Escalade Mag n°11 avril 2007
Escalade Mag n°11 avril 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°11 de avril 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 7,1 Mo

  • Dans ce numéro : interview Vincent Albrand.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4J, 42 gee A\, I 0 te fsrrl j J Patrick Edlinger Il ne faudrait surtout pas compter sur moi pour édicter une quelconque table de loi en ce qui concerne l’escalade. Pour moi, la chose est claire, elle l’est depuis toujours : il est interdit d’interdire et, l’escalade, c’est d’abord le terrain de la liberté. C’est échapper aux contraintes, c’est rencontrer son désir, exprimer sa force, sa souplesse, son intuition, c’est justement l’envers d’un monde régi par des lignes blanches, des garde-fous et le catalogue des interdits. Et pourtant l’escalade, c’est aussi une technique, c’est de l’entraînement, une discipline et beaucoup de respect et de responsabilité. Seulement voilà quand on dit ça, il est aujourd’hui impossible d’en rester là. le respect en toute liberté L Beal lance ce mois-ci la Climbing Attitude’escalade est en quelque sorte victime de son succès. Victime parce pour mettre à disposition son savoir-faire, son soutien financier et ses ressources que cet art de vivre est devenu très normalement, un sport, un loisir et que sur humaines, pour pérenniser une pratique responsable de l’escalade. De nombreuses initiatives sont prévues et détaillées certaines falaises, la fréquentation trop forte peut engendrer des problèmes. On sur www.climbing-attitude.org. les connaît tous : véhicules garés n’importe où, terrains Laissons la parole à Patrick Edlinger qui explique ici son engagement pour une piétinés, poubel- escalade durable. les sauvages, et Cie… J’ai appris à respecter la nature de façon intuitive, avec mes parents. On ne se posait guère de questions quant au respect qu’il convenait de manifester à son égard. C’était normal. C’est plus compliqué aujourd’hui parce que souvent, on va passer directement des salles d’escalade aux falaises, sans bien identifier que l’on passe d’un monde à un autre. Il faut redire des évidences : les falaises n’appartiennent pas qu’aux grimpeurs, on rencontre à leurs pieds des randonneurs, des chasseurs parfois, des cueilleurs de champignons… Et puis les falaises appartiennent souvent à des privés et les terrains sur lesquels on se gare pour y accéder sont aussi souvent des propriétés privées. Il existe un véritable risque que les sites soient interdits, deviennent payants ou se poubellisent. Ce risque, nous pouvons facilement l’écarter. Et ce n’est pas un arsenal de lois, de panneaux d’interdictions, ce n’est pas des « il faut, il ne faut pas », non, c’est juste du bon sens, du savoir-vivre, du savoir être. C’est en fait très simple, c’est exactement comme quand on grimpe en cordée, on respecte les techniques de sécurité parce qu’il y va de la vie de son pote et de sa propre vie. Tout ce qui de l’extérieur peut apparaître comme une contrainte est en fait la condition de la liberté. Aujourd’hui, face aux enjeux de l’environnement, les grimpeurs ne peuvent plus se contenter de paroles et de vœux pieux. Il faut un engagement de tous et tout le temps pour i à I 1.1111111AI à Texte : Patrick Edlinger - Propos recueillis par Florent Wolff Photos : Osella Consultants L’escalade c’est aussi la couleur du rocher, le bruit d’une rivière, des nuages, l’odeur des buis, le toucher de la pierre, c’est le sentier qui mène à la falaise, c’est les gens qu’on rencontre. sauvegarder nos sites, être clean avec la nature, respecter ceux qui comme nous l’apprécient pour différentes raisons. L’escalade en milieu naturel n’a jamais été pour moi une succession de prises, une énumération de cotation. L’escalade c’est aussi la couleur du rocher, le bruit d’une rivière, des nuages, l’odeur des buis, le toucher de la pierre, c’est le sentier qui mène à la falaise, c’est les gens qu’on rencontre. Il faut se donner les moyens pour que l’escalade conserve sa liberté. Ces moyens, loin d’être des contraintes, sont une vraie chance pour nous. La chance de grimper dans des lieux harmonieux, la chance d’être considéré comme quelqu’un de responsable, la chance d’être fier de soi. La Climbing Attitude c’est juste (et c’est déjà beaucoup) un mode d’emploi comme il en existe pour utiliser un descendeur. Rien de difficile, rien de contraignant, rien que le plaisir d’accomplir des gestes justes. C’est ce que j’ai voulu raconter depuis toujours, depuis « La vie au bout des doigts », et c’est, j’en suis certain, ce que nous apprécions tous : la chance de disposer du plus beau terrain de jeu : la nature. Rejoignez-nous ! www.climbing-attitude.org
