Époque Times Montréal n°353 1er avr 2013
Époque Times Montréal n°353 1er avr 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°353 de 1er avr 2013

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : La Grande Époque Inc.

  • Format : (279 x 559) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : le vernis vert du greenwashing.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 Art et culture 1 er au 14 avril 2013 ÉpoqueTimes L’homme qui rit Stimuler l’intérêt pour le roman Mathieu Côté- Desjardins Époque Times Drame français dans lequel Marc-André Grondin joue le personnage clé, L’homme qui rit, coscénarisé et réalisé par Jean-Pierre Améris (Les émotifs anonymes) vise haut en proposant aux cinéphiles sa vision du roman éponyme de Victor Hugo publié en 1869. Le personnage principal de Gwynplaine, au cœur de l’œuvre, a déjà inspiré, entre autres, Brian De Palma dans son adaptation cinématographique du roman Le Dahlia noir et le personnage du Joker dans l’univers de Batman. Gwynplaine (Marc-André Grondin) vit avec un sourire permanent qui lui a été tracé dans la chair depuis l’enfance. Cette fatalité l’amènera à rencontrer Ursus (Gérard Depardieu) qui l’adoptera, et une jeune fille aveugle, Déa (Christa Theret), avec qui il grandira. Vivant une vie de forains, ils présenteront le spectacle «L’homme qui rit», qui deviendra leur plus grand succès, avec tout ce qui vient avec. Le réalisateur Jean-Pierre Améris a su mettre la table pour rendre un hommage appuyé à l’œuvre massive de Hugo (près de 900 pages), mais s’est arrêté trop tôt (le film ne dure qu’une heure trente-quatre minutes). Une trilogie ou encore une série télévisée aurait pu intégrer la force de réalisation d’Améris et la puissance des mots de l’auteur de Notre-Dame de Paris et des Misérables sans trop de coupures. Le film L’homme qui rit se veut plutôt une initiation à l’œuvre. Une initiation qui donne toutefois vraiment le goût de lire le roman. Soulignons que le réalisateur a recréé le plaidoyer politique et humain de Gwynplaine de façon magistrale. Le choix de Marc-André Grondin (L’affaire Dumont, Goon) pour jouer le personnage de l’homme qui rit risque d’ébranler certains amants de l’œuvre d’Hugo. Malgré son imposante cicatrice au visage, Grondin est un acteur qui est loin d’être laid, ce qui pourra constituer un contraste vif, voire un cliché déplaisant, dans l’esprit de plusieurs qui s’attendent à voir un Gwynplaine hideux comme Victor Hugo l’avait dépeint. Pour ce qui est de sa performance, on peut n’en dire que du bon. Parmi ses qualités qui le suivent de film en film, on relève dans celui-ci qu’il manie spécialement bien la capacité de susciter la sympathie. Il est réjouissant de retrouver l’acteur français Serge Merlin (Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, La Cité des enfants perdus) et son jeu en deux temps : d’abord, il arrive délicat et velouté comme on a eu l’habitude de le retrouver ses dernières années. Puis, devient un personnage sinistre et malintentionné. Malgré ce changement draconien de personnalité, il demeure le Serge Merlin profondément ravissant. Côté Gérard Depardieu (Astérix et Obélix, Life of Pi), on le retrouve plus près de ses grands rôles tels que Cyrano de Bergerac. Il rend très bien les trop peu nombreuses, mais non moins délicieuses, répliques de Victor Hugo et se veut crédible dans le rôle de père affectueux. Les émotions palpables qu’il a l’habitude de transmettre avec aisance passent tout aussi bien dans son personnage d’Ursus. Côté féminin, Améris a su démontrer son grand talent. Pour débuter, Christa Theret (Le bruit des glaçons, LOL) joue la jeune femme aveugle avec grande vraisemblance. Son maquillage très simple et naturel donne plusieurs occasions d’apprécier tout le jeu provenant de son visage. L’actrice dans une charmante quarantaine, Emmanuelle Seigner (Instinct de survie, La neuvième porte), épate en faisant l’écart entre une séductrice impénitente et une femme lassée et fielleuse. Cette sortie cinéma, qui pourra certainement emballer bien des adolescents et des amateurs de Victor Hugo, a été l’occasion pour l’éditeur Gallimard de republier le roman éponyme devenu plutôt rare sur les tablettes. Disponible dans la plupart des librairies. Métropole Films Distribution Déa (Christa Theret) et Gwynplaine (Marc-André Grondin) vivent ensemble depuis l’enfance. Un nouvel arrêt pour présenter leur spectacle ambulant, «L’homme qui rit», viendra changer leur vie à jamais. Métropole