Escalade Mag n°11 avril 2007
Escalade Mag n°11 avril 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°11 de avril 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 7,1 Mo

  • Dans ce numéro : interview Vincent Albrand.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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22nterview Propos recueillis par Cathy Jolibert - Photos : Stéphan Denys et David Simsolo Vincent Albrand, interview d’un mystifiant fédérateur… Doté d’une énergie extraterrestre, Vincent est capable de se coucher bien après tout le monde, d’être le premier sur les blocs et de tenir les prises de façon scandaleuse. Son secret ? Noctambule et fêtard depuis quelques décennies, un entraînement et une expérience qui feront toujours la différence ! Cathy : Si tu nous racontais l’aventure du Cathy : Si tu nous racontais l'aventure du magazine Grimper, comment y as-tu été magazine Grimper, comment y as-tu été mêlé ? mêlé ? Vincent : Laurent Belluard était rédacteur Vincent : Laurent Belluard était rédacteur à l'époque chez Vertical qui était, à ce moment-là, un magazine de montagne avec des barbus qui aimaient les peaux de phoques mais se désintéressaient de l'escalade. Laurent a eu l'idée, l'énergie et les contacts pour créer un magazine uniquement sur l'escalade et a rassemblé une petite équipe de jeunes qui s'entendaient à l’époque chez Vertical qui était, à ce moment-là, un magazine de montagne avec des barbus qui aimaient les peaux de phoques mais se désintéressaient de l’escalade. Laurent a eu l’idée, l’énergie et les contacts pour créer un magazine uniquement sur l’escalade et a rassemblé une petite équipe de jeunes qui s’entendaient
bien : Arnaud Petit, Stef Candé et moi ! Le 1er numéro est sorti en mars 94. En 1995 tu créais, avec Christophe Daconceicao, la salle Grimper à Aix les Milles, 1 ère salle de bloc en France. Peux-tu nous raconter cette nouvelle aventure ? En fait, à l’époque, je m’entraînais sur les pans de Christophe et d’Isabelle Patissier. Et on s’est dit avec Laurent Belluard que le pan était l’outil idéal pour progresser mais que d’en avoir un chez soi, c’était compliqué, cher, et il fallait avoir de la place… Alors pourquoi pas créer une salle spécialement conçue à cet effet ! Donc en novembre, on a compté ce qu’il nous fallait comme argent : 23 000 euros et à trois associés (Christophe, Laurent et moi), on a monté la société en janvier et la salle en avril ! On a tout fabriqué nous-même, et 12 ans après on a réussi à créer 6 emplois. Né à La Tronche (il fallait le souligner !) en l’an de grâce 1971, Vincent Albrand est un personnage de l’escalade française. Il commence à grimper aux pays des Ecrins vers 14 ans avec Jean-Marc Lagier, YannGhesquiers, Jean-Luc Jeunet, François Legrand. Boulimique de falaises, il devient par hasard compétiteur et participe aux différentes coupes du monde entre 1987 et 1995. Excellent performeur avec Le Plafond (8c) à Volx et de très belles ouvertures en blocs comme L’agence tous risques (B13 soit environ 7c+ à Bleau) à Annot, Vincent reste un épicurien car il grimpe avant tout pour le plaisir ! Compétiteur, ouvreur, brevet d’état, journaliste, co-créateur du magazine Grimper, organisateur de rassemblements, chef d’entreprise de la première salle de bloc en France, père de famille, Vincent est avant tout un grimpeur passionné et engagé. Un nom de voie ou de bloc, un spot, un résultat de compétition, bref, un seul et unique mot relatif à l’escalade suffit pour le faire démarrer au quart de tour et le voir s’engager, arguments à l’appui, sur n’importe quel chemin ! Au courant de tous les évènements sportifs, et bien plus, il réplique avec humour et recul sur les sujets qui le touchent… Pianotolli, Corse Tu as lancé une 2 e salle à Marseille, en 2001. Quelles sont les qualités nécessaires pour être chef d’entreprise ? Quand on a créé la salle, j’étais loin d’être un chef d’entreprise mais un jeune grimpeur. Je pensais pouvoir continuer à m’entraîner et à faire des compets et je me suis vite aperçu que c’était impossible ! Donc ces qualités, je les ai découvertes par la suite et j’ai bien dû me forcer à les acquérir : être raisonnable, arriver à gérer les investissements et comprendre ce qu’attendent les gens. Il a fallu arriver à passer d’un pan d’entraînement pour spécialistes dans un garage à un produit accessible pour un public plus large. Tu as beaucoup d’expérience technique et de pédagogie, n’as-tu jamais songé les mettre à profits au sein de la FFME, par exemple ? Non ! Mais cela a toujours été ma motivation de développer l’escalade avec la création du magazine Grimper, d’encadrer des jeunes, de créer un club fédéral l’« AS Grimper » qui est devenu un des plus gros en nombre de licenciés et qui fournit 2 grimpeuses sur 5 au championnat d’Europe. Je suis également élu au comité régional PACA. J’ai toujours travaillé pour le développement de l’escalade. Mais c’est vrai que je ne tiens pas particulièrement à travailler directement avec la fédé qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable ! J’avais beaucoup de difficultés à supporter ce milieu quand je faisais de la compet’, peut-être qu’eux-mêmes avaient du mal à me supporter d’ailleurs ! Qu’est ce qui t’a refroidi au sein de la fédé ? rence entre les bénévoles qui s'impliquent à tous les niveaux et les cadres professionnels qui en font le moins possible ! J’ai arrêté la compétition à 23 ans en partie à cause de mes relations avec l’encadrement fédéral. Quand tu regardes à l’intérieur, il y a beaucoup d’histoires de petits pouvoirs, l’escalade passe très souvent au second plan et les grimpeurs au dixième plan. Par intérêt personnel, les gens sont capables de sacrifier l’intérêt de l’escalade. C’est insupportable ! Or les années 92, 93 furent charnières pour la compétition car c’est pendant cette période que les fédérations nationales et internationales ont mis la main sur l’activité, en changeant les règlements et en faisant main basse sur la compétition. Et 12 ans après, les fédé ont beau faire de l’auto-satisfaction, le constat est que la compétition s’est écroulée ! Ceci dit, l’organisation du sport en France fait que les fédérations sont des acteurs incontournables et je fais bien la différence entre les bénévoles qui s’impliquent à tous les niveaux et les cadres professionnels qui en font le moins possible ! En France, la 1 ère salle En France, la 1"e salle ouvre à Thiais en 1989, on en compte 3 dont celle d'Aix Les Milles en 1995 et aujourd'hui, il en existe plus de 70. Pourquoi cette explosion ? ouvre à Thiais en 1989, on en compte 3 dont celle d’Aix Les Milles en 1995 et aujourd’hui, il en existe plus de 70. Pourquoi cette explosion ? Je pense que plus généralement, il y a Je pense que plus généralement, il y a une demande de sport de plus en plus importante. Et l'escalade en salle permet un entraînement efficace, une activité physique complète et d'accéder facilement au plaisir. De plus, par rapport au rocher, l'escalade en salle est facile : il n'y a pas de marche, pas de pluies, pas de bornes en voiture ; il y a de la musique, une bonne lumière, le chauffage ou la climatisation, une diversité et un renouvellement d'itinéraires. En 3 heures, une séance est pliée ! On est du côté plaisir de l'activité. une demande de sport de plus en plus importante. Et l’escalade en salle permet un entraînement efficace, une activité physique complète et d’accéder facilement au plaisir. De plus, par rapport au rocher, l’escalade en salle est facile : il n’y a pas de marche, pas de pluies, pas de bornes en voiture ; il y a de la musique, une bonne lumière, le chauffage ou la climatisation, une diversité et un renouvellement d’itinéraires. En 3 heures, une séance est pliée ! On est du côté plaisir de l’activité. Depuis l’ouverture de la première salle, as-tu remarqué des évolutions chez les Depuis l'ouverture de la première salle, as-tu remarqué des évolutions chez les grimpeurs ? grimpeurs ? Oui, le niveau moyen a muté, il y a plein de gens qui sont très forts ! Cela s'explique par le fait qu'ils viennent 2 à 3 fois par semaine. Aussi, à l'époque, il n'y avait que des grimpeurs avertis qui venaient en salle, contrairement à aujourd'hui où on a un public beaucoup plus large. Mais ce qui nous a le plus interpellé avec Christophe c'est que le comportement du grimpeur a changé ! Si on ouvrait aujourd'hui la salle que nous avons ouverte il y a 12 ans, elle coulerait en 6 mois ! En effet, il faut des tapis au top, la climatisation, la propreté, l'ambiance ; je dirais que les grimpeurs sont devenus plus exigeants. Plus généralement, la société s'est transformée : elle est plus exigeante en matière de responsabilité, de réglementation et de confort. Et c'est dommage car cela change en profondeur les comportements des responsables fédéraux, des équipeurs, des éditeurs de topos, des présidents de clubs, des propriétaires de sites, des responsables de salles... Oui, le niveau moyen a muté, il y a plein de gens qui sont très forts ! Cela s’explique par le fait qu’ils viennent 2 à 3 fois par semaine. Aussi, à l’époque, il n’y avait que des grimpeurs avertis qui venaient en salle, contrairement à aujourd’hui où on a un public beaucoup plus large. Mais ce qui nous a le plus interpellé avec Christophe c’est que le comportement du grimpeur a changé ! Si on ouvrait aujourd’hui la salle que nous avons ouverte il y a 12 ans, elle coulerait en 6 mois ! En effet, il faut des tapis au top, la climatisation, la propreté, l’ambiance ; je dirais que les grimpeurs sont devenus plus exigeants. Plus généralement, la société s’est transformée : elle est plus exigeante en matière de responsabilité, de réglementation et de confort. Et c’est dommage car cela change en profondeur les comportements des responsables fédéraux, des équipeurs, des éditeurs de topos, des présidents de clubs, des propriétaires de sites, des responsables de salles… Tu grimpes dès que tu peux à Annot, le site Tu grimpes dès que tu peux à Annot, le site majeur de blocs dans le Sud. Qu'est-ce qui te motive ? majeur de blocs dans le Sud. Qu’est-ce qui te motive ? Vincent à Annot. Quand on est tombé sur ce spot, on a Quand on est tombé sur ce spot, on a halluciné sur la quantité et la qualité des blocs. C'était totalement inespéré de tom- halluciné sur la quantité et la qualité des blocs. C’était totalement inespéré de tom- 23



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