Escalade Mag n°16 mars 2008
Escalade Mag n°16 mars 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mars 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 28,2 Mo

  • Dans ce numéro : Millau et Jonte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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9 1 = Directeur duC.A.S. (Centre d’Activités Sportives) de Roubaix, et président du club FFME « Bou’D’Brousse », Vincent Masschelein porte un regard original sur l’escalade, une activité qu’il a choisi de mettre au service de l’éducation de jeunes en difficulté. Il est le mieux placé pour nous parler de sa démarche pédagogique. adolescence est certainement l’une des périodes les plus riches de notre vie. C’est un moment où l’on découvre de nouveaux sens et où la perception de son propre corps trouve une place fondamentale dans la construction de l’identité. De même, les émotions et les sensations permettent aux jeunes de se sentir sujets de leurs vies, en d’autres termes d’exister. Depuis plus de trente ans, leC.A.S accompagne des adolescents et des jeunes adultes par des Pratiques de Combats Codifiées (boxes et arts martiaux) afin de réguler les problèmes de violences et d’agressivité que peuvent rencontrer certains jeunes. Cette association, reconnue d’intérêt général, s’est fortement intéressée à l’escalade, depuis maintenant 18 ans, et développe des actions vers de nouveaux publics, notamment les classes « difficiles » d’établissements scolaires. L’un des murs duC.A.S. Texte : Vincent Masschelein Photos : Collection Centre d’Activités Sportives de Roubaix Les pratiques d’escalade offrent ici un formidable terrain pédagogique pour accompagner des jeunes en recherche d’expériences nouvelles. Les sensations psychologiques et corporelles qu’elles procurent permettent une véritable appropriation du corps. La gestion du stress et de la peur, inhérente à la pratique, développe une meilleure connaissance de soi et améliore la maîtrise de ses émotions. g est dans cette approche éducative de l’activité, que leC.A.S reçoit quotidiennement des groupes de jeunes dans ses locaux, qui accueillent une S.A.E. Les méthodes d’entraînements proposées reposent non pas sur une pratique de loisir, mais sur des activités dirigées et fortement encadrées où l’éducateur manifeste à la fois ses exigences d’entraîneur et son intérêt pour l’individu. Régulièrement des séjours en falaises sont proposés, afin de faire découvrir les « vraies valeurs » de l’escalade. Ces moments partagés nous semblent également fondamentaux pour mieux connaître les jeunes et les accompagner dans leurs parcours personnels. Enfin, l’association propose depuis plusieurs années des cycles d’apprentissage en direction de publics fragilisés et issus de structures adaptées. Un projet commun, partant des caractéristiques du public, vise à développer ou à améliorer les compétences des élèves et à modifier leurs comportements. o interview vincent Propos recueillis par Florent Wolff o Tu étais boxeur, comment as-tu commencé à t’intéresser à l’escalade ? En fait je suis toujours boxeur et grand adepte de la Savate BF (Boxe Française). Je continue à m’entraîner, et j’interviens plus dans un cadre pédagogique auC.A.S. J’enseigne également dans un club universitaire (leL.U.C). Ma rencontre avec l’escalade a vraiment été passionnante et remonte au milieu des années 80… Avec leC.A.S, nous organisions des séjours à la montagne, notamment à Lus-la-Croix-Haute, où une personne nous mettait à disposition une grange aménagée. Nous étions un petit groupe à s’improviser grimpeurs avec nos grosses rangers et notre corde de spéléo ! À côté de nous, il y avait un guide, Yves Gaillard, qui nous regardait d’un air amusé et avec qui nous avons sympathisé. Il fut la première personne à nous former. Chaque été, nous retournions là-bas pour grimper. Pendant plus de 10 ans, nous avons eu la chance d’être encadrés par Stéphane Dan, bien avant sa carrière de cascadeur. Il y a eu aussi Jacques, un CPE (Conseiller Principal d’Education), avec qui nous allions sur la tour des dondaines à Lille. Ces gens nous ont transmis leur passion avec une vision qui dépasse les aspects purement sportifs. Enfin, j’ai retrouvé en escalade plein de sensations proches de la Savate BF (appuis, gestuelle, psychologie…). Te considères-tu comme un pratiquant passionné ? Tout dépend de la définition que l’on donne à un passionné. Il n’y a aucune comparaison avec tous les grands de l’escalade comme Edlinger, Bouvier, etc… Pour ma part, l’escalade m’a aidé à compenser la diminution de mon entraînement en Savate BF. J’ai l’impression que l’on crée surtout des dépendances à ce que te procure physiquement et émotionnellement la pratique. Tout cela se fait de façon très progressive et s’inclut dans ta vie comme un besoin. Une chose est sûre, j’ai de plus en plus envie de grimper et d’être en contact avec la montagne. Je sais également que c’est grâce à ce plaisir que je peux mieux transmettre mon intérêt pour l’escalade et les valeurs qui l’accompagnent. Alors passionné ou non ? Je vais demander à ma petite femme….
