Époque Times Montréal n°353 1er avr 2013
Époque Times Montréal n°353 1er avr 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°353 de 1er avr 2013

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : La Grande Époque Inc.

  • Format : (279 x 559) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : le vernis vert du greenwashing.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 Actualité 1 er au 14 avril 2013 ÉpoqueTimes Un vert de trop Les consommateurs aussi bien que les entreprises et les gouvernements sont de plus en plus soucieux de l’environnement. Cependant, les intentions ne sont pas toujours nobles et certains instrumentalisent l’environnement pour redorer leur blason. C’est ce qu’on appelle de l’«écoblanchiment» ou greenwashing. Selon Jean-Philippe Vézina, consultant en stratégies de développement durable et directeur de Conseil Movez Action inc., une entreprise de coaching, de formations et de services conseil pour les entrepreneurs sociaux, «cette appellation a été créée par les groupes environnementaux. Elle a pour but de dénoncer les organisations et entreprises qui utilisaient de façon fausse les avancées en matière d’environnement durable ou les propriétés écologiques d’un produit. Cette façon de faire met de l’avant les attributs écologiques ou tout simplement la couleur verte alors que l’entreprise ou le produit n’ont pas d’effet réel sur une amélioration de la protection de l’environnement. On investit alors surtout dans le matériel publicitaire et dans la promotion du produit plutôt que d’investir sur des choses qui peuvent avoir un impact pour réduire la pollution», détaille le spécialiste en marketing vert et en marketing social. les processus soient contestés ou qu’il y ait d’autres façons de faire les choses. Les décideurs peuvent faire le choix d’évoluer et d’adopter les politiques de développement durable en conséquence», poursuit M. Migneault, président de RPM Développement Durable aidant des entreprises dans leur réalisation de projet de construction durable. Certifications à considérer «Au Canada, il y a des organismes qui réglementent les certifications et les logos. Les plus connus sont Energy Star [pour les objets électriques écoénergétiques], Écologo et Green Seal [tiennent compte des répercussions environnementales pour des produits nettoyants, etc.] et FSC [Forest Stewardship Council pour des produits de papier provenant de forêts gérées de façon écoresponsable]. Il y a aussi les logos bio, équitables qu’il faut considérer avec discernement», avance M. Vézina. Le gouvernement du Canada propose un guide pour acheter vert ou comment s’assurer de faire des achats vraiment écologiques 1 . Au quotidien «Les produits nettoyants sont de bons exemples auxquels à peu près tout le monde peut avoir accès. Un liquide peut être décrit comme “écologique” et une fleur ou un paysage de verdure et un parfum accompagneront le tout, à la place d’un vrai logo légitime pour valider sa valeur environnementale. Il est important qu’il y ait un organisme tiers, pour confirmer si la composition du produit est vraiment sans danger pour l’environnement», précise M. Vézina. «Un autre exemple, l’appellation “biodégradable” est souvent présente, alors qu’on ne sait pas dans combien de temps le produit sera biodégradé. À peu près tous les produits sont biodégradables, c’est de savoir combien de temps ça prendra. Ça peut prendre 500 ans comme quelques semaines ou quelques jours ou encore quelques mois. Dans bien des cas, les compagnies n’ont pas fait valider la véracité de ce qu’ils annoncent ni donné toute l’information au consommateur, à savoir ce qui fait que ce produit est écologique», ajoute Jean-Philippe Vézina. «Les entreprises qui font l’embouteillage d’eau dans des contenants en plastique disent que leur eau est plus pure et qu’ils ont développé un format de bouteille plus petit qui utilise moins de plastique. On peut dire ici qu’il y a greenwashing. On a beau créer des bouteilles plus petites, les bouteilles d’eau produisent des déchets, qu’il y ait plus ou moins de plastique. La vraie solution est de savoir que l’eau dans la plupart des municipalités est de très bonne qualité. La plupart des marques connues ont essayé l’expérience et ont retiré ce type