Époque Times Montréal n°351 4 mar 2013
Époque Times Montréal n°351 4 mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°351 de 4 mar 2013

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : La Grande Époque Inc.

  • Format : (279 x 559) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : gratuité scolaire à quel prix.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 International 4 au 17 mars 2013 ÉpoqueTimes L’élection kenyane pourrait affecter toute l’Afrique Le vote du 4 mars agira comme baromètre, alors qu’en 2007 la violence avait éclaté Kremena Krumova Époque Times Phil Moore/AFP/Getty Images Une femme passe devant une affiche électorale du candidat à la présidence, Raila Odinga, dans un taudis de la capitale Nairobi. Jamais auparavant la course à la présidence dans un pays n’avait opposé deux candidats accusés de crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale. C’était avant les élections kenyanes de 2013. Et ce n’est pas tout : l’un d’eux est en bonne position pour gagner selon les derniers sondages. Considérant le passé trouble du Kenya, si cette élection se déroule dans le calme elle pourrait devenir un exemple de transformation post-conflit en Afrique. Et, puisque d’autres dirigeants sont également accusés de crimes contre l’humanité, l’élection pourrait créer un précédent. «C’est une véritable étude de cas d’une transformation à la suite d’un conflit», affirme Vincent Tohbi, chef de mission au Kenya à l’Electoral Institute for Sustainable Democracy in Africa (EISA). «Si le Kenya réussit à traverser ce processus, cela donnera espoir à tous les pays africains qui traversent de telles crises.» Le Kenya vote dans des élections générales le 4 mars. Il s’agit des premières élections depuis 2007 alors que la violence post-électorale avait causé 1133 morts et déplacé environ 600 000 personnes. Les élections mettent à l’épreuve la nouvelle constitution adoptée en 2010, qui a transféré le pouvoir du palier étatique vers les comtés. La Commission électorale indépendante et le nouveau Conseil des médias du Kenya devront également faire leurs preuves en matière d’intégrité. La constitution stipule que le vainqueur doit récolter au moins 25 % des voix dans 24 des 47 comtés afin de pouvoir remplir les plus hautes fonctions. Parmi les huit candidats à la présidence, seulement deux d’entre eux sont en voie de recueillir ce nombre de votes : actuellement en tête on retrouve, de la Coalition Jubilée, Uhuru Kenyatta, ministre des Finances et fils du premier président kenyan; et de la Coalition pour la réforme et la démocratie, Raila Odinga, actuel premier ministre et fils du premier vice-président du pays. Un sondage Ipsos Synovate donne 44,8 % à Kenyatta, soit seulement quelques décimales de plus que son rival Odinga à 44,4 %. Kenyatta est l’un des quatre responsables kenyans à avoir été formellement accusés d’avoir incité la violence survenue en 2007. William Ruto est l’autre qui est également candidat à la présidence. La cour kenyane a jugé qu’elle n’avait pas la compétence pour décider si les deux hommes étaient aptes à briguer la présidence. «C’est une question importante pas seulement pour le Kenya, mais aussi pour la communauté internationale», affirme M. Tohbi. «Pouvons-nous simplement tourner la page sans punir les auteurs de ces crimes? Si oui, n’ouvronsnous pas la porte à d’autres crimes?» Certains estiment qu’aussi longtemps que des accusés seront dans la course, il est improbable que les élections soient justes et libres. «Cela annonce l’échec pour l’avenir de la démocratie au Kenya», écrit un responsable du secteur privé kenyan désirant conserver l’anonymat. «Franchement, j’ai vraiment peur pour ce pays.» D’autres sont d’avis que la décision de la cour n’est que le reflet du statu quo politique. «Ce fut la bonne décision», commente Emmanuel Kisiangani, chercheur principal à l’Institute for Security Studies à Nairobi. «Vous ne pouvez vous interposer