Escalade Mag n°12 mai 2007
Escalade Mag n°12 mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de mai 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 9 Mo

  • Dans ce numéro : les gorges de l'Aveyron.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Laurent Belluard 24nterview mais c’est un mec bien, et il leur a dit que c’était hors de question et qu’il continuait l’aventure Grimper. Donc on poursuit notre route, je travaille beaucoup : je suis à quatre heure et demie au bureau, six jours sur sept, car encore une fois il faut tout faire et je suis seul au bureau. Un an et demi après, je fais le magazine Skieur et je deviens rédac chef des deux titres. Parles-nous un peu plus en détail de ton travail de rédacteur en chef. Le rédac’chef s’occupe de la vie et de la gestion du contenu, mais je conçois également les produits, je suis même impliqué dans la commercialisation, et suis passionné par le concept de média global. Faire des magazines qui sont attendus, rassembler tout le monde pour que ça fonctionne, j’adore ! Sur le contenu, on a fait des magazines basés sur l’émotion des images et sur l’histoire, le but n’est pas de proposer des textes toujours de haute tenue. J’avais l’habitude de tout réécrire, hormis les textes de Vincent qui écrit fabuleusement bien. Ça prend beaucoup de temps, mais ça permet d’avoir un contenu homogène et de qualité. C’est pour ça qu’on lance également des nouvelles (NDRL : fictions), copiées ensuite par Roc n’Wall ! Tu as régulièrement pris des positions critiques dans tes éditos (ex. UIAA, taille prises, compètes). Je ne fais pas un magazine pour me montrer, je ne mets pas ma photo au pied de l’édito, je n’ai vraiment pas d’ego à ce niveau-là, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. En revanche, personne n’est obligé d’acheter mon magazine. J’aime bien avoir des opinions et les défendre, ça transparaît dans les magazines. Je pense que c’est obligatoire, car ce métier qui est le plus beau du monde devient vite barbant, si on ne le fait pas pour parler de la taille des prises, des abus dans les interdictions de falaises, de la politique fédérale, de l’anorexie… Si on n’en parle pas, on est nul. L’interview de Liv Sansoz, on a mis deux ans à la faire car je voulais aborder le sujet de l’anorexie. Au bout de deux ans, on est tombé d’accord sur un compromis : je poserais les questions, et elle ne répondrait pas. Et puis finalement elle a répondu et je pense que ça lui a fait beaucoup de bien, comme à tous ceux qui la prenaient en modèle à ce moment-là. Je ne vais pas avoir le prix Pullizer pour ça, mais ça me paraît néanmoins important. Je suis plus fier de Grimper en tant que journaliste que de participer au journal de TF1. On s’occupe peut-être de petits problèmes, mais pas trop mal à mon goût. J’ai le sentiment que le travail journalistique dans la presse escalade est moins important aujourd’hui en comparaison avec les 20 premiers numéros de Vertical par exemple ; qu’en dis-tu ? Oui et non. Vertical perdait beaucoup [d’argent, il sortait tous les deux mois, il d'argent, il sortait tous les deux mois, il y avait des collaborateurs de qualité et ils avaient le temps. Beaucoup étaient des alpinistes, donc des gens qui n'avaient pas vingt ans, mais dotés d'une culture et d'une vraie plume. Mais dans le « grand » Vertical, journalistiquement parlant on peut émettre aussi beaucoup de réserves : les vacances de Godoffe aux Seychelles, Marc Le Menestrel et David Chambre sur la muraille de Chine, etc. C'était du pipo, juste pour les photos Les années 80, c'est un VTT au milieu de la mer sur un rocher, avec un parapente qui les survole et une explosion de fluo. Mais évidemment il y a eu des dossiers très fouillés, comme celui sur L'Eiger, qui ont fait le mythe de ce magazine. À côté il y avait un petit noyau de grimpeurs qui se médiatisaient. On ne peut pas que prendre les bons exemples et oublier les mauvais. On peut reprocher à ce Vertical de ne pas avoir médiatisé tant de gens que cela en escalade. Et avec Grimper, on a y avait des collaborateurs de qualité et ils avaient le temps. Beaucoup étaient des alpinistes, donc des gens qui n’avaient pas vingt