Escalade Mag n°16 mars 2008
Escalade Mag n°16 mars 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de mars 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 28,2 Mo

  • Dans ce numéro : Millau et Jonte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 22 - 23  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
22 23
nterview nM.Mer 11., • 41. lie é -.11111. - - 1111ke r- L1J Propos recueillis par Florent Wolff• Photos : Sam Bié 1811111t trias Vagabond d'occident Rencontre avec Laurent Tria y, grimpeur passionné, équipeur prolifique, vidéaste talentueux, et surtout amoureux fou des falaises millavoises. Es-tu toujours aussi itinérant les derniers temps ? Ça fait pas mal d'années que je navigue avec mon camion et que je n'ai pas vraiment de point fixe, à part la maison de mon père près de Montpellier où j'ai toujours ma chambre, et qui est mon adresse. C'est aussi le seul endroit où j'arrive à travailler efficacement sur mes films, alors il y a toujours un moment de l'année où je passe du temps dans cette région. Millau est un endroit qui compte beaucoup pour moi, j'y ai d'excellents souvenirs et de très bons amis, j'ai régulièrement besoin d'y retourner pour y reprendre de l'énergie. Mais je passe maintenant de plus en plus de temps à vivre en Espagne, près de Tarragone, à Cornudella de Montsant où vit ma petite amie Mariona. J'adore cet endroit, les falaises de Siurana et Montsant sont une nouvelle source de motivation pour grimper et équiper « a muerte ». Le village est très vivant et je commence à lier de bonnes amitiés avec les locaux. C'est un lieu où je me sens vraiment bien. Parmi les trois, quelles sont tes gorges préférées ? C'est une question difficile, chacune à son propre charme, c'est un peu comme les filles 1 La Jonte c'est les grandes voies, même s'il existe aussi des couennes démentes ! Le paradis pour débuter sur quelques longueurs avec des voies comme L'arête ouest, Les femmes et les grimpeurs..., ou pour ouvrir des itinéraires futuristes (comme Les chemins de Katmandou). C'est aussi un bon endroit pour se mettre de belles fièvres en terrain d'aventure (L'inachevée). La Dourbie, c'est la plus sauvage, peu de grandes voies, un style un peu plus exigeant, les voies du Boffi ou de Cantobre peuvent être des bijoux. Le Tarnc'est la source de l'escalade sportive dans la région, la naissance des voies « abus » démesurées, les baignades avant l'essai du soir, le souvenir de ces murs vierges qui sont maintenant devenus des autoroutes... Parfois, ça fait mal au coeur de revenir et de trouver la gorge bondée de grimpeurs : des PQ partout et tous les petits coins squattés, on a vécu tellement tranquille et sauvage... Mais bon, je ne vais pas jouer le vieux grincheux, c'est la loi du partage et une évolution logique. L'endroit est si idyllique qu'il est un peu victime de son succès, c'était•Inr encore pire à Buoux dans les années 80. il -0i. le - Parmi toutes les voies que tu as équipées, laquelle est ta préférée ? J'ai équipé mes premières voies dans ces gorges en 1998 et ma boulimie m'en a fait équiper une centaine en à peu prés 3 ans. Celle à laquelle je pense toujours en premier,
c'est Les ailes du désir car elle symbolise ce délire qu'on a eu d'équiper et d'enchaîner des voies surlongues, c'était la première dans la région : 50 mètres si homogène sur la longueur ! Et avec seulement 13 dégaines... Au début on l'avait cotée 8a, et ça l'était ! Tout était super croustillant sous les pieds et dans les mains, les prises sableuses malgré les heures de nettoyage, et ç'était quasi la seule voie du mur et ça changeait l'ambiance générale. J'y suis retourné il y a peu et c'est maintenant une véritable « autopista » balisée de cake, les prises se sont faites et sont devenues bien meilleures. C'est plus facile et forcément les gens sont contents de faire une voie avec un « grado regalo » (cotation cadeau, comme on dit en Espagne). Mais peu importe, cette voie nous a permis à toute la bande que nous étions, de franchir à ce moment là un cap psychologique et de s'éclater dans ce jeu des voies « abus ». Quelle voie inférieure à 7a conseilles-tu dans l'une des trois Gorges ? Pour faire un truc atypique et passer un moment « oecuménique » à côté de la petite chapelle sous l'incroyable pilier de Tennessee, allez faire un tour dans les dalles de Perte D'adhérence (6c+) ou Souvenir de bleau (6c), ça change du bi en dévers de base, mais ce n'est pas facile ! Sinon le conseil des équipeurs du Tarna attribué le