et dire qu’ils ne peuvent se présenter aux élections, particulièrement si l’un d’eux est l’un des deux candidats principaux.» Après tout, la démocratie c’est le pouvoir du peuple par le peuple, défend M. Kisiangani. «S’ils veulent que Kenyatta Uhuru les gouverne, qui peut s’opposer à la volonté du peuple?», demande quant à lui M. Tohbi. Pour le meilleur ou pour le pire, le Kenya s’apprête à créer un précédent quant au sort réservé aux dirigeants accusés par la Cour pénale internationale (CPI). Si Uhuru l’emporte et que le Kenya échappe à la violence, il pourrait s’agir d’une bonne leçon pour l’Afrique, alors que certains dirigeants sont, ou ont été poursuivis par La Haye, tels que Charles Taylor du Libéria, Laurent Gbagbo de la Côte d’Ivoire et Omar el-Béchir du Soudan. «Ce qui va se passer au Kenya pourrait influencer le destin de ces personnes qui souhaitent faire leur retour dans l’arène politique», ajoute M. Tohbi. Pour le Kenyan ordinaire, la CPI est le moindre de leurs soucis en ce qui a trait au choix du président, mentionne Njeri Maina, journaliste pigiste kenyan habitant à Nairobi. «L’homme ordinaire pense ainsi : aurai-je une toilette? Va-t-il amener l’eau dans les taudis? Mes enfants iront-ils à l’école? Les gens ne se soucient pas de la CPI ou de La Haye, mais vraiment pas», explique Njeri. La motivation tribale En dépit des réformes politiques, judiciaires et électorales majeures des dernières années, le facteur tribal a conservé son importance dans les élections. «La chose qui influence les gens à voter dans ce pays, c’est la tribu», indique Njeri. Propreté en Inde : l’innovation dans des écoles de Bangalore montre le chemin Sunaina Valecha Époque Times BANGALORE, Inde – En Inde, des toilettes propres peuvent améliorer la présence sur les bancs d’école. Tandis que la crise sanitaire du pays se prolonge et cause de nombreux défis, c’est également devenu un facteur incitant l’innovation dans certaines écoles de Bangalore qui cherchent des solutions. L’école secondaire publique pour filles V.V. Puram était aux prises avec un taux élevé de décrochage, particulièrement chez les filles atteignant la puberté qui cessaient d’assister aux cours en raison de la piètre qualité des installations sanitaires. Les portes des cabines de toilettes étaient brisées, et il n’y avait pas de poubelles à l’intérieur des cabines pour disposer des produits d’hygiène féminine. Les filles devaient sortir pour en disposer, et ça les rendait très inconfortables. Gautam Prakash, un membre de l’ONG Reap Benefit de Bangalore, est à l’origine de l’initiative visant à améliorer la situation sanitaire dans les écoles de la ville. «Il n’y avait pas de chasses d’eau dans certaines toilettes. Il n’y avait pas de seaux – ils se les font habituellement voler. L’eau fournie aux écoles provenait de l’extérieur [camions-citernes] tous les deux jours seulement. Elle se faisait très rare dans les toilettes», raconte Prakash. De plus, l’entretien représentait un défi pour les toilettes en bonne condition. Face à cette situation, l’ONG a conseillé aux étudiants de développer une hygiène personnelle et des habitudes écologiques qui se sont peu à peu ancrées dans leur vie quotidienne. Les étudiants ont également dû s’impliquer pour améliorer eux-mêmes les installations sanitaires. «Nous nous sommes d’abord concentrés pour savoir ce que les étudiants voulaient et ensuite nous avons collectivement mis sur pied le système qu’ils voulaient, et ça a fonctionné», affirme Prakash. L’équipe a adopté une approche à trois volets pour encourager les étudiants à conserver leur campus propre : développer des habitudes écologiques chez les étudiants; leur transmettre un savoir pratique par rapport à la conservation de l’eau et de l’énergie; et reconnaître leurs efforts en les motivant continuellement. Les résultats ont été encourageants. Des lavabos et des urinoirs ont été conçus à partir de contenants en plastique et des