Escalade Mag n°17 avril 2008
Escalade Mag n°17 avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de avril 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 24,1 Mo

  • Dans ce numéro : Baden-Baden.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Blockgrat (4b), avec son célèbre pas au dessus du vide. dis 4, iéologiquement, le Battert est un dyke, reliquat d'une intense activité volcanique il y a environ zo millions d'années. L'érosion ayant fait son travail, la nature nous lègue un agglomérat de 800 m de long, comprenant une trentaine de rochers, de 20 à 6o m de hauteur, idéalement sculptés pour le plaisir de l'escalade. La roche, du porphyre, est peu ordinaire : de couleur ocre, elle est dure comme du granite, sculptée comme du calcaire, douce comme du grès... La forme des tours, comme le dessin de la roche - quadrillées de strates horizontales et de fissures verticales-, fait inéluctablement penser... aux Dolomites I Les pionniers ne s'y sont pas trompés, y empruntant de nombreux noms de voies ou secteurs. Le Battert, c'est un site vaste (plus de 3oo voies), pour tous niveaux, à moins d'une heure de Strasbourg... Majoritairement peu équipé, c'est le paradis des coinceurs ! À 50o m d'altitude, bien exposé au sud, on peut y grimper presque toute l'année. tya4rteejeee itisedee Hahn Saenger L'escalade au Battert a débuté en 1885, avant même les premières ascensions (en 1903) dans le Palatinat (région allemande au nord de l'Alsace) ou les Vosges du Nord, en 1909. Et quelques voies encore classiques aujourd'hui ont été ouvertes il y a plus d'un siècle, comme Delagokamin en 1890, Schmittkamin en 1895, ou Bismarckgrat et Bockgrat en 1905 ! Un premier topo voit le jour en 1926, édité par le Club Alpin Austro-Allemand de Karlsruhe. Il recense déjà une cinquantaine de voies, cotées de I à IV. Mais le niveau va vite monter, avec notamment l'ouverture en 1937 de l'un des joyaux du site, la Freundschaft, VI- (5c). A cette époque le Battert est déjà bien fréquenté, et un an plus tard un premier refuge des secours y est édifié ; muni d'une radio, il sera régulièrement rénové, jusqu'à l'actuelle cabane de la Bergwacht. Le Battert devient alors le lieu de prédilection des meilleurs alpinistes de la région, comme Walter Stèsser, Martin Schliessler, Hans Laub ou Toni Kinshofer (qui y trouvera malheureusement la mort) ; on leur doit de nombreux itinéraires. Pendant des décennies, ces voies seront ouvertes du bas, à l'aide de quelques rares pitons. En 1975, le topo du Club Alpin Allemand de Baden-Baden recense déjà plus de 200 voies. L'escalade libre est de mise, jusqu'au VI+ (6a). Avec 1 à 2 pitons par longueur, le site ne serait pas devenu si populaire dans les années 80 sans l'arrivée des coinceurs puis des friends. Dans la foulée, les pitons sont peu à peu remplacés par des scellements, mais toujours avec le respect des emplacements initiaux, et seules les voies récentes, entre 6b et 8a+, seront équipées du haut comme des voies sportives. C'est ainsi qu'aujourd'hui on compte environ 320 voies, dont les trois quarts dans un niveau modeste (maximum 6a/b) et à protéger soi-même. Karin Saenger, 40 ans, a fait ses débuts aux Gaillands. Mais c'est avec le DAV (Deutscher Alperenvein) qu'elle va se former dès 1986, d'abord à Bonn, puis à Baden-Baden, où elle devient initiatrice bénévole d'escalade. Grimpant une à deux fois par semaine au Battert, de préférence entre 5c et 6b, son plus grand plaisir reste de guider les grimpeurs du DAV dans ce fabuleux jardin d'escalade aventure. Il est peu probable que le site évolue encore, pour la bonne raison qu'il s'intègre dans une réserve naturelle. La pérennité des bonnes relations entre écologistes et grimpeurs est assurée par l'Arbeitskreits Battert, association de protection de la nature au Battert. (9n deus> L'escalade au Battert est de type terrain d'aventure. Tous les relais sont équipés (au minimum une grosse broche ou un anneau scellé). L'équipement de chaque longueur peut varier du néant à 6 ou 7 points (broches, plaquettes ou pitons), signalés sur les schémas du topo par des croix. En gros, les anciennes voies ne comportent des points que là où, à l'ouverture, il y eut des pitons ; ce qui veut dire parfois des broches à côté d'une bonne fissure, et à l'inverse rien dans un mur compact... Tandis que dans les voies des trois dernières décennies, on trouve des points partout où il est difficile de se protéger. Si un tel équipement n'est pas toujours des plus rationnels, il répond à des règles éthiques strictes, sans lesquelles une surfréquentation pourrait conduire à l'interdiction de l'escalade... En conséquence, on regardera attentivement le topo. L'icône « chaise roulante » indique des voies expos, où certains passages sont improtégeables, avec retour au sol (ou sur vire) en cas de chute ; fort heureusement, elles sont peu nombreuses. L'icône « avion » signale des voies engagées. Dans tout autre cas, la voie est censée être intégralement protégeable. Il faut enfin savoir que des itinéraires en apparence bien équipés ont souvent un accès ou une sortie facile, qui nécessite des coinceurs. Quelle que soit la voie, il est donc conseillé de partir avec de quoi protéger en toutes circonstances : au minimum 4 sangles, 4 friends (petits et moyens), et un jeu de 8 coinceurs câblés. Olivia Ensminger dans Trixwandel(6a+), secteur Hohe Wand. Elle arpente aussi les sites granitiques de la région, comme à Fribourg ou à la Martinswand ; et ses voyages la conduisent souvent en altitude, en Suisse comme à Chamonix où elle a de nombreux projets. Actuellement, Karin s'investit dans la pédagogie d'aventure ; ou comment apprendre à des personnes de tous âges à gérer une situation de stress, via des parcours aventure (qu'elle confectionne elle-même)... et l'escalade.
Mer



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