Escalade Mag n°1 sep/oct 2005
Escalade Mag n°1 sep/oct 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de sep/oct 2005

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Press'Evasion

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 9,5 Mo

  • Dans ce numéro : trip espagne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 La âymphonie Verticale de j 0C• usa gel i ébenge/IL. iii LELL.0 l'HEL. I n te interview : Cathy JOLIBERT r v Le Menestrel, un nom connu du milieu de l’escalade puisqu’il a participé aux évolutions successives de la pratique comme l’abandon des étriers, le passage de « l’artif » au libre et donc la mise en place des règles que l’on connaît aujourd’hui, et aussi la « libération » du niveau 8 dans les années 80 par, entre autres, les fils Antoine et Marc. L’histoire commence ainsi : Il y a bien longtemps, en l’an de grâce 1964, dans la vaste forêt de Fontainebleau, pas très loin de la Mare aux Fées, le beau Jacques (Menes, de son petit nom !) rencontre la mystérieuse Hélène. Le coup de foudre embrase leur regard, et il lui offre une paire de chaussons pour disparaître très rapidement, derrière un bloc…. et réapparaître : quelques mois plus tard, naît Antoine, puis Marc et enfin Séverine ! Déjà plus de 40 années se sont écoulées depuis leur premier rendez-vous. Que sont devenus les deux principaux protagonistes de notre histoire ? Lisez plutôt la suite : i e w
Cathy : Lorsque l’on m’a demandé qui je voulais interviewer, sans hésitation, c’est à vous que j’ai pensé. En effet, 40 ans de mariage, tout autant d’escalade et vous paraissez sereins, épanouis et toujours aussi amoureux ! Falaisistes techniques et performants, bleausards expérimentés, peutêtre même le couple doyen de l’activité, vous avez un devoir de responsabilité ! Quel est votre secret, votre recette ? Jacques : Pour l’escalade ou pour l’amour ? RIRES ….. Hélène : Quant tu vas grimper, tu t’investis à chaque fois pour y aller. Même si cela fait dix fois que tu fais la même voie : tu mets tes chaussons, tu fais attention au nœud de la corde et tu le vérifies, tu regardes la voie, tu comptes le nombre de points, tu respires et tu te fais plaisir. Dans le couple, c’est un peu pareil : il faut s’investir tout le temps. A chaque fois tu refais un choix : « tu y vas ou tu y vas pas ? » Si c’est oui, alors il ne faut pas faire semblant… Cathy : Quatre décennies de mariage et tout autant de grimpe, beaucoup restent admiratifs. Replaçons le contexte de votre rencontre. Quel âge avaient les jeunes tourtereaux en 1964 ? Jacques et Hélène : respectivement 26 ans et 23 ans. Cathy : Vos objectifs professionnels ? Hélène : J’étais encore étudiante en médecine et mon objectif était de travailler mais pas que de travailler. Et surtout, je voulais être autonome et indépendante ! Jacques : J’étais encore étudiant à l’IGN (école des sciences géographiques). Et la cartographie me permettait de passer du temps sur le terrain et de le connaître. Cathy : Vous aviez un engagement politique ? Hélène : Non aucun, mais on assistait à la naissance des prises de conscience du féminisme dans lequel je me suis investie à partir de 68. Jacques et moi avons aussi participé aux comités d’actions sociaux-politiques dans nos établissements respectifs mais la situation était très délicate… Cathy : Le début du parcours commun en escalade se situe dans la Forêt de Fontainebleau. Est-ce que la pratique du bloc était répandue par rapport à la falaise ? Jacques : Oui, nous allions l’hiver à Fontainebleau et les saisons intermédiaires, au Saussois. Bloc et falaise étaient deux pratiques parallèles. Mais certains s’étaient déjà spécialisés dans le bloc. Sachant que l’escalade libre est apparue à partir de 1978 ; par exemple au Saussois : on grimpait avec ou sans étriers. C’est-à-dire que tu essayais de grimper sans étrier, juste en tirant au clou. Cathy : Y-a-t’il des sites dont vous gardez un sentiment particulier, peut-être lié à un évènement ? Jacques : Beaucoup de sites à Fontainebleau défilent comme autant d’endroits chargés d’histoire et d’émotion mais je garde de l’Isatis à Fontainebleau un souvenir fort. Cathy : Pourquoi ? Jacques : Car c’est à cet endroit que j’ai travaillé et réalisé « Gnossienne » 7c. Ce bloc est terrible, parce qu’il est aussi haut que le « Douze bis » et que je n’avais pas les prises de la sortie. Donc il a fallu, à plus de 3 mètres du sol, aller les chercher ! …c’est vrai que la performance donne un petit plus à tes satisfactions mais l’essentiel ne réside pas là, je me fais tout autant plaisir dans des grandes voies… Cathy : Aujourd’hui Fontainebleau est devenu un site très fréquenté. Beaucoup pensent que pour protéger ce site comme d’autres, il faudrait limiter l’accès avec un système payant. Qu’en pensez-vous ? Hélène : Rappelons qu’à l’époque dans la forêt de Fontainebleau, on allait jusqu’au pied des blocs en voiture ! Evidemment, on a très bien accueilli la mise en place des parkings puisqu’elle permettait de protéger un espace réservé aux piétons. Donc une solution serait de déplacer encore les parkings au bord des routes voire à la lisière de la forêt, ainsi la sélection se réalisera au niveau de la motivation et non de l’argent ! Cathy : Et créer un système de protection comme un Parc National ? Jacques : Le problème de la mise en place d’un Parc National est que souvent les tractations entre grimpeurs et interlocuteurs des Parcs se passent mal. Et pour cause, les uns comme les autres oublient que cet espace appartient à tous et qu’il faut avant tout communiquer pour aboutir à un compromis ! Je vois le problème de la surfréquentation des sites naturels réglé par la multiplication des sites d’escalade et la restriction d’accès aux voitures. Donc dans un Parc National comme celui des Ecrins, augmenter le nombre de sites accessibles et non les diminuer, permettrait de réduire la pression anthropique exercée sur le milieu et ses espèces. A condition, aussi, d’aménager le site intelligemment et d’avoir envie d’écouter ce que chacun a à dire. 21



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