ans, mais dotés d’une culture et d’une vraie plume. Mais dans le « grand » Vertical, journalistiquement parlant on peut émettre aussi beaucoup de réserves : les vacances de Godoffe aux Seychelles, Marc Le Menestrel et David Chambre sur la muraille de Chine, etc. C’était du pipo, juste pour les photos ! Les années 80, c’est un VTT au milieu de la mer sur un rocher, avec un parapente qui les survole et une explosion de fluo. Mais évidemment il y a eu des dossiers très fouillés, comme celui sur L’Eiger, qui ont fait le mythe de ce magazine. À côté il y avait un petit noyau de grimpeurs qui se médiatisaient. On ne peut pas que prendre les bons exemples et oublier les mauvais. Je trouve que le truc le plus affligeant est de ne pas avoir d’idées, de tourner sa casquette en permanence, je ne supporte pas. Je préfère quelqu’un qui se trompe, mais qui y croit et qui argumente, que quelqu’un qui suit le vent. Dessin de Pierre Rouzo extrait du livre d’or du bar de Claret. [On peut reprocher à ce Vertical de ne pas avoir médiatisé tant de gens que cela en escalade. Et avec Grimper, on a
fait attention à ne pas travailler qu’avec les copains, même si forcément c’est le cas. Donc on ne peut pas dire que c’est moins journalistique : les rythmes ne sont pas les mêmes, les époques ne sont pas les mêmes. Il était hors de question pour Grimper de perdre de l’argent. On voulait que ça mousse et que ça ne soit pas prise de tête. Mais ça ne veut pas dire que tout ce qu’on écrivait était bête et mal foutu, mais effectivement on ne faisait pas l’encyclopédie de l’escalade. La presse escalade se contente aujourd’hui de « journalistes de circonstance », n’est-ce pas dommage ? Cette presse ne se fait que comme ça : avec des gens qui font de l’escalade, qui ont des envies d’écrire ou de transmettre. Nous sommes des toutes petites structures et l’on ne peut pas être partout. Grimper, pendant des années, c’était moi au bureau et Vincent chez lui, une multitude de photographes et surtout Stef Candé. Je ne suis arrivé à faire ce métier qu’en étant journaliste de circonstance. Ça sert à quoi de faire des études pour ce métier, alors qu’il faut surtout avoir envie de le faire. Il y a des gens qui font des études, qui ont des diplômes, et qui sont de vrais bras cassés. Le mieux, c’est d’avoir envie. Quel est ton avis critique sur le Grimper actuel et sur les autres magazines d’escalade ? Je vais me garder de répondre, ça n’a pas d’intérêt, je ne suis ni objectif, ni la bonne personne. La concurrence avec Roc n’Wall semble avoir été particulièrement difficile. Je suis une teigne. J’ai énormément de respect pour des gens qui font des choses, mais je n’ai aucun respect pour les gens qui n’ont pas d’idées. Je trouve que le truc le plus affligeant est de ne pas avoir d’idées, de tourner sa casquette en permanence, je ne supporte pas. Je préfère quelqu’un qui se trompe, mais qui y croit et qui argumente, que quelqu’un qui suit le vent. La concurrence, ce n’est pas comme ça que je l’imagine. Donc oui, j’ai eu les boules. Ce n’est pas très respectable, surtout quand ça vient d’anciens collègues. Ça te tanne un peu le cuir. On faisait la guerre [je ne vois plus les gens qui font rêver. J’ai l’impression qu’on attend notre Chris Sharma… [de tranchée. La bataille était à 50% sur les annonceurs, tous les coups étaient permis, c’était Stalingrad ! On met le casque lourd, on rentre les épaules et on laisse passer l’orage. Et comme à Leningrad, au bout de 900 jours, c’est nous qui gagnons ! D’après toi pour quelles raisons le titre Roc n’Walla-t-il disparu ? Ils perdaient beaucoup de ronds, parce qu’Edlinger coûte cher, parce que le papier coûte cher, tout coûte cher. Et puis pas beaucoup d’annonceurs car ils ne sont pas dupes : ils voient que Roc n’Wall n’a pas de personnalité, pas de ligne éditoriale. Grimper, c’est « couenne, résine, déconne ». On faisait des conneries, on était jeunes, c’était l’explosion de la résine, bref c’était ça le concept. Avec Edlinger, j’étais sûr qu’ils allaient faire genre « couenne, grandes voies, nature, écologie », plus posé, avec des textes plus intelligents, moins prout que nous. Ça me paraissait une évidence, surtout avec