Escalade Mag n°12 mai 2007
Escalade Mag n°12 mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de mai 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 9 Mo

  • Dans ce numéro : les gorges de l'Aveyron.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22nterview Arno : Tu te définis comme un « grimpeur de base ». Quel est ton parcours en escalade ? Laurent : J’ai découvert l’escalade à travers l’alpinisme, au début de l’explosion de l’escalade libre, dans les années 80 à Bourg d’Oisans. La seule falaise qui existait était tournée vers l’alpinisme. J’ai commencé dans du 3 ; le 4 sup, c’était déjà dur. Il faut comprendre les verrous psychologiques de ces années : le 6, c’était extrême ! Le problème n’était pas de savoir si le pas était difficile, si on allait y arriver ou pas, c’était dur, et c’était comme ça. Aujourd’hui, il y a des gens qui grimpent en salle et qui peuvent y faire du 7a, mais qui ne bougeraient pas dans du 4 sup en falaise. On n’était pas nombreux à grimper à Bourg d’Oisans, et les potes avec qui je me suis mis à l’escalade étaient aussi fauchés que moi. On a pas mal ramé, et un jour, on a découvert le Briançonnais. Après avoir franchi le col du Lautaret, on a halluciné ! On est allé à Saint Crépin à la suite d’un article paru dans un des premiers Vertical. Il y avait des gens qui grimpaient dans le 7, il y avait plein de Propos recueillis par Arno Köppel Laurent Belluard les origines de Grimper Dans les années 70 l’escalade se détache lentement de l’alpinisme. Le contenu des magazines Mountain (1969), Climbing (1970), Montagne Magazine (1977) et Alpinisme et Randonnée (1978) témoignent d’un intérêt croissant pour cette manière différente de pratiquer la montagne. Avec la création de la revue française Vertical en 1985, l’escalade sportive se voit enfin accompagnée d’articles de choix dont certains sont l’œuvre d’un jeune homme plein d’énergie et d’ambitions. En 1994, s’appuyant sur les jeunes Éditions Nivéales, il crée de toutes pièces Grimper, le premier magazine français d’escalade, avant l’apparition de Roc’n Wall l’année suivante. Rencontre avec Laurent Belluard, rédacteur en chef de Grimper de 1994 à 2002, actuellement rédacteur en chef des magazines Skieur et Big Bike. Arno Köppel Laurent à son bureau grenoblois. On note le mur placardé des couvertures de Grimper !
voies, le rocher était beau. Là, on a compris. Le verrou psychologique a sauté, on s’est dit « ah, c’est ça l’escalade, pardon, on s’est trompé » ! J’ai ensuite grimpé pas mal jusque dans les années 1998-2000 mais il faut reconnaître que je ne suis pas très doué. Je grimpais par intermittence comme je travaillais beaucoup. Je recommençais en salle et je me faisais mal aux doigts. À ce rythme, tu perds vite six mois à un an de pratique. Ton parcours de grimpeur est-il déterminant dans ta trajectoire professionnelle ? Non, j’ai fait de l’escalade pour faire de l’alpinisme, pour faire de la montagne. Je suis arrivé par hasard parce qu’on avait ouvert des voies dans les Écrins. C’était l’époque des fameux topos de Piola en 1987/1989. Et je suis allé voir Vertical en pensant qu’ils pourraient éditer des topos mais ils étaient plutôt intéressés par un article. On en a donc fait et c’est comme ça qu’on a démarré avec le « grand » Vertical, magazine mythique de Bruno Cormier, bien avant Glénat. Parles-nous de tes premières piges pour Vertical jusqu’à la création du magazine Grimper. En 1989/1990, je devais passer le bac. À ce moment-là, Vertical cherchait un jeune qui avait du temps et qui connaissait un peu l’escalade pour tenir des stands sur les compétitions. Donc ils m’ont appelé, j’ai eu un peu de chance et je suis parti avec une voiture, un stand, des cartons de magazines et des pin’s pour aller vendre tout ça sur les compétitions. Je gagnais trois francs six sous. On voulait être présent sur le terrain au début de la démocratisation de l’escalade. J’ai fait ça deux ans. Et comme j’étais sur place, j’ai commencé à écrire sur les compètes, à rencontrer des gens… Je faisais des portraits, des articles sur un endroit dont on me parlait etc. Les opportunités, il faut se les créer. Dans