Films Distribution Ursus (Gérard Depardieu) joue le rôle d’un herboriste habile qui devient du jour au lendemain père et, un peu plus tard, dramaturge forain. Métropole Films Distribution Gwynplaine (Marc-André Grondin) et la duchesse Josiane (Emmanuelle Seigner) ont bien des choses à s’apprendre mutuellement dans le film L’homme qui rit. Couleur de peau : Miel Tranche de vie troublante et animée Mathieu Côté- Desjardins Époque Times Le docu-fiction d’animation Couleur de peau : Miel arrive au Québec avec des éloges flatteurs dont le Grand Prix de Montréal décerné au meilleur long métrage du Festival international du film pour enfants (FIFEM), le Prix de l’innovation-INIS et le prix du public au Festival international du film d’animation d’Annecy 2012. Le long métrage d’animation (Belgique/France/Corée du Sud) a été réalisé par Jung et par Laurent Boileau, d’après la bande dessinée de Jung, publiée aux Éditions Quadrants/Soleil. L’œuvre autobiographique est un collage de souvenirs plus douloureux que cocasses, présentant les tourments méconnus de l’adoption, de ce que vivent la Corée et les familles, peu importe où elles se trouvent sur le globe. Qu’il soit dans sa nouvelle famille en Belgique ou en Corée alors qu’il a été abandonné par sa mère, Jung a traîné beaucoup de souffrance dans sa vie. En quête de trouver des réponses sur ses origines et d’obtenir une certaine paix, il se souvient de moments aussi drôles qu’affligeants. À la croisée du documentaire semi-fiction de Stories We Tell de la réalisatrice canadienne Sarah Polley et de Waltz with Bashir, Couleur de peau : Miel pourrait passer, sous ses premières impressions, comme étant un film indépendant pour enfants. Il est au contraire un drame dur, parfois comique, un peu comme l’excellent film d’animation Mary and Max ou encore le marquant Persepolis. L’innovation de l’animation 2D mêlée à celle du 3D émerveillera ceux qui recherchent les avancées dans le domaine graphique. Cela est en plus agrémenté de passages réels de la vie de Jung, à l’âge adulte, ce qui triple la richesse de l’œuvre, alors que cette apparition est pour que le public cerne bien qui est le narrateur. L’éclairage donne un cachet saillant à toutes les images du film ou presque. La quête d’identité de Jung n’est ni trop noire, ni trop romancée. Elle se veut réaliste, sans trop de repères, toujours accompagnée d’une humilité touchante. Une série de photos, de diapositives, qui montrent où en est Jung dans sa compréhension du monde et ce qu’il est devenu. La narration témoigne à chaque instant d’une distance qu’a prise le protagoniste par rapport à son histoire qui se déroule sous nos yeux, ce qui donne une cohérence au tout. Cela sert particulièrement la dernière partie du film où la reconnaissance et l’acceptation apparaissent. Le travail conjoint de Jung et de Laurent Boileau se veut également une critique contemporaine des familles qui décident d’adopter. Jung fait justement référence à l’adoption pour certaines familles comme s’il s’agissait de l’achat d’une voiture de l’année. On y retrouve un regard cru et nécessaire sur la psychologie des parents occidentaux qui, même vivant dans une certaine aisance matérielle, sont aussi en détresse émotionnelle autant qu’ailleurs dans le monde. Le plus malheureux est de constater que même dans ces sociétés soi-disant développées, plusieurs «adoptés» finissent par sombrer. L’aspect intérieur du calvaire de Jung est très clair, autant par des visions cauchemardesques que par des souffrances que le cinéphile peut très bien deviner. Cela permet aussi d’approcher les mauvais coups de Jung avec plus d’empathie. Quelques séquences, très poétiques et mélancoliques parsèment le film, dont celles de la traversée d’un champ de blé mûr ou encore des songes où il retrouve sa mère biologique. Ce film pourra se révéler une ressource précieuse pour les gens ayant été adoptés, pour ceux qui travaillent avec des gens qui l’ont été ou qui seraient tentés par l’idée dans un futur proche. Par son expérience personnelle, Jung tient à raconter une histoire qui accueille celles de millions d’autres enfants. FunFilm Distribution Jung et son frère adoptif du même âge, alors qu’il passe à travers sa phase «japonaise». FunFilm Distribution FunFilm Distribution Jung, au moment de son adoption avec sa nouvelle famille dans le film Couleur de peau : Miel. Le véritable Jung, en quête d’identité dans son pays d’origine, la Corée, dans le film Couleur de peau : Miel.