Edlinger, le côté sandwich, verre d’eau. Et en fait, ils ont fait exactement comme nous. Avec le recul, quel est ton avis sur l’évolution de l’escalade ces dernières années ? C’est un vaste débat. La compétition fabriquée, j’ai l’impression que c’est un gâchis, on aurait pu faire beaucoup mieux, professionnaliser ça nettement mieux. Je pense aussi que ça manque de héros, surtout si on s’amuse à « tacler » ceux qui sortent du rang comme Alex Chabot. Ou alors, est-ce que je suis trop extérieur, et je ne vois plus les gens qui font rêver ? J’ai l’impression qu’on attend notre Chris Sharma. On a eu François Legrand qui a tout explosé, mais qui était tout sauf un rigolo et un mec charismatique. Il n’y a pas de locomotives, pourtant il y a des gens super forts et biens. Un sport pour gens super forts et biens. Un sport pour qu'il vive, ça doit briller. Dès qu'il n'y a plus de leaders, on plonge, parce c'est ce qui fait vibrer les gens. Je dis ça comme quelqu'un qui a participé à la médiatisation. Nous à Grimper, on a jamais fait les choses au poids de la médaille, on a toujours été partenaires des compètes, car un média doit être au centre de ce qui se passe, mais pour les interviews, on a toujours essayé de mettre en avant des gens, français ou étrangers, qui avaient des personnalités. qu’il vive, ça doit briller. Dès qu’il n’y a plus de leaders, on plonge, parce c’est ce qui fait vibrer les gens. Je dis ça comme quelqu’un qui a participé à la médiatisation. Nous à Grimper, on a jamais fait les choses au poids de la médaille, on a collectionL. Belluard toujours été partenaires des compètes, car un média doit être au centre de ce qui se passe, mais pour les interviews, on a toujours essayé de mettre en avant des gens, français ou étrangers, qui avaient des personnalités. Aujourd’hui l’escalade, ça représente Aujourd'hui l'escalade, ça représente quoi pour toi ? quoi pour toi ? Pffff…. Je ne grimpe presque plus, parce Pffff Je ne grimpe presque plus, parce que j'ai grossi, parce que voilà... Aussi parce que j'ai pas mal grimpé avec un pote qui s'est également arrêté, et puis les salle d'escalade à cordes de Grenoble, il faut être deux, c'est contraignant. Donc ça m'a saoulé. La donne a changé depuis, puisqu'on trouve aussi des salles de blocs à Grenoble. Je trouve que c'est tellement mieux pour une pratique de citadin qui n'a pas beaucoup de temps libre, pas de WE. C'est vrai que c'est génial. que j’ai grossi, parce que voilà… Aussi parce que j’ai pas mal grimpé avec un pote qui s’est également arrêté, et puis les salle d’escalade à cordes de Grenoble, il faut être deux, c’est contraignant. Donc ça m’a saoulé. La donne a changé depuis, puisqu’on trouve aussi des salles de blocs à Grenoble. Je trouve que c’est tellement mieux pour une pratique de citadin qui n’a pas beaucoup de temps libre, pas de WE. C’est vrai que c’est génial. Pour finir quel est ton ressenti par Pour finir quel est ton ressenti par rapport à cet entretien ? Est-il courant qu’un rédac chef soit interviewé ? rapport à cet entretien ? Est-il courant qu'un rédac chef soit interviewé ? Ce n’est pas exceptionnel, après, que votre Ce n'est pas exceptionnel, après, que votre magazine d'escalade interviewe le rédac chef historique du concurrent actuel, ça c'est plus original. Ensuite je pense que la qualité d'une interview ne se fait pas au taux de popularité de la personne, mais à la qualité de l'entretien. Il suffit de voir les fausses interviews de Raphaël Mezrahi, si tu pose les mauvaises questions, tu n'as pas les bonnes réponses. magazine d’escalade interviewe le rédac chef historique du concurrent actuel, ça c’est plus original. Ensuite je pense que la qualité d’une interview ne se fait pas au taux de popularité de la personne, mais à la qualité de l’entretien. Il suffit de voir les fausses interviews de Raphaël Mezrahi, si tu pose les mauvaises questions, tu n’as pas les bonnes réponses. Laurent au salon SIG de Grenoble, en mars 1994 (il a 24 ans), pour la présentation du n°1 de Grimper. Laurent au salon SIG de Grenoble, a en mars 1994 24 ans), pour la présentation du n°1 de Grimper : 25



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