Escalade Mag n°14 sep/oct 2007
Escalade Mag n°14 sep/oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de sep/oct 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 11,0 Mo

  • Dans ce numéro : la Sardaigne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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[ Florent Wolff/EscaladeMag r- i L1Jnterview 24 Tu as réalisé le topo des voies grisées de Buoux. Peux-tu nous expliquer de quoi il s’agit ? Au début de l’escalade libre, on jouait à peindre en jaune ou jaunir les clous qui ne servaient plus à la progression. Parallèlement, j’ai constaté que je ne supportais pas de grimper sur des prises taillées, je ne ressentais pas le plaisir du geste et de sa relation au minéral. Partant de ce constat, j’ai joué à grimper dans les voies à Buoux sans les prises taillées et j’en ai réalisé un topo. J’ai constaté qu’il y a même certaines voies qui sont plus faciles sans les prises taillées ! J’ai rajouté La Rose et le Vampire dans le topo des.Srur les'façades'ur6aipei, sous'le ciel, cela me permet de retrouver mes'racines'I [Antoine lors d’une représentation de « Service à tous les étages », à Valourtenche (Italie), en juillet 2007. voies grisées car j’avais volontairement agrandi un bidoigt pour que les petits fassent la voie. En intervenant sur une prise, on commet toujours l’irréparable. Voilà la définition que je me suis donnée. « Griser » les prises c’est : • Rendre le rocher symboliquement plus proche de son état initial.• S’enivrer d’une purification• S’exalter gestuellement dans un mouvement naturel.• Faire naître en nous un état créatif. Ce fût une véritable prise de conscience : la prise d’escalade était le talon d’Achille de la pratique. Une prise est précieuse, elle nous relie à la planète, on remonte le temps en grimpant sur du calcaire. Quand l’on commence la voie, on est plusieurs milliers d’années en arrière, et quand tu montes, tu te rapproches du présent. Aussi, je trouve beau que la pratique repose sur quelques cm 2 de minéral. Si un fou, devait abîmer des prises, cela serait irréparable. Finalement la pratique repose sur un consensus, personne n’a mis par écrit cette éthique de l’escalade. Il s’agit d’un consensus silencieux qui fait que la pratique existe toujours. Côté dayie Tu as créé la compagnie des Lézards bleus et réalises des spectacles de danse partout dans le monde. Comment en es-tu arrivé là ? J’ai fait mon premier spectacle en 1987 pour l’inauguration d’un mur en voile de béton créer par Jean-Marc Blanche au Val de Fontenay. On m’a demandé une démonstration et j’ai proposé un spectacle… Plus précisément, c’est un cheminement de vie dont les prises sont des rencontres humaines, des choix et des révélations. Il y a eu plusieurs entrées. En ouvrant La Rose et le Vampire, je suis passé de consommateur à acteur engagé dans une pratique. A l’époque, cette cotation existaient à peine et je me suis alors retrouvé en position de leader, avec ce que cela implique au niveau social. Aussi, en découvrant le mouvement du croisé, j’ai découvert l’espace des spectateurs. Parallèlement, j’ouvrais des voies pour les compétitions et en tant qu’ouvreur je grimpais les voies devant les spectateurs. Et là, à Bercy, devant plusieurs milliers de spectateurs, j’ai senti la relation qui me liait à eux. Enfin, je voulais être peintre et finalement, j’ai réalisé mon rêve puisque, avec mon corps, je dessine la vie que, avec mon corps, je dessine la vie sur les murs. sur les murs. Tu es chorégraphe et réalises des Tu es chorégraphe et réalises des spectacles notamment de rue. Pourquoi la rue ? spectacles notamment de rue. Pourquoi la rue ? Parce que je suis bien dehors ! Sur les Parce que je suis bien dehors ! Sur les façades urbaines, sous le ciel, cela me permet de retrouver mes racines. De plus, les spectacles sont gratuits, cela propose à une frange de la population qui ne va pas aux spectacles et aux passants de s'amuser et de rêver un instant avec moi. Et puis, c'est une démarche poétique : découvrir l'architecture urbaine, redécouvrir une ville que les gens ne voient pas de cette manière car ils ne lèvent pas la tête en permanence quand ils marchent ! Quand je crée un spectacle, je le fais à la vue de tous : des petits, des personnes âgées qui discutent, des enfants