Époque Times Montréal n°351 4 mar 2013
Époque Times Montréal n°351 4 mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°351 de 4 mar 2013

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : La Grande Époque Inc.

  • Format : (279 x 559) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : gratuité scolaire à quel prix.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 Voyage 4 au 17 mars 2013 ÉpoqueTimes Charles Mahaux Les îles flottantes des Uros. Les îles artificielles sont formées par une superposition de gerbes de roseaux tressés que les habitants empilent au fur et à mesure que les couches immergées dans le lac pourrissent. 1 re partie Rencontre avec les fils du Soleil sur le lac Titicaca Christiane Goor Époque Times S’il faut en croire la légende, c’est ici que tout a commencé, bien avant les Incas, dans cet océan lové au creux de la cordillère des Andes, là où se rejoignent les eaux du ciel et celles des fleuves, que finit le monde et commence le voyage vers l’éternité. Aujourd’hui encore, la légende reste vivace dans le cœur des Indiens des hauts plateaux andins. Que ce soit au pied des tombes de Sillustani, au gré des îles de roseaux qui flottent entre les bleus du ciel et du lac, ou encore au sommet de l’île de Taquile, tous essaient de sauvegarder leurs traditions tout en sacrifiant aux exigences du tourisme. Alors que la Terre était encore plongée dans les ténèbres, Viracocha, un dieu barbu et de race blanche, vivait caché dans les eaux obscures du lac Titicaca. Lassé de cette vie recluse, il fit surgir de l’eau le soleil, la lune et les étoiles. Puis, il sculpta dans la pierre des prototypes humains et fit jaillir du lac le premier Inca, Manco Cápac, et sa sœur épouse, Mama Ocllo. Le dieu Soleil leur intima l’ordre de partir à la recherche d’une terre fertile pour y créer un empire. Pour les aider à découvrir ce site idéal, il leur donna un bâton d’or qui devait s’engouffrer dans les entrailles de la terre promise et désigner celle-ci au couple royal. Ce fut à Cuzco que le bâton s’enfonça et disparut dans le sol. Ce fut donc Cuzco, dont le nom signifie «nombril» en langue quechua, qui devint le centre de l’empire du Soleil. Manco Cápac enseigna aux hommes à cultiver la terre tandis que Mama Ocllo apprit aux femmes à tisser. La dynastie inca était née. Les ancêtres veillent encore Berceau des origines de l’humanité, le lac a conservé son caractère sacré auprès des pêcheurs et des bergers. Les vieux racontent en langue aymara comment l’époque inca s’est éteinte le jour décidé par les dieux, avec l’arrivée des Viracochas, ces blancs barbus qui conquirent le monde créé par le dieu caché dans les profondeurs du lac. Quand la nuit réunit les familles autour de l’âtre qui réchauffe à peine les maisons, les enfants aiment écouter cette histoire séculaire qu’ils répéteront sans doute à leur tour à leur descendance. Nombreux sont encore les Indiens qui sacrifient aux dieux du lac, pour attirer la précieuse eau du ciel qui bénira leurs récoltes, en plaçant des crapauds enfermés dans des jarres de terre cuite au sommet de l’île du Soleil. La petite presqu’île de Sillustani dessine dans la lagune d’Umayo la forme d’un doigt dirigé vers le soleil levant. Sur son sommet où paissent quelques lamas se dressent d’étranges silhouettes de pierre, qui rappellent que bien avant l’arrivée des Incas vivaient ici d’autres peuplades, les Collas, qui croyaient que le site était chéri des dieux. Les tours rondes, épaisses et hautes de près de dix mètres, sont édifiées autour de deux cercles magiques consacrés à la lune et au soleil. Chaque tombe abritait des momies en position fœtale que l’on introduisait par une porte dérobée, située à la base des tours funéraires, en direction du soleil levant pour que celui-ci puisse pénétrer au cœur de la sépulture et y faire renaître le défunt. Ces chullpas, géants de pierre balayés par les vents, sont restés fidèles à leur poste, indifférents aux siècles qui passent. Ils veillent encore sur le sommeil éternel de princes d’une des plus importantes civilisations précolombiennes. Les îles flottantes des Uros Jacinto fait glisser lentement sa balsa de totoras – une légère embarcation de roseaux – déjà vieille et imbibée d’eau, au creux des épaisses roselières qui poussent en grappes le long des Le lac Titicaca, cette mer intérieure de près de 8000 km 2 que se partagent le Pérou et la Bolivie, se situe à plus de 3800 mètres d’altitude, ce qui en fait le plus haut lac navigable du monde. rives du lac. Hier soir, il a tendu quelques dizaines de mètres d’un filet dont les trous sont presque aussi nombreux que les mailles. À ses pieds, dans une cuvette, frétillent quelques truites de petite taille. Une pêche bien maigre, mais elle agrémentera ce soir un plat de quinoa, une graminée native des Andes, plus riche en protéines que le mil. Cette nuit encore, le ciel était parsemé d’étoiles lumineuses et le thermomètre est descendu bien en dessous de zéro degré. C’est que le Titicaca, cette mer intérieure de près de 8000 km 2 que se partagent le Pérou et la Bolivie, se situe à plus de 3800 mètres d’altitude, ce qui en fait le plus haut lac navigable du monde. Une légère pellicule de glace s’est formée le long du rivage, dans les anses abritées par les roseaux. L’horizon est noyé dans un léger brouillard qui s’effiloche rapidement sous l’effet des premiers rayons de soleil. Une nouvelle journée commence sur le lac sacré. Quand il accoste sur son île, Jacinto est accueilli par des enfants rieurs qui sucent de jeunes pousses de totoras, riches en iode. Cinq minutes suffisent pour arpenter le domaine de Jacinto : quelques huttes en roseau simplement posées sur une île artificielle, formée par une superposition de gerbes de roseaux tressés que les habitants empilent au fur et à mesure que les couches immergées dans le lac pourrissent. Poser le pied sur ce sol donne l’impression étrange de marcher sur un lit d’eau. Pour éviter que la plateforme ne dérive, poussée par le vent, les indigènes ancrent leurs radeaux en plantant dans le fond du lac de grandes perches d’eucalyptus imbriquées dans l’enchevêtrement des racines de roseaux. Les indigènes qui vivent aujourd’hui sur la quarantaine d’îles flottantes du lac Titicaca se prétendent Uros, mais ce sont en fait des descendants métissés d’Uros, d’Aymaras et de Quechuas, car les derniers Uros se sont éteints dans la première moitié du XX e siècle. Aujourd’hui, ils survivent sur leurs matelas d’eau, tributaires des flots de touristes qui envahissent leurs îles, séduits par ce décor de paille dorée où ils peuvent acheter des babioles artisanales offertes dans une extraordinaire galerie à ciel ouvert. À suivre dans la prochaine édition Charles Mahaux Sur le sommet de la petite presqu’île de Sillustani se dressent des tours rondes, épaisses et hautes de près de dix mètres. Ces tours sont en fait des tombes qui abritaient des momies en position fœtale.



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