systèmes de purification d’eau ont été installés pour régler le problème de pénurie d’eau. «Dans une autre école de la ville, l’école secondaire publique Saarakki, les garçons n’avaient qu’un coin de la pièce pour uriner. Nous avons utilisé de grands contenants de plastique pour concevoir des urinoirs, et cette solution simple et bon marché a amélioré l’hygiène», affirme Prakash. Parmi les innovations sanitaires, des lavabos ont été fabriqués avec des contenants en plastique. La tuyauterie des eaux usées a été reliée à un purificateur d’eau, et l’eau purifiée était fournie à la toilette des filles. Afin de réduire les odeurs dans certaines toilettes, des toilettes sèches ou des toilettes sans eau ont été conçues. «En raison des bactéries, des odeurs émanaient des urinoirs, alors dans cette école nous utilisons de l’huile La plus grande tribu au Kenya est celle des Kikuyu, à laquelle Uhuru appartient. Ce dernier fait également partie d’une famille très riche, qui possède d’immenses terres. Njeri estime que cela fera aussi pencher la balance en sa faveur. «Les gens se disent que, puisqu’il est si riche, il n’aura pas besoin de nous voler», ajoute-t-il. Raila Odinga fait quant à lui partie de la tribu Luo, la quatrième plus importante selon le recensement de 2009. Njeri explique que les tribus Kikuyu et Luo sont rivales depuis longtemps. Après les élections en 2007, beaucoup de Kikuyu qui habitaient dans les régions Luo, comme Kisumu, se sont fait expulser et plusieurs ont été tués. En raison des actes de violence commis par les Luo, Njeri explique que plusieurs Kikuyu se disent que si Raila ne peut tenir ses fanatiques en laisse, s’ils ne contrôlent par les Luo, alors comment va-t-il gouverner un pays? Njeri et beaucoup d’autres Kenyans ont attendu les élections avec des sentiments mitigés, entre l’excitation et l’inquiétude, en partie en raison des risques de violence, mais aussi en raison de leur influence sur la région. «C’est apeurant, c’est excitant et nous sommes anxieux», affirme Njeri. «C’est l’inconnu et on souhaite le meilleur. Tout le monde nous regarde et nous nous regardons nous-mêmes. C’est très fascinant!» «C’est important pour toute l’Afrique subsaharienne que tout se passe dans le calme, parce que cela pourrait les affecter de manière très positive pour les cinq à dix prochaines années.» L’effet des élections kenyanes, positif ou négatif, sera ressenti à travers la région subsaharienne, ainsi elles doivent être observées de près. Patricia Taft, chercheuse principale chez Fund for Peace, écrit dans un courriel : «Outre le fait que la plupart du continent, et en fait le reste du monde, va considérer ces élections comme un possible baromètre en Afrique, la possibilité est bien réelle que l’économie kenyane va souffrir à nouveau, causant une onde de choc à travers le continent.» Elle ajoute : «Particulièrement dans une région du monde où une étincelle dans un pays peut allumer toute une région, il est d’importance primordiale que tous les yeux soient tournés vers cette élection. Les dirigeants régionaux et internationaux doivent signaler clairement que la violence et le chaos qui ont suivi les élections de 2007 ne seront pas tolérés.» bon marché pour résoudre le problème. L’huile flotte au-dessus de l’urine dans le drain, ce qui élimine les odeurs et le besoin d’eau», explique Prakash. Ces méthodes innovatrices, conçues par les étudiants, ont permis à 50 % de plus d’étudiants dans les deux écoles à avoir accès à des toilettes propres. Selon Prakash, puisque l’hygiène et les habitudes sanitaires sont développées durant l’enfance, «ils vont transmettre ces habitudes au sein de leurs futures familles». Les autorités scolaires ont également reconnu que si les enfants peuvent devenir les champions de l’hygiène à la maison et dans leur communauté, cela pourra aider à régler de nombreux problèmes sanitaires en Inde. «Il y a un changement remarquable alors que les étudiants ont