Escalade Mag n°11 avril 2007
Escalade Mag n°11 avril 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°11 de avril 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 7,1 Mo

  • Dans ce numéro : interview Vincent Albrand.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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40’antan Texte : Florent Wolff Sauvez Sauvez Willy ! Willy ! Willy Le discours dominant chante le mépris de chiffres. Haut et fort, on clame sa méfiance des cotations. Idoles des masses aux mains poudrées, l’image de Chris Sharma repose partiellement sur son dédain du chiffre. L’escalade ne se calculerait plus. « V Sharma » plutôt que « V12 » : personnification ego-mystique de la cotation. Marque de fabrique substitutive, Sharma et son aura évinceraient les vétilleux chiffrements. Désintéressement feint ou sincère, l’actuelle posture du virtuose des falaises entend dépasser les querelles bassement numéraires : voudrait-on enterrer les sempiternelles joutes (« gros 8c/c+ ? - Non, petit 8c+ ! ») ? Ne pas coter, c’est cool ! Minérale métonymie de la Nature, le rocher devient seule liturgie, et le geste, une prière. Ultime création de Sharma, « L’Arche d’Es Pontas » réunit tous les critères pour nous signifier qu’une page se tourne dans l’histoire des performances en escalade : une voie sans nom, sans cotation et sans corde. Seul au-dessus des vagues, Sharma jette et crie, lutte à retarder la chute. Bachelardienne, inédite poésie du roc aux confins des éléments : l’eau et les rêves, l’air et les songes, intuition de l’instant… Avec les caméras des frères Lowell comme uniques (et indispensables) partenaires : on ne cote plus, on montre. Satiété du spectacle ? Pour nous, misérables terriens, la laisse nouée au harnais, le show (1) De 1 à 6 ou de F à ED, soit : F (Facile), PD (Peu Difficile), AD (Assez Difficile), D (Difficile), TD (Très Difficile), ED (Extrêmement Difficile). (2) EscaladeMag n°6, juin 2006, « Just des blocs » (p32), Ludovic Laurence. (3) Selon d’autres sources, le premier 7a français date du début 1977, avec la libération de la L1 de L’extrême onction (Martinswand) par Jean-François Hagenmuller et Jean- Pierre Minazzi. (4) Dans « L’escalade libre en France » (Éditions L’Harmattan), Olivier Aubel rappelle que dès 1976, le 7 aurait été possiblement atteint dans le massif de la Sainte Victoire, sous l’égide du libériste du sud, Christian Guyomar. (5) « Difficultés exceptionnelles. Réservé à est total : une escalade épurée, débarrassée des mousquetonnages parasites, mais avec la majesté d’une voie, et bien sûr le vol, océanique, haut et scénique. Assurément plus « fun » qu’un soixante troisième essai dans une couenne teigneuse du Frankenjura, au cœur d’un hiver gris humide. Surannée (?), Action Directe manque d’ailleurs au palmarès du Californien… Le ciel franconien ne serait-il pas assez bleu ? Aujourd’hui, on parle plus volontiers de deep water soloing (« DWS »), psicobloc et autres highball. L’épée de Damoclès de la décotation, cauchemar des grimpeurs, a t-elle accéléré le déclin du chiffre ? Pourquoi tel déni alors que les chiffres jalonnent l’histoire de l’escalade et lui sont nécessaires ? En 1925, l’alpiniste allemand Willy Welzenbach aurait proposé la première échelle de cotation. Elle ne comportait alors que six degrés, ce dernier étant « la limite extrême des possibilités humaines » (1). Son échelle ne sert aujourd’hui qu’en montagne car en escalade, trop de voies seraient aujourd’hui cotées ED (Extrêmement Difficile). Cela aurait eu le mérite de régler une partie des débats autour des cotations, mais le grimpeur ne connaissant pas la voie ne serait guère renseigné quant à la difficulté précise de la voie (9a ou 6a ?). Certains locaux de