » note Sylvain Jouty qui décrit « l'individualisme des pionniers (...) chacun agissant pour son propre compte » 5. Ils utilisaient plutôt des longs bâtons. Suite au terrible accident survenu après la première ascension du Cervin en 1865 (4 personnes trouvant la mort de la descente), la corde devient presque synonyme de danger puis- *Oben.rde.rdh.rd'no
qu'elle peut entraîner les membres d'une cordée dans la chute. Pour les ascensions plus difficiles comme les conquêtes des grandes faces Nord alpines, la corde s'avèrera néanmoins indispensable. On s'en sert au moins autant comme d'un moyen de progression que de sécurité, celle-ci étant toute relative. Car la chute est fortement déconseillée : le chanvre des cordes étant peu résistant (800 kg environ, contre 3000 kg pour une corde moderne) et surtout peu élastique. En outre, l'absence de baudrier (on s'encorde à la taille) peut, en cas de chute, provoquer de dangereuses lésions au dos ou même un étouffement. Dans le célèbre film de Marcel Ichac, « Les Etoiles de Midi », on voit René Desmaison porter un baudrier fait à partir de corde enroulée sur environ 4 cm de largeur. Trois ans après, en 1962, Frendo commercialise « une ceinture en sangle issue du parachutisme ». Et Desmaison utilise un harnais de ce type (fabriqué par Millet ou Rivory) pour son ascension de la Cima Ovest di Lavaredo dans les Dolomites. Connu pour sa hardiesse et son goût avéré pour l'alcool, le plombier grimpeur anglais Don Whillans a également jeté les bases de ce qui est aujourd'hui considéré comme le premier harnais moderne (le « Mark »), commercialisé dans son pays par Troll, et aux États-Unis par Chouinard (le « Whillans Sit harness »). Quant aux cordes, les recherches durant la seconde guerre mondiale accentuées ensuite durant l'âge d'or de l'himalayisme, ont imposé l'usage de fibres synthétiques, principalement le Nylon qui permet une réduction du diamètre, du poids, une meilleure résistance et élasticité. r1. « P.A.comme Pierre Allain », Jean-Luc Le Floch (Alpinisme et Randonnée n°31, mai 1981). Philippe Brass (in « Pierre Allain, grimpeur avant l'heure », Grimper n°37 mai 1999) affirme lui que Pierre Allain a simplement « cédé son produit » à EB. 2. Michel Destot (maire de Grenoble), cité par Gilles Modica dans « Pierre Allain, pure lumière du rocher » (Bibliothèque municipale de Grenoble, 1999). 3. Cedric Larcher, « Histoire du mousqueton » (Cairn.com, 2004). Philippe Brass (option citée) avance une résistance de 1600 kg doigt ouvert pour un poids de 55 g alors que la publicité de Pierre Allain vante une résistance de 1650 kg pour 65 g. 4. « Qui sont ces gens qui s'intronisent juges, qui décrètent leur propre pouvoir ? » (Pierre Allain, cité par Jean- Luc Le Floch, option citée). 5. Sylvain Jouty, « Histoire de l'alpinisme », p 44 (Arthaud, 1996). 4• Pierre Allain, grimpeur avant- Une publicité pour les mousquetons PA. Il en gardiste, inventeur prolifique. a vendu jusqu'à 25 000 por an en France. Le photographe strasbourgeois Jules Beck est l'auteur de cette image du Finsteraarhorn (Alpes bernoises) en 1882. On y voit l'usage de la grande perche.



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