développé une conscience pour l’hygiène. Ils sont impliqués dans le système, alors ils sont contents d’en faire partie. S’ils voient de la saleté dans le lavabo ou s’ils constatent une défectuosité quelconque, ils prennent l’initiative de nettoyer et s’occupent eux-mêmes de la propreté», indique R. Hallama, directrice de l’école Saarakki. Afin d’atteindre les Objectifs du millénaire de l’ONU, d’ici 2015 l’Inde doit réduire à 38 % la proportion des ménages qui n’ont pas accès à des installations sanitaires adéquates. Selon le rapport India’s Sanitation for All, publié par la Banque asiatique de développement, qui examine l’état actuel des services sanitaires en Inde, 55 % des Indiens (600 millions de personnes) qui habitent dans les régions rurales ou les taudis urbains n’ont pas accès à une toilette et 74 % de la population rurale défèque encore en public. La plupart des ménages dans les taudis urbains n’ont pas de toilette privée, et la plupart des toilettes communautaires ne fonctionnent pas en raison de bris de fosse septique ou de tuyauterie. «Une manière pour nous aider à atteindre les Objectifs du millénaire est l’approche qui part de la base. Ceci implique de conscientiser les gens», explique Prakash. Selon Prakash, travailler avec les étudiants peut renforcer leur capacité à influencer leurs familles et, par la suite, à influencer la société dans son ensemble. Lorsque les enfants témoignent des bienfaits des initiatives, ils deviennent convaincus de ce qui est bon pour eux.
ÉpoqueTimes 4 au 17 mars 2013 International 5 Réponse mitigée à l’annonce de la réforme des camps de travail chinois Matthew Robertson Époque Times Le Parti communiste chinois a annoncé en janvier dernier que son vaste réseau de camps de concentration – ou son programme de «rééducation par le travail forcé» – allait être aboli. Ou mis sur la glace. Ou réformé. Comme beaucoup d’autres changements de politiques sensibles en Chine, les détails sont encore flous. Ainsi, les fonctionnaires au sein du régime ne savent pas trop comment réagir, et les observateurs ne savent pas trop comment évaluer la situation. Le système de travail forcé, appelé laojiao en chinois, est une des pierres angulaires de l’appareil répressif des communistes depuis 1957 et contient actuellement des centaines de milliers ou des millions de prisonniers. Les chiffres sur la population de détenus demeurent essentiellement des estimations venant des chercheurs en droits de la personne, puisque le régime ne publie aucune statistique et n’autorise pas l’accès. Les Chinois peuvent être condamnés jusqu’à quatre ans de travail forcé, sans avoir accès à un avocat et sans procès, pour des «crimes» comme se moquer d’un fonctionnaire du Parti sur Internet ou pour leurs croyances religieuses. Étant donné l’importance du système pour réaliser l’objectif du Parti communiste de «préserver la stabilité», la nouvelle de son abolition a généré beaucoup de spéculation. Comme le suggère un dissident chinois, verra-t-on un cas «d’un bouillon différent mais d’une même médecine»? Le Parti décidera-til d’utiliser son système judiciaire pour punir les ennemis de l’État? Ou bien estce vraiment un signe de réforme? Panique Les réactions au sein du Parti renforcent l’incertitude par rapport à toutes les possibilités mentionnées précédemment. Selon des entrevues réalisées par Époque Times, des fonctionnaires de Chongqing, une mégalopole du Sud-Ouest, sont dans un état de panique alors qu’ils tentent de déterminer comment les nouvelles directives vont les affecter personnellement. Les membres du vaste appareil de sécurité dans cette ville ont raison d’être inquiets, puisque des milliers de personnes auraient été condamnées à tort au travail forcé sous la supervision de Bo Xilai, l’ex-membre du Politburo et chef de Chongqing. Sa campagne visant à «écraser les criminels» consistait à qualifier «d’éléments mafieux» ses ennemis politiques et autres nuisances, à confisquer