Saint Just ont fait le choix de pas coter leurs blocs autrement que par « ça passe » ou « ça une élite. Les meilleurs grimpeurs ont besoin d’un entraînement particulier adapté à la structure de la roche pour forcer de tels passages à la limite de la chute. Il faut une très grande maîtrise de soi et un engagement total. Ces passages sont rarement franchis lors de la première tentative. » Henri Agresti (« VII e degré ». La Montagne et Alpinisme 3-1979) cité par Olivier Aubel (ibid). Willy Welzenbach. Chris Sharma. Welzenbach. Chris Sharma. passe pas ». « À chacun de mettre les siennes passe pas ». « À chacun de mettre les siennes [NDLR : cotations], ou de s'en passer, de se laisser guider à l'instinct, au plaisir » (2). À ce point de subjectivité, où est l'utilité de la cotation ? À trop critiquer sa subjectivité, on en vient à proposer un système binaire encore plus subjectif... [NDLR : cotations], ou de s’en passer, de se laisser guider à l’instinct, au plaisir » (2). À ce point de subjectivité, où est l’utilité de la cotation ? À trop critiquer sa subjectivité, on en vient à proposer un système binaire encore plus subjectif… E n France, l’annonce du septième n France, l'annonce du septième Lidegré fut poussive et les limites que Welzenbach avaient fixées 50 ans plus tôt furent « officiellement » franchies fin 1977 par Jean-Claude Droyer et son Échelle au Saussois, le premier 7a françaie). Avant cela, même si « le chiffre 7 se murmurait du côté de la Sainte Victoire » (4), une certaine frilosité dominait (dépassement d'un seuil symbolique ou, déjà, peur de se voir décoter la voie...) et on préférait s'obstiner dans le six, à coup de 6sup'ou 6g ! L'alpiniste Reinhold Messner fut comme Droyer un partisan de l'éclatement vers le haut de l'échelle de Welzenbach : « il est tout aussi présomptueux d'avancer le sixième degré comme la limite infranchissable de l'escalade libre ». En 1978, peu de temps après l'ascension de Droyer, l'UlAA reconnaît officiellement l'existence du VII ou EX(5). Dans les années 80, Güllich a écrit l'histoire de l'escalade par les chiffres : premier 8b, premier 8b+, premier 8c, etc. Sans l'audace de ces cotations, la pratique aurait-elle évolué aussi vite ? Bubka aurait-il franchi les 6 mètres en ignorant la hauteur de la barre ? Faut-il s'obstiner à nier l'évidente séduction des chiffres, éclairants et motivants ? L'escalade n'échappe pas à cette trivialité : des chiffres et des lettres... degré fut poussive et les limites que Welzenbach avaient fixées 50 ans plus tôt furent « officiellement » franchies fin 1977 par Jean-Claude Droyer et son Échelle au Saussois, le premier 7a français (3). Avant cela, même si « le chiffre 7 se murmurait du côté de la Sainte Victoire » (4), une certaine frilosité dominait (dépassement d’un seuil symbolique ou, déjà, peur de se voir décoter la voie…) et on préférait s’obstiner dans le six, à coup de 6sup’ou 6g ! L’alpiniste Reinhold Messner fut comme Droyer un partisan de l’éclatement vers le haut de l’échelle de Welzenbach : « il est tout aussi présomptueux d’avancer le sixième degré comme la limite infranchissable de l’escalade libre ». En 1978, peu de temps après l’ascension de Droyer, l’UIAA reconnaît officiellement l’existence du VII ou EX (5). D ans les années 80, Güllich a écrit l’histoire de l’escalade par les chiffres : premier 8b, premier 8b+, premier 8c, etc. Sans l’audace de ces cotations, la pratique aurait-elle évolué aussi vite ? Bubka aurait-il franchi les 6 mètres en ignorant la hauteur de la barre ? Faut-il s’obstiner à nier l’évidente séduction des chiffres, éclairants et motivants ? L’escalade n’échappe pas à cette trivialité : des chiffres et des lettres… Sam Bié
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