Escalade Mag n°10 mars 2007
Escalade Mag n°10 mars 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de mars 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 9,4 Mo

  • Dans ce numéro : les dentelles de Montmirail.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 Pas facile de se raser Pas facile de se raser en Patagonie I en Patagonie ! nterview• : £ Propos recueillis par Florent Wolff - Photos : Jean-Louis Wertz 6 Ir " 4 anal. I le7. Retrouvez l’intégralité de l’interview sur www.escalademag.com Retrouvez l'intégralité de l'interview sur www.escalademag.com Nicolas tape un essai dans Tom & Je ris (8b+), Verdon. NICOrkla l'AMMN : Pourquoi Nicolas Favresse n’est pas plus connu en France ? Par-delà son prestigieux statut de novogradiste, il cumule pourtant des qualités rares : intégrité éthique, extrême polyvalence et sympathie à toute épreuve. Partons donc à la rencontre du meilleur grimpeur belge aujourd’hui !
Florent : Alors, de retour en Europe ? Nicolas : Oui, c’est vrai que les deux dernières années, j’étais davantage aux États-Unis qu’ici. Ma copine étudiant à San Francisco, j’en ai profité pour passer pas mal de temps sur les big wall du Yosemite. Là, je suis maintenant motivé pour voyager en Europe et reprendre la caisse en escalade sportive ! S’agit-il d’un retour aux sources après un détour par les longues voies ? Plus ou moins. Comme beaucoup de grimpeurs belges, j’ai commencé par la salle mais j’ai toujours aimé grimper. Enfant, mon père m’avait offert une corde statique pour faire des rappels. Avec mes frères, on s’en est surtout servi pour grimper tous les rochers qu’on trouvait, en nous encordant n’importe comment ! À 15 ans, un copain de l’école qui se vantait de faire de l’escalade et d’avoir des mousquetons, m’a pour la première fois emmené dans une salle de Bruxelles. J’ai commencé au bon moment car une très longue grève à l’école m’a tout de suite permis de grimper énormément et de rentabiliser l’abonnement que je venais de prendre ! 6 mois plus tard, j’ai eu mon deuxième coup de foudre, quand j’ai accompagné un ami à Freyr, la plus importante falaise de Belgique. Ensuite, j’ai beaucoup voyagé, d’abord les falaises du sud de la France puis aux Etats-Unis. Initialement, il s’agissait d’un Nicolas Favresse ouvre Masque à gaz (8b), Freyr (Belgique). Nicolas Favresse dans Alliance (8b), Freyr (Belgique). échange scolaire d’une année, mais je partais tout le temps grimper car mes séances sur la poutre que j’avais installée dans ma chambre ne me suffisaient plus. On m’a donc viré du programme. J’ai commencé un trip de 6 mois dans l’ouest US où j’ai découvert l’escalade comme un vrai style de vie, squatter deux mois au pied d’une falaise, rencontrer du monde et m’investir dans des voies… À ce moment tu as perçu que ta vie allait tourner autour de l’escalade ? En fait, je m’étais dit ça bien plus tôt, lorsque j’ai fait mon premier 8a en salle, un an après avoir commencé l’escalade. Le soir dans mon lit, j’avais pris conscience que l’escalade était devenue essentielle pour moi, et que cette passion allait rester. Je reste attaché à l'idée que l'ouvreur se laisse guider par le rocher pour trouver sa ligne. Qu’est-ce que tu as fait quand tu es rentré de ce premier séjour américain ? J’ai commencé une école d’ingénieur que j’ai arrêtée après 8 mois car je ne voyais pas où j’allais ni ce que ça allait m’apporter pour l’escalade. Ensuite, j’ai entrepris des études de marketing ; j’y voyais un moyen de travailler auprès des marques d’escalade. J’avais peur que bosser dans une salle d’escalade érode ma passion et ma motivation. Pendant ces études, je me demandais souvent s’il ne fallait pas mieux arrêter et ne faire que grimper… J’en ai profité pour faire davantage de compétitions d’autant plus que j’étais aidé par la fédération belge pour cela. Même si la compet’n’a jamais été une priorité pour moi, elle m’a beaucoup apporté au niveau de la planification de l’entraînement en découvrant comment mon corps réagissait à celui-ci. Sinon, je n’ai jamais eu aucun plaisir à attendre des heures en isolement et à grimper quand on te le dit, devant des centaines de spectateurs. Je préfère grimper au calme et quand je veux. Le bon moment de la compet’, c’est quand tu gagnes ! Quand tu Quand tu as décidé d'élargir ton horizon aux big wall, était-ce parce que tu commençais à te lasser de l'escalade sur couennes ? as décidé d’élargir ton horizon aux big wall, était-ce parce que tu commençais à te lasser de l’escalade sur couennes ? J’ai toujours eu le goût'r l• J'ai toujours eu le goût de l'aventure, déjà quand je chaussais les peaux de phoque avec mes parents ! Ma première expérience en grandes voies est quand je suis allé au Râtikon en 2003 avec Seàn (Villanueva) parce que des amis nous en avaient parlé comme « de l'escalade technique, des petites prises sur des grandes parois, des longues tirées... ». Sur place, c'était l'aventure, chouette et quelquefois dangereux : des descentes difficiles, des orages en paroi, des galères dues à notre inexpérience... Mais on a complètement flashé sur l'ambiance et on s'est dit qu'il fallait continuer à explorer tout ça. À l'automne 2004, je suis parti avec Seân au Yosemite. Comme au Râtikon, on a de suite mis la barre assez haute alors que nous n'étions pas du tout habitués au style si particulier des fissures. Quelle que soit la cotation, si tu ne sais pas faire des coincements (de corps, d'un ou deux poignets, etc...), tu galères dans ces « off width » (NDLR : fissures plus larges qu'une fissure à doigts, moins larges qu'une cheminée). Tu as l'impression que tu peux tomber à n'importe quel moment, c'est également très fatigant mentalement. Je me suis aussi rendu compte à quel point c'est naturel de grimper sur coinceurs. de l’aventure, déjà quand je chaussais les peaux de phoque avec mes parents ! Ma première expérience en grandes voies est quand je suis allé au Rätikon en 2003 avec Seán (Villanueva) parce que des amis nous en avaient parlé comme « de l’escalade technique, des petites prises sur des grandes parois, des longues tirées… ». Sur place, c’était l’aventure, chouette et quelquefois dangereux : des descentes difficiles, des orages en paroi, des galères dues à notre inexpérience… Mais on a complètement flashé sur l’ambiance et on s’est dit qu’il fallait continuer à explorer tout ça. À l’automne 2004, je suis parti avec Seán au Yosemite. Comme au Rätikon, on a de suite mis la barre assez haute alors que nous n’étions pas du tout habitués au style si particulier des fissures. Quelle que soit la cotation, si tu ne sais pas faire des coincements (de corps, d’un ou deux poignets, etc…), tu galères dans ces « off width » (NDLR : fissures plus larges qu’une fissure à doigts, moins larges qu’une cheminée). Tu as l’impression que tu peux tomber à n’importe quel moment, c’est également très fatigant mentalement. Je me suis aussi rendu compte à quel point c’est naturel de grimper sur coinceurs. As-tu trouvé l’éthique plus rigoureuse As-tu trouvé l'éthique plus rigoureuse là-bas ? là-bas ? Déjà, c'est normal que l'escalade sur coinceurs soit plus populaire là-bas parce que le terrain s'y prête davantage, il y a plus de fissures. Mais cela n'empêche pas des dérives. Dans le Nose, tu grimpes sur des prises taillées à cause du pitonnage/dépitonnage dans les fissures. S'il n'y avait pas eu tous ces trous de pitons, de nombreuses voies dures au Yosemite Déjà, c’est normal que l’escalade sur coinceurs soit plus populaire là-bas parce que le terrain s’y prête davantage, il y a plus de fissures. Mais cela n’empêche pas des dérives. Dans le Nose, tu grimpes sur des prises taillées à cause du pitonnage/dépitonnage dans les fissures. S’il n’y avait pas eu tous ces trous de pitons, de nombreuses voies dures au Yosemite. 23



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