de publicité. Ils ne mettent plus de publicités vertes de l’avant. Ils ont développé d’autres stratégies», fait remarquer M. Vézina. Volontaire ou négligence «Dans le cas de l’écoblanchiment volontaire, l’entreprise sait sciemment qu’elle produit des informations ou ne dit pas toute la vérité concernant les vertus écologiques ou le développement durable du produit. S’il s’agit d’écoblanchiment non intentionnel, l’entreprise ne tentera pas généralement d’étouffer la voix de ceux ou de celles qui l’ont dénoncée et elle admettra ses erreurs. Elle va également apporter les corrections tout en entrant dans un processus de dialogue constructif et faire état de ses possibilités», fait part Réal Migneault, spécialiste en stratégies d’affaires écologiques. «Il faut comprendre que les processus de développement durable peuvent être longs, autant pour une entreprise que pour une municipalité, qu’ils ne fonctionnent pas du premier coup. Des gens doivent changer des pratiques de longue date où il y a peut-être eu négligence. Il y a souvent un manque de connaissance et de formation. Il est possible que Tactique en perte de vitesse Jean-Philippe Vézina et Réal Migneault sont fort optimistes et pensent qu’il est de plus en plus difficile pour les entreprises de procéder à l’écoblanchiment, puisque le phénomène est progressivement connu. Il y a de plus en plus de professionnels du milieu pour éduquer à tous les niveaux, et les consommateurs sont de plus en plus conscients et méfiants par rapport aux arnaques vertes, sans compter qu’il y a plus d’organismes de réglementation qui ont le pouvoir de poursuivre ou de dénoncer. Ils sont aussi tous les deux d’accord pour dire que les meilleurs opposants ne sont pas les gouvernements, mais bien les citoyens et les groupes de consommateurs, entre autres, par les médias sociaux ou à travers les actions des organismes comme Greenpeace par exemple. «Tant que les gens n’auront pas toute l’information sur ce qu’est un vrai produit écologique, ce sera toujours possible pour les entreprises de tromper le grand public», affirme M. Vézina. 1.www.ec.gc.ca/education/default.asp?lang=Fr&n=F37DC0B8-1 7 LES PÉCHÉS DU GREENWASHING selon l’agence TerraChoice 1 LES COMPROMIS CACHÉS Faire valoir l’avantage écologique d’un produit pour cacher les méfaits. 2 ZÉRO PREUVE Affirmer être respectueux de l’environnement sans être en mesure d’apporter la moindre preuve ou certificat extérieur. 3 RESTER VAGUE Se proclamer «produit naturel»; ce qui, finalement, peut englober des produits contenant de l’arsenic, du mercure, etc., qui sont tous des produits «naturels» et pourtant très nocifs. 4 FAUX LABEL Utiliser un logo falsifié pour faire croire à une vérification des vertus écologiques du produit. MANQUE D’À-PROPOS Mettre l’accent sur un bienfait environnemental qui n’est pas propre au produit en question, par exemple se vanter d’être sans CFC alors que les CFC sont, de toute façon, interdits par la loi. 5 6LE MOINDRE MAL Utiliser la cause environnementale pour défendre un produit nocif. 7 MENSONGE ÉHONTÉ Mentir sans complexe sur son produit (souvent lorsqu’il est question de la performance énergétique d’un produit). ÉpoqueTimes ISSN#1712-8099 1099, rue Clark, bureau 2 Montréal QC H2Z 1K3 www.epoquetimes.com Téléphone : 514 931-0151 Télécopieur : 514 868-0843 Directeur Olivier Chartrand [olivier.chartrand@epochtimes.com] Rédaction Mathieu Côté-Desjardins [mathieu.cote-desjardins@epochtimes.com] Ventes Kathia Myriam Guay [kathia.myriam@epochtimes.com] Distribution John Halas Tirage : 10 000 exemplaires distribués gratuitement, en main et en présentoir, deux fois par mois au coeur de la ville de Montréal Publié par : Époque Times ÉpoqueTimes fait partie du réseau d’information le plus largement distribué au monde. Toute reproduction des annonces ou informations, en tout ou en partie, est interdite sans la permission écrite de l’éditeur. ÉpoqueTimes ne se tient pas responsable financièrement des erreurs typographiques; textes, dates ou autres pouvant survenir dans les textes publicitaires, mais elle s’engage à reproduire la partie du texte où se trouve l’erreur dans une édition subséquente. Le journal se réserve le droit de refuser toute publicité ne convenant pas à sa politique.
