Escalade Mag n°13 jun/jui/aoû 2007
Escalade Mag n°13 jun/jui/aoû 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de jun/jui/aoû 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 14,3 Mo

  • Dans ce numéro : le Val d'Aoste.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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42 Escalade patrimoine vs. Texte : Florent Wolff• Photos : Thibault Pawlas et Florent Wolff On invoque de plus en plus de motifs pour réguler l’escalade sur un rocher ou un autre. Autant l’admettre : est révolu ce temps où l’on équipait, habité par le seul désir et l’intuition de la ligne. L’insouciance a eu son heure ; place au dialogue. n ce siècle procédurier, l’équipeur et le grimpeur doivent se plier à la négociation, et enterrer les vieilles statures de la liberté. L’interdit opére. Plus personne ne l’ignore, surtout pas ceux qui oeuvrent à la préservation de la faune et de la flore : grimper n’est pas sans conséquence sur la nature. Bien sûr, l’impact de l’escalade est limité par rapport notamment, aux loisirs motorisés (quad, 4x4, etc.). Mais le pire étant toujours possible, on ne saurait se retrancher derrière cet argument spécieux pour éviter d’adopter un comportement responsable. La sauvegarde de lichens et fougères en péril, d’oiseaux rares ou de fragiles pineraies sont autant de motifs légitimes à l’interdiction de rochers à la pratique de l’escalade. On signe des chartes réglementant l’accès à des falaises. On cherche des solutions à des conflits d’usage. Désormais, le terrain des libertés est celui des contraintes, la protection de la nature est à ce prix. L’efficacité écologique n’a souvent d’autre choix que la radicalité. ces enjeux, s’ajoute désormais celui de la protection du patrimoine. Le patrimoine ? Notion complexe, insaisissable voir fourre-tout. Une chose est sûre : il vaut mieux en être. Aujourd’hui, au nom de la sauvegarde des vestiges archéologiques, de nombreux sites d’escalade sont menacés de restrictions. Notamment dans le Parc des Vosges du Nord (départements du Bas-Rhin et de la Moselle) où l’on grimpe depuis près de 100 ans sur des ruines médiévales. Dans cette région, une trentaine de châteaux furent construits entre le 12 e et le 14 e siècle, exploitant souvent des escarpements naturels. Théâtres de guerres Les carrés manquant des zones troglodytiques du château du Vieux-Windstein. Le château du Vieux-Windstein au XIII es. féodales, ces forteresses de grès furent le féodales, ces forteresses de grès furent le repaire de chevaliers souhaitant échapper à l'autorité des grandes villes voisines, Strasbourg et Haguenau. Depuis peu, la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) s'intéresse à cette situation car les grimpeurs évoluent quelques fois sur des zones troglodytiques, foulant de leurs mains blanchies et chaussons noircis des traces d'anciennes charpentes, de colombages ou de portes. repaire de chevaliers souhaitant échapper à l’autorité des grandes villes voisines, Strasbourg et Haguenau. Depuis peu, la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) s’intéresse à cette situation car les grimpeurs évoluent quelques fois sur des zones troglodytiques, foulant de leurs mains blanchies et chaussons noircis des traces d’anciennes charpentes, de colombages ou de portes. lors même si, dans les Vosges du lors même si, dans les Vosges du.1 lNord, les premières ascensions par des grimpeurs (dignes de ce nom) datent de 1912, l'aménagement de ces rochers remonte à plus de 800 ans. Et il semblerait que dans le débat patrimonial, la notion d'antériorité prévaut assez largement. L'escalade constitue elle aussi une forme de patrimoine régional, mais celui-ci est indiscutablement plus récent que celui des châteaux, en tout cas aux yeux de l'État et de ses représentants qui s'étonnent que l'on puisse grimper (et équiper) sur des monuments historiques (MH). De l'autre côté, les grimpeurs s'étonnent