leurs avoirs et à déporter les individus vers un genre de Sibérie chinoise. Lorsque ces personnes seront libérées, elles pourraient chercher à se venger. Abandon graduel Dans la province du Guangdong, depuis longtemps un bastion de l’entrepreneuriat et de l’expérimentation, la réponse s’est faite plus modérée. Le Comité du Parti a annoncé qu’il cesserait d’utiliser le système de travail forcé au courant de l’année. Les camps de travail n’accueilleront plus de nouveaux détenus, et ceux qui sont actuellement incarcérés vont purger le reste de leurs peines. Au Yunnan, une province plus éloignée du centre et possédant une forte identité locale, les autorités ont annoncé qu’elles cesseraient de condamner les gens au travail forcé pour trois types d’infractions : «mettre en danger la sécurité de l’État, protester en perturbant l’ordre et salir l’image des dirigeants de l’État». Les détenus actuels vont purger le reste de leurs peines et, à la suite de cela, les camps vont probablement fermer. Renee Xia, la directrice de Chinese Human Rights Defenders, une ONG basée à Hong Kong, a déclaré dans un communiqué que l’optimisme par rapport aux nouvelles directives serait prématuré. «Il y a très probablement des désaccords au sein du Parti et des conflits au sommet au sujet du sort des camps, ce qui jette une ombre sur l’intention du Yunnan ou du Guangdong d’aller de l’avant», commente-t-elle. La prison d’abord Les plus pessimistes chez les dissidents et les observateurs estiment que la réponse de certains fonctionnaires chinois sera tout simplement de se rabattre sur d’autres outils de persécution. C’est déjà ce qui se produit pour les pratiquants de Falun Gong, selon le site Minghui.org qui publie des témoignages de persécution de première main. Le Falun Gong est une discipline spirituelle qui a été interdite en 1999 par l’ex-dirigeant Jiang Zemin, lui qui en craignait la popularité. Selon un article de Minghui, de lourdes peines de prison ont été octroyées dans certaines régions, et 75 cas ont été répertoriés uniquement durant la première semaine de janvier. Le Parti s’est donc rabattu sur son système judiciaire pour s’en prendre à ses ennemis, un processus qui offre à peine plus de protection à ses victimes que le système arbitraire et extrajudiciaire des camps de travail forcé. «Même médecine» Ces récents développements n’ont rien de surprenant pour Zhong Weiguang, un chroniqueur et chercheur sur les régimes totalitaires, basé en Allemagne. «La forme et le nom de la rééducation par le travail pourraient être changés parce que ça paraît mal. Ils pourraient ne pas l’utiliser pendant un certain temps. Cependant, leurs objectifs, leur contrôle, la surveillance, l’intimidation et la persécution des gens sous le règne totalitaire du Parti seront les mêmes.» Sans des réformes politiques plus vastes, il ne peut prendre l’annonce sérieusement, dit-il. Il considère plutôt qu’il s’agit d’un exercice de propagande. Bien que M. Zhong vive à l’extérieur de la Chine depuis maintenant plusieurs décennies, il est tout de même très attentif aux développements. Les dissidents et les avocats qui défendent les droits civils sont d’accord avec l’idée générale, soit que le Parti va bien entendu continuer à réprimer la population. Ils ont cependant une vue d’ensemble plus sobre et à long terme de ce qui sera nécessaire pour transformer la Chine dans l’avenir. Le fruit de l’effort Huang Qi, qui a mis sur pied un des premiers sites Internet sur les droits de la personne en Chine, Liusi Tianwang (le site céleste du 4 juin), estime que la nouvelle politique n’est pas qu’un coup de propagande. «À l’étape actuelle, après plus d’une décennie de protestation collective, on peut dire que le système de laojiao a Lobsang Sangay, chef du gouvernement tibétain en exil, a demandé au Canada d’enquêter sur les auto-immolations au Tibet. Matthew Little/Époque Times Le dirigeant tibétain appelle à l’aide Il blâme Pékin pour