Florent : Qu’est-ce qui t’a immédiatement plu dans la Climbing Attitude ? Florent : Qu'est-ce qui t'a immédiatement plu dans la Climbing Attitude ? Patrick : Cela fait 30 ans que je grimpe et Patrick : Cela fait 30 ans que je grimpe et une des raisons pour lesquelles je m'y suis consacré est que je voyais dans l'escalade une forme de mode de vie au coeur de la nature. À force d'y passer beaucoup de temps et de me balader autour du monde, de falaises en falaises, il est normal que je sois devenu sensible au respect de mon environnement. La Climbing Attitude veut communiquer autour de ce message-là. une des raisons pour lesquelles je m’y suis consacré est que je voyais dans l’escalade une forme de mode de vie au cœur de la nature. À force d’y passer beaucoup de temps et de me balader autour du monde, de falaises en falaises, il est normal que je sois devenu sensible au respect de mon environnement. La Climbing Attitude veut communiquer autour de ce message-là. Comment concilier la volonté de voir l’escalade plus populaire avec les problèmes de surfréquentation ? Comment concilier la volonté de voir l'escalade plus populaire avec les problèmes de surfréquentation ? C’est vrai qu’il y a là un côté paradoxal. C'est vrai qu'il y a là un côté paradoxal. On peut amener du monde à l'escalade à la condition de les sensibiliser à la préservation du terrain sur lequel ils prennent plaisir à être. Je pense notamment aux grimpeurs qui fréquentent beaucoup les salles et qui n'ont pas toujours conscience de l'impact de leurs gestes à l'extérieur. On peut amener du monde à l’escalade à la condition de les sensibiliser à la préservation du terrain sur lequel ils prennent plaisir à être. Je pense notamment aux grimpeurs qui fréquentent beaucoup les salles et qui n’ont pas toujours conscience de l’impact de leurs gestes à l’extérieur. Tu ne crois donc pas aux vertus, quelques fois nécessaires, de l’interdit ? Tu ne crois donc pas aux vertus, quelques fois nécessaires, de l'interdit ? Ce n’est pas que je n’y crois pas, mais Ce n'est pas que je n'y crois pas, mais si j'ai mené cette vie-là, c'était pour vivre en homme libre, libre de faire ce que je veux, mais aussi libre de réfléchir à ce que je fais. Je préfère amener les gens vers cette réflexion plutôt que de leur imposer quelque chose. C'est comme avec un enfant, si tu ne veux pas qu'il fasse quelque chose, je ne pense pas qu'il faille lui interdire mais plutôt lui faire comprendre ce qu'il fait, lui expliquer si c'est bien ou pas. Les interdits, les lois, ce n'est pas trop pour moi ! si j’ai mené cette vie-là, c’était pour vivre en homme libre, libre de faire ce que je veux, mais aussi libre de réfléchir à ce que je fais. Je préfère amener les gens vers cette réflexion plutôt que de leur imposer quelque chose. C’est comme avec un enfant, si tu ne veux pas qu’il fasse quelque chose, je ne pense pas qu’il faille lui interdire mais plutôt lui faire comprendre ce qu’il fait, lui expliquer si c’est bien ou pas. Les interdits, les lois, ce n’est pas trop pour moi ! Que penses-tu du Pacte écologique de Nicolas Hulot et des candidats qui l’ont signé sans broncher ? Que penses-tu du Pacte écologique de Nicolas Hulot et des candidats qui l'ont signé sans broncher ? Je trouve sa position très bien et du Je trouve sa position très bien et du point de vue de la démarche, la Climbing Attitude peut s'apparenter à une déclinaison par rapport aux grimpeurs. Concernant les hommes politiques, tu sais comment c'est, ils ont tous sauté là-dessus parce qu'ils ont besoin de voix. Mais entre ce qu'il se dit avant une élection et les faits qui s'en suivent après, c'est souvent le grand écart... Au vue des enjeux écologiques d'aujourd'hui, il est clair que les hommes politiques n'en ont pas fait assez jusqu'alors. Le Ministre de l'écologie point de vue de la démarche, la Climbing Attitude peut s’apparenter à une déclinaison par rapport aux grimpeurs. Concernant les hommes politiques, tu sais comment c’est, ils ont tous sauté là-dessus parce qu’ils ont besoin de voix. Mais entre ce qu’il se dit avant une élection et les faits qui s’en suivent après, c’est souvent le grand écart… Au vue des enjeux écologiques d’aujourd’hui, il est clair que les hommes politiques n’en ont pas fait assez jusqu’alors. Le Ministre de l’écologie devrait avoir beaucoup plus d’importance devrait avoir beaucoup plus d'importance que ce qu'ils ont eu jusqu'aujourd'hui. que