sa nouvelle formule mensuelle en 1991, ils ont besoin de quelqu’un en plus. Comme je suis toujours là, ils sont en quelque sorte obligés de m’embaucher, et voilà, j’attaque à faire du journalisme sur tous les sujets. Comment s’est faite la transition avec Grimper ? Explique nous la genèse du projet d’un magazine spécialisé d’escalade. [En 1993, Pascal Maltherre et Jean Pierre Roger créent les éditions Nivéales sur le titre Snowsurf qui fait un premier hiver comme hors série de Montagne Magazine. À ce moment-là, ça tousse un peu chez Vertical. Je croise Pascal qui me propose l’idée de faire un magazine uniquement d’escalade. J’accepte, je démissionne, je monte le projet, ils sont assez emballés, et c’est parti pour cette aventure à cinq personnes. On est tout petit, financièrement c’était dur. Les autres rigolent un peu, après un peu moins. Quand on a fait Grimper, tout le monde s’était posé la question depuis dix ans s’ils allaient faire un magazine d’escalade ou pas : M on t a g ne M a g a z i ne a fait Bloc et Falaise, Vertical a travaillé sur un projet sans vraiment y croire, et Alpi Rando avait aussi un projet qui avait été poussé assez loin. Il y avait de l’argent, des moyens, fallait y aller, mais personne n’avait osé. Aujourd’hui ça peut paraître évident, mais à l’époque il n’y avait pas de magazine d’escalade dans le monde. Quelle est ton évolution chez Grimper ? On est en 1994. J’avais découvert un super pigiste, Vincent Albrand, et aussi Arnaud Petit. On fait six numéros par an. On fait tout nous-mêmes, à l’époque il n’y avait pas internet, j’allais faire les photos des news, bref c’était une autre manière de travailler. Le magazine marche très bien : environ 15 000 exemplaires vendus alors qu’on prévoyait la moitié. Il se passe un an, jusqu’au fameux numéro 6, un virage, où j’ai la bonne idée de « dépoussiérer » un mythe en faisant un Arno Köppel spécial « r é - dacteur en chef Patrick Edlinger ». On avait fait l'article « 24 heures chez lui ». Il sort a peine de chez lui, ça fait environ cinq ans qu'on ne le voit nulle part, si ce n'est au Cimaï : il n'est plus dans la vie médiatique. On fait ce numéro, qui vaut ce qu'il vaut, et un mois après, il m'appelle en disant qu'il va sortir un magazine avec Glénat ! Donc je l'ai un peu amère : on est petit, on lance un magazine d'escalade qu'ils auraient pu faire quand j'y étais. Mais ils ne croyaient pas en l'escalade, et quand ils ont vu qu'on fonctionnait bien, ils se sont aussi lancés. Donc là ce n'est plus pareil, parce que Glénat est un géant à côté de nous. Là, je suis très en colère, et se greffe là-dessus un truc assez marrant : Arnaud décide de suivre Edlinger. L'autre l'a sifflé et il est parti. Coup dur. ce moment-là, j'étais jeune et j'ai un peu appris sur l'âme humaine. Donc on se retrouve avec Vincent qu'ils ont évidemment essayé de débaucher, spéc i a l « r é - d a c t e u r en chef Patrick Aujourd’hui ça peut paraître évident, mais à l’époque il n’y avait pas de magazine d’escalade dans le monde. Edlinger ». On avait fait l’article « 24 heures chez lui ». Il sort a peine de chez lui, ça fait environ cinq ans qu’on ne le voit nulle part, si ce n’est au Cimaï : il n’est plus dans la vie médiatique. On fait ce numéro, qui vaut ce qu’il vaut, et un mois après, il m’appelle en disant qu’il va sortir un magazine avec Glénat ! Donc je l’ai un peu amère : on est petit, on lance un magazine d’escalade qu’ils auraient pu faire quand j’y étais. Mais ils ne croyaient pas en l’escalade, et quand ils ont vu qu’on fonctionnait bien, ils se [sont aussi lancés. Donc là ce n’est plus pareil, parce que Glénat est un géant à côté de nous. Là, je suis très en colère, et se greffe là-dessus un truc assez marrant : Arnaud décide de suivre Edlinger. L’autre l’a sifflé et il est parti. Coup dur. À ce moment-là, j’étais jeune et j’ai un peu appris sur l’âme humaine. Donc on se retrouve avec Vincent qu’ils ont évidemment essayé de débaucher, rom Les ballerines au devers {kap avec les dan Aberrant la tranquille Ifelx Ja terrible Planilier son conjurant -ne al I NOP 23



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