Escalade Mag n°12 mai 2007
Escalade Mag n°12 mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de mai 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 9 Mo

  • Dans ce numéro : les gorges de l'Aveyron.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 46 - 47  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
46 47
YannCorby 46 Collot, Lérouville, Étoile Noire, Pont- Caffino, Klingenthal, Chaillot, Vesancy, Frontenac, Bibemus, Kronthal, Saint- Vaast-lès-Mello, Heidenkopf... Quels sont les points communs entre tous ces lieux ? Il s’agit d’anciennes carrières réaménagées en sites d’escalade, et la liste pourrait être bien plus longue ! Le potentiel est grand car on dit de la France qu’il est le pays d’Europe le plus riche en gisements de pierre, tant par le nombre des carrières en exploitation que par la variété des pierres extraites. Néanmoins, le nombre de carrières en activité a significativement baissé ces dix dernières années. Il n’est pas aisé de chiffrer exactement le nombre de carrières en exploitation, notamment à cause de l’écart entre le nombre des carrières autorisées et celui des carrières effectivement en exploitation. Ainsi, la DGEMP (Direction Générale de l’Énergie et des Matières Premières) recense 5000 carrières autorisées pour « seulement » 3000 en exploitation effective (contre 5000 en Texte : Florent Wolff Faites "carrière" ! 1993 1). Les besoins sont considérables : la pierre est la deuxième matière naturelle la plus consommée après l’eau (environ 20 kg par jour et par habitant en France, certainement bien plus pour un grimpeur !). Première difficulté : pas plus que les autres ressources naturelles, la pierre n’est inépuisable. D’ailleurs, la législation sur les autorisations d’installation de carrières a eu tendance à se durcir au cours des années. Les Commissions départementales des carrières établissent les schémas d’exploitation qui sont ensuite approuvés par les Préfets. Ces commissions sont généralement épaulées par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) et les DRIRE (Directions Régionales de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement) qui supervisent des opérations. Les agents de la DRIRE veillent particulièrement à l’application scrupuleuse du Code de l’Environnement (qui prévoit notamment une limitation à 30 ans de la durée d’exploitation des carrières) et du Code du Travail. Par contre, les carrières ne sont pas soumises à la réglementation minière (Code mises à la réglementation minière (Code Minier) car il s'agit d'un lieu où l'on extrait des pierres, du sable ou des minéraux non métallique ou carbonifère, par opposition aux mines. Ainsi, la différence entre mine et carrière tient à la nature du matériau extrait (généralement plus précieux pour la mine et de moindre valeur pour la carrière). Contrairement à ce que l'on pense, il existe des carrières souterraines2 qui ne sont pas des mines, mais on se doute bien que ce ne sont pas celles qui vont intéresser les grimpeurs ! Minier) car il s’agit d’un lieu où l’on extrait des pierres, du sable ou des minéraux non métallique ou carbonifère, par opposition aux mines. Ainsi, la différence entre mine et carrière tient à la nature du matériau extrait (généralement plus précieux pour la mine et de moindre valeur pour la carrière). Contrairement à ce que l’on pense, il existe des carrières souterraines 2 qui ne sont pas des mines, mais on se doute bien que ce ne sont pas celles qui vont intéresser les grimpeurs ! E n France, on trouve majoritairement n France, on trouve majoritairement des carrières de roche massive, dont l'exploitation est réalisée à l'aide d'explosifs. Les matériaux extraits sont souvent utilisés en tant que granulats (la réalisation de route ou de bâtiments) ou comme matière première dans l'industrie pour fabriquer du ciment (souvent fabriqué à partir de calcaire issu de carrières naturelles à ciel ouvert). Les roches dites « dures » (schistes, grès, granites...) sont, elles, plus majoritairement employées en tant que granulats. En 2005, les carrières françaises en ont produit 222 780 000 tonnes, dont 40 000 000 destinées à l'exportation. La carrière de calcaire dur du Boulonnais (Ferques, Pasde-Calais) est considérée comme la plus grande de France avec une production des carrières de roche massive, dont l’exploitation est réalisée à l’aide d’explosifs. Les matériaux extraits sont souvent utilisés en tant que granulats (la réalisation de route ou de bâtiments) ou comme matière première dans l’industrie pour fabriquer du ciment (souvent fabriqué à partir de calcaire issu de carrières naturelles à ciel ouvert). Les roches dites « dures » (schistes, grès, granites…) sont, elles, plus majoritairement employées en tant que granulats. En 2005, les carrières françaises en ont produit 222 780 000 tonnes, dont 40 000 000 destinées à l’exportation. La carrière de calcaire dur du Boulonnais (Ferques, Pasde-Calais) est considérée comme la plus grande de France avec une production Christelle Branca dans L’Arborigène (5c), Klingenthal, une carrière qui illustre la compaction et cimentation des sables suite à une déshydratation. On aperçoit également, entre les bancs de grès, des interbancs d’argile.
