Escalade Mag n°17 avril 2008
Escalade Mag n°17 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de avril 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 24,1 Mo

  • Dans ce numéro : Baden-Baden.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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nterview. - -''•. L1J Propos recueillis par Laurence Guyon Stéphanie dans la 31° longueur de Free Rider, (6b+), une fissure à doigts de toute beauté avec le gaz d'El Cap. Double mixte 4.00,› lift eu sommet d'El Ce ongtemps icônes des compétitions et falaisistes performants, Arnaud Petit et Stéphanie Godet se positionnent désormais définitivement parmi les spécialistes mondiaux des big watts. Ouvertures et répétitions de grandes voies extrêmes, c'est ce qu'ils affectionnent maintenant particulièrement et ils oeuvrent partout dans le monde : en Jordanie, à Madagascar ou au Mali, au Pakistan, en Corse ou au Venezuela... Ils poursuivent avec logique et passion une trajectoire qui les a menés des podiums de coupe du monde à ces fameuses « parois de légende », qui ont servi de titre à leurs beaux livres. Dernier coup d'éclat en date ? Pour Stéphanie, la répétition intégrale en tête et en libre de Free Rider au Yosemite, 1200 m sur le granit glissant d'El Capitan, avec des longueurs jusqu'à 7c. Et pour eux deux, accompagnés de leurs amis Nicolas Kalisz et Titi Gentet, l'ouverture du bas de Babel, une voie expo de 800 m sur une austère paroi du cirque de Taghia (Maroc). Rencontre avec un couple de grimpeurs-voyageurs toujours en quête de belles lignes. Qam
Vous formez un couple dans la vie c une cordée en falaise. Votre rencontre a-t-elle modifiée la vision que chacun avait de l'activité auparavant et sa manière de arimoer ? Arnaud : Notre rencontre nous a poussés vers les voyages, Stéphanie avait vraiment envie de voyager, cela a ravivé ma curiosité pour des styles de grimpe différents, après trois ou quatre ans d'entraînement et de grimpe intensive pour les compétitions. Quitte à voyager, il fallait que ce soit pour des grandes parois et cela a changé notre pratique, moins pointue, c'est-à-dire dans des difficultés moindres mais dans des styles plus complets. Stéphanie : Ca fait maintenant treize ans que nous vivons et évoluons ensemble. Arnaud m'a fait découvrir l'ouverture de grandes voies, car c'est ce qui le passionne depuis qu'il grimpe. Grimpez-vous toujours ensemble ? S : Nous grimpons généralement ensemble, mais j'ai aussi beaucoup de plaisir à grimper avec d'autres copains, en particulier des gens du même niveau que moi, c'est motivant. Sinon, j'aime encourager Arnaud et le pousser dans ses retranchements, autrement il a tendance à se satisfaire de ce qu'il fait C'est donc plutôt l'émulation qui prévaut. A : Ces dernières années nous avons pas mal voyagé, alors quand nous allons en falaise, nous avons souvent l'impression de reprendre la grimpe. Mais quand il y en a un de nous deux qui sent qu'il peut faire quelque chose de bien, l'autre donne naturellement de sa personne pour lui donner le plus de chance possible. On le ressent dans les encouragements, toujours bien placés et donnés avec conviction, et c'est certain qu'un encouragement pertinent peut te faire enchaîner la voie. En ce sens, il y a une sorte de synergie, c'est vrai. C gai borkeits qa un encouragement pertinent peut te faire enchaîner) la voit En grande voie, comment s'organise la cordée ? A : Nous avons remarqué que quand on commence une grande voie en second, c'est toujours difficile de prendre la tête ensuite. Alors parfois on ne change pas de premier. J'ai l'impression que Stef prend plus de plaisir si elle est en tête. Moi, ça ne me gêne pas trop d'être en second, surtout quand on