Époque Times Montréal n°349 4 fév 2013
Époque Times Montréal n°349 4 fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°349 de 4 fév 2013

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : La Grande Époque Inc.

  • Format : (279 x 559) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 5,0 Mo

  • Dans ce numéro : la bataille hivernale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 Actualité 4 au 17 février 2013 ÉpoqueTimes DÉNEIGEMENT À MONTRÉAL LA BATAILLE HIVERNALE 12 MILLIONS DE M 3 DE NEIGE RAMASSÉS CHAQUE HIVER, SOIT L’ÉQUIVALENT DE 300 000 CAMIONS DE TRANSPORT. Une souffleuse haute puissance en pleine action Mathieu Côté-Desjardins Époque Times Chaque année, pendant plusieurs mois, près de 2200 appareils sont affairés à ramasser plus de 12 millions de mètres cubes de neige sur environ 10 000 kilomètres de rues et de trottoirs à Montréal. À cela s’ajoute à la fin de 2012 la tempête du siècle, le 27 décembre dernier. Elle aura occasionné une chute de neige record de 45,6 cm. Les citoyens, qui paient pour ces services, vivent chacun à leur manière cette bataille hivernale, tout comme les déneigeurs qui en ont besoin pour vivre. Quant à la Ville, elle a des comptes à rendre et différentes responsabilités qu’elle assume que plusieurs critiquent à tort ou à raison. Citoyens contrariés Maude Tisset, responsable et éducatrice de la garderie Le Jardin Montessori, dans l’arrondissement Saint- Henri, se voit contrainte de ne pouvoir sortir à l’extérieur lorsqu’une bonne bordée de neige fait son apparition. « C’est très difficile de circuler avec les enfants dans ma rue ! Elle est déneigée en dernier. Marcher dans la neige et le verglas, c’est quasiment impossible. Sans parler que certains tronçons de trottoir ne sont pas déneigés pour des raisons que j’ignore ! » M me Tisset a un peu de mal à croire aux deux priorités absolues à la Ville de Montréal, soit la sécurité des piétons et la viabilité hivernale bien qu’elle comprenne le défi que pose l’hiver québécois. « Avec 6550 kilomètres de trottoirs, on ne peut être partout en même temps. On a une norme d’intervention de 24 h pour les rues résidentielles, rues locales. Les rues artérielles, commerciales, grandement achalandées, par exemple la rue Saint-Denis, la norme d’intervention est de 12h. Pour le centre-ville, arrondissement Ville-Marie, ça prend 8h, et 12 h sur le réseau secondaire », avance Philippe Sabourin, chargé des communications à la Ville de Montréal. M. Sabourin renchérit : « Au même titre que les familles, les personnes à mobilité réduite vont bénéficier d’une des priorités de la Ville qui est de veiller à la sécurité des piétons. Bien dégager les trottoirs, les déglacer, ça fait partie du souhait qu’a la Ville de faciliter la vie de tous. » Jacinthe Murray, commis à la bibliothèque du collège privé André Grasset, ne pourrait être d’accord avec M. Sabourin. « Il faut grimper dans la rue quand il y a une tempête, ce que je ne peux faire. Les déneigeurs font que la neige et la glace s’accumulent au bord des trottoirs. Je suis tombée bien des fois depuis les dernières années Déneigement Montréal et plus récemment en essayant de monter sur le terreplein de Christophe-Colombet Fleury. Alors, j’ai porté plainte. » M me Murray a fait sa plainte au 311 (service téléphonique permettant aux citoyens d’adresser à la Ville des demandes de services et des plaintes) sur l’entretien des trottoirs et des terre-pleins. Même si la commis de bibliothèque a signalé à la STM qu’elle est inscrite aux crédits d’impôt pour handicapés, à la suite du rapport de son médecin, cela ne les satisfait pas, donc elle n’a pas droit au transport adapté. Son handicap, majeur et permanent, provient d’une maladie congénitale de la hanche, ce qui a provoqué l’usure de sa hanche gauche et de son genou droit. L’arthrose est également très avancée à ces endroits. Déneigement public vs privé Parmi les citoyens de la Ville figurent des déneigeurs qui sont également insatisfaits du service offert par la Ville. « Sur la rue où je demeure (Sud-Ouest de Montréal), le déneigement des trottoirs est pitoyable : de la négligence. Je trouve ça malheureux que ça arrive avec les augmentations de taxes qu’on a à payer depuis les dernières années », raconte Danik St-Jacques, propriétaire de Pro-Dan 2000, spécialisé en déneigement commercial. « Chaque arrondissement de la Ville donne, pour la plupart, une partie du travail à des entrepreneurs privés, elle ne pourrait tout assumer le boulot à faire », explique Philippe Laverdière de la compagnie privée Déneigement Montréal. Cela est un autre des facteurs qui peut jouer sur la qualité des opérations de déneigement. Selon lui, la neige est entre d’excellentes mains lorsque le privé s’en charge. C’est tout autre chose quand la Ville a la responsabilité des opérations. « Dans Montréal-Nord, ce sont les cols bleus qui déneigent et ça n’a ni queue ni tête ! Ça prend des jours et des jours avant de ramasser la neige. Non seulement ça prend du temps, mais c’est mal fait. C’est l’enfer et ç’a toujours été comme ça », affirmet-il. « On voit les gars de la Ville, cols bleus, et leurs camions lorsqu’on travaille. Ils déneigent 10-15 minutes, ils vont se stationner, prennent une pause et ils repartent. Je ne tolérerais pas ça », poursuit l’entrepreneur qui travaille dans les secteurs commercial et institutionnel sur l’île de Montréal depuis six ans. Si les pouvoirs municipaux en matière de déneigement lui étaient légués, M. Laverdière ferait comprendre au public qu’il y a plus de chefs que d’Indiens à la Ville et dénoncerait le poids excessif des syndicats. De plus, un meilleur encadrement serait la première chose sur laquelle il mettrait l’accent. Le nombre de camions et l’acquisition de machinerie seraient aussi à revoir. Le citoyen se relâche Peut-être un aspect moins mis en lumière, la participation citoyenne a une importance réelle dans les opérations de déneigement. Cette dernière a été fluctuante durant cet hiver. Des déneigeurs et les citoyens ne font pas toujours bon ménage, que ces derniers bénéficient directement ou indirectement de leurs services. Danik St-Jacques, entrepreneur de Pro-Dan 2000 spécialisé en déneigement commercial, peut en témoigner. « Le déneigeur est un peu considéré comme le camion de vidange. Les gens sont découragés en nous voyant et ils se foutent de nous carrément. Ils se placent devant ou derrière nous : ils sont vraiment dangereux. Ça arrive 8 fois sur 10. On voit bien que tu fais ton travail, mais il va quand même se mettre directement là où j’ai besoin de me rendre. » « Ça fait 14 ans que je suis à mon compte, j’en suis à un point où je n’attends plus. Si des gens veulent se mettre sur mon chemin, je sors la tête du camion et je leur dis, ‘’Enlève-toi de mon chemin sinon je t’assure que quand tu vas chercher ta voiture, tu vas devoir pelleter. » C’est dommage d’en arriver là », se désole M. St-Jacques, bien qu’il mentionne ne pas adopter une telle approche lorsqu’il s’agit de personnes à mobilité réduite ou de petites familles. Pour Pascal Normandeau, chargé de projet chez NMP Golf Construction, il a pu constater l’impatience chez les Montréalais. « Tout le monde veut être déneigé en même temps ! », a-t-il partagé. Spécialisé dans la réparation et la construction de terrains sportifs, NMP Golf Construction travaille aussi dans le déneigement en tout genre et agit comme entrepreneur privé pour déneiger les rues de l’arrondissement Ville- Marie de la Ville de Montréal. « Il y a des gens qui sont mécontents de notre travail, peu importe la situation. Il y a de la neige, ils ne sont pas contents, on déneige, nous sommes dans leurs jambes et ils ne sont pas contents, nos machineries font du bruit, ils ne sont pas contents. Les Québécois sont bons pour ça ! », indique M. Normandeau. Il nuance toutefois en soulignant qu’une partie des citoyens comprend qu’il peut y avoir des retards et est satisfait de son travail. Dans le déneigement résidentiel, on peut aussi sentir le relâchement des citoyens. Jean-François Denis de Déneigement des Patriotes.com, déneigeur dans Otterburn Park, Mont-Saint-Hilaire et Beloeil, est bien placé pour en parler. Il soulève que bien des clients ont de la difficulté à s’en tenir au contrat. « Pendant que la neige tombe, on dégage les entrées, mais il y a toujours plusieurs d’entre eux qui sortent à la dernière minute pour nous dire, « Attends, at- ÉpoqueTimes ISSN#1712-8099 1099, rue Clark, bureau 2 Montréal QC H2Z 