ce qu’ils ont eu jusqu’aujourd’hui. Les grimpeurs ont-ils davantage une conscience écologique qu’il y a 30 ans ? Les grimpeurs ont-ils davantage une conscience écologique qu'il y a 3o ans ? Difficile de répondre. Depuis longtemps, Difficile de répondre. Depuis longtemps, la majorité des grimpeurs est sensibilisé saux problèmes des déchets dans la nature par exemple. Mais peut-être moins aux soucis de surfréquentation : un site à mode, c'est normal, tout le monde a envie d'y aller. Alors qu'il faudrait peut-être avoir la sagesse d'attendre. À l'épode de la forte fréquentation de Buoux, dans les années 80, je m'en suis senti un peu coupable à cause de la médiatisation de cette falaise par « La vie au bout des doigts ». C'est un des paradoxes de la vie que j'ai eu : faire rêver les gens et les emmener massivement à l'escalade, cela peut être la source de problèmes. la majorité des grimpeurs est sensibilisé saux problèmes des déchets dans la nature par exemple. Mais peut-être moins aux soucis de surfréquentation : un site à mode, c’est normal, tout le monde a envie d’y aller. Alors qu’il faudrait peut-être avoir la sagesse d’attendre. À l’épode de la forte fréquentation de Buoux, dans les années 80, je m’en suis senti un peu coupable à cause de la médiatisation de cette falaise par « La vie au bout des doigts ». C’est un des paradoxes de la vie que j’ai eu : faire rêver les gens et les emmener massivement à l’escalade, cela peut être la source de problèmes. Tu ne regrettes pas ces films ? ru ne regrettes pas ces films ? Non, je ne regrette pas car je sais que tout Non, je ne regrette pas car je sais que tout ne peut pas être parfait dans la vie. Je me lève tous les matins en me disant que je vais essayer de faire du mieux que je peux. Tout le monde fait des erreurs, il faut essayer de s'améliorer. Pour revenir à la préservation de la nature, le moindre effort qui peut être fait est bon à prendre. ne peut pas être parfait dans la vie. Je me lève tous les matins en me disant que je vais essayer de faire du mieux que je peux. Tout le monde fait des erreurs, il faut essayer de s’améliorer. Pour revenir à la préservation de la nature, le moindre effort qui peut être fait est bon à prendre. Le fait que Climbing Attitude soit l’initiative d’une marque (Beal), cela ne peut-il pas être interprété comme une récupération marketing ? Le fait que Climbing Attitude soit l'initiative d'une marque (Beal), cela ne peut-il pas être interprété comme une récupération marketing ? Non, je connais Michel Beal depuis trente Non, je connais Michel Beal depuis trente ans et je connais sa passion pour la nature. Il la respecte et aime bien y grimper. C'est vraiment quelqu'un de bien, également par l'aide qu'il a apporté à de très nombreux grimpeurs. Connaissant la famille Beal, leur initiative m'a semblé naturelle. Si une autre société m'avait proposé cela, j'aurais peut-être pensé différemment. On peut toujours voir du marketing partout, mais il faut mieux le mettre dans la préservation de notre environnement que dans autre chose ! ans et je connais sa passion pour la nature. Il la respecte et aime bien y grimper. C’est vraiment quelqu’un de bien, également par l’aide qu’il a apporté à de très nombreux grimpeurs. Connaissant la famille Beal, leur initiative m’a semblé naturelle. Si une autre société m’avait proposé cela, j’aurais peut-être pensé différemment. On peut toujours voir du marketing partout, mais il faut mieux le mettre dans la préservation de notre environnement que dans autre chose ! Pour conclure ? Pour conclure ? Par mon association à cette initiative, je ne Par mon association à cette initiative, je ne veux qu'impliquer les gens en respectant leur liberté. J'aime trop l'escalade pour voir notre terrain de jeu se dégrader, je veux continuer à grimper longtemps, et que les prochaines générations de grimpeurs puissent en profiter également. veux qu’impliquer les gens en respectant leur liberté. J’aime trop l’escalade pour voir notre terrain de jeu se dégrader, je veux continuer à grimper longtemps, et que les prochaines générations de grimpeurs puissent en profiter également. Ugolin-Ch EVIOTÎ 0 rie Natle Wfre - Mousqueton ultreleger, eu top du niveau mondial : 29 g. ! Ultra compact, pariait peur toutes les silluatfces n'Ica:situe de clipper rapidement Opération IlecIllildke per le doigt M. Ou ickdrint > Oienci Voire Drieerne kernpkqC.AldP France Tige er. &r trit.itioi.7471 ; 13 SalLonchel, Tel 0.4 50 43 74 05.merl coniectecmemtrance Or CAMP.11



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