Époque Times Montréal n°348 21 jan 2013
Époque Times Montréal n°348 21 jan 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°348 de 21 jan 2013

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : La Grande Époque Inc.

  • Format : (279 x 559) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : la Birmanie serait maintenant plus libre que la Chine.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 Voyage 21 janvier au 3 février 2013 ÉpoqueTimes 2 e partie Las Ramblas, le cœur magnétique de Barcelone Christiane Goor Époque Times Tout bouge mais rien ne change À croire que le ressac de la Méditerranée pénètre jusqu’au cœur de las Ramblas. Il est à peine 6 heures du matin, les ouvriers de la voirie ont noyé les trottoirs sous des trombes d’eau. La lumière est douce, l’air encore frais, et déjà la ville s’éveille. Au fil des heures, elle prend peu à peu les allures d’une ruche étourdissante avec cet écoulement incessant de véhicules et de piétons pressés qui la traversent de part en part, épousant, sur las Ramblas, un mouvement calqué sur le flux et le reflux de la houle marine. Les kiosques à journaux n’ont pas fermé de toute la nuit, un oiseleur ordonne soigneusement ses cages de serins et de canaris, une fleuriste disparaît sous une brassée de roses rouges, les premiers touristes envahissent les terrasses pour y prendre leur petit déjeuner. Sur la droite, dans un renfoncement de la Rambla Sant Josep, un bourdonnement signale l’entrée des halles de la Boquería : cris des marchandes de poissons qui règnent sur une population de morues salées, de sardines fraîches et de mollusques encore vivants ; harangues des maraîchères qui rivalisent d’audace créatrice dans l’amoncellement des couronnes de fruits et de légumes. D’un étal à l’autre, les éclats de voix et de rires fusent dans un joyeux charivari. On échange les dernières nouvelles, on salue les habitués, on déguste un chocolat fumant accompagné de churros, ces longs beignets croustillants. Tôt dans la matinée, Barcelone vibre déjà d’une énergie toute contagieuse. Ici, on marche d’un bon pas, la ponctualité n’est pas un vain mot, les heures d’ouverture des magasins sont les plus étendues d’Espagne. Le temps est précieux, il est l’axe autour duquel la vie s’articule. Laborieuse de jour, fêtarde la nuit, telle est Barcelone qui ne sacrifie pas un instant de vie, même pour faire la sieste ! Il faut attendre le soir qui étend un voile paisible sur la ville pour prendre enfin le temps. Celui de flâner, le nez au vent, sur las Ramblas, celui de se rencontrer sur les terrasses, à l’ombre des platanes, ou autour d’un pa ambtomaquet, morceau de pain légèrement grillé sur lequel on frotte une tomate additionnée de quelques gouttes d’huile d’olive et de sel. Le cloître de la cathédrale Ste-Eulalie affiche fièrement son style gothique. Charles Mahaux Cité mosaïque Aorte vitale de la capitale catalane, las Ramblas sépare la vieille ville en deux pôles distincts et pourtant complémentaires, le Barrio Gótic et le Barrio Xinès. Ces deux quartiers ne sont que lacis de ruelles étroites qui invitent à musarder, à l’écoute des échos d’autrefois. Le premier, le Barrio Gótic, rassemble des palais et des églises érigées au Moyen Âge sur le site même de l’ancienne colonie romaine fondée par l’empereur Auguste. Ici la puissance s’inscrit à même la pierre, en arcs surélevés, en gargouilles hautaines, en rosaces flamboyantes. La cathédrale domine tous les édifices monumentaux et institutionnels qui bordent l’enchevêtrement des venelles. Fameuse pour ses stalles, elle l’est encore davantage pour son cloître, véritable oasis de paix dans cette ville animée, avec son fouillis de palmiers et de magnolias, ses fontaines où s’ébattent des colonies de moineaux et puis, surtout, son troupeau d’oies râleuses. La tradition veut qu’elles soient toujours treize à veiller sur la cour, en souvenir de l’âge auquel mourut Sainte Eulalie, patronne de la cathédrale. Cet entrelacs de ruelles se prolonge jusqu’au pied de Santa Maria del Mar, une basilique d’un pur gothique catalan qui domine la « Ribera ». Au Moyen Âge, la mer venait jusqu’ici et le quartier a préservé la physionomie d’un village portuaire avec ses échoppes où alternent commerces traditionnels et boutiques de créateurs. Les noms des rues évoquent encore les vieux métiers : tanneurs, cardeurs, argentiers. C’est là aussi que s’est installé le musée Picasso, dans trois palais médiévaux qui abritent quelque cinq mille toiles. Le lieu idéal pour suivre le cheminement de sa pensée, ses bonds en avant, ses écarts, ses volte-face. L’autre facette de las Ramblas évoque également Picasso, car c’était jusqu’il y a peu encore le quartier des prostituées, celles de la carrer de Avinyo qui ont inspiré le jeune peintre durant la période bleue des Demoiselles d’Avignon. Le Barrio Xinès n’a rien de chinois malgré son patronyme. On raconte que l’origine du nom remonte au début du XX e siècle. À l’époque, les inspecteurs de police du quartier malmenaient les voleurs qu’ils arrêtaient avec une petite pierre que l’on appelait la china. Aujourd’hui, le quartier a perdu son côté populaire et canaille, il recule devant les grues et les pelleteuses qui ont aéré ses ruelles, comme aspiré par l’attraction spectaculaire du Musée d’Art Contemporain, un paquebot de verre et de blancheur qui communique au quartier un souffle artistique futuriste. Ce n’est pas pour rien que le Barrio Xinès est devenu le lieu de prédilection des artistes et des écrivains qui aiment à s’y retrouver, entre autres, à la casa Leopoldo, tenue depuis 1929 par la même famille. Décors en bois, miroirs piquetés, murs d’azulejos jaunes et bleus, tables cerclées de zinc, tout y rappelle la belle époque que ne boudent pas les amateurs de design. Toute information complémentaire peut être obtenue sur le site très complet et bien actualisé www.barcelonaturisme.com Le pont en pierre sculptée de style néogothique qui sert aussi de passerelle dans la Carrer del Bisbe a été ajouté en 1928. Charles Mahaux Charles Mahaux Le Musée Maritime abrite la reproduction du submersible construit en 1859 par Monturiol, le Ictineu 1, destiné à la pêche du corail. Il fut le premier navire à avoir la coque double.



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