ÉpoqueTimes 1 er au 14 avril 2013 Actualité 3 Greenwashing à la Ville de Montréal Ayant bien des défauts qui continuent d’être évoqués par la plupart des médias, la Ville de Montréal possède au moins la qualité d’être écologique… du moins, son bon vouloir semble exister. Cependant, la concrétisation de ses engagements dans cette direction rencontre une certaine résistance. «Bien que l’intention n’est pas du tout de faire de l’écoblanchiment, la Ville de Montréal a fixé comme objectif pour tous ses bâtiments d’atteindre la certification LEED OR [certification environnementale en construction avec objectif élevé]. C’est ambitieux, la Ville mérite d’être félicitée pour ça, pour ce type de décision», explique Réal Migneault. «Par contre, quand on regarde les appels d’offres et quand on constate la façon dont les contrats sont attribués, quand on voit le processus de conception des projets, en pratique, tout est comme avant», analyse le spécialiste des stratégies d’affaires écologiques. Il tient à assurer qu’il ne jette pas la pierre à la Ville de Montréal : «Ce scénario d’écoblanchiment involontaire n’est pas unique à la Ville de Montréal, mais il correspond au portrait de bien d’autres municipalités», estime-t-il. «Les enveloppes budgétaires n’ont pas été ajustées en termes d’argent pour faire ventiler les budgets, pour accorder plus de temps aux professionnels, travailler davantage sur la conception du projet de développement des appels d’offres qui tournent autour du cycle de vie du bâtiment, puis de la performance énergétique à long terme du bâtiment plutôt que des économies à faire dans le coût de construction, etc. On a créé un effet pervers. On se retrouve dans des projets de constructions dans lesquels des entrepreneurs, et souvent les professionnels, vont uniquement se concentrer sur le pointage LEED pour avoir la certification OR», a-t-il constaté. «Tout l’esprit qui est derrière cela, qui tend à vouloir faire des bâtiments performants, à améliorer la santé et la qualité de vie des occupants, à augmenter la productivité et ainsi de suite est évacué. C’est comme pour un examen, il faut aller chercher les points et pas plus», se désole M. Migneault. Engourdissement bureaucratique Réal Migneault constate avec désolation la difficulté de faire briller le développement durable à travers tout l’hôtel de ville. «Par mes contacts à la Ville, je sens une volonté réelle, mais l’information passe plus ou moins dans les différentes strates de la Ville. Je parle à des gestionnaires de projets qui ont des budgets importants à administrer et qui n’ont même pas la sensibilité, les connaissances de base liées au développement durable. Ils ne sentent pas qu’ils peuvent y contribuer, il peut arriver que leur service ne les ait pas mis au courant», constate-t-il, navré. «Quand on doit expliquer l’ABC du développement durable ou de politiques d’achats responsables, on voit que le message n’a pas passé et qu’il reste beaucoup à faire pour la formation des employés et surtout qu’il reste beaucoup à faire pour démontrer les avantages de le faire de cette manière. La Ville conçoit le développement durable comme étant une contrainte. Les gens sont déjà très chargés, ils ont déjà beaucoup à faire dans leur mandat, le climat n’est pas toujours favorable à l’ouverture, en plus de tout ce qui se passe dans les médias. Les procédures sont lourdes et longs sont les processus administratifs à la Ville», réalise le président de RPM Développement Durable. Changement de cap possible La Ville pourrait facilement prendre des actions pour réussir à être fidèle à ses vœux écologiques aux dires de M. Migneault. «Adopter dans la mesure du possible, lorsqu’on parle d’approvisionnement responsable, une politique qui tient en compte le cycle de vie des produits, même chose pour les projets de construction, où les responsables ne sont pas uniquement redevables de budgets annuels, mais aussi de performances à long terme», croitil. «Le développement durable est encore trop vu comme une option ajoutée, alors que ça devrait être l’esprit dans lequel le projet se fait. Cela change toute la donne. On arrive souvent à la dernière minute où les décisions ont été prises. Les compromis et les contraintes sont souvent considérables», défend M. Réal Migneault. M. François Robillard, conseiller de ville du district Saint-Jacques (Ville-Marie) et vice-président de la Commission sur l’eau, l’environnement, le développement durable et les grands parcs à la Ville de Montréal, ne nous a pas rappelés. Vue aérienne des opérations de la Suncor qui exploite les sables bitumineux dans le nord de l’Alberta. Stimuler une sensibilité terre et mer Deux des grands domaines où l’écoblanchiment survient régulièrement sont ceux des combustibles fossiles et de la pêche, plus précisément des sables bitumineux et de la surpêche. «Halte à la pétro-propagande» [www.petropropagande.ca], c’est le nom de la dernière pétition de Greenpeace, entre autres, en réaction aux «neuf millions de dollars que le gouvernement Harper a investis pour “verdir” l’industrie des sables bitumineux», rappelle le responsable de la campagne climat-énergie chez Greenpeace Canada, Patrick Bonin. «Les Québécois doivent être conscients des enjeux du sable bitumineux qui arrivent au Québec, on a des projets de pipeline pour les sables bitumineux qui se concrétiseraient si on ne fait rien et de sérieux impacts environnementaux», insiste M. Bonin. La compagnie Enbridge, qui souhaiterait un pipeline entre Montréal et le Michigan, a déjà commencé à aller de l’avant avec un écoblanchiment digne de ce nom. «La compagnie a de l’argent pour se payer une campagne de publicité monstre dans les journaux québécois où elle vante la sécurité de son projet d’inversion de pipeline et se drape de vert. Et que dire des cadeaux qu’elle distribue aux municipalités québécoises situées le long du pipeline!», peut-on lire sur le blogue Greenpeace de M. Bonin. Les sables bitumineux du Canada apparaissent au 5 e rang des 14 projets énergétiques qui émettent le plus de carbone devant les gaz de schiste, selon un récent rapport de Greenpeace International. Poissons en première ligne «En 2009, Clover Leaf et d’autres compagnies de thon ont lancé l’ISSF (International Seafood Sustainability Foundation), une fondation qui a pour mission de trouver des solutions écologiques à la pêche destructive. C’est avec une grande déception que Greenpeace a vu l’ISSF devenir un organisme qui défend les pratiques destructives plutôt que d’aider à amener les changements nécessaires dont l’industrie a besoin pour préserver la santé de nos océans», explique Jiri Rezac/Greenpeace sur son blogue Charles Latimer, responsable de la campagne Océans chez Greenpeace Canada. Clover Leaf se veut la plus grande marque de thon en boîte au Canada. M. Latimer ajoute que même si ce poisson n’est pas pêché dans les eaux canadiennes, nous en consommons beaucoup. On peut lire sur le site de Greenpeace que «Clover Leaf travaille fort pour se donner une image verte, mais ses conserves contiennent toujours du thon classé sur la Liste rouge de Greenpeace». «En 2008, Greenpeace a établi une liste rouge des poissons qui ne devraient pas être pêchés et vendus, une liste basée par rapport au statut de l’espèce, mais aussi considérant les engins de pêche utilisés. Certaines embarcations peuvent être très destructives pour l’écosystème», déclare Charles Latimer. «On a approché tous les supermarchés afin qu’ils cessent d’acheter et de vendre les produits contenus sur cette liste rouge et on a procédé au classement des supermarchés selon leur approvisionnement durable. Quand on a fait nos premiers rapports, on avait quatre des huit principales chaînes de supermarchés ciblées qui avaient accepté de participer et, maintenant, nous sommes en contact avec tous les supermarchés régulièrement», déclare M. Latimer. Guillaume Lavallée/AFP/GettyImages Le siège social à Montréal de SNC Lavalin, qui nage dans la controverse depuis quelque temps avec les histoires du fils de Kadhafi, de la commission Charbonneau, du Centre universitaire de santé McGill, etc. Le groupe de sociétés d’ingénierie est également un fervent défenseur du nucléaire. SNC-Lavalin et greenwashing nucléaire En 2008, le gouvernement Harper a mis à la porte Linda Keen, qui était la présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, agence fédérale qui surveille la sécurité des centrales nucléaires au Canada. Cela s’était passé alors qu’elle avait été conseillée par l’ancien ministre fédéral des Ressources naturelles, Gary