les auto-immolations Matthew Little Époque Times Le dirigeant politique tibétain en exil, Lobsang Sangay, a demandé la semaine dernière au Canada d’enquêter sur les violations et la répression religieuse au Tibet. M. Sangay, chef de l’Administration centrale tibétaine, a confié aux députés siégeant sur le Sous-comité des droits internationaux de la personne que l’augmentation des suicides par autoimmolation au Tibet est causée par la répression menée par le régime chinois. Il a dit aux journalistes que le nouveau Bureau de la liberté de religion devrait enquêter sur le problème. Le Canada devrait également envoyer une délégation pour enquêter, a-t-il suggéré. M. Sangay a mentionné que la réponse du régime aux auto-immolations a été de punir les proches des victimes. Selon lui, certaines des personnes qui s’immolent veulent mourir pour éviter d’être détenues et torturées dans les nombreuses prisons chinoises au Tibet. «Le blâme et la solution reposent sur Pékin», croit-il, ajoutant qu’il veut dialoguer avec le régime chinois et l’autonomie pour le Tibet. La répression au Tibet est insoutenable, et toute suggestion que la liberté de religion existe en Chine est une farce, affirme le dirigeant tibétain. Les moines dans les monastères sont forcés de cracher sur des portraits du dalaï-lama pour démontrer leur loyauté envers le régime. Ainsi, plusieurs quittent les monastères. Cet exode est directement relié aux auto-immolations, selon lui. Alors que les moines quittent ou sont expulsés, la répression dont ils sont victimes les pousse dans l’indigence. Puisqu’ils sont bouddhistes, ils ne peuvent faire de tort aux autres, alors ils se font du tort. «Le geste d’auto-immolation est un cri de douleur», estime-t-il. déjà atteint sa fin. C’est en raison des protestations et du mécontentement qu’ils ont pris des mesures pour l’abolir», croit-il. La pression internationale n’a joué qu’un rôle mineur. «Ce qui a vraiment fait bouger les choses ce sont les millions de citoyens, dont nos amis du Falun Gong, et leurs années de résistance», affirme Huang Qi. Le fait que le régime ait été obligé à répondre à la pression sociale «est bien sûr un signe de progrès social», ajoutet-il. Il y voit une étape dans une longue campagne de résistance : même si le système sera probablement remplacé par quelque chose d’autre, ils vont continuer de résister. L’élément clé est que le changement est un signe que la pression populaire a pu faire plier les autorités. «La chose la plus importante est la résistance des citoyens, c’est le moteur le plus essentiel pour le changement social en Chine», estime Huang Qi. Un signe de progrès Zhang Jiankang, un avocat défenseur des droits civils dans la province du Shaanxi, a une perspective semblable. «Dans les premières années, les “crimes contre-révolutionnaires” sont par la suite devenus la “subversion du pouvoir de l’État”. Ils n’ont que changé le nom, bien que le contenu soit demeuré le même. Cependant, se débarrasser du nom “crimes contre-révolutionnaires”, à la surface, est quand même un signe de progrès.» Selon lui, cela démontre que le Parti a dû réagir aux pressions populaires. Certains observateurs se demandent si l’annonce aura des conséquences inattendues, comme l’ouverture de la porte à d’autres réformes qui vont finalement amener plus de libertés, et peut-être même la démocratie, en Chine. «La Chine qui se dirige vers la primauté du droit est une tendance que personne ne peut arrêter», affirme Huang Qi. Selon lui, les gens en Chine – y compris les journalistes, les avocats, les universitaires, les protestataires – doivent «continuer de résister». «Sous cette supervision et cette résistance continuelles, je crois que la Chine continentale va marcher vers la démocratie et les droits de la personne […] C’est seulement en poussant très fort que nous pourrons avoir une Chine qui se dirige vers les droits de la personne.» Extrait des Neuf commentaires Depuis la