Escalade Mag n°14 sep/oct 2007
Escalade Mag n°14 sep/oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de sep/oct 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 11,0 Mo

  • Dans ce numéro : la Sardaigne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Stéphan Denys 38 DD dans Restless Native (7b), à Rumney, USA. DO dans Resdess Native (7b), à litnney, USA. Date de naissance : 3 novembre 1976 Situation familiale : célibataire Profession : grimpeur pro et guide de haute montagne Revenu net mensuel : 1200 € Sponsors : Petzl, Millet, Ville de Grenoble et Kaenon (lunettes) Site Internet : www.da,nieldula,c.com Entraîneur : Bertrand Donze Agence de presse : Hickory Guy ABert DD équipe au Mali. Texte et photos (sauf autre mention) : Ludo Laurence PAL de Lac : ChaCtIN Chtithi Daniel du Lac : chacun cherche son Graal ! eN Gras La première fois que j’ai rencontré DD, c’était lors d’un stage de l’équipe de France jeunes, ça ne nous rajeunit pas… Alors cadet, petit et maigrichon, il ne quittait pas ses gros cahiers dans lesquels étaient inscrits ses plans d’entraînement, qu’il montrait à qui voulait -y compris ceux qui n’avaient rien demandé- en expliquant qu’il participait aux Championnats de France d’escalade, de course à pied, de canoë et de course d’orientation. Autant vous dire que, déjà à l’époque, il y avait peu de chances pour que ça colle entre nous… D’ailleurs, je mentirais si je vous disais qu’on était les meilleurs amis du monde ; il est clair qu’on a peu d’atomes crochus. Pourtant, force est de lui reconnaître un talent certain, une façon de grimper stylée et redoutablement efficace, et surtout un professionnalisme rare. Vers la fin des années 90, DD a décidé qu’il vivrait de l’escalade (ça, c’est pas dur), et s’est alors doté des moyens pour y parvenir (ça, ça l’est beaucoup plus). Il a donc engagé un entraîneur, une agence de presse pour assurer sa promo et a bossé d’arrache pied pour parvenir à son objectif. Je me suis rendu à Dijon pour rencontrer DD, tout frais débarqué du Festival du film des Diablerets où son film « Un désert vertical » était en compétition, et de passage en Bourgogne chez Pierre Duroché, pour une séance d’entraînement en vue des Championnats du Monde. Mon TGV est à l’heure, et DD aussi - un pro vous dis-je- venu me récupérer à la gare. On se pose sur une terrasse pour prendre un café, et à peine 2 minutes après, un gus se pointe et accoste Daniel. Je suis abasourdi : le gars a reconnu DD, lui sert la louche et lui annonce qu'il vient juste d'acheter son dvd à la Fnac... D'ailleurs, nous le recroiserons un peu plus tard sur une falaise du coin, mais pour l'heure, il est temps d'aller bourriner chez Pierre. pour prendre un café, et à peine 2 minutes après, un gus se pointe et accoste Daniel. Je suis abasourdi : le gars a reconnu DD, lui sert la louche et lui annonce qu’il vient juste d’acheter son dvd à la Fnac… D’ailleurs, nous le recroiserons un peu plus tard sur une falaise du coin, mais pour l’heure, il est temps d’aller bourriner chez Pierre. Chez ce viticulteur-grimpeur, l’ambiance Chez ce viticulteur-grimpeur, l'ambiance est plutôt détendue, et les conversations roulent autant sur la grimpe que sur le pif. Après une bonne séance de poutre et de pan, direction la falaise locale pour quelques longueurs dans du 7c/8a, mais aussi pour assurer Pierre dans son projet : un étrange 9a nommé Blaoum. Sans doute surmotivé par les encouragements, Pierre l'enchaîne. est plutôt détendue, et les conversations roulent autant sur la grimpe que sur le pif. Après une bonne séance de poutre et de pan, direction la falaise locale pour quelques longueurs dans du 7c/8a, mais aussi pour assurer Pierre dans son projet : un étrange 9a nommé Blaoum. Sans doute surmotivé par les encouragements, Pierre l’enchaîne. La fin de journée est consacrée à régler La fin de journée est consacrée à régler quelques détails avec Lise, la grimpeuse qui fera l'émission de télé avec Daniel. Et ben ouais, il est comme ça Daniel, il fait de la télé. Au cas d'espèce, il s'agit du programme court « C'est quoi ton sport » diffusé par TF1, dans laquelle un jeune pratiquant rencontre une vedette planétaire de la discipline. Le tournage est prévu pour le lendemain à Bleau. quelques détails avec Lise, la grimpeuse qui fera l’émission de télé avec Daniel. Et ben ouais, il est comme ça Daniel, il fait de la télé. Au cas d’espèce, il s’agit du