plus beau 6a des gorges à Olivier Obin, avec Jeu de plage au secteur « entre deux ». Tu n'as pas toujours demandé l'autorisation pour équiper, et tu l'as certaines fois fait en secret : est-ce que cela a changé ? Deviens-tu plus « responsable » ? « Responsable » n'est pas vraiment le mot... Pour ce qui est de ne pas équiper n'importe où pour protéger un nid ou ne pas scier un beau cade, oui je suis de plus en plus attentif, j'essaye de limiter l'impact négatif que je peux avoir. Par contre c'est vrai que j'ai toujours du mal avec les histoires de propriétés privées, le pouvoir des chasseurs, etc... De toute façon, pour l'instant je n'équipe plus de nouveaux secteurs en France, je me limite à quelques voies par-ci par-là. C'est plutôt à Montsant ou Siurana que je me fais plaisir avec l'équipement, je découvre des murs hallucinants qui me font rêver et ou il n'y a pas de problèmes pour équiper, les espagnols sont quand même bien plus relax avec les règlementations. Est-ce que tu continues à équiper des voies « abus » ? Penses-tu que ces voies longues sont l'avenir de l'escalade (tant d'un point de vue esthétique qu'au niveau de la difficulté) ? C'est vrai que ça fait quelque temps que je ne me suis pas équipé une bonne voie abus. Avant je ne grimpais jamais de voies courtes, vu que mon point fort c'était la conti, ça m'allait très bien... Maintenant je prends aussi goût aux voies courtes où je ne peux pas tricher sur la difficulté de force, ça me fait progresser. J'ai toujours ressenti que grimper une voie abus est plus esthétique et plus fort en émotions, plus stratifiant, on a au moins l'impression d'escalader un vrai truc ! Mais bon, c'est personnel, là aussi tous les styles ont leur charme. Pour ce qui est de la difficulté, j'ai aussi toujours pensé qu'elle pouvait évoluer avec la longueur des voies. Imagine une voie de 50 m avec des mouvements en 7a bloc, beaucoup de grimpeurs dominent ce niveau de mouvements, mais pour les aligner sur une longue distance, ça peut vite être extrêmement dur tout en restant faisable assez rapidement. C'est un peu ça qui se passe en Espagne avec les voies dures de Santa Linya : La novena enmienda est un véritable 9a et pourtant il n'y a presque que des bonnes prises, mais le niveau d'endurance est monstrueux et les grimpeurs à la pointe sont redoutables dans ce style, alors forcément les enchaînements pleuvent... Par contre c'est sûr Laurent vagabonde avec son combi VW. que la difficulté en bloc continue et continuera aussi de progresser, l'un ne va pas sans l'autre ; l'intensité des « voies abus » extrêmes va de pair avec le niveau en bloc, moins cela coûtera de l'énergie de faire un mouvement, plus longtemps on pourra le reproduire et créer de nouveaux challenges infâmes... Pourquoi pas davantage de perfs effectués par des grimpeurs français à Santa Linya ? Sans doute car il n'y encore aucun ténor qui s'est réellement excité sur ce spot. Je ne crois pas que ce soit un problème de niveau, les frenchies peuvent envoyer du gros, notamment les nouvelles générations... En tout cas dans mon niveau, je fais de bonnes rasias et je me régale de toutes ces voies, merci aux équipeurs comme Dani Andrada ou David Brasco I Quels sont les grimpeurs qui t'impressionnent le plus aujourd'hui ? Ces derniers temps, j'ai passé beaucoup de temps avec Dani Andrada, car il m'a demandé de faire un film sur sa vie, qu'il veut présenter lors de soirées projections. C'était top, Dani m'inspire beaucoup dans mon escalade et dans la vie ! Il transmet une énergie hors du commun autour de lui, il est simple, authentique, passionné jusqu'au fond des tripes, il est comme son escalade, « a muerte » ! II peut mettre un rythme et une fluidité à son escalade qui est digne du singe ! Après il y a beaucoup de grimpeurs qui m'impressionnent, en ce moment je pense aux derniers mutants avec qui j'ai grimpé, comme Chris Sharma, Dave Graham, Edu Marin... J'ai aussi été blasé de voir Adam Ondra courir dans La Rambla à Siurana, même si je n'ai rien pu échanger avec lui... Les d'jeuns déchirent ! Laurentfilme Chris Sharma en Espagne. Pierre Rouzo est décédé l'an dernier : que retiendras-tu de lui ? Que t'a-t-il appris ? Ah le Pierre... C'était un personnage Quand j'ai débuté l'escalade, dans les années 85, j'avais 10 ans et c'était le plus fort grimpeur de la région et celui qui ouvrait les voies dures, en les signant de sa calligraphie parfaite et parfois de ses petits 23



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :