Escalade Mag n°1 sep/oct 2005
Escalade Mag n°1 sep/oct 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de sep/oct 2005

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 9,5 Mo

  • Dans ce numéro : trip espagne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Cathy : L’escalade fait partie de votre histoire et de celle de toute la famille, on peut légitimement se dire qu’elle a façonné votre mode de vie et peut-être même modifié des croyances, un système éducatif. Cela a-t-il été le cas ? Hélène : Pas vraiment modifié nos croyances, car malgré notre éducation catholique, assez répandue à l’époque, quand il fallait faire un choix entre la messe et la grimpe : on hésitait peu ! Jacques : Un système éducatif … je dirais plutôt un système de valeurs parce que quand tu es au pied de ta voie, de ton bloc : tu ne peux pas tricher, il y a des règles comme dans la vie mais là, elles sont incontournables. Hélène : Je parlerai aussi de la responsabilité car lorsque l’on a élevé les enfants, on les a responsabilisés très jeune. En effet, quand tu réalises une manœuvre de corde pour redescendre : il faut que tu sois responsable et conscient à 100%. Cathy : Avez-vous effectués des ruptures avec l’escalade afin de mener à bien une vie familiale ? Hélène : Quand les enfants étaient petits, on faisait du bloc. En revanche pour des raisons pratiques, on a arrêté la falaise et la montagne jusque dans les années 80. Nous avons pendant cette période fait beaucoup de canoë-kayak avec les enfants. Finalement, Antoine avait 14 ans quand il a commencé la falaise et 4 ans plus tard, il faisait son premier 8a, c’était en 1983. Cathy : Face à des parents qui ont des problèmes avec leurs enfants, tu leur conseillerais de les envoyer faire un stage d’escalade ? Hélène : Ah oui, l’escalade apporte des valeurs telles que la ténacité, le partage, l’aide, l’humilité et la convivialité. Les jeunes ont besoin d’avoir une vie à eux, avec un groupe dans lequel ils échangent et posent leurs marques. Jacques : L’escalade comme thérapie c’est génial car quand tu ne vas pas bien, une séance te remet les idées en place. En effet, même une chute qui est aujourd’hui très aseptisée, reste un moment de peur où il y a une décharge d’adrénaline. Et bien, cette peur te permet de relativiser ! Cathy : Comment avez- vous vécu le passage à l’escalade libre ? Jacques : Quand l’escalade libre est apparue, cela a été une révolution de la gestuelle : on enchaînait les voies. La révolution était également de l’ordre de l’émotionnel car on avait éliminé les ruptures dans les mouvements et la progression : quel plaisir !!! L’objectif était désormais d’enchaîner la voie et de ne plus tirer sur les clous. Bon, le plaisir était à moduler avec les risques que l’on prenait, comme par exemple lors des chutes : les cordes étaient bien moins élastiques qu’aujourd’hui et les points peu fiables… Je me souviens d’une équipe de grimpeurs belges avec un dénommé Barbier qui peignait les clous en jaune pour bien montrer qu’il n’y avait pas touché. Hélène : D’où l’expression « jaunir les points » pour libérer les voies. On inventait des astuces pour passer à un autre mode de grimpe. Je me souviens aussi qu’Antoine, pour la première fois, a parlé d’éthique car les règles du libre étaient encore très floues. En effet, lorsque l’on tombait au 3ème point et que l’on repartait mais en second : avait-on enchaîné ou non la voie ? Tout cela s’est mis en place au fur et à mesure pour aboutir aujourd’hui aux règles du « à vue », « flash », « après travail », « en second », etcsuite p24 22 Jacques âge : né en 1938, faîtes le calcul ! profession : polytechnicien, ingénieur géographe à l’IGN puis manager au Ministère de l’Equipement, maintenant à la retraite 1ère fois en montagne : depuis petit (5 ans) ; en bloc : sortie Lycée à 13 ans à Fontainebleau en 1951 ; en falaise : escalade encordée à 15 ans au Saussois ; perfs max en falaise : « Chimpanzodrome » 7c+ à 47 ans (Saussois/1985), « L’Homme programmé » 8a à 49 ans (Buoux/1987) perfs max en bloc : 7c « Gnossienne » à Fontainebleau grimpe toujours niveau : impressionnant ! r
t r a I t Hélène âge : 3 ans de moins que Jacques, refaites le calcul ! ! profession : gynécologue, maintenant à la retraite 1ère fois en bloc : 23 ans à Fontainebleau et en falaise : « Dièdre du Renard » 5+/6a sans baudrier (les Calanques/1964) perfs max : « Doute à goutte » et « John Venture » 7b+ à 53 ans (Buoux/1993) perf max en bloc : 7a « Médaille en chocolat », version stat, à Fontainebleau grimpe toujours niveau : variable selon l’humeur ! lieu d’habitation : le Luberon



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