qui courent, de la police municipale qui te demande si tout se passe bien : cela tisse un lien. Aussi, je cherche et je trouve en même temps le mouvement d'après. façades urbaines, sous le ciel, cela me permet de retrouver mes racines. De plus, les spectacles sont gratuits, cela propose à une frange de la population qui ne va pas aux spectacles et aux passants de s’amuser et de rêver un instant avec moi. Et puis, c’est une démarche poétique : découvrir l’architecture urbaine, redécouvrir une ville que les gens ne voient pas de cette manière car ils ne lèvent pas la tête en permanence quand ils marchent ! Quand je crée un spectacle, je le fais à la vue de tous : des petits, des personnes âgées qui discutent, des enfants qui courent, de la police municipale qui te demande si tout se passe bien : cela tisse un lien. Aussi, je cherche et je trouve en même temps le mouvement d’après. Tu joues désormais un peu partout Tu joues désormais un peu partout dans le monde. Peux-tu nous compter la compagnie des Lézards Bleus ? dans le monde. Peux-tu nous compter la compagnie des Lézards Bleus ? Je voudrais tout d'abord parler de la notion de verticalité qui est une partie constituante de notre être, de notre société et de notre langage : élever un enfant, avoir une dépression, se tenir debout, devenir une star, faire une rencontre au sommet, etc. Samivel qui était un poète grimpeur a travaillé sur la dimension symbolique de la verticalité. La plupart des religions s'accrochent à cette dimension : l'enfer/le paradis, l'Ascension du Christ, les trois mondes du chamanisme qui font références à une dimension verticale. Depuis toujours, je me suis nourri de la culture verticale et il était naturel que je poursuive dans cette direction. J'ai créée la compagnie en 1992 mais pourquoi ce nom ? Car les lézards font corps avec le vide. Pour le bleu, il existe une espèce de lézards qui deviennent bleus quand ils sont amoureux. La compagnie propose un premier volet artistique : des spectacles professionnels qui sont tous des solos et des créations avec amateurs et avec public en difficulté. On a un 2'volet sportif : le club d'escalade, où l'on réalise des sorties. On est 6 dans la compagnie : 4 moniteurs, un administrateur/régie et un concepteur sonore. Je voudrais tout d’abord parler de la notion de verticalité qui est une partie constituante de notre être, de notre société et de notre langage : élever un enfant, avoir une dépression, se tenir debout, devenir une star, faire une rencontre au sommet, etc. Samivel qui était un poète grimpeur a travaillé sur la dimension symbolique de la verticalité. La plupart des religions s’accrochent à cette dimension : l’enfer/le paradis, l’Ascension du Christ, les trois mondes du chamanisme qui font références à une dimension verticale. Depuis toujours, je me suis nourri de la culture verticale et il était naturel que je poursuive dans cette direction. J’ai créée la compagnie en 1992 mais pourquoi ce nom ? Car les lézards font corps avec le vide. Pour le bleu, il existe une espèce de lézards qui deviennent bleus quand ils sont amoureux. La compagnie propose un premier volet artistique : des spectacles professionnels qui sont tous des solos et des créations avec amateurs et avec public en difficulté. On a un 2 e volet sportif : le club d’escalade, où l’on réalise des sorties. On est 6 dans la compagnie : 4 moniteurs, un administrateur/régie et un concepteur sonore. Florent Wolff/EscaladeMag
Collection Antoine Le Menestrel) Tu es également formateur à la FAIAR (Formation Avancée Itinérante des Arts de la Rue). Peux-tu nous en parler ? C’est la 1 ère formation professionnelle supérieure itinérante en Europe des arts de la rue. On transmet notre expérience à des artistes, des techniciens. C’est une formation de 2 ans et j’interviens sur le module : « La verticalité, une dimension onirique ». On travaille également sur la sécurité et la prévention du risque du travail en hauteur, et aussi sur la maîtrise de sa peur. Tu es intermittent du spectacle, comment se porte ce statut en France ? C’est un statut qui est harcelé. Il me convient car il me permet de travailler avec des personnes différentes, d’être mobile, de choisir les gens avec qui je travaille ; cela m’angoisserait d’être en CDI ! Antoine danse « Service à tous les étages », à Valourtenche en juillet 2007, à l’occasion du festival de films Ciné Mountain. Et par rapport aux autres pays d’Europe ? Ce statut est unique, on nous l’envie même s’il ne donne pas de sécurité de l’emploi. Si on veut le détruire, c’est parce qu’il nous permet de vivre sa vie professionnelle en toute liberté ! Tu travailles énormément et vis à 200 à l’heure. Tu es sensible et très impliqué dans ce que tu fais alors comment fais-tu pour gérer le stress ? Pas toujours à 200, il m’arrive d’annuler pour gagner en sérénité… J’ai quelques techniques personnelles de respiration qui me permettent de gérer mes peurs. J’écoute mes lanternes donc tout ce qui peut m’apporter une information et que je dois intégrer pour ne pas avoir d’accident. Ensuite, j’ai mis des protocoles de sécurité en place au niveau du travail. As-tu encore le temps de grimper ? Oui, seulement en bloc mais pas depuis longtemps car pour la 1 ère fois de ma vie, il y a quelqu’un (J-L B) qui s’occupe du côté administratif. Comment te sens-tu aujourd’hui : plutôt danseur ou avant tout grimpeur ? Mon métier, c’est danseur, mais pour être [en forme, je grimpe. Tout est lié ! en forme, je grimpe. Tout est lié ! Et puis, si je prends par exemple, le Et puis, si je prends par exemple, le spectacle « L'Aimant », il s'agissait spectacle « L’Aimant », il s’agissait de 100 mètres d’escalade, en traversée, à vue, avec des spectateurs au de 100 mètres d'escalade, en traversée, à vue, avec des spectateurs au sol, des habitants, des matériaux... sol, des habitants, des matériaux… C’est un vrai challenge sportif car C'est un vrai challenge sportif car tu mets les pieds sur des barrières tu mets les pieds sur des barrières et les mains sur des gouttières qui et les mains sur des gouttières qui bougent ! C’est une autre façon de grimper : en milieu urbain. Je grimpe en pensant qu’à chaque moment, bougent ! C'est une autre façon de grimper : en milieu urbain. Je grimpe en pensant qu'à chaque moment, une prise peut se casser, un pigeon une prise peut se casser, un pigeon peut s’envoler, une mémé peut fermer le volet ! peut s'envoler, une mémé peut fermer le volet ! Et finalement, les gens ne voient pas Et finalement, les gens ne voient pas de la grimpe, mais ressentent de la de la grimpe, mais ressentent de la poésie… poésie... Le mot de la fin ? Le mot de ta fin ? J’ai toujours aimé découvrir de nouvelles voies en escalade et c’est ce J'ai toujours aimé découvrir de nouvelles voies en escalade et c'est ce que je continue à faire en milieu urbain, juste avec des relais qui ont que je continue à faire en milieu urbain, juste avec des relais qui ont changé : on y trouve des spectateurs changé : on y trouve des spectateurs aux yeux amusés, émerveillés, j’ouvre aux yeux amusés, émerveillés, j'ouvre des voies poétiques... des voies poétiques..la verticalité e&tupe partie copitituapte de votre être, de poire société et de poire lapgage ; éleverup epfapt, avoirupe dépreiiiop, s'etepir de6out... Contact : Contact : Cie Lézards Bleus 248, av. Philippe de Girard - 84400 Apt Tel : 00 33(0) 90 74 17 23 lemenestrel@wanadoo.fr Cie Lézards Bleus 248, av. Philippe de Girard 84400 Apt Tel : oo 33(o) go 74 17 23 lemenestrel@wanadoo.fr 111 En septembre et octobre, la Cie Lézards Bleus vous propose plusieures représentations : - « Service à tous les étages » (danse de façade) à Château Arnoux (04) le 21 septembre à 18h. - « L’Aimant » (danse de façade), le 23 septembre 2007 à 15h30 à Alzonne (11), Festival Label Rue. - « Les Urbanologues Associés » (théâtre de façade), le 28 et 29 septembre 2007 à 18h à Saint André à Marseille, Lieux Publics, Festival Small is Beautiful. - « Service à tous les étages » à Alès le 27 octobre à 17h. En septembre et octobre, la Cie Lézards Bleus vous propose plusieures représentations : - « Service à tous les étages » (danse de façade) à Château Arnoux (04) le 21 septembre à 18h. - « L'Aimant » (danse de façade), le 23 septembre 2007 à 15h3o à Alzonne (11), Festival Label Rue. - « Les Urbanologues Associés » (théâtre de façade), le 28 et 29 septembre 2007 à 18h à Saint André à Marseille, Lieux Publics, Festival Small is Beautiful. - « Service à tous les étages » à Alès le 27 octobre à 17h. [



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