1K3 www.epoquetimes.com Téléphone : 514 931-0151 Télécopieur : 514 868-0843 Directeur Olivier Chartrand [olivier.chartrand@epochtimes.com] Rédaction Mathieu Côté-Desjardins [mathieu.cote-desjardins@epochtimes.com] Ventes Kathia Myriam Guay [kathia.myriam@epochtimes.com] Distribution John Halas Tirage : 10 000 exemplaires distribués gratuitement, en main et en présentoir, deux fois par mois au coeur de la ville de Montréal Publié par : La Grande Époque Inc. ÉpoqueTimes fait partie du réseau d’information le plus largement distribué au monde. Toute reproduction des annonces ou informations, en tout ou en partie, est interdite sans la permission écrite de l’éditeur. 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ÉpoqueTimes 4 au 17 février 2013 Actualité 3 150M$ BUDGET ANNUEL CONSACRÉ AU DÉNEIGEMENT PAR LA VILLE DE MONTRÉAL. 6,5M$ INVESTIS EN 2012-2013 POUR MODERNISER L’ÉQUIPEMENT, DONT 17 NOUVELLES CHENILLETTES ET 14 NOUVEAUX CAMIONS. 4 ÉTAPES DU DÉNEIGEMENT 1. L’épendange 30 M$ (substances répandues sur le sol permettant à la glace de fondre) requiert 172 appareils pour la chaussée, 188 appareils pour les trottoirs et une moyenne de 150 000 tonnes de fondants et d’abrasifs par hiver. 2. Le déblaiement 16 M$ (déplacer la neige). Mille appareils pour déblayer les chaussées et les trottoirs sont nécessaires. 3. Le chargement 88 M$ (le transport de la neige). C’est le gros morceau des opérations de déneigement, il exige le travail de 3000 employés, dont les employés des entrepreneurs, et l’action de 2200 appareils (souffleuses, niveleuses, chenillettes de trottoirs, tracteurschargeurs, camionnettes, camions de transport de la neige). Une des bien-aimées des piétons, la chenillette de trottoirs 4. L’élimination 16 M$ (faire disparaître la neige). Onze sites sont prévus pour entasser en surface la neige, 16 chutes à l’égout (pour évacuer la neige à l’état liquide) et une carrière (site de dépôt à neige). 6 550 KM DE TROTTOIRS 4 100 KM DE CHAUSSÉE À DÉNEIGER, SOIT L’ÉQUIVALENT DE 18 ALLERS-RETOURS MONTRÉAL-QUÉBEC. 35 000 REMORQUAGES PAR ANNÉE AVEC UNE MOYENNE DE 1100 REMORQUAGES PAR JOUR DE CHARGEMENT. Déneigement Montréal 5 700 STATIONNEMENTS GRATUITS DE NUITS EN PÉRIODE DE CHARGEMENT SONT ACCESSIBLES AUX MONTRÉALAIS. tends, attends, laisse-moi un peu de temps, je vais sortir ma voiture de ma cour ». Ça crée de l’attente et une perte considérable de diesel, sans compter qu’il y a plusieurs clients que je ne peux desservir dans des délais raisonnables ! », partage-t-il. Philippe Sabourin, chargé des communications à la Ville de Montréal, fait un compte rendu de l’hiver 2012-2013 jusqu’à ce jour : « La participation citoyenne a été satisfaisante en début de saison. Il y a eu un relâchement dans la dernière opération de chargement samedi et dimanche derniers (19-20 janvier), par rapport à nos données de remorquage, donc plus de remorquage qu’à l’habitude. » « Lors des deux premières tempêtes, 18 et 27 décembre, on était en deçà de notre moyenne d’environ 1100 remorquages par jour de chargement, moyenne établie au cours des dernières années. On a pu compter 930 remorquages par jour lors de ces deux grosses accumulations de décembre », relate M. Sabourin. Pourtant, pendant les périodes de chargement de la neige, 5700 places gratuites sont offertes aux Montréalais pour garer leur véhicule hors rue pendant la nuit. Il est possible de retrouver ces places sur une carte interactive disponible sur le portail de la Ville de Montréal (voir plus bas). Ces places sont concentrées au centre de l’Île, du nord au sud. Les horaires sont variables d’un endroit à l’autre. Par exemple, dans l’arrondissement Plateau Mont-Royal, 113 places sont disponibles entre 18 h et 7 h le matin sur la rue Sherbrooke Est, entre l’avenue Calixa-Lavallée et la rue du Parc-Lafontaine. Dans l’arrondissement Ville- Marie, 61 places sont disponibles aux mêmes heures sur le boulevard de Maisonneuve, entre de Bleury et Jeanne- Mance. Selon une entrevue accordée au journal de quartier Journal de Rosemont - La Petite-Patrie, M. Sabourin a exprimé que les places de stationnement offertes gratuitement au public n’étaient pas occupées à 100%. Il croit que les habitudes des automobilistes sont difficiles à changer. Les