que certaines de « leurs » falaises soient menacées d'interdiction, même partielle. Tel le château du Vieux-Windstein, l'un des plus beaux sites d'escalade en Alsace, qui est depuis 1984 un des 44 000 MH français (14 000 classés et 30 000 inscrits à l'inventaire supplémentaire). Nord, les premières ascensions par des grimpeurs (dignes de ce nom) datent de 1912, l’aménagement de ces rochers remonte à plus de 800 ans. Et il semblerait que dans le débat patrimonial, la notion d’antériorité prévaut assez largement. L’escalade constitue elle aussi une forme de patrimoine régional, mais celui-ci est indiscutablement plus récent que celui des châteaux, en tout cas aux yeux de l’État et de ses représentants qui s’étonnent que l’on puisse grimper (et équiper) sur des monuments historiques (MH). De l’autre côté, les grimpeurs s’étonnent que certaines de « leurs » falaises soient menacées d’interdiction, même partielle. Tel le château du Vieux-Windstein, l’un des plus beaux sites d’escalade en Alsace, qui est depuis 1984 un des 44 000 MH français (14 000 classés et 30 000 inscrits à l’inventaire supplémentaire). a deuxième question est celle de a deuxième question est celle de la prétendue dégradation par les grimpeurs de ce patrimoine protégé. L'impact est visuel : les traces de magnésie et les scellements. Même si les protections modernes détériorent bien moins le rocher que les pitons d'antan, il faut toujours faire un trou pour fixer la prétendue dégradation par les grimpeurs de ce patrimoine protégé. L’impact est visuel : les traces de magnésie et les scellements. Même si les protections modernes détériorent bien moins le rocher que les pitons d’antan, il faut toujours faire un trou pour fixer
un point. Secundo, il y a des impacts périphériques certainement plus nocifs mais qui ne sont pas le seul fait des grimpeurs. Car ces châteaux sont des zones touristiques, ce qui implique des aménagements en tout genre (routes, rambardes, etc.), une circulation des véhicules (pollution) et des gens (érosion accélérée des sentiers, rejet de déchets, etc.). Même si les grimpeurs ne sont certainement pas ceux qui se comportent le plus mal dans ces espaces, un impact, même mince, ne doit pas être négligé. L’impression des grimpeurs d’être pris pour bouc émissaire d’une situation dont ils ne sont qu’assez marginalement responsables est souvent erronée. Les instances écologiques surveillent avec la même attention les autres usagers de la nature (randonneurs, vététistes, raquetteurs, chasseurs, quadistes, etc.). Ainsi, le Parc des Vosges du Nord négocie avec l’influent Club Vosgien pour contrôler l’aménagement de sentiers supplémentaires. T. Pawlas Traces d'anciennes charpentes médiévales, désormais prises d'escalade. Un archéologue de Saverne et une représentante de la DRAC identifient les vestiges archéologiques de la falaise. Jean-Do Saudan dans Viol à main armée (6a+), Windstein. a solution ne viendra pas d’une position trop radicale : comme cela a été fait avec les faucons, une sectorisation (interdiction partielle sur des périmètres bien définies, ceux qui représentent un intérêt patrimonial manifeste et en péril, ou ceux qui attestent d’une présence anthropique ancienne et remarquable) pourrait être envisagée. Du côté des équipeurs, il faut proscrire tout équipement « sauvage », dialoguer en amont avec tous les acteurs concernés par le terrain (écologistes, propriétaires, gestionnaires, etc.), et bien sûr se plier à l’interdit lorsque celuici est légitime. Merci à Loïc Duchamp, Conservateur de la Réserve Naturelle des Rochers et Tourbières du Pays de Bitche. C M Y CM MY CY CMY K NEPA Innovation allows you to keep One Step Ahead 2007 NEPA CLIMBING SHOES TURBO SCORPION BALLERINA M. SPIDER CHAMELEON STRAP CHAMELEON LACE NEW ANT STRAP M. ANT STRAP ANT LACE SPIDER-X DOLOMITI www.nepaclimbing.com nepa@nepaoutdoor.com NEPA Climbing Team



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