ÉpoqueTimes 1 er au 14 avril 2013 9 Santé Donner est plus gratifiant que recevoir Kelly Ni Époque Times Une étude menée par l’Association américaine de psychologie (APA) a rassemblé des données confirmant l’évidence que l’on se sent mieux en donnant plutôt qu’en achetant pour soi-même. «Nos conclusions indiquent que la satisfaction ressentie en aidant autrui pourrait être profondément ancrée dans la nature humaine et ressurgir dans des contextes culturels et économiques divers», précisent les chercheurs dans l’introduction de leur rapport. L’étude intitulée Prosocial Spending and Well-Being: Cross-Cultural Evidence for a Psychological Universal – que l’on pourrait traduire par «Activités sociales et bien-être : évidence culturelle d’une psychologie universelle» – est publiée dans la revue de psychologie clinique et sociale de l’APA. Par le biais de plusieurs expériences, les conclusions se sont avérées identiques, les gens du monde entier aiment donner, cela les rend heureux. Les chercheurs ont nommé ce sentiment une «douce sensation». Mario Tama/Getty Images Un passant s’apprête à donner de l’argent à un musicien de rue. Selon une étude, donner procure plus de bonheur que de recevoir. Les chercheurs se sont spécifiquement intéressés aux dons d’argent; aucune différence entre les pays riches et les pays pauvres n’a été entrevue. Ils ont étudié les données résultant d’un sondage effectué de 2006 à 2008 par le Gallup World Poll dans 136 pays. Les données collectées provenaient de 234 917 personnes, dont la moitié était de sexe masculin. L’âge moyen était de 38 ans. Bien que cela ne soit pas scientifiquement prouvé, beaucoup de personnes fortunées déclarent éprouver du bonheur à donner, et les chercheurs s’y sont intéressés. Warren Buffett, le célèbre milliardaire américain, s’est engagé en 2010 à donner de son vivant plus de 99 % de sa fortune à des œuvres philanthropiques. Il a assuré que son mode de vie et celui de sa famille ne seraient pas modifiés par ses donations. Il a précisé que dépenser tout son argent pour sa propre satisfaction ne le rendrait pas heureux. M. Buffet a dit ne vouloir garder que ce qui lui est nécessaire et donner le reste à la société. Les chercheurs ont analysé les déclarations de Buffett et se sont posé la question : «Est-ce que dépenser son argent pour les autres procure du bonheur, même dans les régions très pauvres du monde?» Dans une étude, les réponses de 820 universitaires canadiens et ougandais ont été comparées. Les participants ont rédigé un texte relatant une situation où ils ont dépensé leur argent soit pour eux-mêmes, soit pour les autres. Il leur était ensuite demandé de traduire leur ressenti de satisfaction. Le rapport concluait : «Au Canada, comme en Ouganda, le moment de bonheur le plus profond a été ressenti au moment où les participants s’interrogeaient à la manière de dépenser l’argent pour autrui, plutôt que pour eux-mêmes.» Ensuite, on leur a demandé si la dépense pour autrui était destinée à construire ou à renforcer une relation. Les chercheurs ont constaté que les personnes ressentaient autant de plaisir à donner aux autres même quand un petit gain personnel était attendu en retour, comme des remerciements ou un cadeau. Dans un autre exemple, les chercheurs ont étudié des sujets canadiens et sudafricains. Ces participants ont acheté un cadeau pour eux-mêmes et un cadeau identique pour un inconnu. Personne à l’extérieur de l’expérimentation n’était au courant du geste généreux. Il s’avère, selon l’étude, que faire quelque chose pour n’importe quelle personne autre que soimême procure un haut niveau de satisfaction. Les techniques de vente convaincantes de l’industrie alimentaire affectent notre perception de la santé La dernière tendance diététique peut-elle vous aider à perdre du poids? Caroline Leung Les excuses pour se permettre des biscuits et des gâteaux ainsi que de bons petits plats sont révolues! Avec l’arrivée du printemps vient une envie de reprendre une alimentation saine et des objectifs de perte de poids. Il existe une tonne de produits alimentaires qui prétendent vous aider à perdre du poids pour que vous puissiez enfiler vos jeans moulants : des céréales «maintenant faites avec des grains entiers» ou des aliments sans gluten, ces derniers étant souvent considérés comme une solution de remplacement plus saine que leurs homologues contenant du gluten. Ces éléments habilement commercialisés vont-ils vraiment vous aider à perdre du poids