bacs à recyclage et les sacs à ordures des citadins de la métropole posent aussi problème. « Ils [les citoyens] devraient faire attention à ne pas déposer leurs ordures et leurs matières recyclables en bordure de la rue lorsqu’un chargement de neige doit se faire », précise Phillipe Sabourin. Cela entraîne des bris mécaniques et, par le fait même, ralentit les opérations. Sur le site du portail de la Ville de Montréal (http://ville.montreal.qc.ca/), cliquez l’onglet « Services aux citoyens ». On y trouve un menu où le titre « Collectes, entretien et déneigement » apparaît. Une fois sur cette page, vous n’aurez plus qu’à vous rendre sur le lien « Stationnement en période de chargement de la neige ». Déneigement Montréal Déneigement Montréal L’intimidation omniprésente entre les déneigeurs « Il y a des entrepreneurs qui s’approprient des secteurs, qui empêchent les autres d’aller y soumissionner. J’ai eu des menaces à Laval, j’ai été victime de vandalisme sur ma machinerie. Quand j’ai commencé ma compagnie, c’était vraiment difficile, je recevais aussi des menaces par téléphone », signale le déneigeur Philippe Laverdière de Déneigement Montréal à propos de contrats municipaux. Dans le secteur résidentiel de la Rive-sud, Jean-François Denis de Déneigement des Patriotes.com a vécu une situation similaire : « Au début de la saison, on a reçu un appel d’un compétiteur qui nous accusait de voler ses clients, alors que nous mettions de la publicité dans différentes boîtes aux lettres des citoyens de trois municipalités, soit Otterburn Park, Mont-Saint-Hilaire et Beloeil. Sa femme nous a aussi appelés pour nous traiter de voleurs ». « Mon collègue et moi avons trouvé des maillons de chaînes dans la neige lors de la première tempête qu’il y a eu, début décembre dernier. Ça aurait pu briser notre souffleur dès le début de la tempête. On aurait fait notre travail avec deux tracteurs sur trois. Nous aurions mal desservi nos clients, sans parler des factures », pointe M. Denis qui estime qu’un de ses compétiteurs est à l’origine de ce coup bas. À la fin de l’entrevue, il se remémore une histoire qui avait été rapporté par les médias locaux en 2011, entre autres, par L’Information, journal local de la Rive-Sud. « Deux tracteurs des Entreprises CAMM [compagnie de déneigement] ont été incendiés dans la municipalité de Varennes en 2011. » Un geste d’intimidation de la part de la compétition, selon les victimes. M. Laverdière se montre toutefois rassurant pour la liberté des déneigeurs depuis 2009 : « Depuis que l’escouade Marteau a été mise sur pied, tout le monde s’est calmé. Les gens se tiennent les fesses serrées ». L’escouade Marteau de la Sûreté du Québec est une escouade spécialisée en matière de corruption et de malversation. En toute confidentialité, il est toujours possible de contacter les enquêteurs de la Sûreté du Québec par téléphone au 1-888-444-1701. Déneigement : une porte ouverte à la corruption Avec un budget annuel de 150 millions de dollars et une multitude de cas de corruption d’élus municipaux de Montréal, on peut se demander si le déneigement n’est pas aussi imprégné de corruption et de collusion que l’est le secteur de la construction. « La corruption peut se glisser dans tous les contrats que la Ville accorde au secteur privé. Concernant le déneigement, environ la moitié de la valeur du service est réalisée en régie, c’est-à-dire par les employés de la Ville elle-même. Reste l’autre 75 M$. Nous ne pouvons rien avancer, faute de preuves, même si la concentration géographique des contrats et le caractère quasi « automatique » de leur reconduction aux mêmes entrepreneurs, année après année, a maintes fois été soulignés », pense Richard Bergeron, chef du parti Projet Montréal. « Pour se rassurer, il faut savoir que l’Escouade de protection de l’intégrité municipale (EPIM) [assurant la protection de l’intégrité administrative de la Ville de Montréal, notamment dans le cadre des processus d’octroi de contrats] a récemment été créée au sein du Service de police de la Ville de Montréal. Elle a reçu le mandat d’analyser tous les contrats accordés par la Ville, notamment ceux d’entretien hivernal », ajoute-t-il.



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