publication des Neuf commentaires sur le Parti communiste en novembre 2004 par le Dajiyuan (édition chinoise d’Époque Times), plus de 133 900 000 personnes ont démissionné du Parti communiste chinois (PCC) et de ses organisations. Nous republions donc ces commentaires ayant déjà une portée historique. Leur intégralité est disponible sur le site [www.epoquetimes.com]. Huitième commentaire EN QUOI LE PARTI COMMUNISTE CHINOIS EST UNE SECTE PERVERSE Préambule L’effondrement du bloc socialiste en Union soviétique au début des années 1990, après environ un siècle, a marqué l’échec du Parti communiste. Pourtant le Parti communiste chinois (PCC) a survécu d’une manière inattendue et contrôle toujours la Chine, une nation qui représente un cinquième de la population mondiale. Une question inévitable se pose alors : le PCC est-il encore vraiment communiste? Personne dans la Chine d’aujourd’hui, les membres du Parti inclus, ne croit au communisme. Après 50 ans de socialisme, le PCC a maintenant adopté la propriété privée et a même un marché boursier. Il recherche les investissements étrangers pour créer de nouvelles entreprises, tout en exploitant au maximum les ouvriers et les paysans. Ceci est complètement à l’opposé des idéaux du communisme. Malgré les compromis avec le capitalisme, le PCC maintient un contrôle absolu sur le peuple chinois. La Constitution, après la révision de 2004, stipule encore d’une manière stricte que «le peuple chinois des diverses ethnies continuera à adhérer à la dictature démocratique populaire et à la voie socialiste sous la direction du Parti communiste chinois, dans l’esprit du marxisme-léninisme, de l’idéologie de Mao Zedong, de la théorie de Deng Xiaoping et de l’importante pensée des «trois représentations». «Le léopard est mort, mais sa peau demeure.» 1 Aujourd’hui, le PCC n’a plus que «la peau». Il a hérité de cette peau et l’utilise pour maintenir son autorité sur la Chine. Quelle est la nature de la peau dont a hérité le PCC, c’est-àdire quelle est l’organisation même du PCC? I. Les caractéristiques sectaires du PCC Le Parti communiste est essentiellement une secte perverse qui nuit à l’humanité. Bien que le Parti communiste chinois ne se soit jamais considéré comme une religion, il a en tout point les caractéristiques d’une religion. À ses débuts, il considérait le marxisme comme la vérité absolue du monde. Il vénérait pieusement Marx comme sa divinité spirituelle et exhortait les gens à s’engager leur vie durant dans une lutte pour construire un «paradis communiste sur terre». Le Parti communiste est nettement différent de toute religion orthodoxe. Toutes les religions orthodoxes croient en Dieu et en la bienveillance, et ont pour mission d’enseigner à l’humanité la moralité et de sauver les âmes. Le Parti communiste ne croit pas en Dieu et s’oppose à la moralité traditionnelle. Les agissements du Parti communiste eux-mêmes démontrent que c’est une secte perverse. Les doctrines du Parti communiste sont fondées sur la lutte des classes, la révolution violente et la dictature du prolétariat et ont abouti à la soi-disant «révolution communiste», pleine de sang et de violence. La terreur rouge sous le joug du communisme a duré près d’un siècle, apportant le malheur à des dizaines de pays dans le monde et coûtant la vie à des dizaines de millions de personnes. La croyance communiste, qui a créé un enfer sur terre, n’est rien d’autre que la secte la plus ignoble au monde. 1. «Le léopard est mort, mais sa peau demeure» est tiré d’un ancien livre chinois de prophéties, Le poème de la fleur de prunier, de Shao Yong (1011-1077). Le léopard fait référence au territoire de l’ex- URSS qui ressemblait en effet à une silhouette de léopard qui court. Avec l’effondrement de l’ex-URSS, l’essence du système communiste s’est désintégrée, ne laissant que la «peau» (la forme) dont le Parti communiste chinois a hérité.



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