Lunn, d’accélérer la remise en marche du réacteur nucléaire de Chalk River (Ontario), puisque son arrêt avait provoqué une pénurie d’isotopes radioactifs essentiels en médecine. «M me Keen a déclaré dans plusieurs médias qu’elle avait été mise à la porte à cause de SNC-Lavalin», confirme Shawn-Patrick Stensil, analyste nucléaire pour Greenpeace Canada. Elle avait imposé des standards de sécurité modernes sur les centrales nucléaires au Canada. SNC-Lavalin a engagé une compagnie en lobbyisme, Hill & Knowlton, à Ottawa pour la mettre à la porte et cette dernière a réussi», explique M. Stensil. Plusieurs penseront que la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 ferait en sorte que le Québec ne serait plus mêlé à cette énergie controversée. Et pourtant SNC-Lavalin, une compagnie ayant son siège social à Montréal, aussi prospère que controversée pour avoir été mentionnée à de nombreuses reprises à la commission Charbonneau, est un leader dans le nucléaire au pays et aussi un joueur considérable sur la scène internationale. Le secteur du nucléaire, ici comme ailleurs, n’échappe pas à l’écoblanchiment dans sa stratégie marketing. Nucléaire vert «Il y a beaucoup de publicité pour dire, “nous sommes la solution aux changements climatiques”. Dans cette campagne d’écoblanchiment, en mettant de l’avant que l’énergie nucléaire est sécuritaire et propre – ce qui est un mensonge monumental – on a voulu minimiser tous les risques environnementaux qui sont toujours présents», croit Shawn-Patrick Stensil, qui a pu suivre le greenwashing du lobby nucléaire et son influence au cours des dix dernières années. M. Stensil fait remarquer que «l’industrie nucléaire visait à ce que la population mette de côté le fait que les déchets radioactifs que génèrent ses projets sont dangereux pour l’environnement. Elle a alors opté pour mettre de l’avant que le nucléaire ne causait que très peu de gaz à effet de serre, sachant bien que la population était inquiète à propos des changements climatiques», indique-t-il. «Il n’existe actuellement aucun plan acceptable pour gérer ces déchets. Même avec des milliards, on ne pourrait jamais faire de l’industrie nucléaire une industrie propre. Pour que les déchets radioactifs se décomposent, il faudrait plus d’un million d’années. Il n’y a pas une technologie humaine qui peut accélérer le processus, alors il y aura inévitablement des problèmes environnementaux reliés à cela», s’inquiète M. Stensil. Sécuritaire SNC-Lavalin «veut maintenant convaincre l’Ontario de construire deux nouveaux réacteurs à Darlington, à 400 kilomètres de la frontière avec le Québec. Pourtant, le fleuron de l’ingénierie québécoise refuse de construire les mêmes réacteurs en Inde tant et aussi longtemps que le gouvernement de ce pays n’aura pas limité sa responsabilité financière en cas d’accident. Si SNC-Lavalin ne fait pas confiance à ses propres réacteurs, pourquoi devrions-nous?[…]», relate M. Stensil sur son blogue de Greenpeace. «Une preuve des dangers que représente le nucléaire, c’est que la loi fédérale sur la responsabilité nucléaire a pour rôle de protéger les pollueurs. Cette loi confirme que les risques d’accident sont bien réels. Cette loi protège les pollueurs en faisant en sorte que ce soit les payeurs de taxes qui débourseront pour nettoyer l’environnement et couvrir tous les autres coûts si un problème survient», précise M. Stensil. Cette loi canadienne, mise en doute à maintes reprises, est entrée en vigueur en 1976. «L’industrie nucléaire a misé sur l’amnésie progressive de la population en ce qui concerne le désastre de Tchernobyl, qui a eu lieu à peu près il y a 25 ans, en vantant que l’industrie nucléaire est sécuritaire. Depuis 2011, avec l’incident de Fukushima, la population mondiale a été ébranlée. Plusieurs pays ont abandonné ou réduit leurs installations nucléaires après ce dernier accident. On voit des accidents nucléaires majeurs dans le monde arriver presque à chaque 10 ans», mentionne l’analyste nucléaire. L’Esperanza de Greenpeace arrive au port international de Manille aux Philippines en décembre 2012 dans le but de mettre en œuvre des actions pour protéger le thon contre les pêches illégales. Jay Directo/AFP/GettyImages



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