o Par rapport aux sports de combat, quel est l’intérêt de l’escalade dans une démarche éducative ? Les sports de combat et l’escalade se situent dans le registre des sports à risques. Cette confrontation au risque dépend de multiples facteurs. En boxe, si tu fais de l’assaut, la touche est contrôlée. En combat, c’est différent, il faut vraiment être prêt physiquement et psychologiquement, car les coups sont réellement portés. En escalade, cette notion de risque diffère en fonction du terrain, de l’engagement, des conditions météos, etc. À nous de réguler cette prise de risque pour faire émerger des sentiments de peur et de réussite. De plus, les relations solidaires et responsabilisantes ont également un intérêt éducatif : l’escalade demande beaucoup de vigilance pour soi (en tant que grimpeur) et pour l’autre (en tant qu’assureur). Mais ne croyons pas que cela se fasse spontanément… Être dans une démarche éducative veut dire aussi ne pas faire de l’activité une fin en soi, mais de la considérer comme un support ou un outil éducatif. Comment gères-tu les problèmes de sécurité, notamment avec un public « difficile » ? On a constaté que certains jeunes pouvaient adopter des comportements très différents par rapport aux éléments de Obriznoun Beau et basta Corlorl etbtaule, le must pour lm leric, Adrraton eletirrralle, porterlarnpa, sestene regJege rapide, PcÀdi ; 340 g,• f sécurité. Par exemple, lors de l’assurage, certains sont convaincus qu’un descendeur fonctionne tout seul ! D’autres au contraire hésitent à assumer cette tâche parce qu’ils ont peur de faire tomber leur partenaire. Au-delà du travail sur la confiance en soi et au matériel, les animateurs sont d’une extrême vigilance. Avec certaines classes de scolaires, des livrets d’autoévaluation ont pu être mis en place pour assurer une traçabilité des apprentissages. Parmi les jeunes qui ont découvert l’escalade auC.A.S, est-ce que certains sont devenus pratiquants réguliers ? L’une des règles de fonctionnement est la régularité aux entraînements. Nous voyons donc les jeunes au minimum une fois par semaine. Cette règle se veut avant tout éducative et souligne l’engagement du jeune dans une pratique choisie. C’est aussi le moyen pour lui de progresser ou de maintenir un niveau acquis. Mais le parcours est le plus intéressant : du stade de participants « consommateurs », certains deviennent acteurs sur différents domaines : encadrement, ouverture, photos, organisation de sorties, etc…• Quel projet autour de l’escalade pour leC.A.S ? D’abord, ne pas changer notre conception de la pratique. De rester au cœur des problèmes que rencontrent certains jeunes. De permettre à encore plus de « gamins » de bénéficier non pas seulement d’une activité de qualité, mais de l’intérêt et de la considération de la part des adultes qui IP Vincent, à gauche. les encadrent. Sinon, nous souhaiterions les encadrent. Sinon, nous souhaiterions proposer des formations spécifiques en direction d'un public difficile ou fragilisé. Nous discutons dans ce sens avec l'Ecole Nationale de la Protection Judiciaire. Enfin, j'aimerais que l'on puisse relancer des actions originales : ascension d'une cheminée d'usine, descentes en rappel sur des immeubles, spectacles, escalade urbaine, etc... Ce type d'approche, non conventionnelle, intéresse une certaine catégorie de jeunes. proposer des formations spécifiques en direction d’un public difficile ou fragilisé. Nous discutons dans ce sens avec l’Ecole Nationale de la Protection Judiciaire. Enfin, j’aimerais que l’on puisse relancer des actions originales : ascension d’une cheminée d’usine, descentes en rappel sur des immeubles, spectacles, escalade urbaine, etc… Ce type d’approche, non conventionnelle, intéresse une certaine catégorie de jeunes. Ta meilleure expérience « d’escalade » O Ta meilleure expérience « d'escalade » avec les jeunes que tu encadres ? avec les jeunes que tu encadres ? Le spectacle son et lumière sur la mairie de Roubaix, un truc fou, ambitieux et formidable. Le camp à Presles où nous avons réalisé un chantier d'ouverture en falaise (secteur Daladom), un bel exemple d'investissement et de solidarité. L'ascension du Mont Aiguille avec Fanfan... Un retour inoubliable... J'en vois encore les lueurs ! Enfin, tous les retours « évolutifs » de ces jeunes avec qui je passe mon temps...Ils se reconnaîtront certainement... Le spectacle son et lumière sur la mairie de Roubaix, un truc fou, ambitieux et formidable. Le camp à Presles où nous avons réalisé un chantier d’ouverture en falaise (secteur Daladom), un bel exemple d’investissement et de solidarité. L’ascension du Mont Aiguille avec Fanfan… Un retour inoubliable… J’en vois encore les lueurs ! Enfin, tous les retours « évolutifs » de ces jeunes avec qui je passe mon temps…Ils se reconnaîtront certainement… Vincent, à gauche.



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