Carrière de marbre, Villette Aime en Savoie. de 6 000 000 de tonnes. Économiquement, les carrières représentent 4 000 entreprises, 60 000 emplois directs et 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en progression notamment à cause du dynamisme du BTP en France 3. Semnoz – Wikipedia L’impact environnemental de l’exploitation des carrières est conséquent. On pense bien sûr aux modifications des paysages, à ces plaies minérales béantes sur des collines verdoyantes. L’exploitation de la calanque de Port-Miou en est une triste illustration ; l’entreprise belge Solvay a taillé sans retenue dans les parois. On (s’)arrachait cette « pierre de Cassis » qu’on retrouve sur « les trottoirs et les quais des ports d’Alexandrie, d’Alger, d’Istanbul […], sur le phare au large de Marseille et sur le socle de la statue de la Liberté » 4 et qui a aussi servi à la fabrication du gaz Moutarde, pour la première guerre mondiale. À l’inconvénient esthétique s’ajoute le désagrément sonore. Les habitants de Cassis peuvent témoigner des bruits de dynamitage quotidien à l’époque de l’exploitation de Port-Miou par Solvay. Aujourd’hui, le tourisme (et son lot d’autres nuisances) a pris le dessus… Cinquième région française pour ses carrières (170 en activité), l’Alsace couvre une partie du massif alluvionnaire rhénan qui abrite la plus grande nappe phréatique au monde. L’impact des carrières sur celle-ci, très vulnérable car localement affleurante, y est pris très au sérieux. Cela passe notamment par une maîtrise des infiltrations de la nappe 5. D’autres nuisances à maîtriser sont les vibrations (engins de découpe, tirs de mines, passage des camions) qui peuvent fissurer des bâtiments et rochers attenants, ou encore l’émission de poussières (principalement à cause du concassage et du criblage) présentant risques de nocivité pour les hommes. Conscients de ces problèmes, et incités par un cadre législatif plus contraignant, les carriers développent diverses solutions 6. L’ultime tracas est celui de la reconversion des carrières. C’est ici que notre pratique peut intervenir. Ainsi, de très nombreuses carrières ont été réhabilitées en rochers d’escalade, quelques fois avec l’appui des municipalités heureuses de voir une friche industrielle accueillir une activité sportive (même faiblement lucrative). Le travail de réaménagement et de mise en sécurité est conséquent, mais pas nécessairement plus difficile que sur une falaise « naturelle ». Plutôt avares en prises, ces carrières offrent une escalade atypique, quelques fois « morpho » (faible densité préhensile oblige !), sur des parois « coupées au couteau » 7. Ne soyez pas allergiques aux prises taillées car les équipeurs ont généralement moins de scrupules à larciner sur ces carrières, qui sont, plus que d’autres rochers, des falaises « artificielles ». La prochaine fois que vous grimperez sur une carrière, n’oubliez pas d’y porter un regard différent ! (1) Chiffres issus du fichier de référencement des carrières de l’école des Mines d’Alès. (2) Aujourd’hui, les carrières souterraines se raréfient car elles représentent un danger d’effondrement dû aux infiltrations d’eaux qui les fragilisent fortement. (3) Chiffres issus des « Statistiques de l’activité « carrières et matériaux de construction » en 2005 » de l’Union Nationale des Industries de Carrières et Matériaux de Construction. (4) Selon Jean Gambi et Charles Tieno, tailleurs de pierre de Cassis, cités dans « Port-Miou, à fond de calanque », Libération, 13 août 1997. (5) À ce sujet, lire le Schéma départemental des Carrières du Bas-Rhin, rapport de la Préfecture, de la DRIRE Alsace et de la Direction Régionale de l’Environnement. (6) Pour en avoir un aperçu, je vous renvoie au rapport très complet Carrières et développement durable de l’Union Nationale des Producteurs de Granulat (téléchargeable sur www.unicem.fr). (7) Rappelez-vous les anciennes publicités Simond montrant Jacky Godoffe à la sortie d’un surplombsuperbement épuré, dans une carrière italienne (cf. Vertical Spécial n°1, avril-mai 1990, p.31).%ndrea Boldrini Baudriers Casques'.ask Chaussons La Maison Coinceurs _ ; eal Cord elettes lacé Diamond Cordes Boreal Crash Paris -anip d•peu Dégaines c : ilao Freins Eh Lampes Expression Holds Lunettes Falke Magnésie Five Ten Maillons rapides Immature Montres Kailloux Mousquetons La Sportiva Sacs à Magnésie Metolius Sacs à dos Millet Sangles Montrait Seau Nalgene Textiles Nograd Topos Petzl Vidéos grana Salewa Scarpa Simond la passion Snap SUI unto al ! bOin dos doidts 24, Rue Jean Baptiste Pigalle 75009 Paris tél. 01 40 16 59 42/www.laniaisondugrimpeur.com jd



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :