Escalade Mag n°14 sep/oct 2007
Escalade Mag n°14 sep/oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de sep/oct 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 11,0 Mo

  • Dans ce numéro : la Sardaigne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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côté escalade Peux-tu nous raconter tes débuts dans l’escalade ? Je n’ai jamais commencé l’escalade, on m’a déposé au pied d’un bloc ! J’ai vraiment eu l’impression de commencer à grimper en 1975 quand j’ai commencé à grimper en tête. Nous grimpions en libre entre les clous, j’avais 10 ans. On n’avait pas le droit de tomber car les baudriers étaient en sangles, cousus par mon père, la protection était réalisée par des clous des coins de bois, lunules. C’était important car cela créait un mental ! Tu grimpes avec Marc, ton frère cadet de 2 ans. Est-ce que cela a été une source de tension ? Non, il ne pouvait pas y avoir de rivalité, les places étaient attribuées, je grimpais en tête, Marc me suivait. Lorsque Marc prit son indépendance, ce fût très stimulant au niveau performance car cela me motivait quand il faisait quelque chose de difficile et inversement. Pour mes 16 ans, on a fait Luna Bong dans le Verdon, 6b en libre et en posant les coinceurs. On a fait cordée avec Marc jusqu’au moment où on est sorti du groupe familial pour passer à la bande des Parisiens (Laurent Jacob, Jibé Tribout, Fabrice Guillot, David Chambre, Laurent Darlot). Vos parents n’étaient pas terrorisés ? En 1979, on a voulu faire avec Marc qui avait 12 ans, Pichenibule dans le Verdon. Mais mes parents n’ont pas voulu car il n’y avait pas d’échappatoire, la voie était équipée de quelques spits, de clous, coins de bois et lunules. Du coup, on s’est rabattu sur une autre falaise et l’on a découvert Buoux, une révélation de beauté… Collection Antoine Le Menestrel) 14. Te souviens-tu du passage à l’escalade libre ? Oui, avant on tirait sur tous les clous puis on ne s’est autorisé que les points de repos, ensuite on a viré les chaussures semi-rigides, le baudrier intégral, le casque, les points d’aide et de repos. On a vécu une révolution dans le monde de l’escalade : l’activité devenait nouvelle, stimulante. On était sans cesse créatif, à la recherche du mouvement. Puis, on a ouvert des voies uniquement pour l’escalade libre. Aussi, Bleau a participé à ce goût de la gestuelle que l’on a retrouvé dans l’escalade libre : uniquement progresser avec ses pieds et ses mains, les clous n’appartenant plus qu’au domaine de la sécurité. Pour le même passage, on imaginait toujours plusieurs solutions. Tous les grimpeurs n’étaient pas d’accord avec cette évolution, mais la révolution était en marche… Quelle est la voie la plus marquante que tu as réalisée ? La Rose et le Vampire, en 1986, pour la qualité de ses mouvements. Aussi cela m’a ouvert d’autres possibles : en imaginant le mouvement de croisé qui n’existait pas avant dans le vocabulaire de l’escalade. En passant la tête sous le bras, j’ai alors découvert les spectateurs, cela a été une 1 ère révélation pour moi, l’espace dans mon dos. Enfin pour la réaliser, j’ai dû intervenir sur les prises. Elles existaient toutes, mais j’ai dû consolider, agrandir, recoller. Ou se situe la limite entre l’amélioration/le renforcement des prises et la taille, moralement reprochable ? Il n’y a pas de limite précise ! Mon appréciation personnelle est mon unique juge. [Antoine ouvre La rage de vivre (8b+), en 1986, sur la falaise de Buouxupe priie oit précieuie comme une pierre, elle nous'relie'ci la planète, on remonte le temps'en grimpant s'ur du calcaire... Antoine « grise » les prises à Buoux ! [Quand j’équipe une voie, je lui donne une Quand j'équipe une voie, je lui donne une direction ; verticale, en traversée... Déjà j'interviens. Ensuite, je prépare les prises pour ne pas qu'elles fassent mal. Avant l'apparition du libre, on intervenait rarement sur les prises car on ne travaillait pas les voies, mais avec l'escalade libre, c'est devenu inconcevable de répéter un mouvement sur une prise coupante. Mais en équipant cette voie, je me suis dit que j'intervenais trop par rapport à mes valeurs. Je n'étais plus créatif dans l'adaptation au rocher mais créateur de voies. Pour moi, améliorer les prises constituait un manque de respect pour le rocher et les générations futures. J'ouvre une voie pour la ligne, la gestuelle, le chalenge. Puis je passe d'une dimension personnelle à une dimension culturelle car je lègue une voie à la communauté des grimpeurs. Alors pour exprimer ma créativité, je suis intervenu sur mur artificiel et suis devenu le 1e, ouvreur international en 1986 à Vaulx-en-Velin. Cela a constitué une 2'révélation car lorsque je crée une voie sur structure artificielle, je dispose les prises, écrivant une partition gestuelle dont la dramaturgie est révélée par les compétiteurs. Et cette écriture gestuelle se traduit par des mouvements physiques, en déséquilibre, d'engagement. Cela m'a amené à séquencer le type de difficulté que je pouvais rencontrer. J'ai découvert que j'étais un chorégraphe ! direction ; verticale, en traversée… Déjà j’interviens. Ensuite, je prépare les prises pour ne pas qu’elles fassent mal. Avant l’apparition du libre, on intervenait rarement sur les prises car on ne travaillait pas les voies, mais avec l’escalade libre, c’est devenu inconcevable de répéter un mouvement sur une prise coupante. Mais en équipant cette voie, je me suis dit que j’intervenais trop par rapport à mes valeurs. Je n’étais plus créatif dans l’adaptation au rocher mais créateur de voies. Pour moi, améliorer les prises constituait un manque de respect pour le rocher et les générations futures. J’ouvre une voie pour la ligne, la gestuelle, le chalenge. Puis je passe d’une dimension personnelle à une dimension culturelle car je lègue une voie à la communauté des grimpeurs. Alors pour exprimer ma créativité, je suis intervenu sur mur artificiel et suis devenu le 1er ouvreur international en 1986 à Vaulx-en-Velin. Cela a constitué une 2 e révélation car lorsque je crée une voie sur structure artificielle, je dispose les prises, écrivant une partition gestuelle dont la dramaturgie est révélée par les compétiteurs. Et cette écriture gestuelle se traduit par des mouvements physiques, en déséquilibre, d’engagement. Cela m’a amené à séquencer le type de difficulté que je pouvais rencontrer. J’ai découvert que j’étais un chorégraphe ! 23 Françoise Pevsners



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