programme court « C’est quoi ton sport » diffusé par TF1, dans laquelle un jeune pratiquant rencontre une vedette planétaire de la discipline. Le tournage est prévu pour le lendemain à Bleau. La soirée se déroule dans un climat bon La soirée se déroule dans un climat bon enfant, en compagnie d'autres grimpeurs du cru, qui partagent également la passion du bon vin. Avec mon verre de jus d'orange, je détonne, mais je crois qu'ils ne m'en ont pas tenu rigueur... enfant, en compagnie d’autres grimpeurs du cru, qui partagent également la passion du bon vin. Avec mon verre de jus d’orange, je détonne, mais je crois qu’ils ne m’en ont pas tenu rigueur… Le lendemain, départ à l’aube pour la Le lendemain, départ à l'aube pour la forêt francilienne, pour rencontrer l'équipe de TF1. Pour ces habitués de la ligne 1 du forêt francilienne, pour rencontrer l’équipe de TF1. Pour ces habitués de la ligne 1 du
DD à Bleau lors d’un tournage avec TF1. métro, Larchamp sonne comme le bout du monde, mais l’équipe surpasse le désagréable sentiment d’être quasiment en dehors du territoire national et prend la journée pour boucler le tournage. Encore une fois, Daniel apparaît super pro, se plie aux desiderata des techniciens sans moufter et assure sa prestation. À 17h, les images sont dans la boîte, ne restent que les prises de son à terminer. Lise est ravie de sa journée et restera le lendemain pour grimper à Bleau avec DD, profitant de ce complaisant sparring partner. Ensuite, DD repartira à Dijon pour l’entraînement, tout en planifiant la promo de son dvd par le biais d’une expo photos qu’il espère faire tourner dans les FNAC. Alors que je visionne les photos de ces deux journées, je me rends compte que sur quasiment tous les clichés, Daniel prend la pose avec une bonne volonté évidente : sourire de crooner et éternel panama. Décidément ce gars aime être dans la lumière, aime qu’on le regarde ; mais finalement, où est le mal ? Il a su exploiter ce côté « starlette à Cannes » comme réel moteur grâce auquel on parle de lui -et d’escalade- à la télé ou dans l’Équipe, ce qui en fait sans doute notre meilleur ambassadeur à ce jour. D’ailleurs, Daniel reste assez hermétique aux critiques des collègues, et assure qu’il y a de la place pour beaucoup plus de monde, que si quelques grimpeurs de plus fonctionnaient de la même façon, notre sport ne s’en plaindrait pas… Aujourd’hui, à la veille de ses 31 ans, Aujourd'hui, à la veille de ses 31 ans, ce célibataire vit de ses sponsors Petzl, Millet, Ville de Grenoble et Kaenon, occasionnellement de son diplôme de guide -il confesse que ce métier est dangereux et fatigant- et de quelques compétitions, pour lesquelles il se reconnaît un manque d'ambition. L'avenir prend la forme de sa société de production, récemment créée et dans laquelle il a beaucoup investi. Après le Mali, il rêve de tourner un film sur l'Equateur. ce célibataire vit de ses sponsors Petzl, Millet, Ville de Grenoble et Kaenon, occasionnellement de son diplôme de guide -il confesse que ce métier est dangereux et fatigant- et de quelques compétitions, pour lesquelles il se reconnaît un manque d’ambition. L’avenir prend la forme de sa société de production, récemment créée et dans laquelle il a beaucoup investi. Après le Mali, il rêve de tourner un film sur l’Equateur. DD a choisi de vivre l'existence à laquelle tout grimpeur a un jour aspiré sans oser le faire : il se consacre à sa passion, avec les difficultés, les défis et les compromis que cela implique. Est-ce du courage, de l'inconscience ? Sans doute un mélange subtil entre les deux. En tout cas, ça fait envie, et n'est-ce pas pour cette raison que DD n'est pas toujours apprécié : une bonne part de jalousie ? DD a choisi de vivre l’existence à laquelle tout grimpeur a un jour aspiré sans oser le faire : il se consacre à sa passion, avec les difficultés, les défis et les compromis que cela implique. Est-ce du courage, de l’inconscience ? Sans doute un mélange subtil entre les deux. En tout cas, ça fait envie, et n’est-ce pas pour cette raison que DD n’est pas toujours apprécié : une bonne part de jalousie ? Manuela Picq DD sur le pan de Pierre, grimpeur dijonnais. DD lors d’un voyage en Équateur. collection Daniel du Lac DD avec un de ses mentors, l’alpiniste Lucien Bérardini. Le film de DD au Mali. Le film de 00 au Mah. Un fan fier de poser avec DD ! 39



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