et à être en meilleure santé? Les entreprises alimentaires ont commercialisé efficacement ces produits pour attirer les acheteurs. Les publicités utilisent des techniques de vente convaincantes qui ciblent les personnes à la diète. Par exemple, une publicité d’une société céréalière propose de remplacer un repas habituel par une portion de leurs céréales deux fois par jour, et ce, dans le but de vous aider à devenir plus minces. La perte potentielle de poids est attribuée à la diminution drastique des calories plutôt qu’à la valeur nutritionnelle réelle du produit. Consommer une portion de céréales avec du lait écrémé contient moins de 200 calories tandis qu’un petit déjeuner traditionnel, un sandwich œuf et fromage ou un cheeseburger avec frites peut très bien dépasser les 500 calories, il est donc concevable qu’il y ait perte de poids. Cependant, la qualité de ce repas de remplacement est au mieux minime. Avec peu de protéines et de fibres, ces repas de substitution à base de céréales ne représentent pas des repas nutritionnellement équilibrés. Une autre idée fausse au sujet des régimes pour maigrir est une alimentation sans gluten. Selon le Journal de l’Académie de nutrition et de diététique : «Il n’y a aucun rapport publié montrant qu’un régime sans gluten produit une perte de poids chez les personnes qui n’ont pas de maladie cœliaque ou d’intolérance au gluten.» Cependant, le marketing stratégique des produits sans gluten a conduit à la compréhension selon laquelle les aliments sans gluten sont plus sains que ceux contenant du gluten. Les célébrités ont contribué à populariser cette notion en attribuant leur perte de poids à un régime sans gluten. Qu’est-ce que le gluten? Est-ce vraiment préférable de l’éviter? Le gluten est un type de protéine que l’on trouve dans les céréales comme le blé, l’orge ou le seigle. Ceux pour qui ce régime est bénéfique sont des personnes souffrant d’une maladie cœliaque ou d’une intolérance au gluten. La maladie cœliaque est une maladie auto-immune dont les symptômes, tels que des douleurs abdominales, des ballonnements, des flatulences ou la diarrhée, sont déclenchés par l’ingestion de gluten. Dans ces cas, un régime sans gluten va soulager la douleur gastrointestinale causée par la maladie cœliaque ou une intolérance au gluten. Cependant, pour ceux qui ne souffrent pas de cette maladie et n’ont pas d’intolérance au gluten, il y a des études cohérentes qui confirment que les céréales complètes, lesquelles contiennent du gluten, sont bonnes pour la santé. Alors, continuez à manger vos céréales complètes, que ce soit le pain à blé entier, le riz brun ou autres. Avec ce flot constant d’allégations ambiguës et de publicités convaincantes du marketing stratégique, comment pouvons-nous appliquer un régime efficace qui soit à la fois nutritif et facile à intégrer à n’importe quel mode de vie? Au lieu de consacrer un temps précieux pour déchiffrer la crédibilité d’une publicité sur une étiquette ou de dépenser de l’argent supplémentaire pour des aliments à la mode, préparez plutôt vos repas avec des aliments frais. Commencez vos courses en choisissant des fruits et des légumes colorés, comme des poivrons rouges, des épinards en vrac ou des myrtilles. Coupez les légumes et faites-les sauter rapidement et simplement à la poêle. Ajoutez une poignée de baies ou des épices et saupoudrez de noix de manière à avoir des graisses saines, des fibres et des antioxydants supplémentaires. Cela permet d’être rassasié tout en conservant le plaisir de manger. Les produits frais sont naturellement plus riches en vitamines et minéraux, et plus faibles en calories que les aliments préparés et transformés. Ils permettent d’accompagner une perte de poids tout en fournissant au corps les nutriments essentiels. Commencez à manger plus sainement, ajoutez plus de produits frais à votre panier et remplacez les aliments préemballés et transformés par des fruits et légumes frais! Caroline Leung fait preuve d’une curiosité insatiable pour la nutrition et le bien-être. Elle termine ses études pour devenir diététicienne après avoir achevé son stage en diététique au New York-Presbyterian Hospital. Elena Schweitzer/Photos.com Au lieu de consacrer du temps précieux à essayer de déchiffrer la crédibilité des affirmations vantées sur les étiquettes ou dépenser de l’argent pour la dernière tendance, préparez plutôt vos repas avec des aliments frais.



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