tire un sac ! Certaines fois, l'un garde la tête parce que c'est un challenge de tout faire en tête, comme Stef à la Hasse-Brandier ou moi au Poisson dans les Dolomites. Pour Free Rider, Stef voulait tout faire en tête, surtout pour ne pas me refiler les longueurs de cheminées qu'elle n'apprécie pas vraiment. Mais pour notre cordée, c'est beaucoup plus « free ride » que l'on pourrait l'imaginer, on décide parfois au pied de la voie ou après quelques longueurs. Quand on a fait l'éperon Walker aux Grandes Jorasses, on a attaqué en réversible, mais Stef a fait une longueur de nuit sans vraiment être sûre que c'était là, derrière il y avait 4 ou 5 cordées qui attendaient en demandant : « alors c'est bien là ? ». Stef m'a dit, « écoute, vas-y, ça me tend trop tout ce monde derrière », alors j'ai fini toute la voie en tête. Peut-être qu'elle aurait bien aimé grimper aussi en tête, mais on a privilégié la rapidité, nous avons souvent fait de la corde tendue à trente mètres, ce qui demande une vraie confiance en chacun. Finalement ici, c'était plus important d'être en haut tôt (à midi et demi) que d'être en tête ou pas. Ce qui est sûr, c'est que je suis assez directif quand ça craint. Par exemple, au Salto Ange !, Stef voulait y aller, mais j'avais peur pour elle, il y avait des blocs instables tout mouillés, alors j'y suis allé. S : Nous essayons d'alterner les voyages où chacun trouve son compte d'émotion et de plaisir en grimpant devant. Au Venezuela, je venais juste d'arrêter de bosser comme prof, j'étais mal préparée à cause d'une tendinite au coude. Je n'avais donc ni le niveau, ni la confiance nécessaires pour me lancer en tête dans des longueurs dures, d'autant que l'escalade était dangereuse. C'était une frustration car je ne prends pas beaucoup de plaisir à grimper derrière mais il fallait l'accepter. En allant aux USA, j'avais un vieux rêve, grimper El Capitan en libre. C'était un peu une revanche personnelle par rapport au Venezuela ! Il fallait que je grimpe toute la voie en tête ! Vous sentez-vous une cordée ou deux grimpeurs ayant chacun leur propre parcours ? A : Je crois que c'est important d'être ensemble lorsqu'on fait un big wall. D'abord c'est un moment de vie en paroi. Et au niveau escalade nous avons un vécu en commun qui va nous permettre de nous enthousiasmer sur les mêmes choses, parler des passages, s'enflammer sur la forme d'une prise par exemple. Et puis si Stef me dit, « tu peux la flasher cette longueur », je sais que je peux lui faire confiance. Mais il y a d'autres grimpeurs avec qui j'ai passé de supers moment en paroi, en particulier lors d'ouvertures. Quand je suis avec quelqu'un d'autre, la notion de cordée existe tout autant, pour moi c'est un état d'esprit essentiel dès que je vais grimper dehors. Même en couenne, je vais préférer aller dans les mêmes voies que mon collègue, même si parfois je ne suis pas à mon max. La notion de partage est très importante. S : Ça me fait autant plaisir de voir Arnaud réussir quelque chose et de lui être utile que de grimper pour moi seule. Je prends d'ailleurs moins plaisir qu'Arnaud à former une cordée avec une autre personne ; je pense que j'ai moins l'habitude. Ensemble, j'ai l'impression que tout fonctionne à merveille ; je n'ai pas tellement appris à m'adapter à d'autres. Quelle voie vous a demandé le plus d'investissement ? A : Free Rider pour Stéphanie, c'est certain, il y a les journées de travail préalable et la réalisation qui a duré 6 jours, il faisait très chaud et on ne grimpait que le Arnaud dans la 11'longueur (7b+) de Babel à Taghia. Sur les 20 longueurs de Babel, 15 sont en 7a ou plus, dans un style exigeant et très engagé. 23



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